Le cimetière d’Essert (Yonne)

Le cimetière d’Essert (Yonne)

Article en cours d’élaboration

Dans cet article, les délais de confidentialité des actes sont respectés (75 ans pour les naissances, 25 ans après le décès si la naissance a moins de 75 ans, pas de délai pour les décès).
D’autre part le choix a été de mettre les photos des tombes en lien plutôt que de les insérer dans l’article pour la simple raison que le lien permet une définition bien meilleure et permet surtout de zoomer. Il faut laisser le temps à l’image pour se stabiliser.
Les photos datent de l’été 2023 sauf pour la tombe de Julie RÉTIF et sa famille (voir sépulture [B]) photographiée en 2019, bien heureusement car en 2023 une des deux stèles était tombée à terre.
Nombre de tombes sont dans un état déplorable. Il a fallu brosser, laver parfois aussi les inscriptions pour pouvoir les lire, revenir plusieurs fois pour les photographier à divers moments de la journée.

Depuis 1972, il n’est plus le cimetière d’Essert mais le cimetière d’Essert à Lucy-sur-Cure puisque Essert et Lucy-sur-Cure forment depuis cette date la commune nouvelle de Lucy-sur-Cure, bref Essert est devenu Lucy-sur-Cure et à ce titre a perdu toute identité administrative. Le sujet a été abordé à plusieurs reprises et nous n’y reviendrons pas.
Il est implanté à la sortie du village sur la route dite de Lucy qui mène comme son nom l’indique à Lucy-sur-Cure, mais aussi au Beugnon, hameau de Arcy-sur-Cure, un empruntant un tronçon de l’ ancienne route Royale dite Napoléon sur la carte IGN, et « La Diligence » sur la Carte de Cassini de 1750.
Cette large voie, toujours en terre (sauf le court tronçon qu’il faut emprunter pour aller à Lucy-ur-Cure) vient du Sud via Sauvigny-le Bois, « le Val de l’Anet » de nos jours« La-Poste-Aux-Alouettes », ancien relais de poste, paroisse de Joux-la-Ville. Cette Voie Royale débouche sur la RN6/D606 presque au niveau de Reigny. C’est la route qu’emprunta Napoléon 1er, lassé de son séjour sur l’île d’Elbe, qui en passant déjeuna à Vermenton avant de repartir sur Paris.

Quelques mots sur l’emplacement du cimetière.
Dans un autre article sur Essert avait été inséré un texte sur « l’Histoire des communes de l’Yonne » par Maurice PIGNARD-PÉGUET, dont un extrait qui suit :
« le village était situé primitivement à environ 150 mètres plus haut, à la Commotte [note : petite combe en Bourgogne]. Ce n’est qu’après la guerre de Cent Ans, vers la fin du XVe siècle, que les frères convers de Fontemoi où il reste des vestiges de leur chapelle, vinrent s’installer à Essert où ils créèrent le village actuel. »
L’église d’Essert est située dans le village actuel à environ 150 mètres du cimetière. Rappelons que l’église a remplacé une chapelle elle-même construite sur l’ancienne grange aux dîmes.
Or si on regarde une carte IGN, le cimetière se trouve au débouché d’une commotte le « Vallot Brigallot ».
Serait-ce approximativement l’emplacement du village primitif ?
Au Champ-de-la-Porte au sud du bourg actuel, a été découverte par orthophotographie [1] en 2014 une enceinte curviligne fossoyée (marquée d’un X en rouge sur la carte IGN qui suit).
« Cette enceinte curviligne fait écho à d’autres enceintes fossoyées du même type repérées autour de Villiers-la-Grange, Oudun par exemple. Il semble que tous ces lieux, granges cisterciennes, étaient entourés de ce type d’aménagement » (Sources : Pierre Stanislas NOUVEL, professeur en archéologie de l’Université de Bourgogne, lors d’échange de courriels).

A la révolution les biens de l’abbaye furent saisis et vendus. Reigny devient alors un hameau de Vermenton. La Terre de Reigny provenait de la paroisse de Vermenton. Les appellations trouvées dans le registres de Vermenton « Reigny en Vermenton », « Reigny paroisse de Vermenton (ce qui n’est pas exact) » nous le rappellent. Une autre raison bien plus importante pour rattacher Reigny à Vermenton était ses moulins où Jacques Rétif neveu de l’écrivain Rétif de la Bretonne y était meunier (voir autre article sur Essert).

Jusqu’à la création d’un cimetière à Essert, les corps des défunts étaient transportés et inhumés dans celui de l’Abbaye de Reigny. Le 27 février 1791 eut lieu la bénédiction du nouveau cimetière. L’imprécision des actes ne permet pas de savoir s’il a été utilisé avant cette date. Ainsi le 23 avril 1789 Louis Ménétré décède à « essert la grange paroisse de labbaÿe de rigny … a eté inhumé dans le cimetiere de la dite paroisse …» Jusqu’à la bénédiction du cimetière, il est question du « cimetière de cette paroisse » sans préciser s’il s’agit d’Essert ou Reigny. Il est peu probable que le curé d’Essert y ait procédé à des inhumations avant d’en faire une Terre Consacrée par sa bénédiction.

Transcription de l’acte :

[en marge] : « Benediction du nouveau Cimetiere de la paroisse d’essert »

« Le vingt sept fevrier mil sept cent quatre vingt onze
j ai prestre curé de la paroisse d’essert soussigné procedé à la
benediction du nouveau Cimetiere de la ditte paroisse avec les
ceremonies accoutumées en presence des maire et officiers muni-
cipaux de la ditte municipalité dudit essert et de tous les habi-
tants du dit lieu dont la plus part ont signé avec nous les autres
ayant declarés ne le scavoir. » 
Suivent les signatures.

Puis le 14 mars 1791 les ossements furent extraits du cimetière de Reigny et le lendemain transportés et inhumés dans le nouveau cimetière d’Essert.
Tout comme pour la bénédiction, les faits ont été consignés dans les registres paroissiaux d’Essert (registre original et celui des copies).

Transcription de l’acte :

[en marge] : « Translation des ossements du cimetière de Rigny dans celui d’essert »

« L’an mil sept cent quatre vingt onze, et le
mardy quinziême jour du mois de mars, les ossements des
fidels extraits la veille, du cimetierre de Rigny et transférés
a Essert, + on étés inhumés dans le cimetière de la paroisse
dudit lieu d’Essert par nous curé d’arcy sur Cure soussigné,
en présence de Messieurs Maheux curé d’Essert, Pirout
Curé de Sacy, françois nicolas gaudry vicaire de
Vermenton, Edme Martineau Chapelain du dit Vermenton,
des Sieurs Edme Bourdillat maire, Edme Nolin procureur
de la commune, de la garde nationalle du dit lieu et
généralement de toute la paroisse, lesquels ont déclarés
ne scavoir signer, de ce requis, sauf les soussignés.»

+ [en marge] en vertu de la permission de M le vicaire général en datte du 24e janvier dernier signée Vaultier]
Suivent les signatures.

A l’origine, le cimetière d’Essert était plus petit que l’actuel. Il ne comprenait que la parcelle du fond. Cela est visible sur le cadastre napoléonien de 1806 où le village est nommé Essert la Grange. La partie représentant le cimetière est indiqué par deux croix pattées.

Le cimetière a été agrandi vers 1860 par l’adjonction de la partie du devant (parcelle numérotée 20 sur ce plan de cadastre) où se trouve le portail actuel. Les plus vieilles tombes de nos jours se situent sur cette nouvelle parcelle, celles du cimetière premier ont déjà été relevées, et les emplacements « concessions à perpétuité » réutilisés. Y avaient été inhumés notamment des soldats de la Grande-Armée de Napoléon 1er, revenus vivre dans le village.

Vue en 2023 de la partie ancienne du cimetière :

Le cimetière est en forme de triangle, le portail étant l’une des pointes qui fait face au village, le mur de gauche longe la route menant à Lucy-sur-Cure, le mur de droite est bordé par un chemin, et celui du fond (vieux cimetière) est en limite d’un champ.

Dès le portail ouvert, le monument aux morts se dresse devant nous. Y figurent cinq noms des soldats envoyés à la boucherie par la république et par des généraux soucieux de l’avancement de leur carrière. Ce sont PREAU Félix, BERAULT Marie, CORNEVIN Julien, PERNET Gaston et ROUSSEAU Henri. Une plaque à la mémoire de Albert PIAULT tué en 1944 lors du débarquement en Provence (voir un l’article précédent). Il s’agit d’un monument aux « Morts pour la France » et non « Morts pour la république ». Aussi, si la municipalité avait été soucieuse de ses morts pour la France, elle y aurait ajouté ceux des campagnes de Napoléon 1er, et aussi Pierre Joseph DUMONT né le 28 décembre 1829 à Essert, fils de Lazare et de Adélaïde NOLIN, tué le 02 novembre 1854 à Sébastopol d’un éclat d’obus lors de la guerre de Crimée sous le second Empire. Mais ces morts ne faisaient plus partie de l’actualité du moment lorsque le monument a été érigé.
Saint-Exupéry allant à l’encontre des discours démagogiques hypocrites et mensongers des politicards, avait conscience de la réalité : « Le soldat porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller sans faillir au bout de sa parole tout en sachant qu’il est voué a l’oubli. »


[A] Sépulture Félix Alexandre BARRAUT

Les tombes sur la première partie du cimetière (celle ajoutée vers 1860 à l’ancien cimetière), sont en très mauvais état. Comme dit plus haut, ce sont de nos jours les plus vieilles tombes. Des stèles sont tombées, le sol est défoncé, certaines sont devenues anonymes.
Dans la partie du cimetière ancien, donc au fond, sont implantées les nouvelles tombes, mais aussi quelques anciennes sépultures trop récentes à l’époque pour être relevées, anonymes pour certaines, identifiables pour d’autres, comme celle en mauvais état de Félix Alexandre BARRAUT (Essert 27 12 1841-Essert 22 02 1864), élève au Séminaire de Sens dont il a été question dans le premier article. Sa date de décès correspond en effet à la période d’agrandissement du cimetière.
Félix Alexandre BARRAUT est descendant à la 4è génération de Simon BARRAUT (né Joux-la-Ville 1712-dcd Essert 1793), charron et recteur des écoles d’Essert.

– Épitaphe :

« CI-GIT
FELIX BARRAUT
Elève de Philosophie
au Grand Séminaire
De SENS
Décédé le 22 Février 1864
Dans sa 23ème Année
(inscriptions latines)
Chéri de Dieu
Et des des Hommes
(illisible)

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8101222


[B] Sépulture familiale :
Eugène BOURDILLAT / Julie RÉTIF
Étienne Anselme PIAULT / Élisabeth Eugénie BOURDILLAT

La tombe de Julie RÉTIF (née Essert 1821-dcd Essert 1901), fille de Jacques meunier à Régny et neveu de Rétif de la Bretonne, donatrice pour des vitraux de l’église d’Essert, se trouve à proximité de l’entrée gauche du cimetière. Le carré familial comporte deux tombes où sont également inhumés son mari Joseph Marie Pauline dit Eugène BOURDILLAT, (né Essert 1820-dcd Essert 1889), laboureur, leurs filles Julie Flore dite Léontine BOURDILLAT (née Essert1859- dcd Essert 1883) et Élisabeth Eugénie, lingère, vigneronne (née Essert 1845-dcd Essert 1918) et son mari Étienne Anselme PIAULT (né 1846-dcd Essert 1922), cultivateur, domestique, tonnelier, vigneron, marchand de vin.
La photo de ces tombes date de 2019. La plaque d’Anselme s’est décrochée et gît brisée sur le sol. Depuis (nous sommes en 2025) la stèle de Léontine s’est écroulée.

Épitaphes :

« Ici repose
Eugène BOUDILLAT
Decedé le 30 9 1889
Dans sa 69eme année
regretté de sa femme
et de ses enfants
Priez pour lui »

« Julie RETIF son épouse
décédée le 22 octobre 1901
à l’âge de 80 ans
Priez pour elle »

« Léontine BOURDILLAT
Décédée le 21 mai 1883
Dans sa 23eme année
Aimée et regrettée
De toute sa famille
Priez Dieu pour elle »

En septembre 2018 une exposition organisée par feue l’association « les gens de Sacy » s’est déroulée dans la salle des fêtes du village, relayée par la presse :
https://www.lyonne.fr/vermenton-89270/actualites/lexposition-sur-le-village-a-suscite-un-grand-engouement_12995763/
Avaient été exposés entre autres des tableaux généalogiques de l’enfant du pays, Rétif de la Bretonne et Julie RÉTIF sa petite nièce et sa photo, Julie RÉTIF dont la tombe est ce qui reste de nos jours de plus proche de l’écrivain.
La tombe de son frère n’était pas encore connue. Ce n’est que quelques années plus tard en relevant et photographiant les tombes du cimetière d’Essert qu’elle a été identifiée avec ses occupants. Les plaques étaient cassées et il a fallu chercher d’autres plaques plus au fond. Les photos ont été postées sur Geneanet ce qui permet de zoomer avec une bonne définition.
Après cette exposition, lors d’une réunion de l’association, une élue d’Essert s’était engagée à redonner un peu d’éclat à la tombe de Julie. Bien sûr, rien n’a été fait !
Depuis une des deux stèles est brisée. Le reste suivra.

La tombe de Julie RÉTIF, tout comme celle de son frère, mériterait une restauration. Julie est avec son frère Pierre RÉTIF (1811-1880) ce qui nous rapproche le plus de son grand oncle Rétif de la Bretonne. 15 ans séparent le décès de l’écrivain de la naissance de sa petite-nièce Julie RÉTIF dont nous avons une photo, et 5 ans seulement pour Pierre RÉTIF dont il sera question ci après.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11652657


[C] Sépulture familiale :
Pierre Jacques RÉTIF / Marie Joséphine PIAULT
Alfred Auguste RÉTIF / Joséphine Élisabeth dite Marie DONDAINE

Quelques mètres derrière le monument aux morts, séparée de la tombe de sa sœur Julie RÉTIF par la petite allée qui fait le tour du cimetière, se trouve la sépulture de Pierre Jacques RÉTIF, laboureur, cultivateur, maire d’Essert, né au hameau de Reigny commune de Vermenton. (Reigny avait été rattaché à Vermenton à la révolution. Son père Jacques y était meunier). Pierre Jacques RÉTIF est né le 26 12 1812 (et non 1811 comme indiqué sur la plaque), décédé à Essert (Yonne) le 11 08 1880, . Il est enterré avec sa femme Marie Joséphine PIAULT (née Essert 1819-dcd Essert 1893), leur fils Alfred Auguste RÉTIF (né Essert 1850-dcd 1940) et la femme de ce dernier Joséphine Élisabeth dite Marie DONDAINE (née Essert 1851-dcd 1927).

Marie Joséphine PIAULT, (née Essert 1819 et non 1818 comme indiqué sur la plaque-Essert 1893), est fille de Jacques PIAULT (Sacy 1795-Essert 1847) & de Marie BOURDILLAT (Essert 1793-Essert 1854). Jacques PIAULT est le petit fils de Edme PIAULT notaire à Sacy (M’lo Piot le notaire comme disait son copain d’enfance Rétif de la Bretonne) et de Marguerite BOUDILLAT à qui Rétif-de-la-Bretonne a volé un baiser dans les vignes du Vaurainin à Sacy. (voir autres articles sur Essert). Un article a été rédigé sur Marguerite BOURDILLAT.
Tous les PIAULT d’Essert descendent de ce couple Edme PIAULT / Marguerite BOURDILLAT de Sacy. Marie Joséphine PIAULT est celle qui dans le cimetière s’en rapproche le plus [2]. Il y a bien eu un PIAULT à Essert bien auparavant. Il venait de Précy-le-Sec et sa lignée a disparu avec son décès en 1759 à Essert et ses enfants ne sont pas réapparus dans les registres d’Essert.

Alfred Auguste RÉTIF (né Essert 1850-1940), cultivateur, vigneron, tonnelier a été maire d’Essert de 1912 à 1922. C’est lui qui a annoncé en 1915 à Berthe PIAULT petite-fille de Julie RÉTIF que son mari Félix Amable dit Octave PRÉAU avait été tué à la guerre.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11666748


[D] Sépulture Henri PIAULT & Marie PRÉAU

Juste avant la sépulture de Julie RÉTIF, se trouve la tombe de l’un des fils de Anselme PIAULT et de Élisabeth Eugénie BOURDILLAT, fille de Julie RÉTIF.
Il s’agit de Henri PAULT (né Essert 1878-1943). Sa femme Marie PRÉAU (née Essert 1883, 1959 est enterrée avec lui.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11650083


[E] Sépulture familiale SAUTEREAU / PRÉAU

Plus loin, toujours le long du mur gauche du cimetière une tombe « FAMILLE SAUTEREAU-PREAU » avec quatre noms :
Joséphine dite Nathalie BÉRAULT veuve PRÉAU (née Val-de-Mâlon de Joux-la-Ville 1857- dcd 1935). Elle est la mère de Félix Amable dit Octave PRÉAU (Val-de-Mâlon 1880-11 01 1915 Lachalade Meuse). Son nom est sur le monument aux morts. Il était marié à :
Berthe Eugénie PIAULT (née Essert 1880-dcd Augy 1957) dont il a déjà été question dans divers articles (la petite-fille qui a vu la tour Eiffel en construction), fille de Anselme PIAULT et de Élisabeth Eugénie BOURDILLAT, fille de Julie RÉTIF. Berthe est également enterrée dans cette tombe avec sa fille :
Aline PRÉAU (née Essert 1904-dcd 1939) mariée à Louis Gaston SAUTEREAU (1898-1975). Le couple demeurait à Augy.
– Le dernier nom sur la stèle est celui de François Marie SAUTEREAU (né Essert 1923-dcd Essert 1943). Il est le fils de Jeanne Marie PRÉAU (sœur aînée d’Aline) et de Julien Marie SAUTEREAU (1892-1972) frère de Louis mari d’Aline.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8111204


[F] Sépulture familiale :
Jules JOUBLIN / Marie Florentine CALMEAU
Charles PIAULT / Claire JOUBLIN

Accolée au mur du fond du cimetière, la tombe familiale JOUBLIN / CALMEAU & PIAULT / JOUBLIN :
Théodore Alexandre dit Jules JOUBLIN. cultivateur, vigneron à Essert, où il est né en 1850, fils de Alexandre JOUBLIN et de Madeleine MARCEAU, il décède en 1933. Quelques générations avant, les JOUBLIN sont originaires de Arcy-sur-Cure, les CALMEAU de Lucy-sur-Cure. Sa femme :
Marie Florentine CALMEAU, cultivatrice, vigneronne à Essert où elle est née en 1859 fille de Pierre CALMEAU et de Marie Eugénie PRÉAU, elle décède en 1941. Leur fille :
Claire Juliette JOUBLIN, (née Essert 1884-dcd : Autun 1977), son mari :
Charles PIAULT, cultivateur, vigneron à Essert, frère de Henri et Berthe PIAULT, (né Savigny-sur-Orge 1872-dcd 1947). Leurs deux fils :
Jean PIAULT, (né à Essert 1925-dcd Belgique 1979), marié à Thérèse Berthe Paule COOTS (Thérèse PIAULT sur la stèle de la tombe) (née Saint-Omer 1928, dcd Auxerre 2003).
Bernard PIAULT, prêtre, (né Essert 1913- dcd Mexique 1976), dont le corps a été rapatrié à Essert.
https://www.geneanet.org/cimetieres/gestion/modify/8135553


[G] Sépulture de l’enfant Jean Louis JOUBLIN

Toujours la famille JOUBLIN, la première tombe à gauche en entrant dans le cimetière est celle de l’enfant Jean Louis JOUBLIN [né à Paris 01 le 30 mai 1909–décédé à Essert le 31 octobre 1909]. L’enfant âgé de 5 mois était en pension chez ses grand-parents JOUBLIN, cela se faisait très souvent.
Ses parents Jules JOUBLIN (né à Essert 1881-dcd à Paris 14e 1962) vigneron à Essert puis fleuriste à Paris, profession qu’il exerçait avec sa femme épousée à Paris le 07 12 1907, Jeanne Marie Louise HENGARTNER (née à Paris 1882-dcd avant son mari). Jules JOUBLIN est le fils de Théodore Alexandre dit Jules JOUBLIN & Marie Florentine CALMEAU (paragraphe précédent [F]).

Épitaphe :

« A notre petit Jean
Jean JOUBLIN
Né le 30 mai 1909
Décédé le 31 octobre 1909 »

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11655831


[H] Sépulture familiale :
Eugène Anselme PIAULT / Marie Joséphine LORETTE

La tombe est sise le long du mur du fond, à gauche de celle de Félix BARRAUT élève au Séminaire de Sens (voir [AA]). Les inscriptions :

« Elise PIAULT 1899-1917
Marie LORETTE 1877-1923
Eugène PIAULT 1875-1953
Jean JEDYNSKI 1929-2008
Yvette PIAULT 1927-2021 »

Y sont inhumés :
Eugène Anselme PIAULT, cultivateur à Essert [né à Essert le 22 11 1875–décédé en 1953 selon l’inscription sur sa tombe], fils de Étienne Anselme PIAULT (né Essert 1846-dcd à Essert 1922) & de Élisabeth Eugénie BOURDILLAT (née à Essert 1845-dcd à Essert (1918). Il est le frère de Henri, Charles et Berthe PIAULT. Il a été adjoint à la mairie d’Essert. Il n’actait pas, exception faite pour ses deux nièces Jeanne et Aline PRÉAU, filles de sa sœur Berthe. Nous ne savons pas pour Lucienne la troisième fille, son acte de mariage en 1925 à Essert n’est pas encore en ligne. Sa première femme :
Marie Joséphine Angélina LORETTE [née au Val-de-Mâlon hameau de Joux-la-Ville le 24 07 1876 (et non 1877 comme indiqué sur la tombe)–décédée en 1923 selon l’inscription sur la tombe], fille de Joseph Alexandre LORETTE (né Essert 1839-dcd au Val-de-Mâlon 1902) & de Joséphine MICHEL (née au Val-de-Mâlon en 1844-dcd à Essert 1918). Leur fille :
Élise Marie Marcelle PIAULT [née à Essert le 24 04 1899–décédée à Essert le 26 01 1917], fille de Eugène Anselme PIAULT & de Marie Joséphine Angélina LORETTE.
Yvette PIAULT [née à Essert le 14 06 1927–décédée à Auxerre le 01 12 2021], fille du secon mariage de Eugène Anselme PIAULT avec Pauline Lucie BOURDILLAT (inhumée dans une autre tombe). Voir la tombe de sa mère pour le tableau généalogique. Son conjoint :
Jean Félix JEDYNSKI [né à Brosses (Yonne) le 29 12 1929–décédé à Auxerre le 23 07 2008], fils de Félix JEDYNSKI & de Eugénie ZOSIAK.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11654102


[I] Sépulture familiale :
BOIVIN / Lucie BOURDILLAT
Lucien Raymond FERLET / Lucienne BOIVIN

Tombe située presque en face de la sépulture de la famille PIAULT / LORETTE ([H]). Les inscriptions :

« Lucie PIAULT
Née BOURDILLAT
1889-1969
Lucienne FERLET
Née BOIVIN
1917-1982
Lucien FERLET
1915-1997 »

Il s’agit de :
Pauline Lucie BOURDILLAT [née à Essert le 19 06 1889–décédée en 1969 selon l’onscription sur sa tombe], déjà citée dans le paragraphe précédent car mariée en secondes noces à Eugène Anselme PIAULT. Lucie de son prénom usuel tenait une petite épicerie, une buvette rue Froide à Essert. Elle y avait le seul téléphone du village.
Lucie avait épousé en 1910 Lucien Louis BOIVIN (né à Arcy-sur-Cure le 22 4 1885-dcd à le 02 04 Nevers 1917). Il est décédé de maladie à l’hôpital complémentaire n°13. L’avis du 26 04 1917 le déclare « Mort pour la France ». A défaut d’une photo, son livret militaire nous en donne un signalement : cheveux et sourcils bruns, yeux bleus, front découvert, nez ordinaire, bouche moyenne, menton ordinaire, visage ovale, taille 1m69. Leur fille et son mari sont également inhumés dans cette sépulture :
Lucienne BOIVIN (née posthume à Essert le 08 05 917-dcd à Garches en Hauts-de-Seine le 08 12 1982). Son mari épousé à Essert le 26 11 1938  :
Lucien Raymond FERLET (né à Accolay le 26 06 1915-dcd Tonnerre le 15 01 1997).

Yvette PIAULT née du second mariage de Lucie BOURDILLAT a été inhumée avec son père (voir paragraphe précédent [H])
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11659153


[J] Sépulture de Pierre Thierry BOURDILLAT

5è tombe le long du mur de droite à l’entrée du cimetière. Voir la 3è photo vue d’ensemble du lieu, prise du fond du cimetière et la 4è photo une vue plus rapprochée.
Nous vu la tombe de Lucie BOURDILLAT [I],fille de Émile Eugène Barthélémy BOURDILLAT (né Essert 1859-dcd après 1921) & Marie Delphine DUPIT (née Val-de-Mâlon commune de Joux-la-Ville 1867-dcd Essert 1921). La tombe des parents de Lucie n’a pas été trouvée, certainement devenue une de ces sépultures que le temps a rendues anonymes ou déjà relevées. Au moment de la rédaction de cet article, les Archives d’état-civil en ligne de l’Yonne, s’arrêtent 1924.
Mais la tombe du père de Émile Eugène Barthélémy BOURDILLAT est toujours en place. Celle de sa mère n’a pas été trouvée (toutes les tombes ont été relevées).

Émile Eugène Barthélémy BOURDILLAT est le fils de :
Pierre Thierry BOURDILLAT, cultivateur et instituteur à Essert [né à Essert le 27 01 1823–décédé à Essert le 30 11 1895) et de Marie Luce MARCEAU (née à Essert le 03 12 1823-dcd à Essert le 01 06 1899). Leur mariage a été célébré à Essert le 02 05 1848.
Il est intéressant de noter que Pierre Thierry BOURDILLAT et sa femme sont fils et fille de médaillés de Sainte-Hélène, décoration instituée par décret de Napoléon III, le 12 août 1857 , sous le Second Empire, décernée aux survivants en 1857 de la Grande Armée de son oncle. Les actes d’état-civil montrent qu’il y avait une certaine fraternité dans le village entre ces vétérans.

Épitaphe :

« ICI REPOSE
BOURDILLAT Pierre
Gendre MARCEAU
Décédé le 30 9bre 1895
Dans sa 73e Année
Regretté se sa femme
et de ses Enfants
PRIEZ POUR LUI »

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8103954


[K] Sépulture Georges BOURDILLAT & Renée BOUJAT

Tombe située le long du mur du fond du cimetière. Les inscriptions :

« Georges BOURDILLAT
1902-1987
Renée BOURDILLAT
1907-1989 »

Y sont inhumés :
Georges Henri BOURDILLAT [né à Essert le 19 05 1902–décédé à Essert le 20 12 1987)], fils de Émile Eugène Barthélémy BOURDILLAT & de Marie Delphine DUPIT. Sa femme (nom marital sur la stèle) qu’il a épousée à Sacy (Yonne) le 19 04 1926 :
Renée BOUJAT [née à Sacy, Yonne le 26 01 1907-décédée à Auxerre le 23 10 1989], fille de Alexandre Léopold BOUJAT & de Marie Louise NOLIN.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11669760


[L] Sépulture Albé Pierre MAILLARD & Arlette BOURDILLAT

Tombe située à droite le long du mur du fond. Inscriptions :

« Arlette MAILLARD
née BOURDILLAT
1927-2007
Albé MAILLARD
1926-2016 »

Y sont inhumés :
Albé Pierre MAILLARD [né à Cravant le 08 04 1926–décédé à Auxerre le 24 05 2016] et sa femme :
Arlette BOURDILLAT [née à Essert le 26 04 1927–décédée à Auxerre le 03 10 2007], fille Georges Henri BOURDILLAT & Renée BOUJAT dont sépulture en [K]
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11667058


[M] Sépulture René BOURDILLAT & Madeleine BOUJAT

Tombe située le long du mur du fond du cimetière. Les inscriptions :

« René BOURDILLAT
1893-1974
Madeleine BOURDILLAT
Née BOUJAT
1904-1990 »

Y sont inhumés :
René Marcel Aristide BOURDILLAT [né à Essert le 20 07 1893–décédée à Essert le 13 03 1974], fils de Émile Eugène Barthélémy BOURDILLAT & de Marie Delphine DUPIT (il est le frère de Pauline Lucie [I], Georges Henri [K]). Sa femme :
Madeleine BOUJAT [née à Sacy le 18 03 1904–décédée à Essert le 08 12 1990], fille de Alexandre Léopold BOUJAT & de Marie Louise NOLIN (elle est la sœur de Renée BOUJAT mariée à Georges Henri BOURDILLAT [K], deux frères épousent deux sœurs)
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11670325


[N] Sépulture de Eugène Nicolas BOURDILLAT

Tombe située le long du mur du fond du cimetière. Y est inhumé :
Eugène Nicolas BOURDILLAT [né à Essert le 26 12 1846–dcd à Essert le 12 02 1887], fils de Joseph Marie Pauline dit Eugène BOURDILLAT et de Julie RÉTIF [B]. Il est le frère de Élisabeth Eugénie mariée à Étienne Anselme PIAULT [B]. Il était marié à Laurence Julienne Florentine BOURDILLAT (née Essert 1853-dcd après son mari), fille de Pierre Thierry BOURDILLAT [J] et de Marie Luce MARCEAU.

– Épitaphe :

« Ici Repose
BOURDILLAT Nicolas
Décédé le 12 Février 1887
A l’âge de 40 ans
Regretté de sa femme
Et de sa famille

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11655990


[O] Sépulture Familiale PIAULT / SAUTEREAU

Tombe située vers le fond du mur gauche du cimetière. Y sont inhumés :
Albert Georges PIAULT, célibataire, agriculteur à Essert, puis militaire au grade d’aspirant pendant la guerre [né à Essert le 11 04 1914–décédé à Le Thouars commune de La Garde dans le Var lors du débarquement en Provence le 23 08 1944]. Le monument aux morts dans le cimetière comporte une plaque à son nom (voir début de l’article).

– Épitaphe :

« Ici repose Albert Piault Aspirant
Croix-de Guerre
Croix de la Liberation
du Bm 4 des FFL
Mort pour la France
Le 23 août 1944 à l’âge
de 30 ans à Metouars Var »

Une simple plaque avec noms et années de naissance et décès indique que ses parents sont inhumés dans cette sépulture. Il s’agit de :
Georges Gustave PIAULT, cultivateur à Essert [né à Essert le 07 10 1887–décédé en 1959 selon l’inscription sur sa tombe] fils de Étienne Anselme PIAULT et de Élisabeth Eugénie BOURDILLAT [B]
Marie Émélie SAUTEREAU [née à Sacy le 30 05 1888–décédée à Chitry le 19 12 1978), fille de Jules Ernest SAUTEREAU (tonnelier, cultivateur à Sacy et aussi ancien soldat de la garde pontificale) et de Marie Zoé MOINE.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8119499


[P] Sépulture de Gustave BOURDILLAT

1ère tombe côté droit du cimetière. Voir 3è et 4è photos des vues intérieures du lieu.
Louis Marie Gustave BOURDILLAT [né à Essert le 05 07 1848–décédé à Essert le 27 09 1873], fils de Joseph Marie Pauline dit Eugène BOURDILLAT et de Julie RÉTIF [B].
Il avait épousé le 06 02 1872 à Essert Euphrasie BOURDILLAT (tombe suivante [Q])

– Épitaphe :

« ICI REPOSE
Gustave BOURDILLAT
Epoux d’Euphrasie BOURDILLAT
Décédé le 27 7bre 1873
A l’âge de 25 ans
Il fut bon époux tant regretté
(effacé) et de sa famille
Vous qui lisez ces mots
Priez pour lui »

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/13917510


[Q] Sépulture de Euphrasie BOURDILLAT

2è tombe le long du mur de droite, proche de celle de son père qui est la 5è et qui est décédé après elle. Voir 3è et 4è photos des vues intérieures du lieu. :
Marie Françoise Euphrasie BOURDILLAT [née à Essert le 18 03 1849–dcd à Essert le 21 01 1883] fille de Pierre Thierry BOURDILLAT [J] et de Marie Luce MARCEAU. Elle avait épousé en 1872 Louis Marie Gustave BOURDILLAT [P]. Les deux tombes sont côte à côte.

Leur fille Marie Françoise Joséphine Ambroisine BOURDILLAT née à Essert en 1872, était en 1936 religieuse et garde-malade à Chitry (Yonne).

