(5) Edme GAUTHERIN dit La Croix (ca 1644-1699) amodiateur puis fermier de la Loge

(5) Edme GAUTHERIN dit La Croix (ca 1644-1699) amodiateur puis fermier de la Loge


Edme DONDAINE est décédé le 14 avril 1679 comme nous l’avons vu dans l’article précédent, 4è volet consacré à la métairie de la Loge de Sacy.


Son gendre, Edme GAUTHERIN prend sa relève, cependant pendant peu de temps. Il sera d’abord amodiateur, puis fermier de la Loge.

Edme GAUTHERIN est né vers 1645 très certainement à Lichères devenue à la Révolution Lichères-près-Aigremont. (les registres qui nous sont parvenus ne couvrent pas cette période). Il épouse à Sacy le 05 mars 1680 Edmée DONDAINE, une des deux filles de Edme DONDAINE le précédent amodiateur et receveur de la Loge Crouslot de Sacy, décédé un an plus tôt.


Edmée DONDAINE est née comme nous l’avons vu, certainement à Lichères, avant 1660. Son acte de décès n’indique pas d’âge.

A ce mariage seront présents quelques hauts représentants de la société des environs, tels Robert HAMELIN, seigneur de Coutenay en Vermenton), Le Lieutenant en la Justice de Lichères, le procureur fiscal en la Justice de Sainte Vertu.

Nous avons vu que Edme DONDAINE était originaire de Lichères et que François son frère était métayer du Bois l’Abbé de Lichères paroisse de Nitry, sont le seigneur est l’abbé de Molesme.

La famille « GAUTHERIN » fait partie du haut de la caste sociale de Lichères et Nitry, ce qui perdurera au siècle suivant. Par exemple un « GAUTHERIN » de Nitry sera receveur des terres de Lichères et Nitry.

A l’époque qui nous intéresse, les « GAUTHERIN»sont liés familialement aux familles influentes locales, à savoir BONNET, DONDAINE, AMELIN / HAMELIN, BRUNET et de la PERRIÈRE.

« Le 5e mars 1680 ont este receus a la
benediction nubtilalle Maistre Edme Gaulterin
fils de deffuncts Mre Edme Gaulterin et Marie Bonnet de la
paroisse de Lichere avec certificat du vicaire y desservant
en datte du troisieme mars signe guichard vicaire a lichere
de la publication de ses bans et de la reception des sacrements
de penitence et de Ste Eucharistie.
et honeste fille Edmée dôdaine, fille de deffuncts Mre
Edme dôdaine et de Estiennette piochot admodiateur
cy devant de la Loge, Desquelz les bans ont este publies
canoniquement et suivant les ordonnances, scavoir le premier le
dimanche 18e fevrier, le second le Jour de St Mathias,
et le dernier le dimanche quatrieme mars de la susditte année
Ledit mariage fait et celebre en presences de Robert Hamelin
seigneur de Courtenay, Mre Edme gounot Lieutenant en
la Justice de Lichere Mre Edme Lesnel procureur
fiscal en la Justice de Ste Vertu et autres parents
dud hamelin de françois Dondaine oncle
Urbain et Thomas Dondaine cousins Edme Piault
aussi cousin et autres parens de laditte dondaine
qui ont signé. »

Signé :
Courtenay [note : Robert Hamelin seigneur de Courtenay en Vermenton]
E Gounot [note : Lieutenant en la Justice de Lichères]
francois dondaine [note : frère de Edme Dondaine père de la mariée]
E Lesnel [note : procureur fiscal en la Justice de Ste Vertu]
U Dondaine [note Urbain Dondaine cousin germain de la mariée, fils de Léonard Dondaine]
E Piault [note : Edme Piault marié à Marie Dondaine fille Léonard]
Pottier [note : curé de Sacy]
T Dondaine [note : Thomas Dondaine cousin germain de la mariée, fils de Léonard Dondaine. Thomas Dondaine deviendra en 1713 le beau-père du père de Rétif de la Bretonne]

Il n’a bien sûr échappé à personne qu’il s’est passé presque un an entre la mort de Edme DONDAINE et le mariage de sa fille Edmée DONDAINE avec Edme GAUTHERIN. Dans l’acte le marié n’est pas qualifié d’un emploi et il demeure encore à Lichères.