– Épitaphe :

«  ICI REPOSE
Euphrasie BOURDILLAT
décédée le 21 janvier 1883
A l’âge de 34 ans
veuve de Gustave BOURDILLAT
Elle fut bonne épouse
et regrettée de toute sa famille
Priez pour elle »

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8154023


[R] Sépulture Maurice PIAULT & Marcelle FAUCHER

Tombe située dans l’avant dernière rangée du fond du cimetière. Les inscriptions :

«  Marcelle PIAULT
née FAUCHER
1920-1999
Maurice PIAULT
1923-2004 »

Maurice Gustave PIAULT [né à Essert le 03 07 1923–décédé à Auxerre le 12 04 2004], fils de Georges Gustave PIAULT & de Marie Émélie SAUTEREAU [O], et sa femme :
Marcelle Fernande FAUCHER [née à Thionville le 17 11 1920–décédée à Avallon le 14 06 1999].
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11659092


[S] Sépulture Robert DUMONT & Marie Thérèse SOHIER

Tombe située dans l’avant dernière rangée du fond du cimetière. Les inscriptions :

«  Robert DUMONT
1911-1990
Marie Therese DUMONT
Née SOHIER
1914-1999 »

Robert Léon DUMONT [né à Paris 06 le 14 10 1911–décédé à Paris 16 le 08 03 1990], fils de Léon Victor Marius DUMONT (né à Mayenne 1881-dcd avant 1936) & de Marie Zoé MARCEAU (née à Essert 1890-dcd après 1936). Sa femme épousée à Paris 14 le 18 04 1936 :
Marie Thérèse Renée SOHIER [née à Reims, Marne le 03 04 1914-décédée à Issy-les-Moulineaux le 19 04 1999], fille de Octave Benoit SOHIER [née à Brimont, Marne 1867-dcd avant 1936) et de Ismérie Reine HUMBLOT (née vers 1876-dcd après 1936).
Note : DUMONT est bien un patronyme que l’on rencontre à Essert, mais pas dans le cas présent. Robert Léon DUMONT a pour mère Marie Zoé MARCEAU née à Essert (Yonne) dont un enfant mort né à Essert en 1910 (frère ou sœur donc de Robert Léon DUMONT)
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11660076


[T] Sépulture d’Alexandre LORETTE

Emplacement non noté.
Joseph Alexandre LORETTE, vigneron et tonnelier à Essert [né à Essert le 01 12 1839–décédé au Val-de-Mâlon commune de Joux-la-Ville le 18 12 1902] fils de Joseph Louis LORETTE (né à Essert 1814-dcd à Essert 1891) & de Marie Jeanne JOUBLIN (née à Essert 1814-dcd à Essert 1887). Il avait épousé à Joux-la-Ville le 20 11 1866 Joséphine MICHEL, vigneronne (née au Val-de-Mâlon commune de Joux-la-Ville 1844-dcd à Essert 1918).
Il est le frère de Isidore LORETTE qui suit [U].

– Épitaphe :

« Ici repose
LORETTE Alexandre
Décédé le 18 décembre 1902
A l’âge de 63 ans
Regretté de sa femme
Et de ses enfants
Priez pour lui »

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8102610


[U] Sépulture d’Isidore LORETTE

Emplacement non noté.
Isidore LORETTE, célibataire, cultivateur à Essert, [né à Essert le 25 08 1844–décédé à Essert le 30 06 1900], fils de Joseph Louis LORETTE (né à Essert 1814-dcd à Essert 1891) et de Marie Jeanne JOUBLIN (née à Essert 1814-dcd à Essert 1887).
Il est le frère de Joseph Alexandre LORETTE [T].

– Épitaphe :

« ICI REPOSE
Isidore LORETTE
Décédé le 30 Juin 1900
A l’âge de 56 ans
Regretté de ses parents
PRIEZ POUR LUI »

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8103820


[V] Sépulture « MARCEAU-LORETTE »

Tombe située sur la seconde moitié le long du mur gauche du cimetière sans aucun renseignement sur les occupants.
Note : il y a deux couples MARCEAU (homme)-LORETTE (femme), l’un est du 17è/18è siècle. Il n’y a qu’un couple MARCEAU (femme)-LORETTE (homme) de la fin du 17è siècle. Au vu de la modernité du matériau de la tombe (marbre) il s’agit de :
Alphonse Hippolyte MARCEAU, vigneron, cultivateur et tonnelier à Essert (né Essert 1860- dcd Essert 1948), fils de Pierre Barthélémy MARCEAU (né Essert 1821-dcd Essert 1905) et de Véronique GILLOT (née Bessy-sur-Cure 1833-dcd Essert 1914). Sa femme épousée à Joux-la-Ville en 1886 :
Marie Ésilda LORETTE (née Val-de-Mâlon commune de Joux-la-Ville 1868, décès ignoré), fille de Joseph Alexandre LORETTE (né Essert 1839-dcd Val-de-Mâlon commune de Joux-la-Ville 1902, inhumé à Essert [T] & de Joséphine MICHEL (née Val-de-Mâlon commune de Joux-la-Ville 1844-dcd Essert 1918).
Marie Ésilda LORETTE est la sœur de Marie Joséphine Angélina LORETTE épouse PIAULT [H].

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11677467


[W] Sépulture des sœurs Marie & Virginie MÉNÉTRÉ

La tombe est située à l’entrée de cimetière sur la droite dans la prairie centrale en bordure de l’allée circulaire qui sépare ladite prairie des tombes accolées au mur d’enceinte.
Il s’agit des sœurs :
Louise Marie MÉNÉTRÉ, célibataire, (née Essert 1829-dcd Essert 1903), fille de Louis MÉNÉTRÉ (né Essert 1797- dcd Essert 1875) et de Marie CHEVANNE (née Val-du-Puits de Sacy 1799-dcd Essert 1872).
Virginie MÉNÉTRÉ, vigneronne et cultivatrice à Essert, (née Essert 1833-dcd Essert 1909), même filiation. Elle avait épousé en 1863 à Essert André Napoléon THUMARAS, vigneron et propriétaire à Essert (né Essert 1840-dcd Essert 1916)

– Épitaphes :

Ici repose
Marie MENETRE
Décedée le 2 juillet 1903
Agée de 74 ans
Regrettée de sa sœur
—-
Virginie MENETRE
Femme Thumaras
Décédée le 13 octobre 1909
Agée de 76 ans
Regrets

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11653840


[X] Sépulture des frères Onezime & Pierre MÉNÉTRÉ

Tombe sise le long du mur gauche du cimetière.
Il s’agit des frères :
Louis Onesime MÉNÉTRÉ, célibataire, tonnelier à Essert (né Essert 1844-dcd Essert le 24 [et non le 23] 10 1879), fils de Pierre MÉNÉTRÉ (né Essert 1813-dcd Essert 1886) et de Françoise Angélique BOURDILLAT (née Essert 1815-dcd Essert 1894).
Victor Pierre Louis MÉNÉTRÉ tonnelier, cultivateur et maire d’Essert (né Essert 1840-dcd Essert 1911), fils des mêmes. Il s’était marié en 1874 à Grimault (Yonne) à Marie Anne Françoise HEURLEY de Villiers-la-Grange commune de Grimault (née Villiers-la-Grange 1849-dcd après 1911).
Leur sœur Louise Augustine MÉNÉTRÉ inhumée en [TT].

– Épitaphes :

« Ici Repose
Onezime MENETRE
Décédé le 23 octobre 1879
A l’âge de 36 ans
regretté de toute sa famille
Priez pour lui

Pierre MENETRE
9 XII 1840-13 avril 1911
Maire d’Essert de 1888 à 1908
Regrets
Concession à Perpétuité »

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11649148


[Y] Sépulture Jean BOURDILLAT & Yvette ROUARD

Tombe située à l’avant dernière rangée du fond du cimetière.
Inscriptions sur la stèle :

« Jean BOURDILLAT
1931 1984 »

« Yvette BOURDILLAT
née ROUARD
1930-2023 »

Les Archives en ligne d’Essert, à la date de rédaction du présent ne couvrent pas les années après 1922, il n’est donc pas possible de relier ces deux personnes à leur famille respective. Les renseignements qui suivent proviennent des fichiers de l’INSEE des personnes décédées à partir de 1970 et consultables par tout un chacun.
Il s’agit de :
Jean BOURDILLAT né à Essert (Yonne) le 01 03 1931, décédé à Auxerre (Yonne) le 01 09 1984 et de sa femme :
Yvette ROUARD née le 10 08 1930 à Sacy (Yonne), décédée à Auxerre le 16 04 2023.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11667044


[Z] Sépulture Louise Maria VAREY & Paul GILLOT

Tombe située dans l’avant-dernière rangée du fond.
Il s’agit de :
Louise Maria VAREY, (sœur de Alfred VAREY [AA]), vigneronne et cultivatrice à Essert (née Essert 1885-dcd Essert 1955), fille de Louis Michel VARET (né Montillot 1844-dcd après 1908) et de Marie Rosalie DONDAINE (née Essert 1847-dcd après 1904). Et de son mari qu’elle avait épousé à Essert en 1904) :
Paul GILLOT, vigneron et cultivateur à Essert (né Bessy-sur-Cure 1876-dcd Vermenton 1962, fils de
Grégoire GILLOT (né Bessy-sur-Cure 1828-dcd après 1904) et de Catherine BOURDILAT (née Bessy-sur-Cure 1828-dcd après 1904).
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11653881


[AA] Sépulture Alfred VAREY & Gabrielle ROUARD

Tombe située vers le bout du mur gauche du cimetière.
Il s’agit de :
Alfred VAREY, (frère de Louise Maria VAREY [Z]), cultivateur à Essert (né Essert 1878-dcd 1930 selon l’inscription sur sa tombe) fils de Louis Michel VARET (né Montillot 1844-dcd après 1908) et de Marie Rosalie DONDAINE (née Essert 1847-dcd après 1904), et de sa femme qu’il a épousée à Joux-la-Ville en 1904 :
Marie Louise Gabrielle ROUARD, (née 1882 hameau du Puits d’Edme de Joux-la-Ville- dcd 1977 selon l’inscription sur sa tombe (rien à l’INSEE ce qui arrive parfois), fille de Louis ROUARD (né Puits d’Edme 1829-dcd Puits d’Edme 1908) et de Marie Augustine OPPENEAU (née Joux-la-Ville 1838-dcd Joux-la-Ville 1917).

Il est difficile de faire ressortir les inscriptions sur les photos qui ont été prises.

« Alfred VAREY
1878-1930

Gabrielle VAREY
Née ROUARD
1882-1977 »

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11693073


[BB] Sépulture René LESAGE & Jeannette BÉRAULT

Tombe située dans la 4è rangée en partant de celle du fond du cimetière.
Il s’agit de :
René Louis LESAGE (né Évreux 1911-dcd à Auxerre 2001) et de sa femme :
Jeannette Marie Louise BÉRAULT (née Essert 1907-dcd Vermenton 2002), fille de Arsène Marie BÉRAULT (Essert 1879-dcd 1916 guerre, son nom est sur le monument aux morts d’Essert) et de
Marguerite Marie BOUCHEROT (née Gissey-sous-Flavigny 1883-dcd ignoré).
Les BÉRAULT de Essert sont originaires de Sacy, et la lignée de Jeannette Marie Louise BÉRAULT remonte à Nicolas BÉRAULT, Procureur fabricien de l’église de Sacy, marchand et greffier en la Justice de Sacy (né avant 1594-dcd après 1648).
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11653970


[CC] Sépulture « Famille OSTERMANN »

Tombe située dans l’avant dernière rangée du fond du cimetière.
Il n’y avait pas a priori d’identification possible sans date de naissance et/ou décès sur la tombe, ajouté au fait que les actes de décès pour ces dates ne sont pas en ligne. OSTERMANN est un nom qui n’est pas de la région de l’Yonne, cependant, dans les fichiers de l’INSEE, il existe un seul OSTERMAN décédé dans l’Yonne, il s’agit de :
OSTERMANN Charles Germain Eugène né le 27 02 1899 à Paris 11, décédé à Auxerre le 23 02 1977. De la consultation des l’état-civil de Paris 11, il appert qu’il est né sous le nom de sa mère, et légitimé par le mariage à Paris 11 le 22 12 1914 de Augustin Émile OSTERMANN et de Marie Baptistine BIJON. Sa femme qu’il a épousée à Bagneux (Seine) le 10 04 1948 (acte non encore en ligne en 2026) :
Cladie Lucienne DUCROT. Le fichier des décès de l’INSEE indique une seule possibilité Cladie Lucienne DUCROT (erreur de l’INSEE qui écrit Galdie) née à Châlon-sur-Saône (71) le 25 09 1900, décédée dans la commune Nouvelle de Lucy-sur-Cure le 07 12 1979. Sa tombe à Essert détermine qu’elle y est décédée (Essert fait partie de cette commune nouvelle depuis 1972).
Vérification faite à l’état-civil de Châlon-sur-Saône. Son mariage avec OSTERMANN est bien indiqué . Elle s’était mariée à Châlon-sur-Saône le 07 02 1918 avec Alexandre GROUX, mariage dissous le 04 06 1943 par le Tribunal de la Seine le 04 06 1943.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11656314


[DD] Sépulture Madeleine PETIT & Geneviève PETIT épouse VERNON

Tombe située dans la 3è rangée en partant du fond. Les inscriptions sur la stèle :

 » Madeleine PETIT
1897-1977

Geneviève VERNON
Née PETIT
1918-1999″

Il s’agit de :
Madeleine Gilberte DRUX née le 22 05 1897 à Meaux (77), décédée le 19 07 1977 à Savigny-sur-Orge (91), mariée à Noisy-le-Sec (93) le 16 12 1916 à Paul PETIT né le 13 05 1889 à Anzin (59) décédé avant 1939. Leur fille :
Geneviève Gilberte PETIT née le 17 11 1918 à Noisy-le-Sec (93), décédée le 07 04 1999 à Vermenton (Yonne), mariée en premières noces à Paris 13 le 12 10 1939 avec Jean Louis André SCHILLEMANS dont elle a divorcé le 06 05 1949, mariée en secondes noces le 03 12 1949 avec André Marcel Henri VERNON
né le 22 10 1915 à Blois (41), décédé à Avallon (Yonne) le 09 05 1997.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11653999


[EE] Sépulture Charles VIVET & Isabelle RULLIER

Tombe située dans la 3è rangée en partant du fond. Les inscritptions sur la stèle :

« Charles VIVET
1903-1973

Isabelle VIVET
née RULLIER
1910-1995 »

Il s’agit de :
Charles Roger VIVET né le 25 09 1903 à Paris 14, décédé le 05 08 1973 d à Essert (Yonne), fils Marie François VIVET (né Mâcot-le-Plagne en Savoie 1865dcd Paris 19 en 1934) et de Marie Antoinette Azélie GRAND (née Bourg-saint-Maurice en Savoie 1883-dcd Paris 20 en 1950). Et sa femme qu’il avait épousée à Paris 03 le 04 03 1899 :
Isabelle Joséphine Noémie RULLIER, née le 18 07 1910 à Paris 03, décédée à Vermenton (Yonne) le 04 03 1995, fille de Louis Alfred RULLIER (né Bourg-Saint-Maurice en Savoie en 1868-dcd au même lieu en 1918) et de Marie Émélie PICHOT (née Bourg-Saint-Maurice en 1879-dcd au même lieu en 1926).
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11655075
Leur fille Monique Raymonde Antoinete VIVET qui suit en [FF].


[FF] Sépulture Monique VIVET épouse GILLOT

Tombe située dans la 3è rangée en partant du fond. Inscriptions sur le bord avant :

« Monique GILLOT née VIVET 1941-2021 & Floyd (empreinte de chien) »

Il s’agit de :
Monique Raymonde Antoinette VIVET née le 27 juillet 1941 à Paris 14, décédée le 05 10 2021 à Chambery (Savoie), fille de Charles Roger VIVET et de de Isabelle Joséphine Noémie RULLIER [EE]. Elle était veuve de Michel Lucien GILLOT né à Essert le 05 01 1930, décédé à Chambery (Savoie) le 14 12 2015.
Note : une plaque porte les inscriptions :

« A mon épouse
A notre Maman
A notre Grand-Mère »

Étant donné que Michel Lucien GILLOT est décédé six ans avant elle, il y a lieu de se demander si elle ne s’est pas remariée. Mais les Archives de ces années nous sont inaccessibles.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11654302


[GG] Sépulture « Famille NIQUET-CHAUDRON »

Tombe en pierre avec croix implantée vers le milieu du mur gauche du cimetière. Les inscriptions :

« NIQUET Alexandre 1839-1917 »
« CHAUDRON Julien 1903-1920 »
« Clotilde Bailly 1876-1924 »
« CHAUDRON Léon 1873-1929 »

Il s’agit de :
Alexandre NIQUET [né à Essert le 29 05 1839–décédé à Essert le 13 02 1917], fils de Jacques NIQUET (né au hameau du Beugnon d’Arcy-sur-Cure 1807-dcd à Essert 1887) & de Marie Barbe BÉRAULT (née à Essert 1812-dcd à Essert 1867). Alexandre NIQUET a épousé en premières noces à Etivey (Yonne) le 19 11 1860 Léonie Augustine BERTRAND (née au hameau de Sanvigne à Etivey 1837- dcd à Etivey 1898), leur divorce avait été prononcé le 26 11 1890. Il épouse en secondes noces à Essert le 08 08 1891 Rosalie Aurélie CHAUDRON (née à Ciez, Nièvre 1853-dcd après 1919). fille de Pierre CHAUDRON (né à Ciez 1821-dcd à Essert 1895) & de Anne BOUSSARD (née ignoré-dcd à Ciez 1891).
Julien Alexandre CHAUDRON [né à Essert le 17 05 1903–décédé à Essert le 16 février 1920]. Il est le fils des deux personnes qui suivent qui sont également dans cette tombe :
CHAUDRON Léon Marie [né à Essert le 23 09 1873–décédé en 1929 selon la plaque de la tombe]. Il est dit dans son acte de naissance fils de père inconnu et de Rosalie Aurélie CHAUDRON. Il est né chez Alexandre NIQUETRosalie CHAUDRON était cuisinière. De fait, Alexandre NIQUET attendait que son divorce soit prononcé pour épouser Rosalie CHAUDRON, ce qu’ils ont fait à Essert le 08 08 1891 (voir plus haut). Léon Marie CHAUDRON a épousé à Arcy-sur-Cure le 07 02 1898 la 4è personne qui se trouve dans la tombe :
Clotilde BAILLY [née au hameau du Beugnon, commune de Arcy-sur-Cure le 24 01 1876–décédé en 1924 selon la plaque de la tombe], fille de Nicolas BAILLY (né au Beugnon de Arcy-sur-Cure 1848-dcd après 1898) & de Louise Véronique BAILLY (née au Beugnon de Arcy-sur-Cure 1850-dce après 1898).
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11665884


[HH] « « Famille CHAUDRON – MOSCONI »

Tombe située vers le milieu le long du mur gauche du cimetière, à gauche de la sépulture « NIQUET-CHAUDRON » [GG].
La tombe n’indique aucun élément d’identification hormis les deux noms.
Il s’agit de :
Paulette Yvonne Aurélie Eugénie CHAUDRON [née à Essert le 11 04 1920–décédée à Auxerre le 25 04 2002] fille de Paul CHAUDRON (né à Essert 1884-dcd ignoré) & de Yvonne Désirée RÉGNIER (née au Beugnon hameau de Arcy-sur-Cure 1895-dcd Vermenton 1994). Paul CHAUDRON est le fils de Rosalie Aurélie CHAUDRON inhumée dans la sépulture familiale « NIQUET-CHAUDRON ». Son mari épousé à Essert le 01 03 1941 :
François Henri Marie MOSCONI [attente résultat des recherches lancées en mairie].
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11677435


[II] Sépulture de Marie Jeanne MALIGE

Tombe située dans la 4è rangée en partant de celle du mur du fond. Les inscriptions :

« Marie Jeanne
MALIGE
1880-1970 »

Il s’agit de :
Marie Jeanne MALIGE [née à Paris 02 le 02 11 1880–décédée à Auxerre le 07 07 1970], mariée à Paris 02 le 23 04 1903 avec Louis Jean Baptiste PARET, négociant, Employé de la voirie municipale de Vienne (38) (né à Sarras Ardèche le 06 01 1876-décédé à Lyon le 28 09 1917), divorcés le 03 12 1909. La tombe de son fils Pierre Jean André PARET & de sa bru Marie Louise MATHOT sont également à Essert, relevé qui suit [JJ]. Voir tableau généalogique dans la fiche de son fils en [JJ].
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11655318


[JJ] Sépulture « Famille PARET-MATHOT »

Tombe située dans la 4è rangée en partant du mur du fond du cimetière. Les inscriptions n’inque que « Famille PARET-MATHOT ». Il s’agit de :
Pierre Jean André PARET [né à Paris 14 le 12 04 1904–décédé à Auxerre le 10 09 1980], fils de Louis Jean Baptiste PARET (né à Sarras en Ardèche 1876-dcd à Lyon 07 en 1917) & de Marie Jeanne MALIGE dont la tombe est à Essert (voir [II]), et de sa femme qu’il a épousée à Neuilly-sur-Seine (92) le 23 04 1903 :
Marie Louise MATHOT [née à Auderghem (Belgique) le 03 05 1910–date de décès ignorée, certainement avant 1970) fille de Henri Marie Joseph MATHOT & de Marguerite Rosalie Virginie Marie DU PAIN.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11682627


[KK] « Famille RONFORT »

Tombe sise dans l’avant dernière rangée du fond du cimetière. Elle ne comporte aucune inscription hormis le nom familial.
Il s’agit de :
Gaston Marie Camille RONFORT [né à Épinal dans les Vosges le 01 07 1906–décédé à Essert le 17 12 1977], fils de Camille Paul RONFORT (né à Dannemarie, Haut-Rhin 1873- dcd ignoré) & de Marie Zoé CHARPENTIER (née àNancy 1879-dcd ignoré) et sa femme  épousée le 27 09 1929 à Thionville, Moselle :
Marie Anne THIEBAUT [née à Basse-Yutz, Mosellele 28 07 1908 — décédée à Marseille le 15 11 2005], fille de Louis THIEBAUT & de Marie ULRICH.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11662142


[LL] Sépulture de Marie Madeleine ROUSSEAU

Tombe caractéristique avec une stèle en forme d’obélisque surmontée d’une croix et située vers le milieu le long du mur de gauche.

– Épitaphe :

« Ici Repose
ROUSSEAU
Marie Madeleine
Décédée
[effacé] Janvier 1889
A l’âge de 3 mois
[effacé]s tendrement
Aimée »

Il s’agit de :
Marie Madeleine ROUSSEAU [née à Essert le 14 10 1888–décédée à Essert le 05 01 1889], fille de François Édouard ROUSSEAU & de Marie Virginie GARNIER (enterrés dans le même cimetière voir [MM] qui suit.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11667066


[MM] « Famille ROUSSEAU-GARNIER »

Tombe située vers le milieu sur côté gauche du cimetière. Les inscriptions sur le devant :

« Famille
ROUSSEAU-GARNIER
1861-1933 / 1865-1945 »

Au niveau de la tête de la tombe, une plaque indiquant :

« Ici Repose
ROUSSEAU Henri
Sergent au 146 d’Infanterie
Mort au Champ d’Honneur
A Château Thierry
le 9 juillet 1918 à l’âge de 20 ans »

Il s’agit de :
François Édouard ROUSSEAU [né à La Coudraye, hameau de Lys (Nièvre) le 06 10 1861–décédé selon l’inscription sur la tombe en 1933], instituteur à Essert puis à Augy, fils de Joseph ROUSSEAU & de Marie GARSAULT. Et sa femme qu’il a épousée à Essert (Yonne) le 07 05 1887 :
Marie Virginie GARNIER [née à Essert le 21 05 1865–décédée selon l’inscription sur sa tombe en 1945], fille de Jean François Hilaire GARNIER (né au Vau-Germain hameau de Saint-Cyr-les-Colons 1823-dcd à Essert 1894), qui a été maire de Essert, & de Jeanne Angélique MARCEAU (née à Essert 1833-dcd à Essert 1921).

Pour la plaque il s’agit de :
Henri Georges ROUSSEAU, fils des précédents, né le 24 04 1898 à Augy (Yonne) où son père était instituteur, disparu le 09 07 1918 Côte 204 à Château-Thierry, décès fixé le 07 07 1918 par jugement du Tribunal d’Auxerre. Il n’est donc pas enterré à Essert. Son nom est inscrit sur le monument aux morts à l’entrée du cimetière.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11669317


[NN] Sépulture famille « BOVET »

Tombe située dans l’avant dernière rangée du fond du cimetière. Les inscriptions :

« Charles BOVET
1899-1983
Yvonne BOVET
1900-1987
Charles BOVET
1920-1998 »

Il s’agit de :
Charles Émile BOVET [ né à Paris 10 le 03 09 1899–décédé à Auxerre le 30 09 1983], fils de François Christian BOVET & de Charlotte SARAZIN. Sa seconde femme épousée le 13 07 1946 à Paris 10 :
Yvonne Lucie TESTART [née à Paris 11 le 13 03 1900 à Paris 04–décédée à Essert le 27 02 1987], veuve en premières noces de Jean Auguste RAYNEL, fille de Alfred TESTART & de Marie Alexandrine BRUGÈRE.
Charles Paul Marcel BOVET [né à Paris 11 le 18 06 1920–décédé à Blois (41) le 28 05 1998] fils né du 1er mariage célébré à Paris 11 le 07 10 1919 de Charles Émile BOVET d’avec Yvonne Émilienne CHAPRON (née le 05 11 1894 à Paris 10 où elle est décédée le 24 04 1926), fille de Constant Arthur CHAPRON & Élise Louise BRAQUEMART.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11672658


[OO] Sépulture de Jacqueline VOGEL épouse VEYRES

Tombe située dans la 3è rangée en partant du fond du cimetière. Les inscriptions :

« Jacqueline VEYRES
née VOGEL
1926-1989 »

Il s’agit de :
Jacqueline Germaine Marie VOGEL [née à Levallois-Perret (92) le 27 09 1926–décédée à Paris 14 le 11 03 1989].
Elle était mariée au nommé VEYRES. A la date de rédaction du présent, les Archives en ligne de Levallois-Perret s’arrêtent à 1925 pour les actes de naissances, celles de Paris à 1986 pour les actes de décès. La consultation des archives pour l’instant non en ligne permettra ultérieurement de la relier aux autres VOGEL inhumés à Essert et dont une aïeule y est originaire.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11677679


[PP] « Famille MENETRE-RAMIER »

Tombe située sur la gauche du mur du fond du cimetière, sans aucun renseignement hormis les deux noms.
Il s’agit de :
Louis Victor MÉNÉTRÉ [né à Essert le 21 03 1876–date de décès ignorée], fils de Victor Pierre Louis MÉNÉTRÉ (né à Essert 1840-dcd à Essert 1911 dont la tombe est en [X]) & de Marie Anne Françoise HEURLEY (née à Villiers-la Grange, commune de Grimault 1849–dcd après 1911). Et de sa femme qu’il a épousée à Coulanges-la-Vineuse le 10 02 1902 :
Berthe RAMIER [née à Charny (Yonne) le 11 05 1883– date de décès ignorée], fille de Augustin RAMIER & de Rosine Victoire RABILLON.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11681271


[QQ] Sépulture « Famille AUTIXIER-CUSIN »

Tombe située dans l’avant dernière rangée du fond du cimetière, qui ne comporte aucun renseignement hormis les deux noms.
Il s’agit de :
Albert François AUTIXIER [né à Auxerre le 27 04 1908–décédé à Auxerre le 11 11 1985], fils de Antoine Sylvain AUTIXIER & de Marie Jeanne CORGNE. Il a épousé en premières noces Léa Andréa VACHER (née à Guillon Yonne en 1907-dcd à Montréal Yonne en 1941. Il est inhumé avec sa seconde femme :
Louise Antoinette CUSIN qu’il a épousé (selon mention marginale sur son acte de naissance) à Chichy (Yonne) le 27 02 1943. Cette année n’est pas consultable dans les Archives en ligne. Nous ne savons donc rien d’elle, décédée avant 1970 puisque n’étant pas enregistrée à l’INSEE.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11681614


[RR] Sépulture Eugène CIBLAS & Marcelle BOUJONNIER

Tombe située dans l’avant-dernière rangée du fond du cimetière. Les inscriptions :

« Eugène CIBLAS
1896-1975
Marcelle Ciblas
Née BOUJONNIER
1899-1995 »

Il s’agit de :
Eugène CIBLAS [né au hameau du Grand-Bouchet à Domps (Haute-Vienne) le 13 03 1896–décédé à Essert le 12 10 1975 ], fils de Guillaume CIBLAS & de Marie CHEPPE. Et de sa femme :
Marcelle Henriette BOUJONNIER [née à Paris 08 le 04 12 1899–décédée à Avallon le 11 12 1995], fille de Édouard Gustave BOUJONNIER & de Clémentine ALAUX.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11678461


[SS] Sépulture de Auguste CABROLIER

Tombe située dans la 4è rangée en partant de celle du fond du cimetière. Les inscriptions :

« Auguste CABROLIER
1897-1978 »

Il s’agit de :
Auguste CABROLIER [né à Paris 17 le 05 10 1897–décédé à Auxerre le 08 02 1978], fils de Victor Auguste Marie CABROLIER & de Joséphine AUNIER, marié à Coulommiers (Seine & Marne) le 03 11 1928 avec Simone Henriette PELADEZ (né à Saint-Siméon en Seine & Marne le 07 06 1909-dcd àVilliers-le-Bel, Val-d’Oise le18 01 2004).
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11692255


[TT] Sépulture Louis DUMONT père et fils & Augustine MÉNÉTRÉ

Il s’agit d’un emplacement familial pour deux tombes, situé vers le milieu le long du mur gauche du cimetière. Seule subsiste la stèle de gauche portant les inscriptions :

« ci Repose
DUMONT Louis
Décédé le 5 Avril 1899
A L’Age de 79 ans

DUMONT Louis Fils
Décédé le 9 octobre 1915
A L’Age de 66 ans

Augustine MENETRE
Epouse de Louis DUMONT
1848-1950 »

Il s’agit de :
Louis DUMONT, laboureur, cultivateur et vigneron [né au Val-du-Puits, commune de Sacy (Yonne) le 11 12 1819–décédé à Essert le 05 04 1899], fils de Louis DUMONT, laboureur, cultivateur (né au Val-du-Puits de Sacy 1776-dcd au Val-du-Puits de Sacy 1834) & de Marie CHEVANNE (née au Val-du-Puits de Sacy 1777-dcd au Val-du-Puits de Sacy 1849). Il avait épousé à Essert le 15 04 1845 Rosalie Véronique MARCEAU (née à Essert le 04 09 1820-dcd à Essert le 08 11 1900).
– Le fils du couple précédent : Louis Alphonse DUMONT, cultivateur, vigneron [né à Essert le 06 09 1849–décédé à Essert le 09 10 1915] et de sa femme qu’il a épousée à Essert le 18 02 1873 :
Louise Augustine MÉNÉTRÉ [née à Essert le 03 09 1848–décédée en 1950 selon l’inscription sur sa tombe], fille de Pierre MÉNÉTRÉ laboureur, cultivateur (né à Essert 1813-dcd à Essert 1886) & de Françoise Angélique BOURDILLAT [né à Essert 1815-dcd à Essert 1894).
Deux frères de Louise Augustine MÉNÉTRÉ sont inhumés en [X].
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11786243


[UU] Sépulture LAÏRLE / BOURDILLAT / COUQUET

Tombe située dans l’avant-dernière rangée en partant du fond du cimetière. Les inscriptions :

« Edouard LAÏRLE
1895-1963
Reine BOURDILLAT-LAÏRLE
1904-1977
Olivier COUQUET
1960-2017 »

Il s’agit de :
Édouard Cyprien Marius LAÏRLE, aviateur pendant la 1ère guerre mondiale, [né à Pébées (Gers) le 19 01 1895–décédé en 1963 selon l’inscription sur sa tombe ], fils de Bertrand LAÏRLE, cultivateur & de Marie Joséphine SOUBEILLE. Sa femme qu’il a épousée le 7 juillet 1923 à Paris 05 :
Reine Marie MARTINAUD [née à Paris 05 le 23 03 1904– décédée à Auxerre le 18 07 1977], fille de Jean MARTINEAU, charcutier & de Marguerite BERTRY. Reine Marie MARTINAUD s’est remariée à Essert (Yonne) le 22 12 1963 avec Pierre BOURDILLAT.
Olivier Edouard Pierre COUQUET [né le 18 04 1960 à Paris 14–décédé à Essert le 20 10 2017. Renseignements publics.


[??] Sépulture « Famille MARTIN-PERNET »

Tombe située vers le bout du mur gauche du cimetière. Les inscriptions n’indiquent que les deux noms du couple. Une plaque comporte la photo de l’épouse.
Rien n’a permis d’identifier les occupants de cette sépulture. Pas de prénoms, pas de dates.


[??] Sépulture de « Louise « Louise CLÉMANG de LAMARE »

Tombe située dans la 3è rangée en partant de celle du fond du cimetière. Les inscriptions :

« Louise
CLÉMANG de LAMARE
1885- 1957 »

Rien n’a permis de l’identifier. N’est pas originaire de Essert. La date de décès est hors les dates des Archives de Essert mises en ligne, et rien n’indique qu’elle y est décédée.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11691331


[??] Sépulture « Famille HAÏSSAGUERRE LARRODE »

Tombe située contre le mur du fond du cimetière. Les inscriptions :

« Famille
HAÏSSAGUERRE

LARRODE

Joseph HAÏSSAGUERRE
1878-1942 »

Joseph HAÏSSAGUERRE n’est pas identifié. Il s’agit d’un patronyme des Pyrénées Atlantiques. Que faisait-il à Essert ? Les Archives en ligne de l’Yonne ne ne permettent pas de consulter à la date de rédaction du présent après 1922. Sans doute était-il marié à une certaine LARRODÉ qui est également un nom des des Pyrénées Atlantiques.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11677885


[??] Sépulture « Famille GANDON-MILLOT »

Tombe située dans la 3è rangée en partant du fond du cimetière. Les inscriptions sur la tombe n’indiquent que les deux noms.
Aucun élément d’identification. Ces noms ne sont pas originaires d’Essert.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11681672


[??] Sépulture « Famille STEPHAN »

Tombe située dans l’avant dernière rangée du fond du cimetière.
Note : pas d’identification possible sans l’accès aux registres d’état-civil, ceux en ligne s’arrêtent pour Essert en 1922.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11658519


[??] Sépulture « Famille BERAULT »

2è tombe le long du mur de gauche.
Note : aucune identification possible,
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11655907



[1] On appelle orthophotographie, ou plus communément orthophoto, une image obtenue par traitement d’un cliché aérien numérique ou argentique dont la géométrie a été redressée de sorte que chaque point soit superposable à une carte plane qui lui correspond. (Sources : Wikipedia).

[2] A Sacy les vieilles tombes ont été relevées depuis longtemps. Cependant, rue du Vaucelle, près de l’église, une stèle a été réemployée pour supporter une jardinière en forme de vasque. Il s’agit de la stèle de Marie Magdelaine DISSON (Sacy 1789-Sacy 1822). Elle est la petite fille du couple Edme PIAULT & Marguerite BOURDILLAT.
https://www.geneanet.org/cimetieres/gestion/modify/12141628/edit

Nitry 1686, Abjuration d’Edme CHEMISE & Marie LAURIN — Brienne village disparu de Nitry

Nitry 1686, Abjuration d’Edme CHEMISE & Marie LAURIN — Brienne village disparu de Nitry

Deux jours après avoir imposé à trois membres de la famille TABY du Val-du-Puits de Sacy d’abjurer leur « hérésie » (article précédent), retrouvons une partie des « inquisiteurs » à Nitry pour la même opération à l’encontre de deux villageois.

Nous ne reviendrons pas sur le contexte historique largement développé dans l’autre article

Nitry le 17 janvier 1686

Ce dix-sept janvier 1686 retrouvons en l’Église paroissiale de Nitry diocèse d’Auxerre :
Charles Nicolas le Bœuf de la compagnie de Jésus (jésuite), mandaté par « Monseigneur L’illustrissime et Reverendissime Evesque d’Auxerre », qui a peut-être séjourné à la métairie de la Loge de Sacy dont le collège des jésuites d’Auxerre est propriétaire depuis plus de 40 ans,
Jean Pandevant curé de Sacy encore rédacteur de l’acte,
Juste Ignace Millaud curé de Nitry,
auxquels se sont joints :
Nicolas Decourtives, respectivement procureur fiscal de Nitry, notaire, praticien, lieutenant , receveur de l’abbé de Molesme (le Chevalier de l’Ordre de Malte Charles de la Rochefoucauld Seigneur de Nitry & Lichères), prévôt des Terres des mêmes lieux,
Claude Griffe sieur du Rud (un article lui a été consacré) respectivement garde du corps et chef des gardes de son Altesse le Prince de Conti, capitaine de Nitry, marchand, receveur de l’abbé de Molesme le Chevalier de l’Ordre de Mate Charles de la Rochefoucauld Seigneur de Nitry & Lichères. L’abbé de Molesme signera le registre paroissial de Nitry en 1665 en tant que parrain d’une fille de Claude Griffe,
Pierre Chicard (signature identifiée), marchand et procureur fabricien de l’église de Nitry,
Urbain Painblanc (signature identifiée), marchand et boulanger à Nitry.

Lesquels recevaient de la part des nommés :
Edme CHEMISE et Marie LAURIN tous deux âgés de soixante ans «  abiuration de la religion pretendue reformée et profession publique de la religion Catholique, apostolique et Romaine ».

Transcription de l’acte d’abjuration de Edme CHEMISE et Marie LAURIN :

« Le dix septiesme iour de Janvier mil six
cent quatre vingt six sur les cinq heures du
soir en leglise paroissialle de Nitry dioceze
d’auxerre se sont presentez Edme Chemise
et Marie laurin tous deux âgez de
soixante ans lesquels ont fait abiuration de
la religion pretendue reformée et profession
publique de la religion Catholique, apostolique
et Romaine entre les mains de Mons Charle
Nicolas le Boeuf de la Compagnie de JESU
a ce Commis et Deputé Par Monseigneur
L illustrissime et Revendissime
Evesque d auxerre # et plus bas par
monseigneur Gourret et apres la lecture
profession de foy Catholique apostolique et romaine
faite a haute et Intelligible voix par monsr
Nicolas Decourtive lieutenant dud Nitry
lesd. Edme Chemise et Marie Laurin y
estant attentifs, et la promesse que chaqu’un
d’eux a fait de vivre et mourir dans lexercice
de lad. religion catholique apostolique
et romaine, nous leurs avons donné labsolution
de l’excommunication qu’ils avoient encourue
par l exercice de l’heresie dans laquelle ils
avoient vescu jusqu’alors en pnce [présence] de M
Jean pandevant curé de sacy et M J Ignace
millaut prestre Curé dud. Nitry Mrs Nicolas
Decourtives, Claude Griffe Durud et plusieurs
autres qui ont signez »
Signé :
P Chicard JIgn. Millaud Pandevant
Urbin pain blanc.
# Il a été rajouté en marge [mots coupés à gauche] :
« [sui]vant sa
[per]mission en datte et
quinziesme iour
pnt mois et signe
[a]ndre Ev d’auxerre »

Note : Nicolas Decourtives et Claude Griffe n’ont pas signé, il n’ont pas attendu que l’acte soit rédigé. Le jésuite a signé tout en bas de la page, donc avant la rédaction de l’acte, ce qui a permis de caser ultérieurement avant sa signature un acte de baptême qui ne respecte pas la chronologie avec les actes des pages suivantes.

Le scénario est le même que celui qui s’est déroulé à Sacy deux jours auparavant.
Trois mois après l’édit de Fontainebleau qui interdit le protestantisme, les réfractaires sont excommuniés puis convoqués à l’église pour être contraints d’abjurer.
Et de nos jours, si l’Église n’a plus ce pouvoir, elle est est largement relayée par l’État, cette entité qui n’est pas née d’un contrat social mais nous est imposée par les vainqueurs qui ont pris le pouvoir total. La « démocratie représentative » n’est qu’un oxymore. De nos jours, le résultat d’une « élection démocratique » peut être annulée, car si l’élection a été démocratique, le Système peut décider que le résultat ne l’est pas.
L’Histoire, la médecine, le climat, la culture etc. ne sont plus le fait de chercheurs, mais de votes politiques aux assemblées. Malheur aux hérétiques, ils sont traduits devant les tribunaux, condamnés, emprisonnés, ostracisés, mis au ban de la société, perdent toute possibilité d’emploi, leurs comptes bancaires sont bloqués. Au jour où ces lignes sont écrites, seuls les médias aux ordres et transmettant l’endoctrinement idéologique de la république aura le droit de presse. On appelle ça « Démocratie », « valeurs de la république ». Et nos aïeux ont fait des révolutions pour en arriver là. Une inquisition en remplace une autre. En pire.

Revenons au sujet. Il existe cependant une différence entre les TABY de Sacy et Edme CHEMISE et Marie LAURIN. Elle est que les TABY lors de leur abjuration sont de jeunes adultes qui par la suite se marieront et auront des enfants. Les actes indiquent même leur filiation. Mais la religion protestante qui était la leur ne permet pas de remonter plus avant. Tandis qu’ici les deux abjurateurs sont des personnes âgées et ils n’apparaissent pas dans les registres paroissiaux avant donc 1686.

Edme CHEMISE

Il est né vers 1615 selon l’âge indiqué dans son acte de décès et vers 1626 selon l’âge indiqué dans l’acte d’abjuration, qui au demeurant est un âge commun donné aux deux abjurateurs, dits âgés de 60 ans, chiffre qui en plus est tout et trop rond pour être honnête. Il y a eu des actes où un curé indiquait un âge commun aux mariés. La réalité était souvent tout autre.
Nous avons le nom de sa femme Marie GROS, qui lors de son décès a été dite femme de Edme CHEMISE. Edme CHEMISE est décédé le 07 mai 1692 après avoir reçu tous ses sacrements.
La formule consacrée du curé Ignace Millaud que reprendra son successeur Augustin CAVEROT, « en présence de plusieurs personnes », formule qui lui fait l’économie d’écrire les noms des personnes présentes mais ne nous renseigne pas sur la famille du défunt. De plus aucun témoin n’a signé l’acte.

Transcription de l’acte de décès de Edme CHEMISE :

« le septieme jour que dessus [note : janvier 1692] est decedé en la coion [communion]
de lEglise apres avoir receu tous les sacremens
accoutumes Edme chemise aage d environ
soixante et dix sept ans, et a este par moy soussigné
inhumé au Cimetiere en pnce [présence] de plusieurs personnes. »
Signé : J Ign. Millaud.

Marie GROS

Marie GROS est décédée le 17 mai 1686 à Nitry, moins de 5 mois après l’abjuration de son mari, et longtemps après avoir abjuré, ce qui indique qu’elle s’est convertie sous l’édit de Nantes quand le calvinisme était encore autorisé. Mais nous n’avons pas dans les registres ces actes d’abjuration « volontaire ».
Le curé n’indique pas son âge et elle est bien dite femme de Edme CHEMISE.

Transcription de l’acte de décès de Marie GROS :

« Le dix septieme Jour du mois an que
dessus [note : mai 1686] est decedee en la Communion de notre
Mere Ste Eglise apres avoir receu receu [sic]
les sacrements de penitence et de viatique
long tems apres avoir abjuré la religion
pretendue reformée qu’elle avoit long tems
professe, Marie gros femme de Edme
chemise et a este Inhumee par moy soussigne
le landemain proche la croix au cimetiere
en pnce [présence] de plusieurs personnes »
Signé : J Ign. Millaud.

La rédaction minimaliste des actes de décès par le curé Juste Ignace MILLAUD n’a pas permis de lier Edme CHEMISE à d’autres personnes du même nom. Auparavant le couple était de confession protestante et les actes les concernant ne pouvaient figurer dans les registres paroissiaux. Rien ne permet donc de déterminer si le couple CHEMISE / GROS a eu des enfants.
Le patronyme CHEMISE est peu représenté à Nitry. Le plus ancien registre de Nitry qui nous soit parvenu débute par des baptêmes en 1646. Peut être sommes-nous en train d’assister à la disparition de ce nom à Nitry.

Nous avons Jeanne CHEMISE (née vers 1613- dcd Nitry 1685) mariée à François MARIOTTE. Deux filles du couple nous sont connues nées en 1647 et 1650. La seconde, Reine, aura des enfants. Mais les divers actes de cette famille ne citent pas le nom d’autres CHEMISE.

Puis nous avons des couples qui interagiront dans des actes paroissiaux les définissant comme étant issus d’une même famille, à laquelle Jeanne CHEMISE devait appartenir. :

Claude CHEMISE vigneron à Nitry (né vers 1613-dcd Nitry 1703) marié à Élisabeth REGNARD / RENARD (née vers 1629-dcd Nitry 1709). Les âges donnés à ces deux personnes lors de leur décès semblent exagérés. Claude CHEMISE aurait eu son premier enfant connu alors qu’il était âgé de 52 ans et le dernier à 64 ans. Quant à sa femme elle aurait eu son dernier enfant connu âgée de 48 ans.
Le couple a six enfants connus nés entre 1665 et 1677. Un seul a priori s’est marié selon les registres de Nitry. Aucune descendance ne lui est attribuée.

– autre Claude CHEMISE vigneron à Nitry marié à Marie DEFAIX et autres orthographes tous deux décédés après 1691. Leur acte de décès n’est pas dans les registres. Le couple apparaît quand leur fils François CHEMISE épouse en 1691 Jeanne BOUCHARDAT. Claude CHEMISE et sa femme ne seront plus cités par la suite.
De son mariage François CHEMISE aura douze enfant nés de 1692 à 1708.
Le nom de CHEMISE se perpétuera à Nitry uniquement par François CHEMISE jusqu’à la disparition du nom dans la seconde moitié du 19e siècle.

Nous avons également Marie CHEMISE que l’on trouve mariée à Claude PRETAT / PRESTAT, vigneron, lors la naissance de deux enfants en 1698 et 1705 à Nitry. Le couple n’apparaîtra plus dans les registres après 1705. Rien ne permet de déterminer la filiation de Marie CHEMISE. Le couple et ses enfants auront des interactions dans les actes avec les autres CHEMISE.

Quant à Marie GROS (également GROU ou GROUX) femme de Edme CHEMISE, le cas est encore plus compliqué. Son acte de décès n’indique malheureusement pas son âge, cela aurait résolu bien des questionnements.
Il nous faut composer, comme toujours d’ailleurs, avec ce que nous apportent les registres qui ont survécu au temps, les lacunes, ce que les prêtres, pas toujours, pour ne pas dire rarement zélés ont bien voulu consigner, parfois avec des erreurs. En plus comme déjà mentionné, les actes de la période où les gens sont des huguenots, ne figurent pas dans les registres paroissiaux. La grande question est : Edme CHEMISE et Marie GROS sont-ils nés protestants ou bien se sont-ils convertis à cette religion au cours de leur vie.

A ce stade, notamment en l’absence d’âge au décès de Marie GROS, nous ne pouvons que dresser un état de ce que proposent les registres de Nitry et d’analyser ces renseignements.

Il existe une Marie GROS baptisée à Nitry le 19 décembre 1647, fille de Guillaume GROS et de Marie LOIRINE (LAURIN / LORIN), nom accordé au féminin dans l’acte, ce qui était courant à l’époque. On ne retrouve plus ce couple par la suite.
Le nom de Marie LAURIN est intéressant car il s’agit aussi du nom de la personne qui a été  contrainte d’abjurer avec Edme CHEMISE.
Mais Edme CHEMISE est né ou bien vers 1615 ou bien vers 1626 (voir le paragraphe qui lui est consacré), et notons une différence d’âge importante entre cette Marie GROS et lui. Mais leur union n’est pas impossible. Ce n’est qu’une simple constatation.

D’autre part, si on veut pousser plus avant les investigations, il faut avoir à l’esprit que parfois une femme est nommée par le nom de sa mère pour la différencier des homonymes, ce qui pourrait être le cas ici, GROS étant un patronyme courant à Nitry, sans parler du prénom Marie.
Marie GROS née en 1647 est-elle désignée sous le nom de cette Marie LAURIN qui abjure son calvinisme en même temps que Edme CHEMISE ? L’acte d’abjuration est très perfectible, il donne un âge commun aux deux abjurateurs, 60 ans, ce qui ne semble pas sérieux. Nous avons vu la différence de date de naissance calculée pour Edme CHEMISE entre son âge au décès et celui indiqué dans l’acte d’abjuration ! Ces 60 ans feraient naître Marie GROS dite LAURIN vers 1615. Donc ce ne peut être cette Marie GROS née en 1647.
D’autre part le curé, s’il a omis l’âge au décès de Marie GROS femme de Edme CHEMISE apporte pour une fois quelques précisions. Il dit en effet :
« long tems apres avoir abjuré la religion
pretendue reformée qu’elle avoit long tems
professe, Marie gros femme de Edme
chemise
et a este Inhumee »

Or Marie GROS femme de Edme CHEMISE décède sept mois après l’édit de Fontainebleau qui interdit le protestantisme. Le terme longtemps n’est pas approprié à sept mois. Marie GROS s’est certainement convertie bien avant cet édit.
L’acte d’abjuration ne dit pas que les abjurateurs sont mariés. Mais l’auraient-ils dits s’ils s’étaient unis selon le rite protestant non reconnu ? C’est sans doute pour cela qu’ à Nitry, dans au moins un acte de baptême qui n’a rien à voir avec les gens cités ici, les parents étaient dits non mariés.
Donc Marie LAURIN ne peut être Marie GROS femme de Edme CHEMISE.

Marie LAURIN

Le nom s’écrit aussi LORIN et dans le parler local LOIRIN.
Ce patronyme est très peu présent à Nitry.

La seule possible qu’il y ait est cette Marie LAURIN femme de Guillaume GROS couple cité dans le paragraphe précédent, parents de Marie GROS.
Marie GROS étant née en 1647, Marie LAURIN est née avant 1627 selon un calcul de 20 ans avant la date de naissance de son enfant. Cela peut bien correspondre à celle qui abjure. Les registres ne nous fournissent pas son acte de décès ni celui de son mari. Cela ne reste qu’une possibilité.
Il est quand même intéressant de réunir dans une même famille les noms de GROS et LAURIN.
Mais tant pour Marie GROS que pour Marie LAURIN, le problème ne peut être formellement résolu en l’absence d’autres renseignements, et surtout des registres protestants.

Les protestants à Nitry

La question a déjà été abordée dans l’article sur les TABY car ils sont venu habiter à Nitry après leur abjuration, l’une des raisons étant peut-être que l’ancienne communauté protestante y était plus importante qu’à Sacy et a fortiori qu’au Val-du-Puits de Sacy. Et nous avons vu que pour certains, l’abjuration n’a été que feinte.

vers 1560 :
« Dès les premiers troubles sérieux dans la région, Sébastien Ingrànd « receveur en partie de la terre et seigneurie de Lichères » fut poursuivi et enfermé à la requête d’Antoine de Vienne, abbé de Molême, seigneur de Nitry, pour le fait de son adhésion à la religion réformée. ». [1]

« Cependant la guerre continue. En 1569, Chablis est investi, et en 1570, les protestants s’emparent de Vermenton et d’Accolay. En 1587, 700 hommes escaladent de nuit les murailles de Poilly. Les troupes des deux partis passent et repassent par Nitry et Lichères où elles ne s’arrêtent plus, ne trouvant sans doute rien à piller ni à détruire. Un officier du duc de Nevers est fait prisonnier à Nitry ; il est conduit à Chablis. En 1589, les royalistes sont installés à Noyers et font des incursions sur les pays voisins.
Condé  mort, le parti de la ligue s’insinue dans la région et y devient puissant ; il se rend maître d’Auxerre, occupe Noyers. Le capitaine de Chablis, Vaucharme, du parti royaliste, s’empare de Noyers en 1590, mais le garde peu de temps. Les Ligueurs assiègent Poilly, mais en vain. Ils tiennent à ce moment Noyers, Cravant, Chablis repris, Irancy, Vermenton, Avallon ; les royalistes sont encore maîtres à Poilly, Sainte-Vertu, Maligny, Tonnerre ; il n’est plus question de Nitry et Lichères, villages ouverts, au trois quarts détruits, devenus lieux de passage et où ne subsiste qu’une population rare, misérable et fréquemment fugitive. »[1] [2]

Le 27 novembre 1572, Jean GUILLAUMOT et Jean RAVEAU, tous deux de Nitry, abjurent à Auxerre respectivement le protestantisme et le calvisnisme [3].

Le 31 mai 1682 décède et est inhumée dans l’église de Nitry Philippe RÉTIF veuve de Edme MOINE qualifié d’hérétique (Philippe est aussi un prénom féminin). Nous sommes encore sous l’édit de Nantes.

« Le trente unieme jour des mois en an que dessus [note : mai 1682] est
decede en la communion de nôtre mere St Eglise
et Regne du St Viatique Philippe Rétif veuve de
feu Edme Le moine vivant laboureur demeurant a
nitry et heretiq
; et a este Inhume vers la chaire par
moy soussigné en pnce [présence] de quantite de personnes ».
Signé : Ignace Millaud.

L’acte de décès de Edme MOINE ne figure pas dans le registre, ce qui est logique puisque hérétique.
On ne sait pas sous quelle religion le couple s’était marié. Cette date de mariage est hors période des registres de Nitry qui nous sont parvenus.
Le couple a deux enfants connus qui ont formé tout deux une famille, mais seul l’acte de mariage de l’un nous est connu.
Marie MOINE (Le MOYNE) épouse le 8 juin 1655 à Nitry Michel COLLIN. L’acte est filiatif, aucun parent des mariés n’est qualifié d’hérétique. Il ne sont que cités dans l’acte.

Et pour terminer, un acte d’inhumation à Nitry ne peut qu’attirer l’attention. Il s’agit de celui de Jacques SIMON :

« Le vingtiesme Jour du mois de novembre
1665 a esté Inhumé Mre Jaques Simon dict
Brienne
au cimetiere de l’Eglise de Nitry en
vertu d’une ordonnance de Mr le prevost de
en datte du [rature] dict jour. »

Aucune signature

Cet acte d’inhumation est succinct, les autres encore plus. Aucun n’est signé. Et pourtant Jacques SIMON fait partie de cette notable famille SIMON qui se partage les charges à Nitry et autres lieux, et dont Rétif de la Bretonne descendra (1734).

Alors pourquoi une ordonnance du prévôt pour inhumer ledit Jacques SIMON ? C’est la procédure qui était utilisée pour inhumer un huguenot au cimetière (terre catholique) en l’absence de cimetière protestant sous l’édit de Nantes. Nous l’avons vu plusieurs fois, une parcelle non consacrée était destinée entre autres aux enfants qui avaient eu la mauvaise idée de mourir avant d’être baptisés.

C’est la seule fois où le nom de cet ancien village de Brienne est cité dans les registres de Nitry.
Qu’en dit le Cartulaire de l’Yonne ? :

« Briennicum,juxta Nanturiacum [*]: Brienne, aujourd’hui climat situé près de Nitry, à l’ouest. »
« Briennicum, agellum juxta agrum Nanturiacensem [**]. Ce lieu est détruit probablement depuis longtemps; mais il en reste encore des traces suffisantes pour que l’attribution que nous en proposons soit acceptée. Le plan parcellaire du cadastre de la commune de Nitry fait en 1827, section G, n°s 509 à 549, mentionne un climat de Brienne, tout près de Nitry, entre les deux chemins de Sacy et ce village à l’ouest. Lebeuf [3*] l’attribue à tort à Beugnon sur sa carte du XIe siècle. »
[*] Brienne près de Nitry.
[**] Brienne, un petit terrain près du pays de Nitry.
[3*] Abbé Jean Lebeuf (Auxerre 06 03 1687-10 04 1760) prêtre, historien et érudit, auteur de plusieurs ouvrages.

Brienne ne figure pas sur la Carte de Cassini de la région qui a été publiée vers 1758.
Sur le Cadastre Napoléonien (1827), le secteur nommé « Brienne » se situe à l’Ouest du Champ Monsieur (répertorié sur les cartes IGN actuelles) à l’Ouest du bourg de Nitry, entre les deux chemins Nitry-Sacy (l’un au Nord qui semble correspondre pour ce tronçon à la route actuelle nommée départementale 49, l’autre, l’ancien chemin, au Sud qui mène à l’entrée de Sacy débouchant sur la route actuelle de Sacy à Joux-la-Ville.
Concrètement, le lieu-dit Brienne se tenait au bout du chemin partant du cimetière actuel et venant se terminer contre le grillage de l’autoroute, et le long de cette autoroute vers le sud.
Venant de Sacy sur la départementale 49, avant d’arriver à Nitry, du pont surplombant l’autoroute, on voit à droite (Sud) le chemin venant du cimetière se terminer contre le grillage de l’autoroute. A partir de là on regarde Brienne.
C’est au lieu-dit Brienne (champ Monsieur) qu’ont été découverts des vestiges appartenant à un cimetière mérovingien [4] lors du tracé de l’autoroute en 1962, et plus près du pont d’autoroute a été découvert aussi un établissement gallo-romain sur lequel a priori le village de Brienne s’est construit.


[1] LICHÈRES-PRÈS-AIGREMONT, Essai de monographie générale par M. J. Cuillier Directeur d’école honoraire, Ancien Instituteur à Lichères. Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne Année 1987, 91è volume. Bibliothèque Nationale de France, Gallica.

[2] trois partis s’opposent : les protestants, les royalistes et la ligue catholique.
« La Ligue catholique, la Sainte Ligue ou la Sainte Union est, pendant les guerres de Religion, un parti de catholique qui s’est donné pour but la défense de la religion catholique contre le protestantisme. Son succès est tel qu’elle devient un danger pour la monarchie : en 1588, elle parvient à chasser le roi Henri III de la capitale. La Ligue décline petit à petit devant les victoires du roi Henri IV. » Sources Wikipedia.

[3] LES PROTESTANTS DANS L’YONNE AU XVIème SIECLE par Pierre Le Clercq.
[Family History Library à Salt Lake City, CARAN, AD Yonne, BM Auxerre (manuscrit 390/p.123), AM Auxerre ; livres de Lebeuf, Challe, Haag , Alain Noël]
https://esgeaihygrecq.jimdofree.com/articles/dictionnaire-biographique/protestants/

[4] Cimetière mérovingien à Nitry (Yonne)
https://www.persee.fr/renderIllustration/galia_0016-4119_1964_num_22_1_T1_0256_0000_1.png

TABY, famille de huguenots au Val-du-Puits de Sacy

TABY, famille de huguenots au Val-du-Puits de Sacy

Le contexte historique

Les raisons de l’abrogation de l’édit de Nantes sont multiples, l’une et non des moindres étant que Louis XIV n’était pas du tout certain de la fidélité de ses sujets protestants dans la lutte qui l’opposait à Guillaume d’Orange. Déjà les protestants s’étaient rebellés sous Louis XIII et avaient perdu toutes leurs places de sûreté que Henri IV leur avaient octroyées par l’édit de Nantes.
Avec le siège de La Rochelle (1627-1628) le dernier bastion protestant était tombé. Presque les trois quarts de sa population était acquise à la religion réformée et la ville avait proclamé son indépendance en 1621 et avait été soutenue lors du siège par l’Angleterre. Cela dénotait bien la supériorité de la religion sur la fidélité due au Roi.
Dès 1663 Louis XIV prend un certain nombre de mesures discriminantes contre les protestants, mesures qui se termineront en 1685 par l’interdiction du culte. Quelques exemples : obsèques autorisées seulement au lever du jour ou à la nuit tombante, nombre de participants limité à 30, puis interdiction d’instruire les dossiers en justice, interdiction de se convertir du catholicisme au protestantisme, interdiction d’exercer certains métiers (notaire, procureur huissier, assesseur ou auxiliaire de justice, puis clerc de juge ou d’avocat, avocat, médecin), et beaucoup d’autres encore. [1]

Le 18 octobre 1685 Louis XIV promulgue L’édit de Fontainebleau qui révoque celui de Nantes d’avril 1598 par lequel Henri IV, son grand-père avait octroyé la liberté de culte aux protestants.
« un seul Roi, une seule loi, une seule foi » aurait proclamé le Roi.

La religion dite réformée, cataloguée d’hérétique, devenue interdite, nombre de huguenots, (bourgeois, artisans, marchands, manufacturiers etc.), choisirent de fuir à l’étranger pour ne pas subir les persécutions qu’aurait entraînées la poursuite de la pratique de leur culte.

En persistant dans la pratique de leur religion désormais hors-la-loi, ils perdaient toute liberté civile, religieuse et professionnelle et grand nombre de conversions furent obtenues de force notamment par les dragonnades (logement forcé des troupes dans les logis des réformés qui devaient satisfaire toutes leurs exigences) déjà autorisées en Poitou dès 1681.
Les réfractaires étaient soumis à de forte amendes, à la prison et aux galères.
Certains firent donc le choix d’une pseudo conversion, tout en pratiquant leur religion en secret, donc mariages et baptêmes catholiques, ce qui légalisait ainsi leur existence, les registres de catholicité étant l’état-civil de l’époque. Cela permettait en outre d’avoir un lieu pour être inhumé si la persistance dans l’hérésie n’était pas décelée.
Cependant des curés n’ont pas manqué de relater le comportement de certains de leurs paroissiens qui, par leur attitude, tant à l’église que dans leur vie sociale, leur donnaient la conviction qu’ils étaient restés secrètement dans leur hérésie.

D’après le guide de généalogie des Protestants :
De 1559 à 1685 (avant l’Édit de Fontainebleau) : On trouve des registres paroissiaux réformés en faible nombre car perdus ou détruits.
De 1685 à 1787 (après l’Édit de Fontainebleau) : il existe quelques registres lacunaires tenus par des pasteurs itinérants. Durant cette période, les enfants protestants étaient en général baptisés par les prêtres catholiques pour la raison évoquée plus haut, leur donner une légitimité dans la société.

Les mariages des faux convertis sont parfois célébrés par des prêtres (catholiques). Cela leur donne une apparence d’intégration dans la société catholique.
Depuis l’édit de Fontainebleau, certains époux huguenots font bénir leur mariage clandestinement par des pasteurs (mariages « au Désert »).
Il peut exister cependant des contrats de mariage passés devant notaire, acte civil au demeurant.
A Nitry, à plusieurs reprises, lors du baptême de nouveaux nés, le curé a consigné sur son registre que les parents n’étaient pas mariés. En effet même si le mariage protestant avait été célébré avant l’interdiction de cette religion dite réformée, il n’était cependant pas reconnu par l’Église Catholique.

Mais le point important pour les protestants, qui avaient dû abjurer pour rester en France, était de reprendre leur liberté au moment de mourir. L’idéal, si on peut dire, était de mourir avant l’arrivée du curé. Mais ce n’était pas toujours le cas, et tous les autres membres d’un foyer n’étaient pas toujours protestants.
Ceux qui étaient restés protestants au fond d’eux-même, refusaient toute cérémonie catholique au moment du décès.
C’est à l’approche du décès que se manifestait la persistance dans la religion interdite, donc de la fausse conversion du mourant qui refuse alors la confession et les sacrements.

Ainsi à Mas-Saintes-Puelles dans l’Aude où la généalogie familiale nous a conduits, lieu très touché par le catharisme (12e & 13e siècles) et tout autant plus tard par le protestantisme, comme quoi ce n’est pas par hasard si les « hérésies » se succèdaient en certaines régions, le curé du lieu a consigné nombre de conversions « volontaires ».
S’il est fait état ici de Mas-Saintes-Puelles , c’est parce que dans l’Yonne, il n’a pas été permis de rencontrer l’équivalent, aucun acte d’abjuration « volontaire » dans les registres paroissiaux. Ils n’ont pu cependant qu’avoir lieu. Où étaient-ils consignés ?
Sur Wikipedia : « Durant les guerres de Religion le village (de Mas-Saintes-Puelles) était farouchement Protestant. Au lieu-dit la Planque se trouvait une petite communauté de protestants qui permettait à Henri de Navarre (futur Henri IV) et Catherine de Médicis d’avoir une entrevue secrète.
En 1598, après l’édit de Nantes, une bande huguenote continuait à attaquer les convois marchands. En 1622, Louis XIII fait détruire le village. Il ne reste de vestiges du Moyen Âge que le portail de l’église du XIVe siècle. Le village fut reconstruit et le culte catholique rétabli. »

Les registres de Mas-Saintes-Puelles qui nous sont parvenus ne débutent qu’en 1667.
Joseph DOMERC curé du village dès 1668 reçoit plusieurs abjurations de « l’hérésie de Calvin », et ce bien avant la publication de l’édit de Fontainebleau.
– En janvier 1670 il reçoit l’abjuration de Pierre GARRIGUES, en avril celle de son fils Bernard, en 1672 celle de Marthe BLANCHETI âgée de 19 ans, originaire de Revel.
La date de l’édit de Fontainebleau (18 octobre 1685) approche :
– le 29 septembre 1684 Bernard GARRIGUES âgé de 70 ans « a fait abjuration de l’heresie de calvin dans l’Eglise paroissiale ».
– Le 26 novembre 1684, abjuration de Guillaume GARRIGUES et de ses enfants Guillaume, Marguerite, Susanne et Marie. Leur mère Magdeleine BAILLON se convertira le 15 octobre 1685.
– Le 16 octobre 1685 Guillaume GARRIGUES fils Bernard âgé d’environ 40 ans, et Bernard son fils font acte d’abjuration.