L’absence d’acte le citant ne permet pas de préciser quant exactement Edme GAUTHERIN a pris à sa fonction d’amodiateur de la Loge, elle n’apparaît qu’au baptême de son premier enfant le 17 mars 1681, né en toute logique à la Loge car ce n’est pas précisé. L’enfant est baptisé sous le surnom de son père « LA CROIX ».

« Le 17e mars [note : 1681] a esté baptisé Edme
fils de Edme la Croix amodiateur
de Laloge et de Edmée Dondaine

ses pere et mere dont a esté parain Jacob
Gounot garçon de Lichères et Damoiselle
Edmée de Laperriere de la paroisse de
Vermenton qui ont signé avec
les tesmoins a la reserve de
laditte damoiselle. »

Signé :
Pottier [note : curé]
J gounot [note : il s’agit de Jacques Gounot (signature identifiée), Son père Edme Gounot lieutenant de Lichères était présent au mariage des parents de l’enfant.

La marraine Edmée de la PERRIÈRE est la fille des défunts seigneurs de Courtenay en Vermenton, proches voisins de la Loge, elle est la femme de Robert HAMELIN (présent au mariage des parents de l’enfant), devenu seigneur de Courtenay par son mariage.

L’enfant Edme GAUTHERIN dit Edme Lacroix sera inhumé sous le nom de Edme GAUTHERIN le 08 décembre 1686 à Lichères où la famille s’est installée après avoir quitté la Loge.

Quant naît à la Loge le 03 janvier 1683, François GAUTHERIN, deuxième enfant du couple, Edme GAUTHERIN est toujours qualifié sur l’acte de baptême du même jour, de « amodiateur de la Loge ». Le parrain est  François DONDAINE oncle maternel de l’enfant demeurant au Bois l’Abbé de Lichères, proche de la Loge, la marraine une fille de Edme GOUNOT lieutenant de Lichères. François GAUTHERIN disparaît des registres après son acte de baptême.

A la naissance de l’enfant suivant Marie GAUTHERIN, son père est qualifié de « fermier de la loge ». Nous y reviendrons ci-après.
Marie naît le 04 mai 1685 en toute logique à la Loge, cela n’est jamais précisée dans les actes, elle est baptisée deux jours plus tard à l’église de Sacy.
Son parrain, Jean DONDAINE, ne peut qu’être le fils de François DONDAINE du bois l’Abbé.
La marraine « honeste Demoiselle marie Hameline » est la fille de Robert HAMELIN seigneur de Courtenay & de Edmée de la Perrière. Le nom de HAMELIN a été accordé au féminin, comme cela a été d’usage à une époque antérieure. Vu certains « accords », il n’est pas toujours aisé d’en déterminer le nom originel.
Marie GAUTHERIN épouse à Lichères le 07 février 1707 Claude BÈGUE (Lichères 1684-Saint-Gervais d’Auxerre 1733, laboureur d’abord à Lichères puis à Auxerre paroisse St Gervais à la métairie du Marteau. Marie GAUTHERIN décède à Saint-Gervais d’Auxerre, probablement donc à la métairie du Marteau le 15 décembre 1749 et est inhumée le lendemain au cimetière de la paroisse.


Donc en mai 1685 Edme GAUTHERIN n’est plus amodiateur de la Loge, mais fermier du lieu.

Les terres de la Loge ne sont plus amodiées c’est-à-dire mises en location moyennant une redevance mais Edme GAUTHERIN en devient le fermier c’est à dire qu’il exploite la métairie moyennant un bail à ferme (loyer fixe convenu à l’avance).

Il convient de faire la différence entre fermier et métayer.

Le métayage (vient du mot moitié), le paiement se fait en échange d’une partie de la récolte, souvent la moitié. Selon Wikipedia « Le métayer paie généralement son propriétaire avec l’argent obtenu de la vente de ses produits. S’il lui remet directement ces derniers avant de les vendre, on parle plutôt de colonat partiaire. Le bailleur partage donc avec son métayer les aléas de récolte, contrairement à l’affermage »
Ces subtilités dépassent ici le rédacteur des actes paroissiaux, nous le verrons dans l’article suivant dans lequel Pierre MINÉ sera alternativement qualifié de métayer ou de fermier. Donc une erreur de qualification est aussi possible pour Edme GAUTHERIN.