Peu après la proclamation de l’interdiction de la religion protestante (18 octobre 1685), les conversions se multiplient à Mas-Saintes-Puelles. Les actes ne dénotent pas l’usage de pressions particulières ou de coercition sinon celle de la loi, mais on ne sait rien de ce qui s’est passé au préalable. Les abjurations sont réparties sur deux journées :

– Le 20 octobre 1685, Bernard BAILLON, âgé de 55 ans, métayer à la Marail, lieu-dit de Mas-Saintes-Puelles. En marge il est indiqué « mort en huguenot ».
« le meme jour 20 oct. 1685 Bernard
Baillon
chef de famille agé d’environ
55 ans demeurant au marail [note : La marail, lieu-dit de Mas-Saintes-Puelles] a fait
abjuration de l’heresie de calvin [rature]
pardevant moy Joseph Domerc curé
de Mas de ss puelles en presence du
Sr Y gonet ancien curé de sales et
des sieurs Noel groc et Pierre
Espinasse qui ont signé et moy dit
curé »
Signé : Espinasse, Groc, y gonet, Domerc.

– le 20 octobre 1685, Jeanne BAILLON fille de Bernard et de Marguerite DELASSUS femme de Guillaume GARRIGUES, abjure.
– Le 20 octobre 1685 Susane FES femme de Bernard GARRIGUES et mère de Guillaume, « abjure les erreurs de calvin ».
– le 21 octobre 1685 c’est au tour des frères et de la sœur de Jeanne BAILLON : Jean, Jacques, Marthe BAILLON, de leur mère Marguerite DELASSUS, de Paule AURIOL femme de Jean BAILLON.

Lorsque Suzanne SES décède le 08 octobre 1686, elle est qualifiée dans l’acte de « nouvelle convertie » et est inhumée dans le cimetière de la paroisse. Sont présents Bernard et Guillaume GARRIGUES son mari et son fils.
Lorsque autre Guillaume GARRIGUES marié à Magdeleine BAILLON décède le 24 décembre 1691 il n’est pas fait état de sa conversion. Il est enterré au cimetière.
Les actes qui suivent ne font plus mention de l’ancienne religion des intéressés.

Joseph DOMERC est un curé consciencieux. On aurait aimé trouver le même parfois à Sacy où certains d’entre eux ne se souvenaient même pas qui ils avaient marié, baptisé ou inhumé, des emplacements laissés en blanc n’ont jamais été complétés.
Ainsi en 1693, rédige-t-il sur le registre paroissial, chronologiquement aux autres actes :

« memoire que Paule auriol femme de jean baillon
metayer au marail mourut huguenote le 14 sept
et Bernard Baillon après elle aussi huguenot le 20 sept
quoy qu ils eussent abjuré l heresie, furent privez de sepulture
ecclesiastique » Aucune signature.


Là se pose alors la question du lieu de sépulture.

Un cimetière paroissial est une terre sanctifiée destinée aux seuls catholiques. Y sont exclus les juifs, les hérétiques, les suicidés, les enfants morts avant d’être baptisés et les incinérés. L’interdiction pour les incinérés a été levée par décret du 8 mai 1963 autorisant les obsèques religieuses.
Les enfants morts à la naissance sans le sacrement de baptême ne pouvaient accéder au paradis et ne pouvaient reposer en terre sainte ! Plus tard, une parcelle non bénite, située à l’écart du lieu saint leur sera octroyée. Et c’est pour éviter cela, que les sages-femmes, et même un homme présent en l’absence de sage-femme, pouvaient ondoyer (baptême d’urgence où seule l’ablution baptismale est faite) l’enfant en qui, ils avaient décelé, disaient-ils une parcelle de vie avant de mourir.
En 1767, le curé de Nitry, Jean Jacques Louis Rolland avait rédigé un long acte justifiant ses actions lors du suicide présumé de Jeanne RÉTIF (voir article). Les autorités civiles n’ayant pris aucune décision à ce sujet, le curé écrit :

« ne pouvant suivant les Sts Canons, ordonnances du Diocese,
et les declarations de sa Majesté accorder lad Sepulture
Ecclesiastique et Chretienne au Corps de ceux qui volontairement
se sont homicidés eux mêmes ; après toutes dues protestations,
et reserves susdites contre qui il appartiendra, pour ne pas
laisser plus longtemps le Corps ou cadavre de la dite
deffunte Jeanne Retif sans sepulture et en danger de se
corrompre, dans le doute ou Nous, sommes si elle a eté
libre de ses sens et volonté, le sceau et cachet des armes de
la Justice n’ayant point eté mis sur son Corps ; nous nous
serions transportés sans aucun son de cloches cependant avec Notre Surplis, Etole
noire et la Croix processionnelle portée devant Nous, a
la maison de la dite deffunte Jeanne Retif ou elle avoit
eté transportée pour faire la levée de son Corps, le
conduire a l’Eglise, et ensuite luy donner la sepulture
dans un lieu separé ou l’on inhume ordinairement les enfans
morts sans baptême du côté du nord au bas de l’Eglise dans
le cimetiere contre les murs de separation de la Seigneurie,
afin qu’en cas de besoin led Corps puisse etre reconnu. »

A l’analyse de ce texte, le curé ROLLAND a pris la décision d’inhumer Jeanne RÉTIF dans une parcelle non sainte du cimetière, et cela sous le prétexte fallacieux de pouvoir retrouver son corps si nécessaire ! En outre écrire cela dénoterait d’un indescriptible chaos (pour ne pas employer un autre nom) dans son cimetière.

Pour les lieux de sépulture des huguenots, il faut prendre en compte trois périodes : avant, pendant et après l’édit de Nantes d’avril 1598.

Avant l’édit de Nantes de 1598 :
Les renseignements sont peu nombreux et parfois contradictoires.
En fait c’est le chaos. Les édits se suivent et s’annulent.
Un huguenot ou tout autre hérétique, ne peut être inhumé dans la terre sainte d’un cimetière catholique.
La Réforme rejette la notion de purgatoire et donc des rites rencontrés chez les catholiques au moment de la mort, à savoir confession, sacrements, messes et inhumation dans un lieu sanctifié. En bref, la mort n’est qu’un retour à la terre.
Pourtant l’édit de l’édit d’Amboise en 1563 avait autorisé l’enterrement des protestants dans le cimetière paroissial (rappelons qu’il existe des carrés non sanctifiés pour entre autres, les nouveaux nés qui ont eu l’impudence de mourir avant d’être baptisés). Édit annulé quelques années plus tard devant la contestation des catholiques. Puis autorisation des cimetières protestants, puis Henri III révoque tous les édits de tolérance précédents le 07 juillet 1585 par l’édit de Nemours, le culte protestant est interdit, seul choix l’abjuration ou l’exil. La peine de mort est encourue pour les ministres qui ne s’exilent pas.

L’édit de Nantes du 13 avril 1598 :
Henri de Navarre devient Roi de France le 02 août 1589 à la mort (assassiné) de Henri III son beau-frère qui l’a désigné comme son successeur. Nous avons un Roi protestant ce qui ne manque pas de poser des problèmes.
Le 25 juillet 1595 Henri IV se convertit au catholicisme lors d’une cérémonie à la basilique Saint-Denis. Il est sacré Roi le 27 février 1594 à la cathédrale de Chartres.
En avril 1598 le Roi soumet Nantes, dernière ville aux mains des ultra-catholiques.
L’édit de Nantes est signé le même mois. Visiblement la date exacte est sujet à controverses [2] Le document lui-même ne l’indique pas. Ce document est une copie, l’acte original ayant été perdu :
« En témoin de quoi nous avons signé les présentes de notre propre main et à icelles afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, fait mettre et apposer notre scel. Donné à Nantes au mois d’avril, l’an de grace 1598, et de nôtre règne le neuvième.
Signé: HENRY. »

Cet édit dit de tolérance met fin aux guerres de religion et concède aux protestants un certain nombre de droits qui sont pour reprendre le texte du site « Musée Protestant » [3] :
« octroi de la liberté de conscience, respect de l’organisation des synodes, égalité des protestants et des catholiques en matière d’éducation, égalité absolue d’accès à toutes dignités et charges publiques, et la limitation de la liberté de culte autorisé seulement en certains lieux et interdit là où il n’est pas explicitement autorisé, notamment à la cour, à Paris et à moins de cinq lieues de la capitale, ainsi qu’aux armées, amnistie générale sauf cas « exécrables », égalité devant la loi et la justice, liberté d’abjuration, c’est-à-dire possibilité de changer de religion, garantie juridique, grâce à des chambres mixtes, droit de retour des émigrés et de leurs enfants.« 
Le même site précise :
« les curés des paroisses perçoivent la dîme de la part des protestants selon la coutume, les services catholiques sont seuls autorisés dans la plupart des villes, tous les bâtiments ayant servi aux catholiques leur sont rendus, la messe doit être rétablie partout, y compris en Béarn.

Puis comme nous l’avons vu au début de cet article, sous Louis XIII, les protestants perdent les places fortes qui leur avaient été octroyées, et sous Louis XIV un certain nombre de discriminations et perte de droits [1], pour aboutir en 1685 par l’abrogation de l’édit de Nantes.

L’édit de Fontainebleau du 18 octobre 1685
la religion protestante qualifiée alors d’hérétique est interdite. Le calvinisme avait touché bon nombre de bourgeois, artisans et nobles. Il n’y avait que deux choix possibles, s’exiler bien que l’émigration soit interdite ou se convertir.
Il y avait aussi comme déjà mentionné, les faux convertis. Ils devaient cependant se faire baptiser, suivre le catéchisme, se marier à l’église même s’ils faisaient bénir leur mariage par un pasteur.
Le problème était celui de la mort, sujet déjà mentionné.
Si le mourant avait la mauvaise idée d’être toujours en vie lors de l’arrivée du curé ou de son vicaire, s’il persistait dans son hérésie en refusant les sacrements, il ne pouvait être inhumé dans le cimetière paroissial.

C’est ainsi que bien qu’ayant fait acte d’abjuration, Marie Maillet au moment de sa mort le 11 octobre 1719, refusant la confession, se voit refuser l’inhumation au cimetière [comprendre catholique] et fut « encrottée au milieu des champs » :

« L’An mil sept cent dix neuf et le mercredy onzième jour du mois d’octobre est décédée en cette paroisse d’Uchizy une pauvre femme âgée d’environ trente cinq ans, laquelle je n’ay point voulûs faire inhumer en terre sainte, étant de la Religion de Calvin, dans laquelle Religion elle et deux enfants qui étoient avec elle l’un agé d’environ quinze à seize ans, et l’autre d’environ trois à quatre ans ont été élevés et nourris ; et étant morte dans des sentiments calvinistes, comme il m’â parû et consté par ses propres parolles, ne m’ayant jamais voulu entendre lorsque je luy parlois de confession, ny me donner aucunes marques de Religion Catolique Apostolique et Romaine, quoiquelle ait fait preuve d’Abjuration comme elle l’a supposée par un certificat de Mgr François Gaspard Giammont Evéque D’Avethuse, suffragant de l’Archevéché de Besançon, haut Doyen de l’Illustre Chapitre Métropolitain, Abbé de St Vincent de la même Ville, Ecrit et Signé de sa main à Besançon le trente et unième janvier de la susdite année le tout neantmoins bien considéré je soussigné curé du dit lieu en conséquence du refû de confession et instruction catolique, ne voulante mêler le prophane avec le sacré, certifie avoir vu mourir la susdite femme appelée Marie Maillet, le corps de laquelle â été encroté au milieu des champs de ma paroisse d’Uchizy présents toute la maison de François Perrusset l’ancien laboureur et Emilien Petitgonnet tiserier de toille tous voisins du lieu ou elle decedée qui n’ont scus signer. » Signature du curé. [4]

Outre ceux qui dans un environnement catholique avaient simulé abjurer sa religion comme Marie Maillet l’avait fait, la résistance s’est organisée notamment dans le sud de la France, en témoigne la guerre des Cévennes par les Camisards qui dura jusque 1715.

L’inhumation dans les cimetières paroissiaux interdite, les corps des protestants étaient donc enterrés, dans les caves, les vignes, les champs. Dans le midi se sont constitués de petits cimetières familiaux souvent bordés de cyprès. Ces cimetières disparaissent, tout comme les quelques tombes encore existantes de nos soldats de la Grande Armée, que les responsables municipaux qui ont ont l’hypocrisie de parfois parler de traditions n’ont de cesse de faire relever. Ce sont aussi des tombes des soldats de la première guerre mondiale envoyés sans compter, se faire massacrer qui sont relevées dans des cimetières communaux. Il faut réaffecter les emplacements !

Pour terminer ce rappel historique bien trop long, mais sans doute nécessaire pour la compréhension de l’objet de cet article, l’Histoire de France n’étant sciemment plus guère enseignée pour des raisons politiques, le sort des protestants s’est amélioré avec le temps.

– En 1736 les décès des protestants doivent être déclarés devant une autorité civile (juge, Lieutenant, procureur fiscal) qui donne l’autorisation d’inhumer de défunt (en un lieu privé).
– En 1786 de par l’édit de tolérance du 29 novembre 1787 de Louis XVI, l’existence civile des protestants est reconnue. Les mariages non catholiques sont reconnus, les morts peuvent être enterrés à nouveau dans des cimetières [5].
– Puis vient la révolution et le règne de Napoléon 1er. Il est Empereur depuis 1 mois quand le décret impérial du 12 juin 1804 est promulgué. « Le décret du 23 prairial an XII (12 juin 1804) précise : « Dans les communes où l’on professe plusieurs cultes, chaque culte doit avoir un lieu d’inhumation particulier ; et dans le cas où il n’y aurait qu’un seul cimetière, on le partagera par des murs, haies ou fossés, en autant de parties qu’il y aura de cultes différents avec une entrée particulière pour chacune et en proportionnant ces espaces au nombre d’habitants de chaque culte » [6].

Sacy le 15 janvier 1686

Le quinze janvier 1686 s’étaient réunis, entre autres, en l’Église paroissiale de Sacy diocèse d’Auxerre :
Charles Nicolas le Bœuf de la compagnie de Jésus (jésuite), mandaté par « Monseigneur L’illustrissime et Reverendissime Evesque d’Auxerre »,
Jean pandevant curé de Sacy et rédacteur de l’acte,
Juste Ignace Millaut curé de Nitry (il signe Millaud),
Raimond Crenier Lieutenant de Sacy hors les Croix (Lieutenant en la Justice de l’évêque et du Chapitre d’Auxerre, Seigneurs en partie de Sacy),
Guillaume Boujat Lieutenant de Sacy dans les Croix (Lieutenant en la Justice du Commandeur de l’Ordre de Malte d’Auxerre (ex Hospitaliers), Seigneur en partie de Sacy),
Pierre Bérault (signature identifiée), respectivement greffier, notaire, procureur fiscal hors les Croix puis dans les Croix à Sacy,
Pierre Boujat (signature identifiée), respectivement greffier, procureur dans les Croix, procureur fiscal à Sacy.

Lesquels recevaient à haute et intelligible voix de la part des nommés :
Charles Taby âgé de 22 ans, René Taby âgé de 20 ans et Jeanne Taby âgée de 19 ans, tous trois fils et fille des défunts Benjamin Taby et Renée Leseurre (Lesœure dans l’acte), du Val-du-Puits-de-Sacy, décédés dans la «religion prétendue réformée » (dixit l’acte), dont abréviation « R.P.R. »,

« Abjuration de lad. R.P.R, et profession publique de la Religion Catholique et Romaine et la promesse de chacun d’eux de vivre et mourir dans l’exercice de la religion Catholique Apostolique et Romaine.
Absolution leur était alors donnée de « l’excommunication qu’ils avoient encourus par l exersice de l’heresie dans laquelle ils avoient vescu jusqu’alors ».

Transcription de l’acte d’abjuration de Charles, René et Jeanne TABY, Sacy le 15 janvier 1686 :

« Le quinziesme iour de Janvier mil six
cent quatre vingt six sur les 9 heures
du matin en leglise paroissialle de sacy dioceze
d’auxerre se sont pnts [présentés] charles taby aagé de
22 ans rene Taby de 20 ans et Jeanne
taby leur sœur aussy aagée de 19 ans fils
de feu beniamain taby et de renee lesoeure
tous deux morts dans la religion pretendue
reformée lesquels ont tous fait abiuration
de lad[ite] R.P.R. ; et profession publique de
la Religion Catholique et Romaine entre
les mains de Mons Charles nicolas le Boeuf
de la compagnie de JESU a ce Cois [à ce quoi] et
deputé Par Monseigneur L illustrissime
et Reverendissime Evesque d auxerre
suivant sa Commission en datte du vingtiesme
iour du pnt [présent] mois et signée Andre EV [Evêque] Dauxerre
et plus bas par monseigneur Gourvet et apres
la lecture de la profession Catholique apostolique
et romaine. Faite a haute et intelligible voix
par lesd[its] charles rené et Jeanne Taby et la
promesse que chaqu’un d’eux a fait de vivre
et mourir dans lexercice delad[ite] relligion cathol.
apostolique et romaine, nous leurs avons
donné labsolution de l’excommunication qu’ils avoient
encourus par l exersice de l’heresie dans laquelle
ils avoient vescu jusqu’alors en pnce [présence] de
Mons Jean pandevant curé dud[it] Sacy et
de messrs Ignace millaut prestre Curé de
nitry, raimond Crenier lieutenant de Sacy hors
les Croix. Guillaume boujat lieutenant dud[it]
lieu dans les Croix et plusieurs autres qui
ont signes charles et Jeanne taby ont declare
ne scavoir signer »
Signé :
rene tabi
Ignace Millaut, Pandevant
Boujat [Guillaume] , Crenier
Boujat [Pierre], Berault
Charles Nicolas LeBœuf

A l’évidence, il y a une grosse différence entre les abjurations à Mas-Saintes-Puelles qui ont été actées les deuxième et troisième jours suivant la proclamation de l’édit de Fontainebleau et celle-ci qui se produit trois mois après l’interdiction de la religion réformée et après que les intéressés ont été excomuniés .
Les TABY étaient des réfractaires et s’ils se sont présentés à l’église, ce n’est à l’évidence que contraints et forcés. Nous verrons par la suite ce qu’il en a été de cette abjuration qui leur a été extorquée.
Nous sommes bien devant un tribunal de l’Inquisition Romaine (Congrégation Sacrée de l’Inquisition romaine et universelle) crée en 1542 par le pape Paul III afin de lutter contre les hérésies dont la principale à l’époque était le protestantisme. En 1965 le Pape Paul VI rebaptise ce « Saint-Office » « Congrégation pour la doctrine de la foi ».

Il ne faut pas se fourvoyer. Si l’Église catholique n’agit plus de la sorte de nos jours, c’est simplement qu’elle n’en a plus le pouvoir.

Voyons maintenant ce qu’il en est de cette famille TABY.
L’acte d’abjuration est filiatif, ce qui est une chance car les parents son morts dans leur religion et ne font donc l’objet d’aucun acte paroissial. Mais on retrouvera cette filiation dans d’autres actes.

Benjamin TABY & Renée LESEURRE :
– Benjamin TABY était marchand demeurant au Val-du-Puits de Sacy, selon entre autres l’acte de mariage de son fils Jean en 1687 à Nitry.
Il est né avant 1630 et est décédé huguenot entre 1667 (date de naissance calculée de son dernier enfant connu) et avant le 15 janvier 1686 date de l’abjuration de trois de ses enfants. Son décès se situe certainement sous l’édit de Nantes et nous ne savons rien quant au lieu de son inhumation.
Il a épousé avant 1650 donc bien avant l’édit de Nantes :
Renée LESEURRE, patronyme qui possède plusieurs orthographes qui varient selon les rédacteurs. Toutes les estimations des dates de son mari lui sont applicables.
Nous ne savons rien sur ce couple, ni sur son lieu d’origine. Les TABY sont peu représentés dans la région. Se sont-ils mariés catholiquement en un autre lieu pour embrasser par la suite la religion protestante ? Leurs enfants sont-ils nés tous ou en partie protestants ? Il sera impossible de le savoir. En tout cas, aucun baptême des enfants de ce couple ne figure dans les registres de Sacy.
Renée LESEURRE est certainement apparentée aux LESEURRE de Annay-sur-Serein (anciennement Annay-la-Rivière) et de Noyers :
Son fils Charles TABY sera présent au mariage à Annay en 1700 et 1703 de Jacques et Anne LESEURRE, enfants de Jacques, marchand, et de Jeanne VALETTE, Jacques étant fils de Élie et d’Anne PIOCHOT. Il sera également présent en 1704 à l’enterrement de Jeanne SUCHON femme de « Helÿ le Sœurs ».
Jacques LONGPRÉ, père de Anne LONGPRÉ qui deviendra la bru de Renée LESEURRE, avait été présent à Nitry en 1665 au mariage de René LESEURRE couvreur à Noyers avec Françoise MALLET de Nitry. L’acte est sans filiations. René et Renée LESEURRE sont contemporains. Les enfants TABY de Renée naissent autour de cette date de mariage.

Les recherches dans les archives paroissiales leur attribuent quatre enfants :
– Jean TABY (né vers 1650-dcd entre 1708 & 1709)
Charles TABY (né vers 1660-dcd 1730)
René TABY (né vers 1666-dcd après 1706)
Jeanne TABY (née vers 1667- dcd après 1697).

Peu après ces abjurations forcées, retrouvons toute la fratrie TABY à Nitry.
Il faut dire qu’à Sacy les TABY sont la seule famille de huguenots qui apparaît dans les registres paroissiaux. Comme dit précédemment, s’il y a eu des convertions, elles n’apparaissent pas dans les registred. Et il est difficile de déterminer une rupture dans les généalogies de Sacy quand les protestants ne figuraient pas dans les registres de catholicité.
Nitry a plus fortement été touché par le calvinisme. Nous y reviendrons dans un autre article.
Il semble donc bien que les TABY se soient rapprochés d’une « ancienne » communauté protestante et peut-être aussi de René LESEURRE marié en 1665 à Nitry avec une fille du village.

Jean TABY & Catherine BOISSARD puis Annne LONGPRÉ :
Jean TABY est né (peu-être au Val-du-Puits de Sacy) vers 1650 selon l’âge qui est indiqué dans l’acte de son second mariage.
Il avait déjà abjuré quand ses deux frères et sa sœur ont été contraints de le faire en janvier 1686, mais nous ne savons pas quand puisque ces abjurations « volontaires » ne figurent pas dans les registres paroissiaux contrairement à ce qui s’était fait à Mas-Saintes-Puelles. Nous avons un exemple à Nitry de Marie GROS dont l’acte de sépulture indique qu’elle est décédée « long tems apres avoir abjuré la religion pretendue reformée qu’elle avoit long tems professe ». Or son acte d’abjuration ne figure pas dans les registres de Nitry. Marie GROS avait renié son calvinisme avant que son mari Edme CHEMISE n’y soit contraint deux jours après les TABY. Nous y reviendrons dans un autre article.
Jean TABY épouse à Nitry le 04 février 1687 :
Catherine BOISSARD fille de Jean BOISSARD marchand à Nitry et de Françoise PENÉTRAT. Catherine BOISSARD baptisée à Nitry le 13 février 1667 y décèdera le 29 mars 1695.
L’acte de mariage ne fait pas mention de l’ancienne religion du marié ni de ses parents.
L’acte est filiatif et Jean TABY demeure déjà a priori à Nitry et si les publications ont également été faites à Sacy, c’est parce que ses défunts parents y sont dits y demeurer en leur vivant.
Sont présents entre autres ses frères Charles TABY marchand à Nitry et René TABY, qui signent tous deux.
Le prêtre qui a célébré ce mariage, n’est autre que Ignace MILLAUD curé de Nitry, présent un an auparavant à Sacy lors de l’extorsion du reniement de leur foi aux deux frères et de la sœur du marié. Il n’a d’ailleurs pas signé l’acte.
Jean TABY a une signature caractéristique qui permet de l’identifier dans les actes où son nom n’est pas cité.

Le couple Jean TABY & Catherine BOISSARD a quatre enfants répertoriés dans les registes, nés entre 1687 (mariage) et 1694. Deux parviendront à l’âge adulte, Anne TABY qui épousera Nicolas MITOUARD de Nitry et Jean TABY qui épousera Jeanne MAUDINÉ du Val-du-Puits de Sacy. Nous y reviendrons.

Veuf, Jean TABY épousera à Nitry le 03 juin 1695 :
Anne LONGPRÉ / LONGPREY née entre 1655 & 1663 (selon l’âge indiqué dans ses deux actes de mariage !), fille de Jacques LONGPRÉ marchand, procureur fiscal de Lichères & Nitry puis greffier en la prévôté de Nitry, et de Anne ROUSSEAU.
Anne LONGPRÉ est veuve de Jean SAJAT (né vers 1663) depuis le 03 août 1693. Ils s’étaient mariés à Nitry le 06 juillet 1683.
C’est le chaos le plus complet dans le registre, les années rarement indiquées y sont mélangées.
l’Église interdit le mariage d’une personne avec le parrain ou la marraine de l’un de ses enfants.
Ce que la Sainte Église interdit, l’argent l’autorise. Il en est ainsi des dispenses accordées (bans, consanguinité, affinité et autres).
Ainsi Jean TABY et Anne LONGPRÉ pour se marier ont dû obtenir de l’Évêque d’Auxerre une dispense du premier degré d’affinité spirituelle « a cause d’un enfant que lad longprey a tenu sur les sacres fonds du baptesme ». Anne LONGPRÉ est en effet marraine de Anne TABY née en 1695, fille du premier mariage de Jean TABY.
Anne LONGPRÉ avait eu des enfants de son premier mariage, deux des trois que les registres nous ont rapportés sont morts en bas âge. L’aîné Jean SAJAT né en 1684 s’est marié et a eu une descendance.

De l’union de Jean TABY avec Anne LONGPRÉ, deux naissances ont été relevées.
– l’une à Nitry, Charles TABY né le 22 décembre 1695. Le parrain est Charles TABY, oncle paternel de l’enfant. L’enfant est né 9 mois après le décès de Catherine BOISSARD première femme de Jean TABY qui épouse Anne LONGPRÉ 3 mois après ce décès. Visiblement il aimait bien la marraine de son fils Jean.
– l’autre naissance à Sacy. Le couple est dit demeurant à la maison neuve (neufve) paroisse de Sacy. Jeanne TABY y naît le 03 octobre 1697.
Nous ne retrouverons pas par la suite ces deux enfants dans les registres de Nitry ni de Sacy.

Jean TABY ainsi que ses deux épouses ont mené une vie paroissiale somme toute normale. Il est qualifié de « me »(maître) dans les actes. La déférence des prêtres va où est l’argent donc aux marchands et détenteurs d’une charge. S’il est principalement qualifié de laboureur, il est également dit marchand en 1697, ce qu’était également son père.
Il figure dans divers actes paroissiaux, présent à des mariages, ou parrain, et pas seulement dans le cadre familial.
Sa fille Jeanne née de son premier mariage et dont la marraine n’est autre que sa tante maternelle Jeanne TABY, est décédée en 1689 âgée de trois mois, elle a été inhumée dans l’église de Nitry.
Il aurait été intéressant de savoir si l’interaction dans les actes avec ces différentes personnes concerne des anciens protestants. Mais les abjurations « volontaires » ne figurent pas dans les registres.

Nous n’avons pas l’acte d’inhumation de Jean TABY ni celui de Anne LONGPRÉ.
Jean TABY est décédé entre le 20 février 1708, date à laquelle il est présent au mariage de Jean SAJAT fils d’un premier lit de sa seconde femme et le 10 juin 1709, date de mariage de son fils homonyme Jean TABY où il est dit décédé dans l’acte.
Nous n’avons pas non plus l’acte d’inhumation de sa seconde femme Anne LONGPRÉ.
Certes on peut penser à des lacunes, mais l’absence récurrente d’actes de décès chez les TABY peut laisser penser que lui et sa femme sont morts huguenots, et donc que leur acte d’inhumation n’est pas dans registres.
Nous avons aussi le cas de sa fille Anne TABY.

Anne TABY est née le 12 février 1695 à Nitry du premier mariage de son père. Rappelons que sa marraine est Anne LONGPRÉ que son père épousera par la suite moyennant finances, puisque ce mariage a nécessité une dispense du premier degré d’affinité spirituelle.
Un mois avant sa quinzième année, le 28 janvier 1710, elle épouse à Nitry Nicolas MITOUARD né le 17 mai 1682 à Nitry où il est manouvrier. Son père y est qualifié de maître cordonnier.
Les registres ne leur attribuent qu’un enfant, Edmée MITOUARD née en 1716.
Après cette naissance, Le couple et son enfant disparaissent des registres.
L’ensemble des relevés Geneanet ne permet pas de retrouver leur trace en France ni dans les pays protestants de l’Europe.

Il est également pertinent de se questionner sur Jacques LONGPRÉ, père de Anne.
Certes, il est catholique et en tant que greffier et procureur fiscal de Lichères et Nitry, il ne peut que l’être. En effet, l’Abbé de Molesme est Seigneur de Nitry et Lichères qui ne forment qu’une seule paroisse.
Ainsi vers 1560 « Dès les premiers troubles sérieux dans la région, Sébastien Ingrànd « receveur en partie de la terre et seigneurie de Lichères » fut poursuivi et enfermé à la requête d’Antoine de Vienne, abbé de Molême, seigneur de Nitry, pour le fait de son adhésion à la religion réformée. ». [7]

Pour Jacques LONGPRÉ plusieurs actes sèment le doute.
D’abord l’acte d’inhumation de sa seconde femme. La mère de Anne étant décédée, retrouvons son père marié à Antoinette CHAUVOT veuve de François MALLET procureur fiscal de Nitry, charge que reprendra Jacques LONGPRÉ. L’acte de mariage n’est pas dans les registres.
Même s’il laisse parfois des blancs dans quelques actes, il n’est pas concevable que le curé de Nitry Léonard REGNAULD ne connaisse pas le prénom de son procureur fiscal, ni le nom et le prénom de sa femme, veuve au demeurant d’un autre procureur fiscal.
Il pourrait bien s’agir d’une omission volontaire.
Certes, elle est enterrée à l’église comme « il se doit » au vu de la qualité de son mari.
Mais la profusion de témoignages de la catholicité de sa femme est suspecte car inhabituelle. Il dit qu’elle a reçu les sacrements (un curé ne ment pas !) et a montré tous les témoignages d’une véritable chrétienne. Est-ce pour se justifier de cette inhumation en l’église ?
Mai rien ne dit qu’Antoinette CHAUVOT n’était pas catholique. Les couples mixtes existaient. Le pouvoir de l’argent et la condition sociale étaient des raisons de s’unir. Peut-être que le curé n’a-t-il pas voulu associer son nom à Jacques LONGPRÉ. Le couple n’a pas eu d’enfant. Antoinette CHAUVOT a 33 ans à la naissance de son dernier enfant MALLET répertorié dans les registres. En 1664 date possible du décès de Anne ROUSSEAU (acte déchiré) première femme de Jacques LONPREY, et également date du décès de François MALLET premier mari de ladite Antoinette, elle est alors âgée de 46 ans.
le 15 juillet 1680 Jacques LONGPRÉ se remarie avec une veuve Magdelaine BRUNET. Elle est la fille de défunt Robert BRUNET qui a été garde du corps du Roi [8]. Le mariage est célébré à Lichères succursale de Nitry par le desservant du lieu. Les nom (LONG PREY), prénom et qualité du marié sont bien indiquées dans l’acte.

« Ce jourd huy cinquiè Mars aud an [note : 1679] a este inhumée dans
l Eglise de ce lieu honneste femme [BLANC !!]
femme de Mr [BLANC !!] Longpré procureur fiscal du dit
lieu aagée de soixante et un an apres avoit receu
les S.S sacremens de l Eglise et avoir donne tous les
tesmoignages possibles d une veritable chrestienne
et resignée entiere a la volonte de Dieu »
Signé Regnauld « 

Jacques LONGPRÉ a été présent en 1665 à Nitry au mariage de René LESEURRE couvreur à Noyers avec Françoise MALLET. Pour rappel, LESEURRE est le patronyme de la mère de son gendre Jean TABY, Renée LESEURRE décédée huguenote. MALLET est le patronyme du premier mari de Antoinette CHAUVOT qui deviendra sa deuxème femme.

Nous n’avons pas l’acte de décès de Jacques LONGPRÉ. Il est décédé entre 1681 date où naît son fils homonyme et 1690, date à laquelle sa veuve Magdelaine BRUNET se remarie.
Alors est-ce encore une lacune ou bien Jacques LONGPRÉ est mort en huguenot et son décès n’est pas inscrit dans les registres de catholicité, contrairement à ce que faisait Joseph DOMERC à Mas-Saintes-Puelles, avec la mention « pour mémoire ».