L’enfant suivant du couple est Anne GAUTHERIN née vers 1686. Son acte de baptême n’est ni à Sacy, ni à Lichères. Nous savons seulement, vu ce qui précède, que les GAUTHERIN sont encore à la Loge en mai 1685 et demeurent à Lichères en décembre 1686. Les actes de Lichères étant lacunaires, elle y est probablement née.
Anne GAUTHERIN épouse à Lichères le 03 juillet 1731 Jacques MARÉCHAL (Lichères 1690-Lichères 1742). Le marié a 41 ans, la mariée environ 45. A son décès il sera qualifié de manouvrier.
Elle se remarie à Lichères le 16 juillet 1742 avec Philibert RITON (Lichères 1705- entre 1751 et 1764). Il est veuf depuis un an de Ursule RAMEAU, il est plus jeune d’une vingtaine d’années de sa seconde femme.
Anne GAUTHERIN décède à Lichères où elle sera inhumée le 09 septembre 1751.


Du couple Edme GAUTHERIN / Edmée DONDAINE, naîtront encore trois enfants :

– Jeanne GAUTHERIN baptisée à Lichères le 21 janvier 1690 où elle décède le 04 juin de la même année.

Edmée GAUTHERIN baptisée à Lichères le 23 décembre 1691. Elle décède dans cette même paroisse le 13 octobre 1693.

– Alexandre GAUTHERIN, le seul qui transmettra le nom de la famille. Il est baptisé à Lichères le 19 décembre 1694, épouse à Chemilly-sur-Serein le 11 novembre 1738 Jeanne GROS. Il décède dans sa paroisse natale le 20 avril 1758. Dans l’acte il est qualifié de manœuvre.

Edme GAUTHERIN décède à Lichères le 20 novembre 1699 et est inhumé le même jour au cimetière.

A l’évidence, vu tous les décès successifs des membres de mêmes familles, il y a eu une épidémie fin 1699/1700 à Lichères. François DONDAINE, oncle paternel de Edmée DONDAINE, dont il a été question plus haut et dans les autres articles, décède en 1700, tout comme sa femme Edmée BONNET, son fils Jean DONDAINE et sa femme Pierrette RÉGNIER, ainsi que beaucoup d’autres comme Edme GOUNOT, Lieutenant de Lichères, plusieurs fois cité ici dans des actes, sa femme Edmée BRUNET fille de Robet BRUNET dit Robert Bataille, « Garde du Corps du Roy », aussi le fils de Robert, François BRUNET qui garde le surnom de son père etc.
(La garde du corps du roi est une unité de cavalerie de la maison militaire du roi de France, sous l’Ancien Régime et la Restauration. Source Wikipedia).

« Le mesme jour [note : 26 11 1699] est decedée inhumé par moy prestre sousigné Edme gaulterin dit
La Croix laboureur aagé de cinquante cinq ans muni de tous ses
sacrements en presence de jean riton et jean Corbin et edme brunet Pierre Champeau
et autres qui ont declaré ne scavoir signer enquis fait le jour et an que »
Signé : Montaroux

Sa veuve, Edmée DONDAINE lui survivra 15 ans.

« Le dix sept decembre mil sept cent quatorze
apres avoir receu les sacremens de penitence
viatique et extrem onction est morte et a esté
inhumée dans le cimetiere edmee Dondaine
vefve de deffunct Edme gautrin »
Signé : Beauvais

Pierre MINÉ, autre gendre de Edme DONDAINE & de Estiennette PIOCHOT, prendra la relève à la métairie de la Loge, où il demeurait déjà en tant que laboureur. (prochain article).



Françoise BERTHIER, Étienne DUMONT, Ursule DISSON leur mère

Françoise BERTHIER, Étienne DUMONT, Ursule DISSON leur mère



Fanchon Berthier


Rétif de la Bretonne célèbre Françoise BERTHIER dans son calendrier à la date du 10 janvier 1743. Elle apparaît également dans le tome 1 de « Monsieur Nicolas ».

« …. 1742 … Fanchon Berthier, fille du premier mari, jolie brune d’environ quatorze ans … ».


Françoise BERTHIER a été baptisée à Nitry le 18 août 1729, fille de Edme BERTHIER (Nitry 1699-Nitry 1731) et de Ursule DISSON (Sacy 1700-Sacy 1759). Nous reviendrons par la suite sur les parents de Françoise, ainsi que sur Étienne DUMONT son demi-frère.
Françoise BERTHIER épouse à Sacy le 28 novembre 1752 Jacques GUÉRAULT (Sacy 1728-Sacy 1809), ami d’enfance de l’écrivain. Cette famille GUÉRAULT fera l’objet d’un article, car abondamment décrite dans « Monsieur Nicolas ».

« Francoise fille d Edme Berthier
Recteur d’Ecole et d ursule Disson tous deux demeurant
en cette paroisse de nitry ses pere et mere de legitime
mariage a esté baptisée par moy ptre Curé soubsigné
cejourdhuy dix huit aoust de l année mil sept cent vingt
neuf. Ses parain et maraine sont honorable
homme Estienne Retif marchand et honeste fille
francoisse Disson de la paroisse de Sacy la quelle a
declarée ne sçavoir signer »
Signé :
L Disson [note : Léonard Disson frère de la mère de l’enfant]
E Retif [note : signature de Étienne Berthier le parrain, il est marié à Françoise Berthier sœur du père de l’enfant]
Caverot curé

Franchon BERTHIER décède le 14 février 1764 à Sacy, elle est inhumée le lendemain.


De son mariage, Françoise BERTHIER aura trois enfants, l’aînée décèdera en bas âge, les deux garçons fonderont une famille.



Étienne DUMOND

«  J’avais huit ans, lorsque mon père quitta la maison de la porte là-bas, qui appartenait à mon frère utérin Boujat, pour aller demeurer à la Bretonne, où était un fermier. Je fus ainsi éloigné de M’lo, de toute la longueur du village : car la Bretonne est à la porte là-haut, et hors des murs, à plus de trois cents pas. Les eaux de la Farge coulaient alors ; ce qui suffisait pour interrompre la communication entre le bourg et moi. Je ne vis plus mon premier camarade ; Ce fut Etienne Dumont … qui le remplaça. »

«  [Ursule Disson] fut touchée des marques d’amitié que je donnais à son fils ; elle l’engageait à y répondre : mais Etienne, quoique moins borné que M’lo, n’avait pas mon énergie ; il n’éprouvait pas le charme que sa présence donnait aux amusements qu’il partageait avec moi. S’il l’avait senti, je crois que nous aurions pu faire de ces choses étonnantes, telles que les merveilles d’amitié qu’on cite des jeunes grecs. »

«  On joua au loup. Mon ami Etienne Dumont en fut : c’était un enfant d’une grande innocence, …il fut loup le premier. Il était mon rival pour Marie Fouard, et il tâcha de la prendre. Il y réussit ; mais il en agit conformément à son caractère ; il ne ravit pas même un baiser ; il se contenta de presser la main et la taille de sa bien-aimée. … »

« … Je lui disais cependant :
– « Marie ! ….Etienne mon camarade vous aime bien, moi aussi : lequel aimeriez-vous le mieux ?
– C’est vous, Monsieur Nicolas ; Etienne n’est qu’une mauviette. »
En effet, cet enfant avait une petite stature, et ses bras n’étaient guère plus gros que mes doigts. »

«… Deux de ces mariages désirés se sont faits ; celui de Jacquot avec Fanchon ; celui de Madeleine avec Etienne … »

Quelques explications sur ces textes :

  • « la maison de la porte là-bas » est la maison natale de Rétif de la Bretonne, située en face de l’église de Sacy, maison du premier mariage de Barbe FERLET, mère de l’écrivain avec Edme BOUJAT (1672-1733).
  • « mon frère utérin Boujat » est le demi-frère de l’écrivain, par sa mère. Il s’agit de Edme BOUJAT (1723-1750), né hors mariage, Edme BOUJAT père était encore marié à Magdelaine PANDEVANT. (voir le long article consacré à Edme RÉTIF, père de l’écrivain).
  • « M’lo » Edme PIAULT (1730-1780) qui devint notaire. Il a épousé Marguerite BOURDILLAT (1736-1785), célébrée par l’auteur dans son calendrier, elle fait l’objet d’un article.
  • « la porte là-haut » se situe à la métairie de la Bretonne, à la sortie de Sacy en direction de Joux-la-Ville.
  • « Marie Fouard » Marie FOUARD (1736-1779) célébrée par Rétif dans son calendrier, fait l’objet d’un article.
  • « Jacquot avec Fanchon » il s’agit du mariage de Jacques GUÉRAULT avec Françoise BERTHIER.
  • « Madeleine avec Etienne » Rétif commet une erreur. Étienne DUMONT a épousé Agathe VÉZINIER et non Madeleine PIAULT (Piôt comme écrit dans le livre). A sacy il n’y a pas de mariage d’un prénommé Étienne avec une prénommée Madeleine.