Charles TABY & Reine NAULOT
Charles TABY est né vers 1660/1661, peut-être au Val-du-Puits de Sacy. Après l’extorsion de son abjuration à Sacy en 1686, le retrouvons marié à Nitry avec :
Reine NAULOT née vers 1671 selon son âge au décès. Mais ses parents se son mariés en 1673, ou donc il y erreur sur son âge ou bien elle est née avant mariage catholique de ses parents. Elle est la fille de François NAULOT, savetier et de Reine GUINGOIS.
L’acte de mariage de Charles et de Reine n’est pas dans les registres. Leur premier enfant connu naît en août 1701. Charles TABY avait alors une quarantaine d’années.

Charles TABY est qualifié de marchand et de laboureur dans les actes, mais aussi de vigneron et de manouvrier à Nitry.
Son acte d’abjuration en 1695 le disait ne pas savoir signer. Était-ce vrai ou un mensonge pour ne pas valider par sa signature cette conversion forcée ? Toujours est-il que par la suite il signe les actes paroissiaux où il est présent, et sa signature est parfaitement identifiable.

Charles TABY semble mener une vie paroissiale des plus normales. On le voit souvent parrain ou témoin à des mariages le plus souvent dans un cadre familial élargi. Comme pour son frère Jean, il aurait été intéressant se savoir pour les autres actes, si les intéressés appartenaient à l’ancienne communauté protestante.
Comme il l’a été déjà mentionné dans le paragraphe consacré à sa mère Renée LESEURRE, Charles a été présent à plusieurs mariages et un enterrement entre 1700 et 1704 de personnes portant le nom de sa mère. Nous avons là sans nul doute une branche de la famille maternelle de Charles.
Une question se pose cependant, pourquoi son frère Jean TABY n’est pas cité dans ces actes ? La question ne se pose pas pour René TABY leur frère car comme nous le verrons il a émigré en Angleterre. Les femmes étant rarement citées comme témoins, seulement comme marraines, le problème ne se pose pas pour leur sœur Jeanne TABY, qui d’ailleurs ne demeure probablement plus dans la région à ces dates.
Charles TABY sera également présent à Annay-sur-Serein en 1725 pour l’enterrement de Louis REMOND chirurgien de Perrigny, village faisant partie de la paroisse de Annay. Cela dénote un lien qui dure dans le temps avec des gens du lieu, mai aucun lien familial n’a été trouvé avec ledit Louis REMOND.

Charles TABY est inhumé à Nitry le 30 août 1730. L’acte est des plus succinct, comme nous y a habitué Augustin CAVEROT curé du lieu. Charles a-t-il reçu les sacrements ? Certainement trop contraignant pour CAVEROT de l’indiquer. Sa formule consacrée « a son enterrement et convoy se sont trouvé de ses parans et amis qui se sont soussignés » lui fait l’économie d’écrire les noms des gens présents. Deux signatures sont identifiées, celle de son fils Nicolas TABY et celle de son neveu Jean TABY fils de son frère jean et de sa première femme.
Reine NAULOT lui survivra treize ans, elle est inhumée à Nitry le 01 mai 1743. L’acte est rédigé avec la sempiternelle formule, et rien n’indique si elle a reçu les sacrements. Son fils Nicolas TABY a signé l’acte. Son neveu Jean TABY est mort entretemps.

René TABY & Louise BRION
René TABY est né vers 1666 (selon l’âge indiqué sur son acte d’abjuration) peut-être au Val-du- Puits de Sacy, mais rien ne l’indique. Nous ne savons pas quand et pouquoi ses parents se sont installés dans ce village. Étant huguenots, aucun acte familial n’a été enregistré sur les registres paroissiaux de Sacy.
Après qu’il a été contraint d’abjurer en 1686, le retrouvons à Nitry. Le 04 février 1687 il est présent au mariage de son frère Jean avec Catherine BOISSARD. Puis il disparaît des registres.

Retrouvons René TABY tonnelier (cooper) venant de Bourgogne, recensé en 1695 à Bristol (Angleterre) [9]

Dans dans des documents concernant les Huguenots français en Angleterre dont les relevés ont été transcrits par « Familysearch » (Source Familysearch.org) se trouve un René TABY tonnelier originaire de Bourgogne. Et même en l’absence de renseignements comme une filiation ou l’indication de sa paroisse de provenance, il ne fait aucun doute qu’il s’agit bien de René TABY de Nitry. Le patronyme TABY à lui seul n’est déjà pas très représenté dans la région comme nous le verrons.
René s’est donc expatrié pour pouvoir vivre dans la religion qu’on lui a fait abjurer en France.

En 1695 il épouse dans l’église épiscopale de Bristol (côte Ouest de l’Angleterre) Louise BRION veuve de Louis JAMAIN pilote de navire [10].

« Family Search » a relevé le baptême de trois enfants du couple Henry DULAQ & Marguerite BRION sœur de Louise BRION femme de René TABY. Ces enfants ont été baptisés à l’église épiscopale de Bristol en 1695, 1696 & 1697.

Quant au couple René TABY & Louise BRION, le retrouvons à à Londres.
A-t-il eu des enfants entre la date de son mariage en 1695 et les actes remevés à Londres, le premier connu étant 1701 ? Aucun relevé ne l’indique. Les relevés mentionnent quatre enfants [11] :
Isaiah TABY est décédé le 22 aout 1701, cérémonie à l’église anglicane de Saint-Dunstan (en ruines de nos jours), dans le quartier de Stepney à l’Est de la City de Londres. Son âge n’est pas indiqué.
Ozee TABY est baptisé selon le rite protestant le 09 février 1701 à Threadneedle Street, rue de la Cité de l’Est de Londres.
Pierre TABY fils de Bene [sic] TABY tonnelier et de Louise sa femme, né à Petticoat Lane quartier Est de Londres est baptisé le 11 octobre 1702 en la paroisse de Stepney à Londres.
René TABY fils de René TABY tonnelier et de Louise sa femme de Brick Lane [12] est baptisé en la paroisse de Stepney à Londres le 06 janvier 1706.

Rien n’indique le lieu d’origine de Louise BRION. Avant 1695, date de son mariage, il appert que ce patronyme est connu dans l’Yonne, notamment à Irancy. Le nom de GUILLOT qui est celui de la mère de Louise, est également connu à Irancy. Le nom de JAMIN / JAMAIN qui est celui du premier mari de Louise est également présent dans l’Yonne avant 1695, mais vu sa profession de pilote de navire, il est douteux qu’il en soit originaire.

Perdons la trace de René TABY et de Louise BRION à Londres après janvier 1706.

Jeanne TABY & Hélie André SIMON
Jeanne TABY est née vers 1667, peut-être aussi au Val-du-Puits de Sacy où demeuraient ses parents, mais comme pour ses frères, rien ne l’indique.
Comme eux, elle est partie habiter à Nitry après l’extorsion de son abjuration. En effet quand elle s’y marie le 20 novembre 1691 elle dite y est demeurer depuis quatre ans. Son mari :
Hélie André SIMON de Sacy est qualifié de laboureur sur les actes. Il est fils d’Edme SIMON procureur fiscal en la Justice de Sacy, originaire de Nitry et d’Anne BOUJAT. Le fait de ne pas avoir trouvé à Sacy l’acte de baptême de Hélie André laisse penser qu’il a pu être célébré à Nitry où demeuraient encore ses parents avant que son père ne prenne sa charge à Sacy. Contrairement à Sacy, les registres paroissiaux de cette époque comportent des lacunes.
Edme SIMON fait partie de la notable famille des SIMON de Nitry qui se partage les charges de ce village et d’autres lieux. Rétif de la Bretonne par une branche paternelle descendra des SIMON de Nitry. Edme SIMON a été greffier à Sacy, puis procureur de la Justice de Monsieur le Commandeur (Ordre des hospitaliers /Ordre de Malte), donc de la Justice de Sacy dite « dans les Croix ». Sa femme Anne BOUJAT est issue des non moins notables familles BOUJAT & CORNEVIN. Son père Hélie CORNEVIN (1608-1677) de Sacy a été marchand, greffier, Procureur fabricien de l’église de Sacy, Lieutenant de la Justice de Sacy dans les Croix (pour le Commandeur Seigneur en partie de Sacy).
Cette notoriété des parents vaudra à Hélie André d’être qualifié dans les actes de « maître » ou de « honorable homme » et à sa femme de « Dame Jeanne Taby ».

Le couple SIMON / TABY est installé à Sacy et quatre enfants y sont enregistrés :
Charles SIMON (Sacy 1693-Sacy 1693). Son parrain est Charles TABY frère de la mère de l’enfant.
Edme SIMON (Sacy 1694-Sacy 1694). Son parrain est Edme BOUJAT sans doute le cousin germain côté maternel du père de l’enfant, La marraine est Jeanne SIMON sœur du père de l’enfant.
Jacques SIMON (Sacy 1696-Sacy 1696). Le parrain est Jacques SIMON frère du père de l’enfant. La marraine est Anne BOUJAT (rien ne permet de l’identifier, elle ne peut être la grand-mère paternelle de l’enfant qui est déjà décédée).
Marie Magdeleine SIMON née à Sacy le 22 juillet 1697. Le parrain Nicolas BÉRAULT, il est marié à Anne BOUJAT, cousine germaine du père de l’enfant. La marraine Claudine BOUDIER est une tante côté maternel du père de l’enfant.

Le couple a mène une vie paroissiale peu active.
Jeanne TABY n’est recensée qu’une fois comme marraine, et encore est-ce au sein de sa famille. Elle est en effet marrraine en 1689 de Jeanne TABY fille de son frère Jean TABY et de Catherine BOISSARD sa première femme.
Quant à son mari, il n’a été parrain qu’une fois, en 1678 alors qu’il était encore gaçon.

Après la naissance de leur dernier enfant en 1697, Jeanne TABY et son mari, ainsi que leur dernier enfant survivant, disparaissent des registres. Les recherches effectuées via les relevés Geneanet et autres, n’ont pas permis de les retouver, ni en France, ni dans un pays de religion protestante.

Origine des LESEURRE & TABY du Val-du-Puits de Sacy

LESEURRE et toutes ses variantes que permet la phonétique même approximative, branche maternelle de la famille TABY se rencontre en divers paroisses de la région. Ceux de Annay-sur-Serein, aux actes desquels Charles TABY est présent sont en toute logique de cette branche maternelle. Sans doute aussi René LESEURRE couvreur à Noyers au mariage duquel avec Françoise MALLET, Jacques LONGPRÉ était témoin en 1665 à Nitry. Ce René étant de la même génération que Benjamin TABY et sa femme Renée LESEURRE.
D’ailleurs avons relevé un enfant né du couple René LESEURRE & Françoise MALLET, Pierre LESEURRE né entre 1666 et 1673, mais rien n’indique le lieu. Nous ne savons pas si ses parents se sont installés à Nitry après leur mariage, ou à Noyers, nous n’avons pas leur acte de décès. Pierre LESEURRE se marie se, 1695 à Nitry avec Jeanne BLAIVILLE. Deux enfants sont relevés à Nitry, Marguerite LESEURRE née en1701 et Nicolas LESEURRE né vers 1703. Tous deux fonderont une famille à Nitry, Marguerite épousera en 1723 Edme LAURENT et Nicolas la même année Jeanne MOINE.
Si la fratrie TABY est venue s’installer après les abjurations de 1686 à Nitry, c’est aussi éventuellement pour y retrouver la famille de René LESEURRE qui s’y est peut-être installée.
Edme LAURENT, fils de Edme LAURENT & de Marguerite LESEURRE sera parrain en 1729 à Nitry de Edme TABY petit-fils de Charles TABY & de Reine NAULOT.

Les TABY / TABIT dont il est question ici sont les seuls représentants de ce patronyme à Sacy. Ceux que l’on retrouve à Nitry après l’abjuration sont les mêmes.
L’absence d’actes paroissiaux avant 1686 à Sacy les concernant puisqu’ils sont huguenots ne permet pas de spéculer sur le lieu d’origine de Benjamin. A-t-il hérité de la religion de ses parents ou s’est-il converti au protestantisme ? De toute façon nous sommes pratiquement hors limite des dates que l’on trouve généralement dans les registres paroissiaux qui nous sont parvenus.

Selon Charles Montandon (chronique publiée en 1999) [13] qui est a priori le seul à donner une origine à ce patronyme, « TABY » est une mutation du patronyme valdôtain (Vallée d’Aoste dans le Nord de l’Italie) de « Chabin » devenu « Tabin » en « Taby » dans le Valais frontalier (Suisse), tous deux de la langue « francoprovençale » qu’est le valdôtain.

Alors, simple hypothèse plausible, le Piémont et le Valdôtain étant des régions frontalières, les « Taby » ne seraient-ils pas des descendants de Vaudois ?
A la fin du 14è siècle et au début du 15è, des familles de vaudois du Piémont sont installées dans le Lubéron. Elles venaient notamment du diocèse de Turin (capitale du Piémont). La région de Turin est juste au sud du Val d’Aoste.
Or, en 1532, au synode vaudois de Chanforan (Italie), les Vaudois décident d’adhérer à la Réforme.
Mais en 1545, François 1er commande une croisade contre eux et ils sont massacrés.
Les « Taby » du Val du Puits de Sacy ne seraient-ils pas des descendants de ces Vaudois qui auraient fui les massacres et les combats qui s’en sont suivis jusqu’à l’édit de Nantes ?

Curieusement, en l’état des travaux de généalogie publiés sur internet, qui sont loin d’être exhaustifs, c’est, et de loin, dans le Royaume Uni que le patronyme « Taby » est le plus représenté avant 1700. Seraient-t-ils des TABY protestants qui auraient émigré en Angleterre pour pouvoir vivre dans leur religion ?
On trouve aussi ponctuellement ce patronyme à Corbigny (Nièvre) 1668/1670, Paris 1654, une Taby Renée en 1621 à Paris, Creuse 1692, Dijon 1590 et 1628, dans l’Ain 1672/1697, dans le Nord 1675, Haute Savoie 1673, Une Taby (Tabit) Renée en Maine et Loire en 1634, Mayenne 1677, et Charente Maritime 1428 et 1508.

Plus intéressant car plus proche, le patronyme est représenté :
Dans une famille seigneuriale locale à Merry sur Yonne, fin du XVIè siècle, 1602, 1604, 1637, 1640, mais le lien ne peut être fait avec « nos Taby » protestants.
Dans une famille de Chichée paroisse proche de Nitry on y trouve une famille TABY orthographié TABIT dans les actes dont les premiers actes (mariage et baptême) débutent en 1673 et 1674 mais le lien n’est pas fait avec les TABY du Val-du-Puits de Sacy /Nitry, ce qui au demeurant peut paraître logique,  « nos Taby » du Val-du-Puits, de par leur religion, ne figurent pas sur les registres paroissiaux de Sacy avant 1686.
Les Taby de Poilly-sur Serein sont des descendants de ceux de Chichée.

Il semble intéressant de mentionner l’existence d’un capitaine huguenot du nom de TABY qui après le massacre de la St Barthélémy (1572) fuyant Nevers attaquée, se réfugie avec d’autres à Sancerre qui à son tour est assiégée. [Sources Jean de Léry « L’histoire mémorable du siège et de la famine de Sancerre (1573)], et que du 11 11 1589 au 10 01 1660 à Loudun dans la Vienne, s’est tenu le 29e et dernier synode protestant d’avant la révocation de l’Édit de Nantes, réunissant 56 députés, 29 pasteurs et 27 anciens. Était présent le ministre ou pasteur (selon les sources) de la Charité (sur Loire) Jean TABY.

Quelques mots sur le rang social des TABY. Benjamin, s’il a été qualifié de laboureur est surtout mentionné comme marchand, et, même s’il est déjà mort, il est cité avec une certaine déférence dans les actes des ses enfants. La déférence va où est l’argent et les prêtres et curés traitaient donc avec respect les marchands.
Lors du premier mariage en 1687 de Jean TABY avec Catherine BOISSARD, Jean TABY est qualifié de « honeste Jean fils de deffunt Mre (maître) benjamin Tabit vivant marchand ».
Rien de particulier pour Charles et René TABY.
Quant à Jeanne TABY, elle épouse le fils d’un notable de Nitry et Sacy, et de ce fait a le droit à l’appellation « Dame Jean Taby ».

La descendance des TABY du Val-du-Puits de Sacy

Quatre siècles ont passé depuis la naissance de Benjamin TABY et celle de Renée LESEURRE. Alors qu’en est-il de la descendance des TABY originaires du Val-du-Puits de Sacy ?

A Nitry, la dernière TABY, Agathe TABY (1781-1832), arrière petite-fille de Charles TABY & Reine NAULOT, quitte après son mariage en 1801 la commune de Nitry pour celle Poilly-sur-Serein où elle décédera. Sa mère Marguerite MOINE décédera à Nitry en 1806, mais son père François TABY, toujours en vie à cette date ne figure pas dans les tables décennales de Nitry ni dans celles des communes environnantes.
En 1862, il y aura bien Napoléon Louis Joseph TABY de Lichères-près-Aigremont qui viendra épouser à Nitry une fille de cette commune. Son arrière grand-père descendant de Charles TABY, avait quitté Nitry pour Lichères après son mariage en 1781. A cette époque Lichères était un hameau dépendant de Nitry et est devenue une commune à la Révolution.
Le patronyme de TABY diaparaît de Nitry après ces dates.

A Sacy Médard TABY dernier porteur du nom, décède en 1812 à l’âge de 69 ans. Il est célibataire. Il est l’arrière petit-fils de Jean TABY et de Catherine BOISSARD, couple dont le fils Jean TABY né vers 1650 est revenu habiter au village familial du Val-du-Puits de Sacy après son mariage en 1709 avec Jeanne MAUDINÉ (1685-1758) dudit lieu. Jean TABY qualifié dans un premier temps de manouvrier est par la suite huissier et sergent au Val-du-Puits de Sacy où il décède en 1733. Il a été inhumé dans l’église de Sacy.

Il y avait aussi à Sacy Catherine TABY, arrière petite-fille de Charles TABY & de Reine NAULOT. Catherine est née à Nitry en 1754 et a épousé au même lieu Germain COUCHAT (1750-1806) de Sacy où le couple s’est installé.
Le couple a recueilli Anne Marie Jeanne TABY, jeune sœur de Catherine, leurs parents étant décédés pratiquement à la même date en 1777, sans doute d’une épidémie.
Anne Marie Jeanne TABY âgée de sept ans est décédée le 24 juin 1781 avec cinq autres enfants, tous noyés lors d’un gros orage. parmi les victimes se trouvait également Pierre COUCHAT âgé de 3 ans, fils du couple.
Cet orage n’est pas un cas isolé. On parle des ravages de l’orage de grêle du 13 juillet 1788 dans la généralité de Soissons et d’autres comme celui où il n’y a eu le temps que de monter les chevaux à l’étage, les vaches sont mortes noyées.
De nos jours la presse aux ordres, subventionnée par l’argent qui nous est volé par l’État, pravdas délivrant la propagande de l’endoctrinement idéologique de la république, s’empresserait de parler du réchauffement climatique dû à l’activité humaine à la flattulence des bovins et à celle des huitres de la Baltique.

Catherine TABY est décédée à Sacy le 27 octobre 1804. Son cousin Médard TABY déjà cité et dernier porteur du nom décèdera six ans plus tard.

Si le nom de TABY a disparu à Sacy en 1812, il n’en demeure pas moins que le sang s’est transmis par les femmes jusqu’à aijourd’hui. Il a fallu pour cela faire une généalogie descendante qui a mené à de nombreux voies sans issues.
Descendants à la 7e génération de Jean TABY & de Jeanne MAUDINÉ, donc la 8e de Jean TABY & Catherine BOISSARD :
Camille Marcel CORNEVIN né à Sacy le 14 avril 1898 tué à Épernay (Marne) le 31 mai 1918. « Pour la France ».
Andrée Hélène CORNEVIN est née à Sacy le 16 juillet 1906. Les fichier de l’INSEE qui existent depuis 1970 la disent décédée à Saint-Bris-le-Vineux le 02 avril 2001. Les actes d’état-civil de Sacy mis en ligne par les Archives départementales ne vont pas au-delà de 1910 en cette année 2025.
Il y a peut-être d’autres personnes qui descendent des TABY par les femmes, elles n’ont pas été recherchées.

Mais si le nom de TABY a disparu de Sacy en 1812, il est revenu au 20e siècle par une voie détournée.
Céline TABY, descendaante à la 7e genération de Charles TABY & de Reine NAULOT est née au Val-Saint-Martin de Vermenton en 1890. Elle s’est mariée avec avec Louis Armand MARCEAU de Vermenton, puis le couple s’est installé à Sacy où son nés les enfants du couple. Sa pierre tombale au cimetière de Sacy la dit décédée en 1949.
Pour se retrouver à Sacy via le Val-Saint-Matin de Vermenton, Jean TABY (Nitry 1759-Lichères 1828), petit-fils de Charles TABY & de Reine NAULOT s’est établi à Lichères après son mariage en 1781 avec Catherine LEROUGE (Lichères 1757-Lichères 1829). A cette date, Lichères faisait partie de la paroisse de Nitry. Napoléon Louis Joseph TABY de Lichères, cité plus avant, est l’arrière petit-fils du couple TABY-LEROUGE dont le petit fils Joseph TABY (Lichères 1819-Val-Saint-Martin de Vermenton 1898) s’était établi au Val-Saint-Martin après son second mariage avec Françoise NAULIN du lieu. Céline est la petite-fille du couple.
Joseph TABY s’est marié deux fois et comme son acte de naissance n’a pas été trouvé dans les registres de Lichères, à chaque fois, un acte de notoriété a dû être établi par le juge de Paix du canton de Chablis.

Bien sûr, après Céline TABY, le nom a de nouveau été perdu. Mais en cette année 2025, il existe toujours à Sacy des descendants de Céline.

Deux jours après avoir sévi à Sacy, Charles Nicolas le Bœuf de la compagnie de Jésus, se rendra à Nitry pour y faire abjurer deux personne. A suivre.
Le collège des jésuites d’Auxerre est propriétaire de la métairie de la Loge de Sacy depuis plus de 40 ans. Gageons qu’il y a séjourné.


[1] voir article complet des mesures sur Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_anti-protestante_de_Louis_XIV

[2] L’édit de Nantes est traditionnellement daté du 13 avril 1598. L’historien Jean-Louis Bourgeon a rectifié cette datation et démontré que l’édit avait en fait été signé le 30 avril. Cf. J.-L. Bourgeon, « L’édit de Nantes », dans Nantes dans l’histoire de France, A. Croix (s.d.), Nantes, Ouest-France Éditions, 1991, pp. 67-78.

[3] pour en savoir plus, excellent article du « musée Protestant » dont le résumé historique de cet article est largement inspiré :
https://museeprotestant.org/notice/ledit-de-fontainebleau-ou-la-revocation-1685/

[4] Sources : Archives en ligne de Saône-et-Loire, Uchizy-Baptêmes-Mariages-Sépultures-1718 – 1730, page 21/131 droite]

[5] article complet sur le sujet :
https://museeprotestant.org/notice/l-edit-de-tolerance-29-novembre-1787/

[6] voir :
https://museeprotestant.org/notice/les-lieux-denterrement-des-protestants-3/

[7] LICHÈRES-PRÈS-AIGREMONT, Essai de monographie générale par M. J. Cuillier Directeur d’école honoraire, Ancien Instituteur à Lichères. Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne Année 1987, 91è volume. Bibliothèque Nationale de France, Gallica.

[8] Les Gardes du corps du roi sur Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_du_corps_du_roi

[9] « The Huguenots in Bristol » par Ronald Mayo. « Bristol Branch of the Historical Association the University Bristol 1985 ». Page 16/18 au lien :
https://bristolha.org/wp-content/uploads/2019/09/bha061.pdf

[10] Sources : Vol 20: Registers of the French churches of Bristol, Stonehouse, and Plymouth, Auteur : Huguenot Society of London, Lart, Charles Edmund, Waller, William Chapman, 1850-1917 Edité en 1912.
Relevé par Familysearch page 44 du livre et page 70/182 du relevé au lien suivant :
https://www.familysearch.org/library/books/viewer/576620/?

[11] relevé Famlily Seach et Volume 16 (1637-1685) : The registers of the French Church, Threadneedle Street, London, Author : Eglise de Threadneedle Street (London, England), Huguenot Society of London, Moens, W. J. C. (William John Charles), 1833-1904, Colyer-Fergusson, T. C. (Thomas Colyer), 1865-1951 Published in 1906)

[12] Selon Wikipedia :
« Brick Lane est une longue rue dans l’Est de Londres.
La rue est mentionnée sous ce nom en 1550 car elle passait à proximité d’un endroit où l’on extrayait de la terre pour fabriquer des briques ou des tuiles.
Au cours de l’histoire le quartier a accueilli différentes communautés, flamande, française, juive ; aujourd’hui, elle constitue le cœur du quartier de la communauté bangladaise et indienne de Londres et est surnommée Banglatown. »

[13] https://www.letemps.ch/culture/chronique-charles-montandon-rappelezmoi-nom-1

[14] Lien de la photo Geneanet sur laquelle il est possible de zoomer de la tombe à Sacy de Céline TABY, de son mari et de la mère dudit mari.
https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8431769

Autres sources consultées :

– Musée Protestant, patrimoine funéraire
– Tombes et séputures sans les cimetières et autres lieux
– Bulletin de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français (1852-1865)
– Musée du Désert

(2) La Loge de Sacy avant Edme DONDAINE

(2) La Loge de Sacy avant Edme DONDAINE

Les recherches généalogiques sont effectuées par ascendance comme il se doit, mais une meilleure compréhension impose d’en publier les résultats sous la forme descendante.
Dans l’article précédent il a été fait mention des difficultés rencontrées, dues notamment à l’absence de renseignements dans les actes qui n’indiquent que rarement les écarts de la paroisse où avaient lieu les naissances et décès, les cérémonies étant célébrées dans l’église paroissiale avec une exception possible pour les mariages qui pouvaient l’être dans la chapelle d’un hameau comme cela s’est produit dans la chapelle Saint-Léonard du Val-du-Puits de Sacy et à plus grande échelle dans celle de Saint-Barthélémy d’Essert, toutes deux aujourd’hui disparues.

Le premier article sur la Loge indiquait l’importance de ce lieu dans la généalogie familiale qui descend de familles y ayant demeuré et n’ayant pour certaines aucun lien entre elles. Aussi pour en donner un aperçu, chaque personne faisant partie de cette parenté sera indiquée.

L’acte le plus ancien qui ait été relevé avec mention de la Loge est celui du baptême en 1605 de Jean COLLIN. Les actes de baptême des ses frères et sœurs n’indiqueront pas le lieu où demeurent leur parents donc celui de leur naissance.

« Jhan Colin fils Jhan Colin et Philiberte Tilllin
demeurant a la loge a este baptisé
le sixiesme jour de septambre l an mil six cent
et cinq ses parins et marene on esté
Jhan Tillin et Sebastien maudiné Claudine
Cornevin sa mare[ne] tesmoing mon sy
gne » 
[signé] f Cothillon


Couple Jean COLLIN & Philiberte TILLIEN

Jean (Jehan) COLLIN : [ancêtre] demeure à la Loge de Sacy au moins depuis 1605, date de naissance de son premier enfant connu. Jean COLLIN est né avant 1585 (calcul de 20 ans avant la naissance dudit enfant, il est décédé après le 12 septembre 1644. Il a épousé avant 1605 :

Philiberte TILLIEN : [ancêtre], née avant 1585, décédée après mai 1629, date à laquelle naît son septième et dernier enfant inscrit dans les registres.
Il existe en plus une fille dont il n’y a pas d’acte de baptême, mais des renseignements dans divers actes permettent de l’identifier comme enfant du couple.

En 1589 TILLIEN est orthographié TILLAIN, en 1609 THILLIN et en 1614 entre autres, THUYLLYEN, ce qui dénote des différentes interprétations dans la transcription des noms prononcés dans un parler non académique avec le patois local pour assaisonner le tout.

Il existe dans le même temps une autre Philiberte TILLIEN mariée à Léger SERGENT. Elles ne peuvent être confondues car elles ont des enfants sur la même période. Aussi quand une Philiberte TILLIEN est marraine, rien n’indiquant laquelle, il est impossible d’affiner la période leur date de décès par rapport à celle de ces actes.

Toujours dans le même temps existe également un couple Grégoire TILLIEN & Laurence PELLETIER de Sacy, demeurant en 1609 à la métairie de Monsieur de GAND (il s’agit de René de GAND / DEGAN, écuyer, sieur / seigneur de Courtenay hameau de Vermenton, proche la Loge de Sacy).
Deux enfants du couple qui y sont certainement nés, apparaissent dans les registres de Sacy où est célébré leur baptême. On peut être étonné du baptême à Sacy au lieu de Vermenton. Mais la famille DEGAN actait à Sacy ainsi que parfois ses successeurs. On verra plus bas que l’inverse est aussi vrai, enfant né sur la paroisse de Sacy et baptisé à Vermenton.
1) François TILLIEN  : né probablement dans la métairie de « René de Gand » à Courtenay de la paroisse de Vermenton, l’acte ne le précise pas. Il est baptisé à Sacy le 05 novembre  1589.
2) Jacques TILLIEN : né : sans doute dans la métairie de « René de Gand » à Courtenay hameau de Vermenton, ce qui n’est pas précisé dans l’acte, mais il est dit que ses parents y demeurent. Il est baptisé à Sacy 31 mars 1609.

Pour en revenir au couple Jean COLLIN & Philiberte TILLIEN :
Seul l’enfant relevé en 1605 est dit né à la Loge. Rien n’est indiqué pour les autres, mais cela va de soi, notamment quand on examine la fiche de Lazare (fille) COLLIN, mais aussi celle de Jeanne COLLIN également fille de couple. Cette dernière est mariée à Jean VÉZINIER. En 1650, au baptême de leur fils Hélie VÉZINIER, est marraine Renée JASU / JAZU femme de Estienne de la PERRIÈRE, écuyer, Seigneur de Courtenay, proche voisin de la Loge (550 mètres).

Sur leurs huit enfants, le premier étant « Jehan COLLIN » qui a été mentionné plus haut avec la transcription de son acte de baptême, quatre fonderont une famille. Deux d’entre eux [dont un ancêtre] épouseront une fille du bourg et tout laisse penser qu’ils y resteront.
Deux autres se marieront avec des enfants de Vincent MINÉ et de Jeanne GARNIER également de la Loge à savoir :

Couple Nicolas MINÉ & Lazare COLLIN

Lazare COLLIN : (femme) [ancêtre] : baptisée : Sacy 27 04 1607, décédée : après le 30 07 1680 (son acte d’inhumation n’est pas dans les registres). Elle a épousé avant octobre 1631 (date de naissance de son premier enfant connu) :
Nicolas MINÉ : [ancêtre], né vers 1608, décédé le 06 mai 1674 et inhumé le même jour à Sacy. Il est fils de Vincent MINÉ et de Jeanne GARNIER de la Loge. Nous reviendrons sur les parents de Nicolas MINÉ.
Le couple Nicolas MINÉ / Lazare COLLIN demeurera à la Loge de Sacy, au moins pendant la naissance des premiers enfants.

De 1631 à 1648, le couple aura sept enfants dont les actes de baptême figurent dans les registres [2 ancêtres].
Cinq formeront une famille et a priori s’installeront dans le bourg de Sacy. Les deux autres ne sont pas revus dans les registres après leur acte de baptême, sans doute décédés jeunes, mais les actes de sépultures sont rares dans les registres à cette époque et ne concernent avant tout ceux qui font établir un testament de dernières volontés auprès du curé, donc des adultes à l’approche de la mort comme l’a fait Jeanne DEGAN.

En 1631 au baptême de Jeanne MINÉ [ancêtre tout comme ses deux maris], fille du couple, la marraine est Jeanne DEGAN fille de René DEGAN écuyer et seigneur ou sieur de Courtenay paroisse de Vermenton, donc les voisins très proches de la Loge. Mais il ne faut pas occulter que Jeanne DEGAN est également marraine d’enfants de Sacy même :

« le second jour doctobre [note : 1631] a este baptizee Jehanne
miné fille de nicolas mine et de lazarde Colin
ses peres et meres assiste de Jean mine et de
noble Damoiselle Jeanne du Gan ses parains et marines
en foy de ce jai signe le iour ci dessus anno
1631 »
Signature du prêtre J caillou. et « J degan ».


– En 1633 au baptême de Henry MINÉ fils du couple, sera parrain un fils de Olivier BÉRAULT propriétaire de la Loge et avocat en parlement qui demeure à Noyers :

« Le vinguitiesme iour du mois et an que dessus [note : décembre 1633]
a esté baptisé henry fils de Nicolas [rature] miné
et Lazare Colin ses pere et mere le parin a
esté Henry [ou Hely] Berault fils de mestre Olivier Berault
et Damoiselle philiberte renard ses pere et mere
touttefois l anfant a esté presante par mestre
Jan Bouiat procureur fiscal de ceste paroisse
a cause du bas age de parin la marene
a este Jane miné fille de Vincent
mine et Janne garnier [note : sœur du père de l’enfant]ses pere et mere »
Signé : Bouiat.