Le mariage de Jacquot (Jacques GUÉRAULT) avec Fanchon (Françoise BERTHIER) a bien eu lieu mais Rétif commet des erreurs. Ici avec le nom de la femme de Étienne DUMONT, mais aussi sur le prénom de sa mère qui est aussi celle de Fanchon BERTHIER. Il la prénomme « Marie » alors qu’il s’agit de «Ursule ».
Ces erreurs sont compréhensibles. Qui se souvent après de nombreuses années des noms de ses camarades d’école, des noms desdits camarades sur une photo de classe, de ses voisins disparus, de ses collègues de travail ?


Étienne DUMOND est né à Sacy le 26 janvier 1735, fils du second mariage de Jean DUMOND (1699-1782), laboureur, cultivateur & du second mariage de Ursule DISSON (1700-1759).

« Le vingt six janvier mil sept cent trente cinq nous Cure
de Sacy avons baptisé Etienne fils de jean Dumont et de
Ursule Disson ses pere et mere né le meme jour et de legitime
mariage lequel a eut pour parrin mtre Etienne Retif
marchand a nitry et pour marainne honneste fille Martine
Foudriat qui ont signe avec les temoins »
Signé :
Marthe foudriat
E Retif
J Vezinier
Retif
Foudriat Curé e Sacy
Jean Rouard


Il épouse à Sacy le 19 novembre 1765 Agathe VÉZINIER (1746-1804) (dont autres orthographes).

De cette union aucun enfant n’est né.

Étienne DUMONT décède à Sacy le 12 germinal an 10 (02 avril 1802).



Ursule DISSON


Il s’agit de Ursule DISSON et non Marie comme l’écrit Rétif, mère de Fanchon BERTHIER et de Étienne DUMONT.

« … Je ne vis plus mon premier camarade ; ce fut Etienne Dumont, fils d’une bru de Christophe Berthier, qui le remplaça. Celui-ci devenu mon plus proche voisin, m’inspira des sentiments plus vifs, plus durables. La mère d’Étienne, tant par sa naissance que par son premier mariage avec un Berthier, avait une politesse et un savoir-vivre qui la distinguaient des autres villageoises. Elle me recevait d’une manière engageante, lorsque j’allais prendre son fils, pour aller ensemble à l’école. Fanchon Berthier, fille du premier mari, jolie brune d’environ quatorze ans, m’accueillait encore mieux : tout cela fortifiait mon attachement pour mon nouvel ami. En outre, sa mère était la sage-femme, ou comme disent les paysans, la bonne-mère. On ignore, à Paris, que la bonne-mère est aussi considérée dans nos villages éloignés, où l’on conserve encore les anciennes mœurs, que les Vestales l’étaient à Rome : tout le monde lui marque de la déférence et du respect. On ne l’appelle pas madame du moins cela est rare ; mais aussi jamais on ne l’appelle par son nom, ni par celui de son mari : c’est la Bonne-mére, et ce titre suffit pour lui attirer une tendre vénération… La bonne-mére fut touchée des marques d’amitié que je donnais à son fils ; elle l’engageait à y répondre … »

« Marie Disson, bru du respectable maître d’école de mon père, était sage-femme, et de l’honnête famille des Disson d’Auxerre. Son père avait eu le titre de Monsieur Disson, et son frère, quoique devenu paysan, le portait encore. Dans les villages, on nomme simplement par le nom de baptême tous les habitants égaux entre eux : mais tout étranger, qui vient de la ville, est Monsieur de droit : de même, si quelqu’un prospère, qu’il ait une maison plus vaste et couverte de tuiles, une porte cochère, qu’il donne à manger au curé, on le qualifie volontairement de Monsieur, ainsi que ses garçons. On donne plus tard à ses filles le nom de Demoiselles …. »


Ursule DISSON est née à Sacy le 24 décembre 1700, fille de Pascal DISSON (Auxerre 1699-Sacy 1738), bourgeois, marchand, procureur fiscal du bailliage de Sacy, & de Jeanne BILLOUT (Vermenton 1670-Sacy 1736).