– En 1635 au baptême de Roch MINÉ [ancêtre], autre enfant du couple, les parents sont dits de « la loge crolo ».

« Roch filz de nicolas mine et de lazare
collin
ses peres et mere de la loge Crolo de ceste
paroisse a este baptize le vingt cinquiesme jour
de febvrier mil six cent trente cinq par moy [rature]
estienne leclerc cure de la dicte eglise
assiste de roch mine [note : frère du père de l’enfant] fils de vincent mine [coin de page corné]
de Jehanne collin [note : sœur de la mère de l’enfant], fille de Jehan collin de ceste
paroisse ses parins et marenes lesquels ont dict
ne scavoir signer ». Signé : E Leclerc.


Si les premiers enfants du couple sont bien nés à la Loge, nous n’en savons rien pour les suivants. Rien ne transpire à ce sujet dans les actes paroissiaux.

Et puis il ne faut pas oublier que le 8 août 1642, la Loge change de propriétaire, Olivier BÉRAULT la donne au Collège des Jésuites d’Auxerre. Que se passe-t-il par la suite ? Le couple est-il resté habiter à la Loge ?
Il semblerait que non au vu de l’acte de décès de Nicolas MINÉ qui est qualifié avec sa femme de laboureur à Sacy (1674) et de vigneron à Sacy (1674, 1676) :

« Le 6 May 1674 est decedé Nicolas Mine
vigneron demeurant en ce lieu agé de 66 Ans
ou environ Lequel est decedé apres avoir receu
en bon chrestien tous ses sacrements [en abrégé] et Inhumé
au Cimetiere dudit Lieu, dont les [rature] enfan[coupé à la pliure du registre]
ont promis a Leglise 40 solz et a esté administré et
inhumé par moy soussigne cure »
Signé : Pottier.

Quant à Lazare COLLIN elle est qualifiée de sage-femme à Sacy (1668, 1670, 1680), de laboureur à Sacy avec son mari, de vigneronne à Sacy (1676).
Nous n’avons pas son acte d’inhumation. Omission ou lacune ponctuelle. C’est le chaos dans les registres de ces années. Les actes originaux et copies sont mélangés par feuillets non chronologiques, années également mélangées. Il a fallu établir un inventaire du registre pour s’y retrouver et ne rien omettre.

Lazare COLLIN est décédée après le 30 juillet 1680, date à laquelle en tant que sage-femme, elle requiert le curé pour baptiser un enfant :

« Le 30 [rature] Juillet 1680 est comparu [sic] pardevant moy
Curé sous signé Lazare Collin Sage femme de ce lieu
qui ma requis d administrer le Baptesme a un enfant
appartenant a Edme Callard vigneron de Vermenton et
a [blanc] sa femme estant pour leure [note : l’heure]
audit Sacy …. » 


Couple Jacques COLLIN & Jeanne MINÉ

Jacques COLLIN est baptisé à Sacy le 10 août 1610. Il décède le 23 septembre 1673, qualifié dans l’acte de « pauvre laboureur » , est inhumé le même jour dans le cimetière de Sacy. Il avait épousé Jeanne MINÉ fille de Vincent MINÉ et de Jeanne GARNIER de la Loge.
Jeanne MINÉ a été baptisée le 23 mars 1623 à Sacy. Son acte d’inhumation ne figure pas dans les registres. Son dernier enfant connu a été baptisé à Sacy le 30 septembre 1663.

Leurs parents demeurent à la Loge, et tous deux y sont logiquement nés, leur acte de baptême ne le précisant pas.
Les actes de baptême de neuf enfants du couple figurent dans les registres. Dans aucun d’entre eux il n’est mentionné que les parents sont de la Loge.
L’acte de décès / inhumation de Jacques COLLIN est sans aucune précision, hormis son âge et la mention de « pauvre laboureur ». Comment faut-il entendre ce mot « pauvre » ? Matériellement ou bien par les malheurs de sa vie ?
En effet, sur les neuf enfants recensés, seule l’aînée Marie COLLIN née en 1641 avant qu’Olivier BÉRAULT ne se sépare de la Loge, fondera une famille. Les autres enfants ne réapparaîtront pas dans les registres, certainement décédés jeunes.

Il faut cependant noter deux détails :
– Au baptême en 1660 de François COLLIN, 8è enfant du couple COLLIN / MINÉ, est parrain François DONDAINE (ca 1620-1700) qualifié dans d’autres actes de laboureur aux métairies du Bois l’Abbé (dépendantes de Lichères et proches de la Loge) et finalement en 1700 de métayer du Bois l’Abbé. Il n’est autre que le frère de Edme DONDAINE, dont les actes familiaux déterminent que venant de Lichères (près-Aigremont), il est arrivé à la Loge, entre 1658 et 1665 pour prendre les fonction d’amodiateur et « recepveur » de la Loge. Il y était donc déjà certainement en 1660.

– Marie COLLIN, première fille du couple, est mariée à Jean GAUTHIER (descend-il des GAUTHIER de Sacy demeurant pour le travail cher Monsieur DEGAN Seigneur de Courtenay proche la Loge ?) . Le 22 août 1663 leur fille Anne GAUTHIER est baptisée à Vermenton. Pourquoi Vermenton et pas Sacy ? La raison n’est pas évoquée dans cet acte en très mauvais état, un tiers à droite est déchiré. Le curé de Vermenton, Germain GALLET était capable du meilleur comme du pire, mais il avait pris l’excellente habitude d’indiquer en marge le lieu de domicile des parents, et ici il est indiqué « de la Loge ».
Cela voudrait-il dire que Jacques COLLIN père de Marie, décédé en 1673 demeurait toujours à la Loge ?

Après ces deux couples de la branche COLLIN mariés à des MINÉ, remontons le temps d’une génération pour nous retrouver au même niveau générationnel que le premier couple étudié Jean COLLIN / Philiberte TILLIEN

Couple Vincent MINÉ & Jeanne GARNIER

Ils sont comme il a été vu précédemment, les parents de Nicolas MINÉ marié à Lazare COLLIN et de Jeanne MINÉ mariée à Jacques COLLIN.

Vincent MINÉ [ancêtre] a été baptisé à Sacy le 06 novembre 1577, fils de Mathieu MINÉ et de Léonarde ROY. Dans son acte de baptême en latin les nom et prénom de sa mère ne sont même pas indiqués.
Vincent MINÉ décédera après le 12 septembre 1644. Il avait épousé avant 1605 (date de naissance de leur premier enfant connu Jeanne GARNIER [ancêtre].
Jeanne GARNIER : Nous en savons peu sur elle, sinon qu’elle est décédée après le 04 juin 1628, date à laquelle est baptisée sa dernière fille connue.
Jean GARNIER marié à Barbe ROSSIGNOL est très certainement son frère. Tous deux seront parrain et marraine d’enfants de Vincent MINÉ et de Jeanne GARNIER, et ils auront des enfants dans la même période qu’eux.
L’étude des actes a permis d’identifier son père Joseph GARNIER, mort a priori après 1606.

Les registres permettent d’attribuer au couple MINÉ / GARNIER neuf enfants nés de 1605 à 1628 [2 ancêtres].
Seuls deux d’entre eux n’ont pas leur acte de baptême dans les registres, sans doute pour cause de lacune. Cela peut aussi être un oubli, cela arrive. Un curé de Sacy en était spécialiste.
Ces deux fils MINÉ ont été identifiés comme enfants de Vincent MINÉ et Marthe GARNIER par l’étude des parrains et marraines de leurs enfants, et inversement, de qui ils étaient parrain (ou de qui leur femme le cas échéant était marraine), ainsi qu’au vu de leur date de naissance calculée par un âge mentionné dans un acte, souvent celui du décès, et voir quels couples MINÉ avaient des enfants. à cette date. Pour cela le relevé exhaustif des actes est nécessaire.

Pour aucun de ces enfants, il n’est fait mention de la Loge dans leur acte de baptême.
Cependant en 1628, au baptême de leur fille Philiberte MINÉ, est marraine « damoiselle philiberde regnard femme de noble homme Olivier berault advocat en parlement » Olivier BÉRAULT n’est autre que le propriétaire de la Loge. Il faut cependant mentionner que ladite REGNARD (RENARD) est également marraine d’autres enfants de Sacy.

En 1615 lorsque Mathieu MINÉ père de Vincent, juste avant de mourir, dicte ses dernière volontés au curé, il n’est pas fait mention non plus de la Loge.

Le 24 aôut 1639, 15 jours avant de mourir, Jeanne DEGAN fille et femme des Seigneurs de Courtenay en Vermenton, dicte ses dernières volontés auprès du curé de Sacy rendu sur place. Parmi les témoins « 
es presence de Vincent mine demeurant a la loge » son proche voisin, qui ne sait pas signer.
A l’évidence, ce témoin de Jeanne DEGAN n’est pas un simple manouvrier de la Loge. Vincent MINÉ en est certainement la plus haute autorité y demeurant, donc le métayer d’Olivier BÉRAULT de Noyers.

Avant 1605 avec la baptême de Jean COLLIN, il n’est plus fait mention de la Loge. Vincent MINÉ est-il né à la Loge ? On ne le saura jamais. Mais il y a une question fondamentale à laquelle il faudrait pouvoir répondre :

Depuis quand existe cette métairie de la Loge de Sacy ?

Nous avons des témoignages dans les archives de l’existence de métairies au Moyen-Age [1]. Mais nombre d’entre elles ont été établies après la Guerre de Cent Ans, et sont d’époque Renaissance dont François 1er est le symbole de cette période en France. Rappelons que les registres paroissiaux de Sacy qui nous sont parvenus, débutent en 1538, des actes de baptêmes uniquement. Mathieu MINÉ est né vers 1543 selon son âge au décès.
L’examen des documents référencés par les Archives Départementales de L’Yonne sur la Loge de Sacy, ne débutent qu’au 18è siècle avec des plans des lieux, et le Cartulaire de l’Yonne ne cite pas la Loge de Sacy.
Nous ne savons pas non plus depuis Claude BÉRAULT père d’Olivier est propriétaire de la Loge.

Il ne sera plus question de mention la Loge avec les enfants de Vincent MINÉ et leur famille. Tous sont dits de Sacy dans les actes. Mais mais nous avons vu précédemment que ses enfants Nicolas et Jeanne MINÉ mariés aux COLLIN pouvaient être rattachés à la Loge.
Le nom de MINÉ réapparaîtra à la Loge quand Pierre MINÉ [ancêtre] (1653-1694), petit-fils de Vincent MINÉ et fils de Jean MINÉ (1616-1676) & de Jeanne COLLINET (1621-1679), laboureur de Sacy épousera en 1677 Anne DONDAINE [ancêtre] (vers 1658-1721) fille de Edme DONDAINE, amodiateur et receveur de la métairie de la Loge. Edme DONDAINE étant mort, Pierre MINÉ, de laboureur à la Loge, sera qualifié par la suite, de fermier ou métais dudit lieu.
Au décès de Pierre MINÉ, sa veuve épousera Pierre BOUTELAT (1671-1743), arrière petit-fils de Vincent MINÉ par sa fille Marie. MINÉ. C’était l’époque où un neveu pouvait être plus âgé que son oncle, les femmes ayant des enfants sur plus de vingt ans.

Le constat que nous retenons de ce qui précède, durant cette longue période où les actes n’indiquent pas le lieu du domicile des gens, est qu’il est difficile de savoir qui est resté à la Loge et qui en est parti. La population de la Loge s’accroissant, il est de toute façon impossible pour tous d’y rester. Et y rester ne veut pas dire y rester toute sa vie, et il faut prendre en compte les conjoints originaires du bourg même. D’autre part, il n’est pas certain que le changement de propriétaire de la Loge en 1642 ait eu une incidence réelle sur la gestion du domaine et ses habitants. Nous n’y voyons pas de nouveaux arrivants hormis le cas du couple GAUTHIER / COLLIN dit de la Loge en 1663 suite au baptême de leur fils Jean GAUTHIER. le 22 août 1663 à Vermenton (voir plus haut). Ce qui veut bien dire que cette carence de renseignements était bien le fait des curés de Sacy. Nous avons là deux générations où il est devenu impossible de localiser les gens via les actes.

On ne peut terminer ce chapitre sans parler des parents de Vincent MINÉ.

Couple Mathieu MINÉ & Léonarde ROY

Mathieu MINÉ : Il est né vers 1543 sous le règne de François 1er (1494-1547), Roi de France de 1515 à 1547. Nous sommes là à 5 ans de la première année représentée dans les registres de Sacy qui nous sont parvenus. Son acte de baptême n’y est pas. Il y a des lacunes, mais surtout il faut savoir que le premier baptême enregistré à Sacy d’un MINÉ date de 1571 (Loup MINÉ fils de Loup et de Estiennette). Rien de 1538 à 1571 ce qui pourrait vouloir dire que les MINÉ viennent d’une autre paroisse.
Il a épousé avant 1577 (date de baptême de son fils Vincent) :
Léonarde ROY : Nous ne savons rien d’elle, sinon qu’elle était présente lorsque le 07 août 1615 son mari dicte ses dernières volontés au curé de Sacy juste avant de mourir.
Du relevé de tous les actes paroissiaux de Sacy (1538 à 1792), il appert qu’aucun baptême au nom de ROY n’y figure. Il y a bien une Germaine ROY marraine en 1614, une Marie ROY marraine en 1624 sans autres renseignement les concernant. Ces dates sont de la même période que celle de Léonarde ROY qui est certainement originaire aussi d’une autre paroisse.
Le testament entre autres, permet d’attribuer trois enfants au couple.
Vincent MINÉ [ancêtre] dont il a été question plus haut.
Jean MINÉ dont nous ne savons rien, rien ne permet de le rattacher à une épouse, tant est qu’il se soit marié.
Perrette MINÉ [ancêtre], née avant 1588, décédée après avril 1643. Elle a épousé avant septembre 1608 Léonard NOLIN / NAULIN [ancêtre] du Val-du-Puits de Sacy, né avant 1588 et décédé avant mars 1636. Il est présent lors du testament de son beau-père.
Le curé qui rédige ce testament n’est pas le même que celui qui en 1639 a recueilli les dernières volontés de Jeanne DEGAN. Ici il n’est nullement fait mention de la Loge.

Testament et décès de Mathieu MINÉ :

« In nomine [en abrégé] domini [en abrégé) amen
Le vendredi septiesme jour du moys d’Aoust 1615 Mathieu
mine
age de soixante et douze ans ou environ apres avoir
este administre des sacrementz de nre [notre] mere Ste Esglise a faict
son testament de derniere volonte a la forme et maniere qui
sensuit premierement recommander son ame a Dieu et ce
la separation faicte de son ame dans son corps veult
et entend estre Inhume en terre saincte au cymytyere de
Sacy proche ses parents son corps estre conduict par son cure
ou aultre pbr [prêtre] luy chantant vigilles a notte avec les suffrages
accoustumes deux grandes messes et six petites avec
vigilles offrans pain et vin aux grandes messes par les
parens et executeurs [note : testamentaires] Item ung libera sur sa sepulture
deux mois par chacun dimanche offran aussy pain par led
parens chascun desdits dimanches selon la coustume du pays
dont les parens et executans sont tombe daccord avec moy
Item et donne cinq sollz a lesglise et cinq solz aux flambaux
Item aux lampes de ladite esglise une choppine dhuylle et
[2 mots non compris] parfaire son testament a ordonne leonarde Roy sa
femme avec ses enfans Vincenz mine Jhan mine et
leonard naulin
qui ont promis 2 satisfaire ausquelz led Mine
testateur a subz suin tous et ung chascun en biens meubles
et immeubles et teres [?] est decede et Inhume led vendedy
7e jour dud moys et an en pnce [présence] des susd [susdits] et [2 mots non compris]
et aultres tesmoings led jour et an que dessus »
Signé : « P Sajat, Muteley [note : curé de Sacy].

– ajout d’une mention en bas du testament :

« led testament a este par
moy cure soubz signe
execute et en suis [?]
satisfaict par leurs serviteurs
au moys de novembre aud an 1615″
Signé : Muteley.



[1] Confirmation par Milon de Noyers de la donation faite à l’abbaye par son aïeul du même nom, et son frère Clairembaut, des métairies de Villiers et d’Aigremont. – 1231

Anne BOURDILLAT

Anne BOURDILLAT

Rétif de la Bretonne  » Monsieur Nicolas – (Mon calendrier – 31 janvier 1750) « 

Identification de Anne BOURDILLAT

Anne est la sœur de Marguerite BOURDILLAT également commémorée par Rétif qui la prénomme Marthe-Marguerite.

Anne BOURDILLAT est née à Sacy (Yonne) le 7 novembre 1738.
Elle est la fille de Étienne BOUDILLAT (1705-1764), couvreur à Sacy et de Marthe GARNIER (1708-1782), troisième d’une fratrie de dix enfants dont seulement trois parviendront à l’âge adulte et auront une descendance. Les autres sont morts dès les premiers mois, sinon dans les toutes premières années de leur vie.

« Le sept novembre mil six cent trente huit nous Curé de Sacy
avons baptisé Anne fille d’Etienne Bourdillat et de Marthe
Garnier
ses pere et mere née le meme jour en legitime
mariage laquelle a eut pour parain Guillaume [ratures] Billout
et pour marainne Anne Rameau qui ont signé »

(Suivent les signatures)


À Sacy, elle n’est connue dans les registres que par son acte de baptême. Nous n’avons rien d’autre à son sujet.

Rétif de la Bretonne la célèbre sur son calendrier le 31 janvier 1750. Elle n’avait pas encore 12 ans, et il songeait déjà à elle comme épouse.
Si on l’en croit, Anne BOURDILLAT avait failli devenir sa belle-sœur. Mais son frère Pierre RÉTIF a épousé en 1765 Françoise PIOCHOT (Fanchon).

Si Anne avait épousé quelqu’un d’une autre paroisse, le mariage aurait été célébré a priori, comme il était coutumier de le faire, dans la paroisse de la femme, donc à Sacy. Les relevés Geneanet et la mise en ligne d’arbres généalogiques par d’éventuels descendants nous auraient renseignés si le mariage avait eu lieu dans une autre paroisse.

Restait la piste parisienne. Déjà à cette époque nombre de gens montaient sur Paris. Nous avons quelques exemples pour Sacy, le plus connu étant justement Rétif de la Bretonne.

L’examen des généalogies parisiennes sur Geneanet n’a rien apporté. Celui de relevés Geneanet d’actes notariés a mis en évidence le contrat de mariage en 1762 d’une Anne BOURDILLAT d’avec Louis PASQUES qui pouvait correspondre. Mais les filiations ne sont pas indiquées, il faut pour cela se rendre à la Bibliothèque Nationale pour visualiser l’acte même.

La poursuite des recherches permettait de découvrir le relevé d’un procès-verbal de découverte du cadavre d’un noyé qui avait été transporté à la basse geôle du Châtelet. Le corps a été identifié comme étant celui de Louis PASQUES veuf de Anne BOURDILLAT. Son âge le faisait naître vers 1737.

Les recherches se sont poursuivies dans le fichier alphabétique en ligne des actes de décès reconstitués (3 millions d’actes de naissances, mariages et décès reconstitués sur les 8 millions qui se sont consumés lors de l’incendie de l’Hôtel de Ville de Paris sous la Commune en mai 1871), déterminer les Anne BOURDILLAT dont la date de décès pouvait correspondre, puis consulter les liasses par dates de décès.

L’acte de décès de notre Anne BOURDILLAT faisait partie des actes reconstitués. Elle était dite femme de Louis PASQUES et native de Sacy dans l’Yonne (il existe plusieurs Sacy en France). Son âge au décès la fait naître vers 1739. Anne exerçait la profession de sage-femme et est décédée en son domicile 8 rue de Thionville à Paris 19è actuel, anciennement 11è.


Transcription de son acte de décès reconstitué :

« RECONSTITUTION
DES ACTES DE L’ÉTAT CIVIL DE PARIS

Expédition délivrée sur papier libre, en exécution de la loi du 12 février 1872,
par Me Meunié Notaire à Paris
soussigné, le [non renseigné] mil huit cent soixante, d’une Copie
authentique d’acte de Décès annexée à la minute, étant en sa possession,
d’une Notoriété reçue le quinze Germinal
an sept [note : 04 04 1799] par Me Boursier

Extrait des registres des actes de Décès.
Du vingt six thermidor an six de la République [note : 13 08 1798]
Acte de décès de Anne Bourdillat sage femme
agée de cinquante neuf ans native de Sacy département de
l’Yonne, domiciliée à Paris rue de Thionville N°8, Division
du théatre Français mariée à Louis Pasques, decédée
cejourd’hui à onze heures et demie du matin demeure susdite
Sur la déclaration faite par les témoins dénommés au registre
qui ont signé avec L.M. Gauthier officier public.
Collationné par moi soussigné officier public de
l’état civil pour le onzieme arrondissement de Paris.
Signé : Merigot.

Délivré par moi secrétaire en chef le présent extrait pour
lequel il a été payé un franc, compris le timbre.
A Paris, le vingt neuf frimaire de l’an sept [note : 19 12 1798] de la
République française une et indivisible.
Signé illisiblement
Expedie et collationné.
Signé meunié »


Transcription de la copie du procès-verbal de constations et d’identification du corps de Louis PASQUES :

« L’an huit de la République 
française une et indivisible et le lundi trois
Germinal [note : 24 03 1800] dix heures du matin Pardevant nous
Jean Le Sévre, Juge de Paix et officier de Police
Judiciaire du Canton de Paris Division du museum,
assisté de François philippe Bemage nôtre Secretaire
Greffier

Sont Comparus
Eustache Claude Pasques, marchand fruitier
demeurant à paris rue de thionville n°8 Division
du theâtre Français,
Pierre Nicolas Francois Poulain, fourbisseur
demeurant à paris rue thibaut a Dée n°11 [note : rue Thibaud au dé n’existe plus]
Et Paschal Bossu, marchand de vin, demeurant
à Paris rue de Thionville n°8
Lesquels nous ont requis de nous transporter
avec eux à la Basse Geole du cidevant Chatelet
à l’effet de reconnoître un cadavre masculin qui y
est deposé et qu’ils presument être celui de Louis
Pasques, ancien fourbisseur, natif de Paris, agé de
soixante trois ans, veuf d’anne Bourdillat, domiciliée
à Paris rue Pierre Sarazin n°5 qui est disparu depuis
le trente pluviose dernier [note : 19 02 1800] et ont signé, ainsi signé à
la minutte des présentes Pasques, Poulain, Bossu,
Au quel requisitoire obtentemperant
nous Juge de Paix dusdit nous sommes transportés
avec les susnommés à la basse geole du cidevant Chatelet, ou
Etant nous avons trouvé le citoyen Daude concierge et
Greffier de la dite geole que nous avons requis d’en
faire ouverture et de nous donner les renseignements
qui sont à sa connoissance concernant ledit cadavre,
à quoi obtemperant ledit Daude nous a dit que ledit
cadavre a été déposé à la dite Geole le jour d’hyer
en conséquence d’un ordre du Juge de Paix de la Division
des invalides en datte du même jour portant que le dit
cadavre a été trouvé noyé dans la rivière de Seine près
Le gros Caillou, qui avoit sur lui une chemise marquée
L.P. Une redingotte de draps bleu a collet rouge,
Un gilet de velours de côton rayé, une culotte de velours
de coton et une paire de bas de laine à côtes
couleur brune, les quels effets ledit Daude a representés,
Et à l’instant les témoins susnommés ont déclaré
quils reconnoissent ledit cadavre pour être celui dudit Louis
Pasques cidevant nommé quil connoissaient parfaitement
de son vivant particulierement ledit Eustache Claude Pasques
comme Etant son Pere, quils reconnoissent egalement les
effets représentés pour lui appartenir.
Et de tout ce que dessus nous avons donné acte
et dressé le présent Procès Verbal que les dits témoins et
le dit Daude, après en avoir entendu lecture ont
signé avec nous et nôtre secretaire greffier lesdits
jour et an que dessus, ainsi signé à la minutte en
présentes, Pasques, Poulain, Bossu, Daude, Le Sévre,
Juge de Paix, Bernage Secretaire Greffier.

Pour expedition [signature] Bernage
Enregistré [en abrégé] a Paris le 4 Germinal
an 8 [note : 25 03 1800] Recu un f 10 [1 f [note : franc] 10 [note : centimes?]mot non compris].C.
Suit une signature. »


Note : L’hypothèse du suicide peut être envisagée.

La poursuite des recherches a permis de relever trois enfants du couple. Il peut y en avoir d’autres dont les actes n’ont pas été reconstitués, et nombre d’actes de décès de personnes mariées sont sans filiation.
Thomas PASQUES né le 10 septembre 1763 à Paris 06.
Eustache Claude PASQUES tailleur puis marchand fruitier, né le 17 mai 1766 à Paris 06, marié à Suzanne BOSSU le 07 février 1789 paroisse Notre-Dame de Versaielles, dont enfants.
Marie Catherine PASQUES née le 01 mars 1773 à Paris 06, où elle est décédée le 18 décemebre 1836. Elle avait épousé à Paris 06 Jean François LELANDAIS imprimeur.

De nos jours, existent des descendants du couple PASQUES / BOURDILLAT, via le couple LELANDAIS / PASQUES, comme en témoigne un seul arbre mis en ligne sur Geneanet dont la branche ne remonte pas au-delà de dudit couple.

Marie-Jeanne Carré-Lévêque citée dans le texte est célébrée dans le calendrier de l’auteur et fera l’objet d’un article.






(1) La Loge Croulot de Sacy. Synthèse des Recherches

(1) La Loge Croulot de Sacy. Synthèse des Recherches

Quand la généalogie vous lie dans les registres presque trois siècles à la Loge de Sacy – et peut-être bien plus si les actes paroissiaux qui nous sont parvenus avaient été correctement renseignés par les prêtres, à supposer évidemment qu’elle existât déjà – cette métairie devient un centre d’intérêt où gravitent certaines familles que l’on peut ainsi reconstituer et y localiser certains membres lorsqu’aucun acte ne le précise.
Ces familles de la Loge, initialement non apparentées et appartenant à des milieux sociaux divers (amodiateur, employés, métayers), à l’issue de presque trois siècles, ont fini par se lier, et leurs descendants en sont la résultante. Les recherches sur les autres habitants de cette métairie ont permis en outre de compléter la généalogie familiale. On apprend en effet souvent beaucoup plus par les renseignements complémentaires que par les actes eux-mêmes.

La Loge de Sacy était à l’origine une métairie, terme employé quand les propriétaires n’en étaient pas les exploitants et d’ailleurs n’y vivaient pas. Elle prend l’appellation ferme quand les propriétaires en deviennent les exploitants. C’est le cas également ailleurs. Edme RÉTIF, père de Rétif de la Bretonne, acquiert la métairie de la Bretonne en 1740. Le propriétaire était de Vermenton. La famille RÉTIF ne vient l’habiter qu’en 1742 : « 1742-J’avais huit ans, lorsque mon père quitta la maison de la porte Là-bas, qui appartenait à mon frère utérin Boujat, pour aller demeurer à la Bretonne, où était un fermier » [Monsieur Nicolas].

Quant à la Loge, les actes le plus souvent la désignent par « la Loge ». En 1605 « la loge ». En 1635 « la loge Crolo ».
Le 24 août 1639, Vincent MINÉ (baptisé à Sacy le 6 novembre 1577), demeurant à « la loge » est présent lors de l’enregistrement du testament de Jeanne DEGAN à Courtenay, hameau de Vermenton, sis à 550 mètres de la Loge. Cette découverte récente, faite lors du déchiffrement (euphémisme) dudit testament, nous apprend donc que les MINÉ en la personne de Vincent, étaient déjà à la Loge à cette date, et si on tient compte de la suite et du rang qui doit être le sien le faisant l’un des témoins des dernières volontés de Jeanne DEGAN, il devait être le métayer de la Loge. La suite est que son petit-fils Pierre MINÉ (1653-1694) et arrière-petit-fils Pierre BOUTELAT (1671-1743) ont été les métayers de la Loge : ils avaient épousé Anne DONDAINE (ca 1658-1721) la fille de Edme, l’amodiateur et receveur des terres de la Loge.
Dans un acte paroissial du 20 février 1670, il est fait mention de la « Metairie de la loge »
En 1677 deux actes paroissiaux désignent le lieu par « la Loge Crouslot ». Puis ce sera sur des plans cadastraux du début du 18è siècle que cette appellation se rencontrera avec des variantes orthographiques. L’appellation disparaîtra par la suite et il ne restera que « la Loge ».

Deux problèmes se sont posés pour ces recherches :
D’abord les propriétaires de la Loge ne sont jamais nommés en tant que tels dans les actes paroissiaux. Et c’est souvent le même cas ailleurs, la métairie de la Femme Morte à Vermenton par exemple et bien d’autres.
Ensuite, ce problème maintes fois soulevé, est que dans les actes, la paroisse de Sacy est sous-entendue dans sa globalité. Le même problème se rencontre ailleurs et également après la révolution. Il n’est pas toujours fait mention du lieu de domicile des gens cités. Ainsi, la population du Val-du-Puits de Sacy étant bien supérieure à celle de la Loge, proportionnellement il y a plus d’actes qui indiquent parfois que certains habitants demeurent dans ce hameau, et ces quelques actes permettent d’y localiser leur famille.
Le problème s’est nettement aggravé de nos jours, car il n’est plus question de hameaux ou lieux-dits d’une paroisse ou d’une commune, mais de communes associées ou communes nouvelles. Pour des raisons économiques, des communes ont été absorbées par d’autres. Essert en 1972 est devenu Lucy-sur-Cure et administrativement n’a plus aucune existence. Ainsi les personnes qui y décèdent (sauf accident plus personne ne naît dans les villages) sont déclarées décédées à Lucy-Sur-Cure dans le fichier de l’INSEE. Seule leur tombe à Essert permettra de localiser le décès à Essert le cas échéant, puisque l’acte de décès même ne nous est pas accessible dans des temps proches (40 ans pour Paris, 100 ans pour l’Yonne dans les Archives en ligne). De plus, les registres paroissiaux et d’état-civil d’Essert en ligne ont été intégrés à ceux de Lucy-sur-Cure, et de nombreuses erreurs sont commises dans les généalogies, indiquant les lieux des actes à Lucy-sur-Cure alors qu’il s’agit des registres d’Essert. Ce n’est quand même pas pareil !
Il en est de même pour Sacy devenu en 2015 Vermenton !
Ainsi les gens de Sacy deviennent les Vermentonnais (source : Wikipedia).
Ainsi les personnes décédées à Sacy sont enregistrées comme décédées à Vermenton. Ils sont inhumés dans le cimetière de Vermenton à Sacy !
Ainsi la fondation du patrimoine, pour la nouvelle cloche et autres travaux, fera un appel aux dons pour l’église de Vermenton à Sacy !
N’est pas loin le temps où il sera écrit que Rétif de la Bretonne est né à Vermenton.
Ainsi, devrions-nous dorénavant parler de la Loge de Vermenton. Était-ce prémonitoire quand il y a deux générations les plaques des colliers des chiens de chasse de la Loge étaient gravées à « La loge Vermenton » ?
Bref, ce sujet a amplement été développé dans un autre article. Revenons à la Loge.

En remontant le temps et en fonction des quelques très rares renseignements que pouvaient contenir certains actes, il a fallu formuler des hypothèses qui restaient valables tant que rien ne venait les contredire, tout comme en sciences, afin tenter de déterminer qui était propriétaire de la Loge.

La métairie de la Loge de Sacy est située sur un « plateau » peut-on dire, en limite de trois autres paroisses, maintenant de quatre communes qui sont Vermenton, Saint-Cyr les Colons, Lichères-près-Aigremont et Nitry. Avant la Révolution Lichères était paroisse de Nitry et leur Seigneur était l’Abbé de Molesme.

En règle générale, les métairies étaient implantées soit en limite des terres de la paroisse soit en sortie du village comme celle de la Bretonne à Sacy.
Ainsi il y avait par exemple la métairie de la Femme Morte à Vermenton à la limite des terres de Sacy et d’Essert. Il y avait à Essert une métairie appartenant aux religieux de Reigny. Il y avait aussi une métairie au Val-du-Puits de Sacy.
Cela est encore plus parlant avec Nitry et ses métairies, celle de Grille en limite des terres de Lichères-près-Aigremont, celle de Vormes en limite des terres de Sacy, celle de Noiret en limite des terres de Noyers et celle non nommée à la sortie de Nitry en direction de Joux-la-Ville. Il y en avait d’autres qui ont disparu, comme ont disparu celles de la Femme Morte et celle d’Essert. Il y avait même une métairie de la Loge à Nitry qui n’existe plus.

Ce « plateau » donne sur des vallées, au Sud celle des Fontaines qui descend à Sacy, à L’Ouest celle qui descend vers Vermenton, au Nord de Saint-Cyr les Colons une vallée qui mène à Saint-Bris-le-Vineux, au Nord-Est de Lichères une vallée qui mène en direction d’Auxerre et bien au Sud de Nitry cette grande descente vers Joux-la-Ville qui rejoint Sacy par une autre vallée, la route actuelle Sacy-Joux.

À 550 mètres de la Loge se situe le hameau de Courtenay dépendant de Vermenton. Jeanne DEGAN / DE GAN, fille de René écuyer et Seigneur de Courtenay, est souvent marraine à Sacy. Elle l’est aussi pour des enfants nés à la Loge et en 1624 pour la bénédiction de la petite cloche à sonner la passion, le parrain n’étant autre que Olivier BÉRAULT qui s’avérera être à l’époque le propriétaire de la Loge. Jeanne DEGAN a été enterrée dans l’église de Sacy à Vermenton, devrions-nous dire dorénavant, en 1639. Un article lui est consacré.
Très proches de la Loge sont les métairies du Bois-l’Abbé sur les terres de Lichères paroisse de Nitry. Il ne reste qu’un bâtiment de nos jours. Les autres sont en ruines. François DONDAINE (ca 1620-1700), métayer du Bois-L’Abbé est le frère de Edme DONDAINE (ca 1619-1679) originaire de Lichères qui sera amodiateur et receveur des terres de la Loge de Sacy de 1661/1665 à 1679 date de son décès.
Un peu plus loin au Nord-Ouest, à un peu plus de 2 km en ligne droite de la Loge est implanté le hameau de Vau-Germain (les Vaux Germains sur les vieux actes) dépendant de Saint-Cyr-les Colons.

La Loge, carte d’état-major 1820-1866 :

La progression des recherches se résume comme suit :
En remontant le cours du temps dans le cadre de la généalogie familiale, les recherches nous amènent aisément à Edme DONDAINE (ca 1619-La Loge 1679), déjà cité, qualifié d’amodiateur et receveur des terre de la Loge, charge qu’il occupe entre 1661 & 1665. Mais aucun acte n’en indique le propriétaire. Son frère François est métayer au Bois-l’Abbé de Lichères et son autre frère Léonard est à l’origine des DONDAINE de Sacy où il exerce la profession de maréchal. La famille DONDAINE vient de Lichères mais n’y est pas y originaire. Le sujet a été traité dans un autre article, celui de Edme RÉTIF, père de l’écrivain.

Avant Edme DONDAINE, les curés se précèdent sans citer la Loge pendant près d’un demi-siècle. Le testament de Jeanne DEGAN déchiffré récemment réduit ce temps à plus de deux décennies, mais il n’en demeure pas moins que les baptêmes et autres actes n’indiquent plus la Loge pendant une cinquantaine d’années.
Le 29 octobre 1616, la Loge réapparaît dans nos recherches dans un acte testamentaire établi par le curé de Sacy pour Jean DROIN, un habitant de Sacy qui demeure « a la methairie de monsr de Gan pres la loge ». René DEGAN est le Seigneur de Courtenay cité plus haut. Jeanne DEGAN est sa fille.
Enfin le 06 septembre 1605 est baptisé à l’église de Sacy « Jhan Colin fils Jhan et Philiberte Tillin demeurant à la loge »
La Loge n’apparaîtra plus dans les actes avant cette date. Le registres de Sacy remontent, avec malheureusement de grandes lacunes, un an avant l’édit de 1639 de Villers-Cotterets de François 1er [1]. La Loge donc, a priori n’est plus citée avant 1605. Les actes en latin sont réduits à leur plus simple expression. Aucun zèle de la part des prêtres qui ne signent même pas.

Edme DONDAINE décède à la Loge en 1679 après avoir fait son testament auprès de Guillaume BOUJAT, Lieutenant de Sacy dans les Croix, à savoir Lieutenant de Sacy pour le Commandeur d’Auxerre de l’Ordre de Malte (ex Ordre des Hospitaliers), Seigneur en partie de Sacy (l’autre Seigneur à cette époque est l’Évêque d’Auxerre et son Chapitre) dite Justice de Sacy hors les Croix.
Le fait qu’il ait fait appel au Lieutenant du Commandeur pour établir ce testament a fait supposer que la Terre de la Loge relevait de l’Ordre de Malte du Saulce d’Auxerre, peut-être même propriétaire. La suite des recherches montrera que l’Ordre n’en est pas propriétaire et que rien n’indique que la Loge relevait de la seigneurie de l’Ordre, ni de celle de l’Évêque d’Auxerre et son Chapitre.
Peut-être la Loge était-elle une Terre de franc-aleu roturier (également franc alleu) et ne relevait donc d’aucun seigneur [2]
Tout cela est compliqué. Que penser de ces baux des revenus de la terre de Sacy-hors-les-Croix, indivise entre le chapitre et l’évêque d’Auxerre en 1584, à Claude BÉRAULT, pour 500 livres ? Il n’est pas précisé si ce sont les terres de la Loge ou autres, mais Claude BÉRAULT que l’on trouve parfois qualifié de Seigneur de la Loge, n’est autre que le père de Olivier dont il a été question plus haut.

Les recherches auprès des Archives en ligne de l’Yonne, permettent de découvrir quelques plans de la Loge, et d’apprendre qu’un bornage à la demande des gens de Sacy en 1724 y a été effectué par Simon MARAT, arpenteur de Noyers « des terres, brossailles et bruaires faisant parthye d’un domaine proche ledict Sacy tenant du nord a lorrient aux terres et finage dudict lieu vulgairement dict la loge Croulot ».

Le premier plan cadastral que nous avons des terres de la Loge est de 1724, date à laquelle le Collège des Jésuites d’Auxerre en est dit propriétaire. D’autres plans ont été établis par la suite courant 18è siècle qui confirment cette propriété.

Certains éléments portés à notre connaissance et les questions qui s’en sont suivies ont permis de formuler des hypothèses qui se sont révélées vraies pour certaines, fausses pour d’autres :
Pourquoi n’y a-t-il pas de plans avant 1724 ? Peut-être simplement parce que les Jésuites n’en étaient pas propriétaires (ce qui était faux) et que ce bornage de 1724 semble résulter d’un différent d’avec les gens de Sacy (ce qui est vrai). La supposition « nouveau propriétaire, nouveau bornage » était également fausse.
L’Ordre des Jésuites n’existant que depuis 1540, il ne pouvait en être propriétaire avant cette date. (Cela ne peut qu’être vrai, ils n’ont pas tardé et en sont propriétaires depuis août 1642).
Le testament de Edme DONDAINE ayant été recueilli par le Lieutenant de l’Ordre de Malte, semblait déterminer que l’Ordre était propriétaire de la Loge. (faux, on ne sait même pas si la Loge relevait de l’Ordre, de l’Évêque d’Auxerre et son Chapitre, ou était une terre de franc-aleu).
Ajouté à cela un une longue période à partir de 1722 où la Loge n’est plus citée dans les actes. Pierre BOUTELAT, fermier de la Loge s’étant remarié à cette date avec une veuve de Nitry, Marguerite PETIT. Il est qualifié dans l’acte de laboureur demeurant à la métairie de la Loge. Sa femme décède en 1731 à Saint-Cyr-les-Colons d’où elle est originaire. Pierre BOUTELAT y décédera en 1743. Donc en 1731 et avant, le couple demeurait a priori à Saint-Cyr.
Ce départ de Pierre BOUTELAT de la Loge semblait confirmer l’hypothèse du changement récent de propriétaire de la métairie ce qui était faux. Nous ne lui connaissons qu’une fille née de son premier mariage d’avec Anne DONDAINE et qui épouse en 1713 à Sacy Simon PETIT de Saint-Cyr. L’absence de fils pour reprendre la métairie, lui-même vieillissant explique plus certainement son départ de la Loge.
Entre 1739 et 1741, Edme CARRÉ, venant avec femme, enfants de Oudun hameau de Joux-la-ville où il est laboureur débarque à la Loge pour y prendre la fonction de métais.

La Loge, carte de Cassigny vers 1750 :

Il aura fallu torturer pendant une longue période le moteur de recherches internet, varier les questions, poser inlassablement les mêmes, pour qu’un jour, finalement sorte un document [3] indiquant que :
« Le 8 Août 1642, donation faite par le Sieur Olivier Berault Avocat, en faveur du Collège [note : des Jésuite d’Auxerre], pour en augmenter le revenu, d’une Métairie sise à la Loge Paroisse de Sacy, à cinq lieues d’Auxerre ». Notons que sous la dénomination « d’une métairie », il s’agit de la Métairie de la Loge.
L’Ordre de Malte est en décadence contrairement à celui des Jésuites qui acquièrent de nouvelles terres, placement financier de l’époque. Ainsi « Les ci-devant, soi-disans Jésuites ont acquis à Sacy de la veuve Perriere, par contrat du 19 Février 1664, un arpent de vignes, moyennant 110 liv. » Les de la PERRIÈRE, originaire de Lichères, sont les successeurs des DEGAN & TOUTEFAIRE à Courtenay [3]. A noter l’appellation des « soi-disant Jésuites », l’expression était utilisée pour les huguenots « la soi-disant religion réformée ».

Avant de terminer ce premier volet sur la Loge de Sacy, il serait pertinent de déterminer ce que signifient ou peuvent signifier le mot « Loge » ainsi que celui de « Coslot ou Crouslot ».

Pour Loge, c’est finalement facile. De très nombreux lieux en France sont composés de ce mot. Nombre de fermes aussi.
Le mot viendrait du vieux-francique, langue originelle des Francs saliens (Clovis) « laubia » ou « laubja » qui est abri de feuillages, et par extension dans le temps, une hutte, une petite cabane ou un cabanon.
Selon le dictionnaire de la Langue Française « llf » le mot « loge » est un terme devenu désuet signifiant petite construction sommaire, telle qu’une cabane ou une hutte, une cahutte.
Le dictionnaire de l’Académie Française va dans le même sens. Le terme « loge » daterait du 13e siècle et son origine est incertaine, le terme est vieilli de nos jour et signifiait  petite cabane ou abri rudimentaire.
Donc tous les lieux contenant le mot « loge » n’étaient à l’origine qu’une petite cabane.

Pour « Croulot » et ses autres orthographes « Crolot », c’est plus complexe.
Est-ce un nom de lieu ?
Le cadastre n’en a gardé aucun souvenir.

Il y a quelques années, un dictionnaire en ligne maintenant inaccessible, donnait à « Croulot » la définition d’un terme ancien pour désigner le cri de la corneille. Les terres de la Loges étaient-elles envahies par les corneilles ?

Il existe une ruelle Crolot à Étivey dans l’Yonne à 28 km de Sacy par la route. Mais, incroyable, la mairie de cette commune ne sait pas d’où vient son nom ! Comment un maire rural peut-il ne pas connaître a minima l’Histoire de son village [4] ? Depuis l’important exode de la ruralité vers les grandes villes dans la première moitié du 20è siècle, exode qui a commencé bien avant, même si certains ont gardé attache avec leur village, et y ont gardé ou acquis une maison, s’y sont fait enterrer, de nos jours la majeure partie des habitants ruraux n’y ont aucun ancêtre. On habite là comme on aurait pu habiter ailleurs. Et les nouveaux maires sont issus de ce grand remplacement rural.

Mais surtout CROLOT et CROULOT et autres variantes sont aussi deux patronymes que l’on trouve en France dont dans l’Yonne.
Sur la base Geneanet non exhaustive, dans l’Yonne le nom CROULOT apparaît en 1650.à Épineuil, celui de CROLOT en 1668, 1685 à Chéroy et 1809 (recensement) à Dracy.

Les prochains articles sur la Loge reprendront chronologiquement les différentes époques marquées par les personnes qui ont administré cette métairie. Les BÉRAULT feront l’objet également d’un chapitre.

Entée de la Ferme de la Loge de Sacy sur la route Vermenton-Lichères.

La ferme de la Loge de Sacy :


[1] source Wikipedia :
L’ordonnance d’août 1539 sur le fait de la justice, dite l’ordonnance de Villers-Cotterêts, aussi appelée l’ordonnance Guillemine, est un texte normatif édicté par le roi de France François Ier, entre le 10 et le 25 août 1539 à Villers-Cotterêts (dans le département actuel de l’Aisne), enregistré au Parlement de Paris le 6 septembre 1539. Cette ordonnance est le plus ancien texte normatif encore en vigueur en France, ses articles 110 et 111 (concernant la langue utilisée par la justice) n’ayant jamais été abrogés.

« art. 110. Que les arretz soient clers et entendibles
Et afin qu’il n’y ayt cause de doubter sur l’intelligence desdictz arretz. Nous voulons et ordonnons qu’ilz soient faictz et escriptz si clerement qu’il n’y ayt ne puisse avoir aulcune ambiguite ou incertitude, ne lieu a en demander interpretacion.»
(Que les arrêts soient clairs et compréhensibles, et afin qu’il n’y ait pas de raison de douter sur le sens de ces arrêts, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement qu’il ne puisse y avoir aucune ambiguïté ou incertitude, ni de raison d’en demander une explication.)

« art. 111. De prononcer et expedier tous actes en langaige françoys
Et pource que telles choſes sont souuenteſfoys aduenues ſur l’intelligence des motz latins cõtenuz eſdictz arreſtz. Nous voulons q~ doreſenauãt tous arreſtz enſemble toutes autres procedeures ſoient de noz cours souueraines ou autres ſubalternes et inferieures, soyent de regiſtres, enqueſtes, contractz, commiſſions, ſentẽces, teſtamens et autres quelzconques actes & exploictz de iuſtice, ou qui en dependent, ſoient prononcez, enregistrez & deliurez aux parties en langage maternel francoys, et non autrement. »
(De prononcer et rédiger tous les actes en langue française
Et parce que de telles choses sont arrivées très souvent, à propos de la [mauvaise] compréhension des mots latins utilisés dans lesdits arrêts, nous voulons que dorénavant tous les arrêts ainsi que toutes autres procédures, que ce soit de nos cours souveraines ou autres subalternes et inférieures, ou que ce soit sur les registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments et tous les autres actes et exploits de justice qui en dépendent, soient prononcés, publiés et notifiés aux parties en langue maternelle française, et pas autrement.)

[2] Source : Centre National de Ressources textuelles et lexicales.
Il y eut deux sortes de franc-aleu : le noble et le roturier, le noble étoit celui qui entraînoit justice, censive ou mouvance, le roturier celui auquel toutes ces conditions manquoient, ce dernier, le plus ancien des deux, représentoit le foible reste de la propriété romaine (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist.,t. 3, 1831, p. 372).Cf. al(l)eu ex. 1.

En fait c’est bien plus compliqué que cela comme l’exprime Monsieur Étienne MEUNIER dans un courriel.
Étienne MEUNIER historien et généalogiste, est cofondateur en 1981 de cette société savante qu’est la Société Généalogique de l’Yonne. Il a rédigé de nombreux cahiers généalogiques et autres ouvrages nous plongeant dans le Moyen-Age. Actuellement il travaille sur la publication de 1550 pages de contribuables dans la cité de Troyes entre 1374 & 1595.
Il a obtenu, à l’unanimité du jury, le Prix littéraire de la Fédération Française de Généalogie en 2013 pour son ouvrage : « 32 études de familles patriciennes de Sens du 12e au 15e siècle ».

Voici ce qu’il écrit dans son courriel au sujet de la Seigneurie de la Loge (Claude BÉRAULT) :
En ce qui concerne le statut de la terre de La Loge.
« Il n’y a aucun rapport entre canton de terre – hameau – paroisse – et seigneurie.

Le fief est une « enclave » territoriale au statut civil particulier, pouvant remonter à plus d’un millénaire (les fiefs sont connus depuis les Mérovingiens). Il n’a pas besoin d’habitants, de tourelles, de pont-levis et d’armures bricolées. Et des fiefs, il y en a énormément (ex. une dixaine à Fleurigny au XIIIe). Avec le temps, ils ont eu tendance à s’agréger, ce qui fait que la lecture des fiefs se simplifie au XVIIIe. Mais ils sont encore très nombreux dans la première moitié du XVIIe. A l’origine, le fief est un revenu, concédé par un puissant ou un égal à un fieffé, dont le comportement doit être irréprochable. Le fieffé doit le conseil, la loyauté, et plus si la concession d’origine l’a exigé (ex. le service armé qui n’est pas en soi obligatoire). Il existe « des fiefs en l’air » qui sont une affectation de recette par exemple sur les revenus d’un pont ou d’un marché (très en faveur en Champagne comtale). Il n’y a pas alors d’assiette foncière.

La seigneurie n’est pas obligatoirement un fief. C’est un territoire qui a la capacité juridique « de justice ». Qu’elle soit petite, grande ou moyenne (rien à voir avec les hectares, mais avec le niveau judiciaire exercé). Il faut au minimum y trouver un lieu abrité pour rendre justice (un auditoire grand comme un clapier suffit !) et y incarcérer (un trou en terre suffit). Bien entendu, la seigneurie peut être aussi un fief, mais, j’insiste, les deux notions sont distinctes.

On connaît très mal l’organisation des fiefs et des seigneuries de l’Auxerrois, et je dirai même, surtout au Sud-Est d’Auxerre. Donc, chez vous.

Par exemple, un grand féodal du XVIe, pressé par des besoins d’argent, a très pu ériger en fief une métairie, et même lui conférer des droits judiciaires (ex. de basse justice) pour en faire une seigneurie. Et racheter le tout plus tard. J’ai des exemples précis en tête. Cette réalité est mouvante.

Profitant de ce chaos, des bourgeois urbains, en ont profité, pour se titrer sieur de X. Le maximum de ce mouvement se repère sous Louis XIII. Les apparences de noblesse qu’on se donne alors provoque une fuite massive d’imposables vers le statut d’exempts. Louis XIV réagira. Je rappelle que vers 1670, sur 12.000 habitants à Romilly-sur-Seine, 10.000 se disent « nobles ». D’où le marché des offices royaux … Colbert lâchera ses « chiens » et les délateurs rémunérés l’aideront à ramener tout le monde à la niche fiscale : lourdement taxés, ils sortiront ruinés. Molière s’en moquera.

Les institutions religieuses, mises à mal depuis le concordat de Bologne, vont activement pousser à l’émergence de nouveaux fiefs (ex. voir mon étude concernant Lailly et le patrimoine de l’abbaye de Vauluisant). Victimes de la Monarchie, et ayant perdu toute autonomie depuis François Ier, elles vont créer de très nombreux fiefs. Certains seront rachetés dans un délai de 99 ans après leur création … mais pas tous.

Il faut donc aborder le cas de La Loge avec ces données en tête. »

[3] Source : « Recueil par ordre de dates, Contenant tous les Comptes rendus par MM. les Commissaires du Parlement, au sujet des Collèges & autres Etablissemens, que possédoient dans le ressort de la Cour, les ci-devant soi-disans Jésuites. Tome sixième. A Paris Chez P.G. Simon, Imprimeur du Parlement, rue de la Harpe, à l’Hercule. M. DCC. LXVI. (page 553)

[4] Il ne faut pas en arriver à cette autre extrémité, comme l’a fait la mairie suzeraine de Vermenton : pondre une Histoire de Sacy bourrée de débilités qui n’ont pas été retirées malgré la démonstration faite ces inepties. Ce sujet a été traité dans un autre article. Pour l’instant il n’y a pas d’arrêté municipal pour contestation de l’Histoire Officielle de Sacy !

La « fumée du vin » cause le décès de deux enfants à Vermenton en 1682

La « fumée du vin » cause le décès de deux enfants à Vermenton en 1682

Le 12 octobre 1682 alors que le vin fermentait, les émanations de gaz carbonique « la fumée de vin » qui s’accumule au fond de la cave causé le décès de deux enfants.

«  Le mesme Jour et an que dessus [note : 12 10 1682] moururent Louys
aagé de 5 ans, et Alexandre aagé de 3 ans
ou environt enfans du sieur Gisles Bertran
No.re [Notaire] et ancien Praticien de Vermenton Inhumés
dans nre [notre] Cimetiere, ayants esté surpris de la fumée
du vin dans la cave dud. Sr Bertrant a son Insceu
Et apres les avoir faict chercher environt deux heures.
C’est l’assurance que nous en donnons ce 13e Octobre
mil six cent octante deux. »
Signature de :
– Gilles BERTRAND [père des enfants]
– Germain GALLET [curé de Vermenton]
– DELAGOUTTE [vicaire de Vermenton]
– Edme POULEINE [oncle maternel des enfants]

Gilles BETRAND également orthographié Gisles BERTRAN[T], est qualifié respectivement dans les registres paroissiaux de Vermenton tout le long de sa vie, de greffier en la Justice de Reigny, greffier en la Prévôté Royale de Vermenton, procureur de la Justice Royale de Vermenton, et notaire royal. En 1674 ,il est élu syndic [1]
Il a été baptisé à Vermenton le 6 janvier 1636. Ses parents nés avant 1606 sont Nicolas BERTRAND également notaire royal & Barbe COMPAGNOT dont sept enfants sont relevés sur les registres, nés de 1626 à 1644.
Nous sommes à ce stade à la limite de ce que les registres paroissiaux de Vermenton qui nous sont parvenus peuvent nous offrir. Cela est assez frustrant.
Gilles BERTRAND épouse avant 1658 Marie POULAINE également orthographié POULEINE. Aucun acte de mariage de Vermenton avant 1664 ne nous est parvenu.
Marie POULAINE a été baptisée à Vermenton le 22 juillet 1639. Elle est la fille de Jean POULAINE marchand (né vers 1604 sous Henri IV-décédé à Vermenton le 18 mars 1684) et de Philiberte QUINCY (née avant 1612).
Nous avons relevé cinq enfants du couple POULAINE-QUINCY de 1629 à 1639.
Onze enfants du couple Gilles BERTRAND-Marie POULAINE sont relevés entre 1658 et
1680, dont les deux décédés dans la cave le 12 octobre 1682.
Louys BERTRAND avait été baptisé à Vermenton le 25 décembre 1678.
Alexandre BERTRAND est né le 03 mai 1680 à Vermenton et y a été baptisé deux jours plus tard.
Gilles BERTRAND épouse à Vermenton le 26 novembre 1697 en secondes noces Jeanne LACONCHE née vers 1654, inhumée à Vermenton le 12 juin 1697, fille de Edme LACONCHE et de Jeanne PETIT. Jeanne LACONCHE a alors environ 43 ans et aucun enfant n’est né de ce remariage.
Il s’agit également d’un second mariage pour Jeanne LACONCHE. Elle avait épousé le 7 mai 1679 à Vermenton Edme DUCROT/DU CROT, huissier audiencier, décédé entre 1693 et 1697.
L’acte de décès de Marie POULAINE ne se trouve pas dans les registres de Vermenton (oubli, lacune ?) Elle est décédée entre mai 1680 et 1697 date du remariage de son mari.
Gilles BERTRAND sera inhumé le 02 mai 1722 en l »église de Vermenton. Il avait 86 ans.
Jeanne LACONCHE lui survivra deux années, et sera inhumée à Vermenton le 12 juin 1724, le lieu n’est pas précisé, donc certainement au cimetière de la paroisse, ce qui n’aurait probablement pas été le cas si elle était morte avant son mari.

Ursule BERTRAND, baptisée à Vermenton le 13 novembre 1672, fille du couple BERTRAND-POULAINE, épousera à Vermenton le 10 janvier 1701 François HUOT, né vers 1663 à Bessy-sur-Cure, décédé le 26 juin 1731 à Lucy-sur-Cure, qualifié de laboureur puis de greffier à Lucy-sur-Cure. La famille est originaire de Arcy-sur-Cure


Anne HUOT (Lucy 1744- Essert 1816) petite-fille du couple épousera en 1666 Lazare BOUDILLAT (Essert 1739) dont on n’a pas le décès. Lors du mariage en 1808 de leur fils Lazare BOURDILLAT,il est indiqué que Anne HUOT est autorisée par jugement du juge de paix du canton de Vermenton du 02.05.1806 qui constate que son mari Lazare BOURDILLAT est absent depuis courant février 1805, et la déclare « en état de régire et de gouverne les états et affaires dudit BOURDILLAT jusque son retour ou qu’il donne de ses nouvelles… »). Lazare BOURDILLAT ne réapparaîtra pas à Essert.


Barthélémy BOUDILLAT (1770-1859) fils du couple BOURDILLAT-HUOT, cultivateur, vigneron, maître d’école et maire d’Essert de 1815 à 1848) est médaillé de Sainte-Hélène [2]

Lazare BOUDILLAT (1778-1825) vigneron, propriétaire à Essert, autre fils du couple et marié en 1808 à Félicité BOURDILLAT, est qualifié à son décès à Essert en 1825 de militaire pensionné. S’il n’a pas reçu la médaille de Sainte-Hélène [2] c’est qu’il fallait être en vie à l’époque où elle a été instaurée (1857). Ce couple a eu pour fils Joseph Marie Pauline dit Eugène BOUDILLAT qui épousera en 1845 Julie RÉTIF (1821-1901) dont il existe une photo, et qui fait partie des donateurs pour les vitraux « Vermonet »de l’église de Essert avec la famille PIAULT de l’un de ses gendres. Julie RÉTIF est la petite-nièce de Rétif de la Bretonne, et il a été plusieurs fois question d’elle dans d’autres articles. Leur tombe est toujours visible à Essert en cette année 2025.


[1] En France sous l’Ancien Régime, le syndic est un notable chargé de représenter, d’administrer et de défendre les intérêts d’une paroisse ou d’une communauté rurale. Dans le cas d’une paroisse, il est généralement élu par une assemblée de communiers, constitués de chefs de famille de la paroisse. (sources : Wikipedia).

[2] La médaille de Sainte-Hélène est instituée par décret de Napoléon III, le 12 août 1857, sous le Second Empire. Elle est dédiée aux « compagnons de gloire » de Napoléon Ier dans les « campagnes de 1792 à 1815 », afin de satisfaire en partie les dernières volontés de Napoléon Bonaparte telles que rédigées dans son testament à Sainte-Hélène. Elle est considérée comme la première « médaille commémorative » française.








Décès d’un salpêtrier royal à Sacy

Décès d’un salpêtrier royal à Sacy

Décès Léonard Luinet, 1668

Le huictiesme novemb. 1668 est arrive un
accident de feu en les maisons appelles gauterot
qui ont este bruslées dans lesquelles estoit logé un
nômé Leonard Luinet salpestrier qui y fut bruslé
lui et sa femme, et le dixiesme du mesme
mois apres en avoir cômunique a nos superieurs et en
suitte de leur permission, et ayant este Informe des
vies et maleurs desdits desfuncts Jay procedé a leur
sepultures a la requisition d’Andre Luynet salpestrier
[rature] ordinaire du Roy son fils demeurant a
voutenet lequel André a desire estre faite
pour le repos des ames de ses pere et mere les
services qui sensuivent scavoir un service solennel
de trois grandes messes au jour le plus cômode
d apres leur sepulture avec un libera qui sera chanté
tous les dimâches pandant un an sur la fosse et
ledit Andre sest oblige a ce que dessus fait
ledit jour et an es presences de Leonard Piault maistre descolle
Ledit Luiney sest (mot non compris) [1] de tout ce que dessus »
Signé : A Luynet, Pottier [note : curé de Sacy]

Sources : [Sacy : BMS ( 1644-1684 ) – 5 Mi 709/ 4 page 105 droite, 1er acte]permalien

Le salpêtrier :
« Anciennement. Ouvrier qui collectait le salpêtre ou travaillait à sa fabrication, notamment pour les
poudreries. Sous l’Ancien Régime, les salpêtriers avaient le droit de pénétrer dans les habitations pour récolter le salpêtre. » (Dictionnaire de l’académie Française)

Le salpêtre, ou nitrate de potassium, servait à fabriquer la poudre noire ou poudre à canon, une des rares
matières explosives connues depuis la fin du Moyen Âge en Europe .
« Sous l’Ancien régime la charge de salpêtrier du roi permettait de vivre très confortablement en étant payé par la ferme générale des salpêtres. Le monopole d’état du salpêtre ne prit fin qu’en 1819 ». (Wikipedia)

« Avant la Révolution, plus de la moitié du salpêtre employé en France provenait de l’Inde par l’entremise
d’importateurs anglais. Cette source était désormais interdite. » Sources : « Les pharmaciens et la récolte du salpêtre sous la Convention » éditions Persée.

Pendant les guerres révolutionnaires, il y eut pénurie de salpêtre, due notamment au refus d’autoriser les
fouilles par les habitants. Aussi le 5 juin 1793 est promulguée une loi autorisant les salpêtriers pendant la durée de la guerre la recherche de salpêtre dans les diverses dépendances (caves, cellier, granges, écuries… sans nuire à la solidité des murs et des bâtiments). [2]
La même année tous les citoyens sont autorisés à établir des nitrières artificielles. [2]
Le 9 nivôse du calendrier révolutionnaire était le jour dédié au salpêtre.

Le patronyme LUYNET n’est pas originaire de l’Yonne, il est y inconnu sur toute la base Geneanet, hormis
le cas de ces deux salpêtriers appartenant à une même famille et qui ont été inscrits sur Geneanet à l’occasion de cet article. Sans doute se sont-ils déplacés dans la région le temps nécessaire à la récolte du salpêtre, et ont-ils œuvré dans d’autres villages. Sans ce décès et cet incendie, leur présence ne serait pas connue.
Avant le 18è siècle, la base Geneanet enregistre le nom de LUYNET en 1698 à Montluçon (Allier), en 1625
à Les Neyrolles (Ain), en 1630 à Champdor (Ain), en 1598 à Saint-Arigne (Nièvre)

Les GAUTHEROT à Sacy, également orthographié GAUT(H)EREAU, GAUTROT, GAULTHEROT, et
autres variantes, nous avons :

Le couple Simon GAUTHEROT (né ?- dcd 1640), couvreur de lames et de tuiles, marié à Jeanne
PAILLOT
(vers . 1569-dcd 1639) dont 5 enfants sont relevés sur les registres, nés de 1606 à 1615. Perrette
GAUTHEROT est marraine en 1609 de l’un d’entre eux.
Anne GAUTHEROT fille du couple, sera marraine en 1631 d’un enfant du couple Edme FAUVIN &
Jeanne GAUTHEROT sa sœur, en 1633 d’un enfant de Nicolas LONGPRÉ & Jeanne VIARD, en 1635 d’un enfant de Laurent COUCHAT & de Chrétienne GAUTHEROT sa sœur, en 1638 d’un enfant de Hugues COLLINET & Magdelaine MENANT ainsi que d’un enfant de Jean TILLIEN & Jeanne MILLETAT, et en 1639 d’un enfant de Jean GAUTHIER & Jeanne MIDÉE et aussi d’un enfant de Thomas ROUARD & de Jeanne BERAULT.

Anne épousera Jean DUMONT. Un enfant né en 1644 est relevé.
Jeanne GAUTHEROT autre fille, épousera Edme FAUVIN du Val-du-Puits de Sacy. 6 enfants du couple
sont inscrits sur les registres de 1626 à 1638. Bastienne (Sébastienne) GAUTHEROT est marraine en 1626 de l’un d’eux, Simon GAUTHEROT, grand-père est parrain d’un autre en 1627, Ledit Simon GAUTHEROT est parrain en 1611 d’un enfant de Jean GUERAULT, en 1622 d’un enfant de Blaise MARCEAU et de Marie ROUARD, et en 1627 d’un enfant de Edme FAUVIN & Jeanne GAUTHEROT sa
fille.

Chrétienne GAUTHEROT (1615-1684), également fille de Simon et de Jeanne PAILLOT est mariée à
Laurent COUCHAT (1605-avant 1677). 7 enfants du couple sont relevés de 1633 à 1648. Le parrain en 1637 est le père de Chrétienne. La marraine en 1633 est Jeanne PAILLOT sa mère. Ladite Chrétienne sera marraine en 1641 d’un enfant du couple Jean COUCHAT et Jeanne BONNET ainsi que d’un enfant de Jean TILLIEN & Nicolas BRÉVIN.

Jeanne GAUTHEROT & Jean CORNEVIN se marient en 1611 à Sacy. L’acte succinct en latin est
malheureusement sans filiations.
Quatre enfants du couple sont relevés de 1613 à 1617. Nous n’en savons pas plus sur ladite Jeanne. Elle est de lamême génération que Simon GAUTHEROT marié à Jeanne PAILLOT. Elle pourrait être sa sœur.

Mariage Jean Cornevin & Jeanne GAUTHEROT 09 octobre 1611, Sacy

Toujours de la même génération que Simon et Jeanne GAUTHEROT épouse CORNEVIN, nous avons
Thomasse GAUTHEROT marraine en 1626 d’un enfant de François MILLETAT et de Jeanne COLLINET.
Thomasse s’est mariée avant 1606 à Sébastien MILLETAT (aussi MILLETARD & MILTARD) du Val-du-Puits de Sacy. L’exploitation des registres détermine (nous n’avons que 3 actes de baptême de 1606 à 1615) la naissance de 5 enfants.