« L’an mil sept cent le vingt septiesme iour
du mois de decembre ie Jean Baptiste
pandevant curé de la paroisse de Sacy
soussigné ay Baptisé la fille d’honnorable
homme paschal disson Bourgeois de ce lieu
et de damoiselle Jeanne Billou ses pere
et mere mariez ensemble et habitans
de cette paroisse née le 24e du mesme
mois a la quelle on a Imposé le nom
d’ursulle. Son parrain honneste homme
edme Boujat le Jeune. La marreine
Delle Ursulle Billou femme d honneste »
[la suite de l’acte n’est pas dans le registre].

Fils d’une notable famille d’Auxerre, Pascal DISSON est le neveu de Guillaume GAIGÉ (ca 1606-1681) marié à Germaine MAGDELENAT (1632-après 1690), sœur de la mère dudit Pascal DISSON. Guillaume GAIGÉ est marchand et demeure à Reigny en tant que receveur de l’Abbaye. Il demeurera à Vermenton comme marchand de bois pour la provision de Paris).
La généalogie de cette branche DISSON nous fait remonter à une date de naissance calculée d’avant 1495. Nous sommes là à la fin du Moyen-âge, début de la Renaissance. La fin du Moyen-âge ne se définit pas par une date déterminée, mais par l’un évènement politique, géopolitique qui entraîne un changement politique, économique et sociétal. Donc à chaque pays son évènement. En France nous avons le choix entre la chute de Constantinople de l’Empire Romain d’Orient en 1453, ou bien la mort en 1477 de Charles le Téméraire « le Grand Duc d’Occident », dernier grand féodal, ou bien encore la découverte des Amériques par Christophe Colomb en 1492.
Une anecdote rapportée par l’abbé Lebeuf, dans ses Mémoires sur le diocèse d’Auxerre, concernant l’un des ancêtres de la lignée de Pascal DISSON. Il s’agit de Michel DISSON (1547-1591). Comme si pendant les guerres de religion le conflit entre les catholiques et les protestants ne suffisait pas, il fallait aussi que les catholiques soutenant le Roi affrontent les Ultra catholiques de feu le Duc de Guise assassiné en 1688.
L’abbé Lebeuf écrit :

« Ceux (les royalistes) qui faisoient des excursions aux environs de Toucy et de Joigny ne manquèrent pas de s’approcher quelques fois d’Auxerre, du côté de la route de Paris et d’Orléans. On courut sur eux toutes les fois qu’il fut nécessaire, entre autres jours le 12 octobre. Ce jour-là (12 octobre 1591), un bourgeois d’Auxerre, de la paroisse Saint-Pierre-en-Château, appelé Michel Disson, ayant voulu les poursuivre de trop près (les royalistes), fut malheureusement enveloppé : un d’entre eux, qui s’étoit armé d’une faux, lui scia presque le corps en deux ».


Jeanne BILLOUT est la fille de Léonard BILLOUT (1627-1688) & de Anne CRENIER (1633-1679). Léonard BILLOUT est gentilhomme et officier de la Grande Fauconnerie du Roi, procureur fabricien de l’église de Vermenton, il sera aussi gouverneur de cette ville. Anne CRENIER est la fille de Thomas CRENIER (1600-avant mai 1675) et de Étiennette DE VILLAINE (dont nombreuses orthographes) (vers 1600-avant 1664). Thomas CRENIER dont le père était marchand et capitaine de Cravant, était marchand et receveur de Sacy hors les croix c’est à dire pour l’évêque d’Auxerre et son Chapitre, seigneurs indivis en partie de Sacy. La Justice dans les croix était celle de l’Ordre hospitaliers du Saulce d’Auxerre (devenus Ordre de Malte), seigneur de l’autre partie de Sacy.
Tous les DISSON de Sacy descendent de Pascal DISSON et il en existe encore à Sacy.

Ursule DISSON épouse à Sacy le 01 juillet 1720 Edme BERTHIER (Nitry 1699-Nitry 1731).
Dans l’acte de mariage, leur signature est également unie.


Edme BERTHIER a été recteur d’école à Sacy et Nitry et en tant que tel, il sert de témoins dans de nombreux actes qu’il signe.
Il a été inhumé dans l’église de Nitry le 27 avril 1731. C’est Antoine FOUDRIAT, curé de Sacy, qui avec la permission de son confrère de Nitry, a officié la cérémonie. Étaient entre autres présents, Edme RÉTIF, qui deviendra 3 ans plus tard le père de Rétif de la Bretonne. Il était le parrain du défunt.