Sébastienne GAUTHEROT est marraine en 1626 d’un enfant du couple Edme FAUVIN & Jeanne
GAUTHEROT et d’un enfant de Jean MIDÉE et Noée (Noëlle) BOUJAT. Elle se mariera à François COUCHAT,
dont enfant né en 1635. Sébastienne pourrait être la fille de Simon & de Jeanne PAILLOT, mais aucun acte ne l’indique.

Ces GAUTHEROT de Sacy semblent bien être a priori les membres d’une seule famille. Avec le décès en
1684 de Chrétienne, le nom disparaîtra des registres. Il réapparaîtra plus d’un demi-siècle plus tard lors du décès à Sacy le 7 août 1740, où elle est certainement placée en nourrice, mais l’acte ne le précise pas, de Elisabeth GAUTHEROT née à Vermenton le 14 mai 1740, fille de Edme GAUTHEROT (fils Gabriel et Marie ANCEAU) de Vermenton et de Edmée Morache qui décèdera à Vermenton. 2 jours après la naissance de sa fille. Le couple s’était marié à Vermenton le 28 février 1724.

Et si le nom des GAUTHEROT a disparu de Sacy à la fin du 17è siècle, il n’en demeure pas moins que de
nos jours des gens en descendent.

Il aurait été intéressant de savoir dans quelle partie du village se situait cette maison GAUTHEROT. Nous
avons une idée de où demeuraient certaines familles de Sacy dans la première moitié du 18è siècle quand Rétif de la Bretonne écrit « J’avais huit ans, lorsque 1742 mon père quitta la maison de la porte Là-bas, qui appartenait à mon frère utérin Boujat, pour aller demeurer à la Bretonne, où était un fermier. Je fus ainsi éloigné de M’lo, de toute la longueur du village : car la Bretonne est à la porte Là-haut, et hors des murs, à plus de trois cents pas. Les eaux de la Farge coulaient alors ; ce qui suffisait pour interrompre la communication entre le bourg et moi. Je ne vis plus mon premier camarade ; ce fut Etienne Dumont, fils d’une bru de Christophe Berthier, qui le remplaça » (Monsieur Nicolas).

« La porte Là-bas » est la maison natale de l’écrivain, sise en face de l’église. La métairie de la Bretonne
« La porte Là-haut » est située à l’autre bout du village sur la route de Joux-la-Ville. Mais rien ne permet de déterminer dans quelle partie du village était située la maison GAUTHEROT.

Si quelques noms ont survécu à Sacy depuis le premier registre de cette paroisse qui nous sont parvenus
avec malheureusement des lacunes, et qui remontent à la fin du règne de François 1er, à savoir le milieu du 16è siècle [3], il est édifiant de constater le nombre de patronymes qui ont disparu sans être restés dans la mémoire des habitants « de souche » du village. Il faut savoir aussi que nombre de noms de ces habitants « de souche » ne sont apparus qu’au cours des siècles suivants ce premier registre.

La disparition des patronymes historiques des villages s’est accentuée dans la première moitié du 20è siècle. Le partage des terres dans les familles ne suffisait plus à leur subsistance et a entraîné une migration importante dans les grandes villes. Néanmoins, l’attache de ces gens à leur village ancestral, où certains y étaient nés se constate souvent parce qu’ils s’y sont fait enterrer. Et pour certains noms qui ne sont pas du cru, un peu de généalogie montre qu’ils y sont parfois originaires par leur mère.

Mais de nos jours, de par l’achat de résidences secondaires par les « parisiens », mais aussi de résidences
principales par des gens qui travaillent dans les environs, il ressort qu’il ne reste que très peu de noms historiques dans le village de Sacy (comme ailleurs), et dans une génération il n’en restera plus.



[1] mot non compris. Une autre personne qui déchiffre très bien les écritures lit également « mocque », mais cela n’a aucun sens car André Luynet est le demandeur. D’autre part le mot est coiffé d’un trait, ce qui déterminerait qu’il s’agit d’une abréviation.
[2] voir article complet sur le sujet d’où sont extraits ces renseignements ; « La Gazette Web, l’Almanach Paysan, Nos ancêtres ruraux au fils des saisons : La Révolution Française : La naissance du patriotisme (4e chapitre) – www.histoire-genealogie.com
[3] Plus précisément la date du premier acte du plus ancien registre de Sacy qui nous soit parvenu est 1538.
L’ordonnance de Villers-Cotterêts date de 1539.
« Par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, signée en 1539, François Ier déclare le français langue officielle
la place du latin) et décide la création des registres de naissance, de mariage et de décès dans les paroisses. Pour la première fois, la population peut être évaluée avec précision. Cette ordonnance marque une étape dans la centralisation du pouvoir et l’importance de l’administration.
» Source : Bibliothèque Nationale de France

Finalement, cette ordonnance n’a été que la généralisation de la tenue de registres paroissiaux dans tout le royaume, car dans d’autres lieux comme Auxerre, des registres d’avant l’ordonnance nous sont parvenus. Même à Sacy, le plus ancien registre qui nous soit parvenu débute avant l’ordonnance.
Quant au latin, il a continué à être employé par nombre de prêtres dans la rédaction des actes, bien
longtemps après l’ordonnance.

Marthe-Marguerite Bourdillat

Marthe-Marguerite Bourdillat

Rétif de la Bretonne  » Monsieur Nicolas – (Mon calendrier – 30 janvier 1746)

Marguerite BOURDILLAT apparaît également dans « Monsieur Nicolas » :

J’ai dit que les filles continuaient à me poursuivre. L’aînée de celles de ma nourrice, voisine de Mme Rameau, avait entrevu quelque chose de la scène de l’écurie-aux-mules : elle leur fit un jour des reproches, en leur représentant que je n’étais plus un enfant et que leur conduite à mon égard pouvait donner d’elles une mauvaise idée. — « Vous êtes bien bon ! » me dit-elle ; « quand elles viendront pour vous embrasser, r’broussez-vous, comme avec Nannette ; … mais pas si fort ! et vous ne l’aurez pas fait deux fois, qu’ell’vous laisseront de repos »… Les filles regardèrent la remontrance comme suggérée par ma nourrice. Une d’entre elles, la jolie Marguerite Bourdillat, qui n’avait que mon âge, m’ayant trouvé seul le soir, osa bien me dire, qu’elle « allait me mettre une fille à la joue ! » Elle s’approche : je ne fuis pas ; elle me prend : je la serre ; elle m’embrasse : je le rends ; je triple, je quadruple ; enfin l’audacieuse petite assailleuse, d’abord obligée de se défendre, est bientôt réduite à s’enfuir, en disant : « Ha mâs ! j’craijos qu’c’était vous qui aligne vou’ ensauver ! » Je lui répondis, que « depuis quelque temps… je ne m’ensauvais » plus, et que j’embrassais trois fois toutes les filles. » — Ho ben, all’y seront toute ettrappées ; car je ne m’en vantehai pas… » Je fus assez content de cet essai.

Identification de Marthe-Marguerite BOURDILLAT

Naissance de Marguerite Bourdillat


Il s’agit de Marguerite BOURDILLAT née à Sacy le 18.07.1736, fille de Étienne (couvreur) et de Marthe
Garnier, décédée à Sacy le 03.06.1785, où elle avait épousé le 13.07.1756 Edme PIAULT (charron, buraliste, greffier, notaire, substitut du procureur), camarade d’enfance de Rétif [1] qui le nomme « M’lo ou M’lo le notaire », né à Sacy le 20.11.1730, fils de Thomas (charron, et selon Rétif receveur pour l’Évêque & son Chapitre, Seigneurs hors les Croix de Sacy & associé à Edme RÉTIF père dudit écrivain) et d’Agathe ROUARD, décédé à Sacy le 24.05.1780).
Marguerite BOURDILLAT est l’aînée d’une fratrie de dix enfants dont seulement trois parviendront à l’âge adulte et auront une descendance. Les autres sont mort dès les premiers mois, sinon dans les toutes premières années de leur vie.

De son union avec Edme PIAULT, sont nés 11 enfants.
Il est à noter qu’aucun acte des registres paroissiaux de Sacy ne lui attribue ces prénoms de « Marthe
Marguerite », mais uniquement celui de « Marguerite ».
Marthe est le prénom de sa mère, aussi cet ajout de filiation par Rétif peut s’expliquer pour la différencier
d’homonymes, comme sa tante paternelle et marraine Marguerite BOURDILLAT (Sacy 1707-Sacy 1779) mariée en 1749 à Jean CORNEVIN.

– Anne BOURDILLAT, sœur de Marguerite, ainsi que Marie, Madeleine et Anne PIAULT, sœurs de Edme PIAULT son mari. sont également célébrées dans le calendrier de Rétif.

Le couple Edme PIAULT et Marguerite BOURDILLAT deux siècles plus tard

Ce couple Edme PIAULT / Marguerite BOURDILLAT est à l’origine des PIAULT d’Essert [2]:

Dont leur arrière arrière petit fils PIAULT Étienne Anselme né à Essert en 1846 où il décède en 1922. Sa
tombe est toujours existante.

PIAULT Étienne Anselme exercera la profession de cultivateur mais aussi de domestique à Savigny-sur-
Orge (Essonne) et marchand de vin à Paris.

Sa fille Berthe (1880-1957) inhumée à Essert, a assisté enfant à la construction de la Tour Eiffel pour
l’Exposition Universelle de 1889. Cela a déjà été mentionné dans un autre article.
Berthe est la petite fille de Julie RÉTIF (1821-1901). Julie est la petite fille de Pierre RÉTIF, frère de
l’écrivain Rétif de la Bretonne. Pierre avait repris la ferme de la Bretonne. La tombe de Julie RÉTIF se trouve toujours à Essert, en très mauvais état [3], près de celle de son frère Pierre Jacques RÉTIF (1812-1880), cultivateur à Essert et maire du village. [4]


[1] « Les années s’accumulent. J’avais huit ans, lorsque 1742 mon père quitta la maison de la porte Là-
bas, qui appartenait à mon frère utérin Boujat, pour aller demeurer à la Bretonne, où était un fermier. Je fus ainsi éloigné de M’lo, de toute la longueur du village : car la Bretonne est à la porte Là-haut, et hors
des murs, à plus de trois cents pas. Les eaux de la Farge coulaient alors ; ce qui suffisait pour interrompre
la communication entre le bourg et moi. Je ne vis plus mon premier camarade ; ce fut Etienne Dumont,
fils d’une bru de Christophe Berthier, qui le remplaça » (Monsieur Nicolas).

Naissance d’Edme Piault


[2] Il y eu d’autres PIAULT à Essert :
Edme PIAULT originaire de Précy-le-Sec (ca 1684-Essert 1759). Veuf d’un premier mariage en
1718 à Précy-le-Sec, il s’est remarié en 1728 avec Brigide MARCEAU d’Essert (1697-1757). Le baptême
de 4 enfants de 1728 à 1732 a été relevé à Vermenton. Essert n’a été doté de fonds baptismaux seulement courant 1786, aussi les baptêmes étaient célébrés dans les proches paroisses. Cette branche a disparu des registres paroissiaux. Nous avons l’acte de sépulture du dernier enfant à Essert. Sans doute les 3 autres sont-ils décédés à Essert, le registre d’avant 1737 est très lacunaire.
Il y a eu également une Jeanne PIAULT (Sacy 1643-Essert 1719) mariée à Toussaint
BOURDILLAT, laboureur à Essert.

Les Piault d’Essert


[3] https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11652657


[4] https://www.geneanet.org/cimetieres/view/11666748

Note : Le Vau Rainin est une vallée encaissée débouchant à environ 1km de Sacy sur la route actuelle
menant à Vermenton et remonte en direction de la ferme de la Loge de Sacy. S’il y avait des vignes à
l’époque de Rétif, la nature a depuis repris ses droits.

Le Vau Rainin

Les hameaux disparus de Sacy

Les hameaux disparus de Sacy

Le conseil municipal de Sacy, pour qui, visiblement, il y a des sujets trop sérieux pour les laisser à l’appréciation de la populace, a pris la décision de rattacher la commune à celle de Vermenton, et le 1er janvier 2016 Sacy est devenue une commune déléguée de Vermenton.

Commune déléguée. L’expression est trompeuse, car il n’y a plus de maire délégué à Sacy, les permanences à la mairie ont finalement été supprimées. Sacy n’existe plus administrativement. Les habitants qui décèdent à Sacy, sont enregistrés à l’INSEE comme décédés à Vermenton. Le cas est le même pour Essert, rattaché depuis 1972 à Lucy-sur-Cure. Donc, depuis 2016 on ne peut plus naître (accidentellement), se marier et mourir à Sacy.

Pour les enterrements, les pompes funèbres indiquent : « cimetière de Vermenton, anciennement Sacy » ! Quel culot !

Lors de l’appel aux dons pour la création et l’installation d’une nouvelle cloche dans l’église de Sacy, la Fondation du Patrimoine a indiqué « église de Sacy à Vermenton » !

D’ici peu, Rétif de la Bretonne sera né à Vermenton, Jacques Lacarrière aura habité à Vermenton et Henri Moine, grand-père d’Eddy Mitchel sera né à Vermenton.

Autre conséquence, tout pour Vermenton. Les fleurs, les bacs de compostage etc.

Nous avions un employé communal à temps plein, il a été accaparé par Vermenton.

Bref, élire c’est désigner des maîtres qui vont tout décider à notre place pendant le temps du mandat, c’est renoncer à voter soi-même les décisions. Élire des représentants est un acte de servitude.

Depuis cette annexion, une page consacrée à l’Histoire de Sacy a été mise en ligne par la Municipalité suzeraine.

Il convient d’en corriger quelques inepties, dignes de commérages de bistrots ou de lavoirs, et, le plus triste, avalisées à plusieurs reprises par la municipalité !

En 2020 il y était dit :

« En dehors du bourg, deux écarts : le hameau du Val du Puits jadis dénommé Merry et la ferme de la Loge ayant appartenu aux Jésuites. » 

« Le Val du Puits (Merry) quant à lui dépendait de la seigneurie de Bessy. Il sera rattaché à Sacy à la Révolution. »

Inculture ! À l’évidence, il y a confusion entre l’entité administrative qu’est une paroisse et les différents propriétaires des terres de ladite paroisse, propriétaires qui n’y demeurent pas forcément.

Il faut malheureusement rappeler pour certains que la paroisse est, sous l’ancien régime, le plus petit territoire d’une collectivité. Les paroisses sont réunies en diocèses, puis évêchés. À la révolution, les paroisses sont devenues des communes, réunies en cantons, puis départements et maintenant régions. A chaque entité administrative, un conseil grassement rémunéré par nos impôts. L’État, ce créateur d’inutiles coûteux !

Aussi loin que les registres de catholicité de Sacy peuvent nous mener, à savoir le 15e siècle, le Val-du-Puits (de Sacy) faisait partie de la paroisse de Sacy. Les baptêmes, mariages et sépultures des habitants du Val-du-Puits étaient célébrés dans l’église paroissiale de Sacy. Les gens étaient inhumés dans le cimetière paroissial de Sacy (autour de l’église), et ce malgré l’existence, depuis la Renaissance, de la chapelle du Val-du-Puits (voir article sur cette chapelle). Les mariages peuvent néanmoins être célébrés dans une chapelle. Un seul a été relevé dans les registres paroissiaux de Sacy, il a été célébré le 12 octobre 1615 dans la chapelle Saint-Léonard du Val-du-Puits de Sacy.

« Le lundy 12 jour du moys d’octobre 1615 ont este espousez en
la chapelle du Vault du puis paroisse de sacy Jhan fauvin et
Thoinette minee led fauvin dud Vault du puis et ladite Minee dud Sacy
par moy cure soubz signe led jour et an que dessus »
Signé : Muteley

À la révolution, le Val-du-Puits, hameau de la paroisse de Sacy n’a fait que rester dans le giron de Sacy, Donc il n’y a eu aucun changement, ce qui n’a pas été le cas partout [1]. Il est inadmissible de dire que le Val-du-Puits a été rattaché à Sacy à la Révolution. Certes, dans le remaniement des territoires, le Val-du-Puits de Sacy aurait pu devenir avec sa chapelle une commune comme cela a été pour Essert, ou bien rattaché à une autre commune. Mais cela n’a pas été le cas.

L’historien communal, de toute évidence, n’a jamais pris le temps d’ouvrir un seul des registres paroissiaux de Sacy et cartulaires de l’Yonne. Ils sont pourtant en ligne sur internet.

Le Val-du-Puits de Sacy et Merry étaient deux bourgs biens distincts. Ils sont cités concomitamment dans le Cartulaire de L’Yonne qui précise « Merry était un fief situé commune de Sacy, et un lieu aujourd’hui détruit ».

Le Val-du-Puits existe toujours et il ne peut donc y avoir de confusion,

Nous savons que Sacy appartenait depuis le Moyen-Age classique (période allant du début du XIème-fin du 13ème) à l’évêque d’Auxerre et à son Chapitre d’une part, et aux Hospitaliers devenus aux 16è siècle l’Ordre de Malte, du Saulce d’Auxerre d’autre part [2].

Ces deux Seigneurs d’Auxerre possédaient d’autres Seigneuries dans d’autres paroisses.

Ils étaient donc chacun Seigneur en partie de Sacy. Les terres afférentes à ces deux seigneuries étaient soumises à la justice de chacune d’elles. Pour ce, il y avait deux lieutenants, l’un dit « Lieutenant de Monsieur le Commandeur » et aussi « Lieutenant dans les croix », pour les hospitaliers, et « Lieutenant hors les croix » pour l’évêque d’Auxerre et son Chapitre. Ils avaient également leur receveur.

Quand l’Ordre des Hospitaliers a décliné, il a vendu ses terres et à Sacy après le premier tiers du XVIIIè siècle, il ne restait plus qu’un Lieutenant et il représentait l’autorité royale.

L’Ordre des hospitaliers a été fondé au XIème siècle. Les terres auparavant appartenaient évidemment à d’autres seigneurs et les hospitaliers les ont acquises avec les serfs qui y étaient attachés et la justice qui y était afférente.

Pour le Val-du-Puits de Sacy, paroisse de Sacy, il y avait d’autres seigneurs. Certains noms ont été relevés dans des actes sur les registres paroissiaux de la paroisse de Sacy :

Nicolas ALEXANDRE, Sergent Royal, receveur de Monseigneur le Révérend Évêque d’Auxerre et Messieurs du Chapitre en ce lieu hors les Croix, Seigneur du Val-du-Puits et Pailleau (cité de 1615 à 1627) et Germaine BERGER, sa femme (citée de 1621 à 1627).

Le 19 septembre 1622, « nicolas alexandre seigneur du vault du puis et pailleau » requiert le curé de Sacy pour donner baptême à un enfant trouvé sur son finage de Pailleau.

Philippe CAMBRON Écuyer et Seigneur du Val-du-Puits et sa femme Françoise de CULAN sont cités en 1628.

Louise Madeleine BARDET qualifiée de « Dame du Vau du puis de Sacy » en 1729, marraine à Vermenton d’un enfant dont le parrain est Antoine Fourdriat, curé de Sacy.

– Lors de la bénédiction de la cloche de la Chapelle Saint-Léonard en 1758, le parrain est Jacques Germain Edme MARTINEAU Seigneur du Val-du-Puits de Sacy, Seigneur de Soleine et Charmoy, avocat en parlement pourvu de la charge de conseiller honoraire en titre au bailliage et siège présidial d’Auxerre exerçant la justice par le fait des aides tailles droits, et autres impositions de sa majesté en ladite ville et comté d’Auxerre, Conseiller du Roy en la Cour des Monnaies de Paris.

La marraine est sa fille Marie qui donne son nom à la cloche.

Quant à l’affirmation que Le Val du Puits quant à lui dépendait de la seigneurie de Bessy, elle vient de ce que l’auteur fait de ces deux hameaux distincts un seul lieu.

Cela est grave, dans une histoire qui se veut officielle, d’affirmer que le Val-du-Puits de Sacy a été rattaché à la commune à la Révolution et que Merry et le Val-du-Puits ne font qu’un. Honte aux auteurs et à ceux qui ont avalisé ce texte !

En 2020 une note détaillée contenant toutes les informations dont l’identification du lieu de Merry, a donc été adressée au maire de Vermenton. Toute la partie historique de Sacy a alors été supprimée.

En 2023, lors de la consultation à nouveau du site, il apparaît que toutes ces idioties avaient été remises en ligne. Un mail pour les dénoncer a été adressé, sans effet, à la mairie.

A ce jour, mars 2025 le texte a été remanié, et il est toujours dit « Le Val du Puits quant à lui dépendait de la seigneurie de Bessy. Il sera rattaché à Sacy à la Révolution ». Désespérant !

« Errare humanum est, perseverare diabolicum »

Quelques mots sur la métairie ou ferme de la Loge de Sacy puisqu’elle est citée dans l’ « Histoire officielle » de Sacy par la municipalité de Vermenton.

De son vrai nom, la Loge Croslot a bien appartenu un temps au Collège des Jésuites d’Auxerre. L’Ordre des Jésuites a été créé en 1540. En 1764 il est interdit et les jésuites sont expulsés de France. C’est son propriétaire Olivier BERAULT (1576-après 1658), avocat en parlement demeurant à Noyers qui la leur a donnée le 8 août 1642. Il la tenait de son père, Claude BERAULT décédé entre 1614 & 1616, originaire de Cravant, personnage important d’Auxerre, tant par ses fonctions militaires (nous sommes en pleine guerre de religion), que civiles. Il est parfois nommé « Seigneur de la Loge Croslot », le terme Sieur serait plus approprié.

Nous avons déjà cité Olivier BERAULT dans d’autres articles, car à Sacy le 19 mai 1624, il a été le parrain lors de la bénédiction de « la petite cloche à sonner la passion ». La marraine était la proche voisine de la Loge, Jeanne DEGAN fille de René, Seigneur de Courtenay. Un article a été consacré à Jeanne DEGAN, inhumée en 1639 dans l’église de Sacy. Sa pierre tombale et quelques inscriptions sont encore visibles, mais pour combien de temps encore si la municipalité ne prend aucune mesure de précaution pour la protéger, dernier de ses soucis dans cette société du spectacle en ces temps du grand vide, de l’insanité, de la vacuité, de l’imposture et du néant.

Après la Révolution, la Loge, paroisse de Sacy, devient comme il l’est écrit parfois dans les actes d’état-civil, un hameau de la commune de Sacy.

Des articles sur la Ferme de la Loge de Sacy seront publiés.

Revenons à Merry.

Selon le Cartulaire « Merry, commune de Sacy, fief seigneurial, au faubourg de ce village, sur le chemin de Joux ». On le trouve cité sous différentes appellations dans le Cartulaire :

Madriacum, vers 1156, Marriacum, 1167, Merriacum, 1176, Marre, 1180, Merry, 1566.

Vers l’an 1156, Ascelin est seigneur de Merry, sa femme se nomme Autissiodora et ses fils Herbert, marié à Reine, et Gaucher.

Le seigneur de Merry possède des terres et les serfs qui y sont attachés, dans plusieurs paroisses (Bessy, Sacy, Cravant, Lichères, Nitry, etc.). Les terres des paroisses appartenaient à plusieurs seigneurs dont celui de Noyers « (an 1176). La comtesse [note : de Noyers] raconte comment depuis la mort du comte Gui, son mari, noble homme Herbert de Merry et son fils envahirent la maison des moines de Molême à Nitry, et les en chassèrent violemment. Sur les plaintes de l’abbé, la comtesse ayant fait faire une enquête, il fut établi que Herbert avait eu tort dans ses actes. Celui-ci le reconnut également et renonça à toute prétention sur les terres de Lichères et de Nitry, où il n’avait que quelques serfs. Il se transporta à Nitry, fit amende honorable, mit sept deniers dans la main de l’abbé et répara les dommages causés par son envahissement. » (Cartulaire de l’Yonne)

Le Cartulaire fait état pour la dernière fois de Merry en 1566. Qu’en restait-il à cette date ? Merry n’est pas cité dans les registres paroissiaux de Sacy.

On ne sait pas de laquelle des deux Justices de Sacy elle tenait par la suite.

Ce lieu-dit de Merry est selon le Cartulaire sur la route de Joux. La route goudronnée actuelle n’existait pas dans l’ancien temps, comme le montre le Cadastre Napoléonien.

La route de Joux et Précy-le-Sec était ce chemin situé juste au-dessus de l’ancienne porcherie (sortie de Sacy vers le Val-du Puits). Ce chemin est grossièrement parallèle à la route actuelle qui mène à proximité du Val-du-Puits. Mais depuis quand ce chemin existe-t-il ?

Au départ de Sacy, à gauche le vieux chemin menant à Joux-la-Ville en passant au Val-du-Puits. A droite, le départ de la Vallée de la Creuse.

Il n’a pas été difficile de déterminer où se situait Merry. Le nom de l’endroit en a gardé en effet un souvenir.

À Sacy, à la sortie du village, sur la route de Joux, il y avait une chapelle Sainte-Madeleine citée par Rétif de la Bretonne (né en 1734) et qui figure sur la carte de Cassini (1750). Cette chapelle est aujourd’hui disparue. L’endroit a pris le nom de « La Chapelle ». Et il en est de même pour d’autres lieux (La métairie de la Femme Morte à Vermenton, la chapelle Saint Antoine à Cravant qui figurent sur la carte de Cassini.

Au-dessus de l’ancienne décharge de Sacy, un lieu-dit sur la carte IGN « La Chapelle St-Thibault ». Il subsiste dans le bois un long muret mais rien en l’état ne permet de le dater. Sans doute une limite de parcelle et/ou une bordure de chemin.

Muret dans le bois de La Chapelle Saint-Thibault

Cette appellation « La Chapelle St-Thibault » n’est pas anodine. Il devait bien y avoir une chapelle sur ce site pour donner son nom à l’endroit. Elle ne figure pas sur la carte de Cassini donc n‘existait déjà plus en 1750.

Autre photo du muret dans le bois de La Chapelle Saint-Thibault

Rappelons que le Cartulaire fait état pour la dernière fois de Merry en 1566, relevé sur le terrier (registre) de Palluau-Vau-du-Puits, archives de l’Yonne. (Le livre terrier ou terrier s’imposent au XVè siècle comme outil de l’administration seigneuriale).

Dans le bois de la Chapelle Saint-Thibault

Or le lieu « La Chapelle St-Thibault » se situe bien dans la section dite « du Bois Pailleau » sur le cadastre Napoléonien. Le Val-du-Puits est à la limite Est de cette section. Le chemin « ligne des Tremblats » sépare dans les bois communaux de Sacy la partie Val-du-Puits de celle de la « La Chapelle St-Thibault ».

La Chapelle St Thibault vue de la route actuelle menant au Val-du-Puits de Sacy

« La Chapelle St-Thibault » est bien située sur la route de Joux (400m). Ce lieu ne peut qu’être l’endroit où était établi le bourg de Merry. L’emplacement était bien situé. Il permettait en étant sur place de cultiver ces terres assez éloignées de Sacy et du Val-du-Puits. L’ancienne route de Joux, si elle existait bien à cette époque permettrait de venir à Sacy. Mais ce qui est certain, la vallée de la Creuse qui est bien large et en pente douce et régulière, permettait de se rendre à Sacy. Cette vallée aboutit à une extrémité de Sacy côté Joux.

De l’autre côté, le coteau du Vau-Franc (côté sud de la vallée homonyme) permettait d’accéder à l’ancienne route menant à Vermenton. La vallée du Vau-Franc est boisée, très encaissée, un sentier peu large et peu sécuritaire. Il existe un vieux chemin qui est parallèle à la vallée et débouche au même endroit. Mais rien ne permet de dire depuis quand ce chemin existe.

Prairie après le bois de la Chapelle Saint-Thibault. La vallée du Vau-Franc est juste à gauche

Les siècles, le remembrement, les machines agricoles ont fait disparaître nombre de chemins. On peut encore par exemple repérer un vieux chemin dans le bois du Tremblat situé juste avant la plongée dans le Val-du-Puits.

Pour finir sur Merry, un ancien de Sacy, aujourd’hui disparu, disait qu’il avait connu une source à La Chapelle Saint-Thibault.

Il y avait un autre village aujourd’hui disparu. Le site de la Mairie de Vermenton n’en parle pas. Pour en avoir connaissance, il faut mettre le nez dans le Cartulaire de l’Yonne.

« Saint-Quentin près Sacy, lieu détruit, com. Sacy, Yonne » (Sanctus – Quintinus subtus Saciacum, Saint-Quentin sous Sacy).

« Entre 1146 et 1151 Oudier, fils de Jean Chapel, fait don à l’abbaye de Reigny de tout son aleu [3] de Sacy, situé au-dessous du village de Saint-Quentin. Cet acte est attesté par de nombreux témoins ». Ce lieu-dit de Sacy n’est pas localisé.

Les terres de Sacy n’ont pas gardé le souvenir de ce nom.

Où pouvait être situé Saint-Quentin ? On peut tenter de raisonner et émettre une hypothèse.

Les métairies étaient situées ou bien en sortie de village comme « La Bretonne » à Sacy, ou bien en limite des terres des autres paroisses comme la Loge de Sacy située à la confluence des limites de Vau-Germain paroisse de Saint-Cyr-les-Colon, Courtenay paroisse de Vermenton, les métairies du Bois-l’Abbé de Lichères et du bois de Nitry. Cette répartition des métairies est flagrante à Nitry.

Nous avions la métairie de la Femme Morte paroisse de Vementon en limite de Sacy et d’Essert, et il y a eu une métairie à Essert qui aurait pu être située près de la Femme Morte, au lieu-dit les Chapoutins. Mais rien pour Sacy.

Saint-Quentin aurait pu être en limite d’Essert et de Vermenton.

Limites d’entre Sacy, Essert et Vermenton

De plus, on peut supposer qu’il est plus pertinent de faire don à l’Abbaye de Reigny d’une terre qui lui est proche, que située à plusieurs kilomètres à l’autre bout de Sacy.

Les agriculteurs exploitant ces terres éloignées de Sacy ont été contactés, mais ils n’ont rien remarqué qui puisse faire penser à un ancien lieu d’occupation.

L’archéologie exhume régulièrement nombre d’anciens lieux d’occupation de toutes les époques de l’histoire et préhistoire dont rien n’indiquait l’existence. Il est très possible qu’il ait existé à Sacy d’autres endroits habités ne serait-ce que par quelques foyers. Par exemple, l’acte par lequel en 1622, « nicolas alexandre seigneur du vault du puis et pailleau » requiert le curé de Sacy pour donner baptême à un enfant trouvé sur son finage de Pailleau, qui de nos jours est le bois entre Essert et le Val-du-Puits, laisse penser que le lieu était habité. On ne trouve pas comme ça un nouveau-né au milieu des bois.


[1] Ce qui n’était pas le cas partout :

Aigremont qui faisait partie de la paroisse de Sainte-Vertu est devenu une commune.

Lichères devenu Lichères-près-Aigremont faisait partie de la paroisse de Nitry dont le seigneur était l’Abbé de Molesme. Lichères doté d’une église (Notre-Dame) avait un desservant, vicaire, qui officiait lors des baptêmes, mariages et décès, sauf quand il y a eu un interdit (les habitants ayant refusé de payer son dû au prêtre desservant). Lors de cet interdit ces actes se faisaient à Nitry ce qui n’a pas été sans causer des problèmes de par l’opposition de certains habitants. Le sujet a été traité dans un autre article.

Il en est différemment d’Essert qui appartenait à l’Abbaye de Reigny. À la révolution, Essert est devenu une commune. Reigny, qui possédait des moulins est devenu hameau de Vermenton. La Terre de l’Abbaye de Reigny provenait de toute façon de Vermenton. Le 14 mars 1791, les ossements du cimetière de Reigny où étaient inhumés les gens d’Essert ont été relevés et le lendemain ont été transférés et inhumés dans le nouveau cimetière de la paroisse (sic) (la première République date du 22 septembre 1792). Pour la Petite Histoire locale, Jacques Rétif, neveu de Rétif de la Bretonne, a été meunier quelque temps au hameau de Reigny sous la première république. Il déclarait la naissance et le décès de ses enfants à Vermenton. Il est le père de Julie Rétif (1821-1901) et de Pierre Jacques Rétif (1812-1880) dont les tombes existent toujours à Essert, mais pour combien de temps encore ? La promesse faite par un adjoint municipal de faire restaurer la tombe de Julie Rétif, celle de son frère aîné n’avait pas encore été identifiée à l’époque, n’a pas été tenue.

[2] Pour Sacy, il est fait mention en 1208 d’une Maison de l’Hôpital. Le Commandeur était seul seigneur de Sacy, tous les habitants étaient ses vassaux. Les Commanderies locales dépendaient du Saulce d’Auxerre. A la fin du XVIIè siècle, la maison des Hospitaliers de Sacy située dans la rue des Fontaines touchant aux murs de la ville, était déjà toute en ruines et inhabitable.

Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France, Eugène Mannier, Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris).

[3] Domaine en pleine propriété, libre de toute redevance, opposé au fief.