Edme BERTHIER était le fils de autre Edme BERTHIER (Massangis ca 1666-Nitry 1728) et de Noëlle RATEAU (Châtel-Gérard 1660-avant 1715)
Edme BERTHIER père, maître d’école de Edme RÉTIF père de l’écrivain, a été inhumé dans l’église de Nitry deux ans avant son fils homonyme, à savoir le 09 novembre 1728, également par Antoine FOUDRIAT, curé de Sacy, en l’absence de celui desservant la cure de Nitry. Antoine FOUDRIAT écrira :

« …  Maitre Edme Berthier Recteur des Ecoles lequel
a toujours servi l’Eglise et la paroisse avec Edification
pendant trente neuf ans, il a ete muni de tous ses sacremens …  »


De son union avec Edme BERTHIER fils, Ursule DISSON donnera naissance à six enfants. Trois d’entre-eux fonderont une famille dont Fanchon BERTHIER.

Ursule DISSON épouse en secondes noces à Sacy le 29 septembre 1733 Jean DUMONT (Sacy 1699-Sacy 1782), laboureur.
Il est le fils de Jean DUMONT (1666-1746), laboureur, descendant de Edme DUMONT (ca 1572-1640) receveur de Sacy pour le Commandeur du Saulce d’Auxerre de l’Ordre de Malte (ex hospitaliers), seigneur en partie de Sacy et de la notable famille ROUARD de Sacy & de Marie MINÉ (1670-1724), famille qui si elle n’a pas vraiment exercé de hautes charges à Sacy, jouissait d’une certaine notoriété, certainement due à ses liens générationnels avec la métairie de la Loge de Sacy.

De cette union sont nés deux enfants dont Étienne DUMONT.
Sa sœur Ursule DUMONT née en 1737 est décédée en 1765 sans avoir été mariée.


Ursule DISSON est décédée à Sacy le 11 octobre 1759 et a été inhumée au cimetière de l’église le lendemain, où comme l’écrivait pour lui le plus grand poète français son corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Pour finir, il est utile de préciser qu’aucun acte ne qualifie Ursule DISSON de sage-femme. Seul Rétif le dit !


Vermenton, élection du procureur fabricien en 1682, 1686 & 1690

Vermenton, élection du procureur fabricien en 1682, 1686 & 1690

**** article en cours de mise en page *****

En 1682, le décès de Marc GRANDJEAN avant la fin de son mandat, amène l’organisation d’une nouvelle élection du procureur fabricien de l’église de Vermenton.
Le curé Germain GALLET a consigné sur le registre paroissial cette élection ainsi que les deux suivantes (1686 & 1690).
Nous avons là un témoignage de la manière dont se déroulait cette élection, après plusieurs publications aux prônes des grandes messes paroissiales, la cloche sonnée, invocation du « Saint-Esprit » etc.


Élection de Guillaume GAILLARD (28 12 1682)


Permalien de l’acte :
https://archives.yonne.fr/ark:/56431/vta5347cbe8eea73/img:FRAD089_5MI1001_0007_0055

« Le lundy jour des Innocens vingthuictiesme jour
de Decembre mil six cent octante deux apres plus[ieu]rs
publications faites aux Prosnes de nos G[ran]des Messes pour
Anno[n]cer au Peuple quil falloit subroger a la place de def[funct]
Sieur Marc Granjean cy devant Procureur de nostre fabrice une
aud [autre] Personne qui en fit les fonctions la cloche sonnée,
au milieu de la Messe apres l’invocation du St Esprit le
Peuple assemblé pour donner sa voix et choisir la person[n]e
q[u]ilz souhaitteroint, ont unaniment choisy et eleu [élu] la
Personne du sieur Guillaume Gaillard apothicaire estant
capable de remplir cette place et de satisfaire aux
devoirs de Procureur de lad. [ladite] fabrice apres que le
sieur Pierre Gourlot cy devant en charge ayant
faict ses deux années de services ce que nous avons
approuvé et approuvons puisque l’assemblée le trouve
[2 lignes raturées concernant une inhumation]
bon et suffisant de remplir la place cy devant occupée
par le dict Sieur Grandjean deffunct. Le tout en
presence des tesmoins soubsignés. »
[aucune signature]


Marc GRANDJEAN (et autres orthographes), né vers 1635, décède à Vermenton le 14 novembre 1682 après « sa maladie qui n’a esté que d’environ huit jours ». Il est inhumé le lendemain dans l’église, qualifié dans l’acte de « Marc Granjean marchand, hoste Ste Reyne et Procureur de nostre fabrice ».


Guillaume GAILLARD le nouvel élu, a été baptisé à Vermenton le 15 avril 1645 , fils de Jean GAILLARD maître chirurgien & de Jeanne MALGUICHE.
Il décède à Vermenton le 28 août 1706 « apres avoir receu tous les sacremens pendant sa maladie avec
des sentimens dune devotion particuliere et tres Exemplaire »
, il est inhumé le lendemain dans l’église.
Les différents actes le qualifient d’apothicaire, échevin de Vermenton (1691), procureur fabricien, marchand, maire de Vermenton (1686, 1706).
Il avait épousé Susanne DELARUE (et autres orthographes).


Pierre GOURLOT. Nous savons seulement que, outre ses deux années (1681 à 1682) à la fabrique de l’église de Vermenton, il était marchand de bois. Il avait épousé avant 1675 Ursule BUFFÉ née en 1639 fille de Simon BUFFÉ notaire royal à Vermenton & de Louise PERRIER.



Élection de Edme GUENEAU (29 12 1686)


Permalien de l’acte :
https://archives.yonne.fr/ark:/56431/vta5347cbe8eea73/img:FRAD089_5MI1001_0007_0167

« Nous soubsignés Prestre Curé et Vicaire de
Nostre Dame de Vermenton apres l’appellation
de la Cloche et Invocation du saint Esprit avons
choisy et substitué a la place de Monsieur Gaillard
Maire de nostre ville
et cy devant Procureur et
administrateur de nostre fabrice le Sieur Edme
Gueneau Marchand et Bourgeois de cette ville
a la
pluralité des voix et suffrages de l’assemblée [rature]
pour administre nostre dicte fabrice pendant le temps
de [« deux » rayé] quatre année # a commencer le premier jour de
l’An prochain faict ce Dimanche vingt neufiesme
jour de Decembre l’An de Grace mil six
cent quatre vingt six en presence des tesmoins
soubsignés et autres qui ont declaré ne scavoir signer.
# scavoir les deux premieres année de recepte et les
deux autres consecutisves »
Suivent les signatures.


Identification des signatures :

Gaillard [signature de Guillaume GAILLARD (1645-1706)], apothicaire, échevin, marchand, maire de Vermenton, procureur fabricien sortant (voir le premier chapitre)].

Guingat [signature de Edme GUINGAT (1658-1695), lieutenant en la justice royale de Vermenton].

Regnard [signature de Philippe REGNARD (ca 1624-1708), greffier au grenier à sel de Noyers, procureur et praticien de l’Hôpital de Vermenton (Ordre de Malte, ex Ordre des Hospitaliers), marchand, conseiller du Roi, lieutenant du bailliage de Reigny, lieutenant en la justice royale de Vermenton, procureur fabricien de l’église de Vermenton (1666)].

– E Guinga…. [signature de Edme GUINGAT dit l’Empereur, marchand et ancien administrateur de la fabrique de Vermenton].

– E Gueneau [signature de Edme GUENEAU le nouveau procureur fabricien, marchand, bourgeois. Il est baptisé à Vermenton le 25 novembre 1638, et y est inhumé dans l’église le 02 février 1710), il avait épousé à Vermenton le 06 juin 1679 Marie MARMIGNAT baptisée à Vermenton le 18 juillet 1648, où elle décède le 24 septembre 1709, inhumée dans l’église de cette ville le lendemain. Son père Michel MARMIGNAT avait été procureur fabricien de l’église de Vermenton].

– G Gallet [signature de Germain GALLET, curé de Vermenton].

– J Roze vicaire [signature de Jacques ROZE vicaire de Vermenton].




Élection de Edme GIBAULT (31 12 1690)


Permalien de l’acte :
https://archives.yonne.fr/ark:/56431/vta5347cbe8eea73/img:FRAD089_5MI1001_0007_0321

« Nous soubsignés Prestre Curé
Messieurs les Habitans de la Parroisse
Nostre Dame de Vermenton assemblés au
son de la Cloche apre la Publication faite
au Prône de nostre Grande Messe de
Parroisse le Dimanche dernier jour de
Decembre l’an de Grace mil six cent
quatre vingt et dix ql [qu’il] y auroit assemblée apres
les Vespres pour l’Election d’un nouveau
Procureur de fabrice au lieu et place eu Sr
Edme Gueneau apres ses quatre Années de service
a la fabrice de lad. [ladite] Eglise. Apres l’Invocation
du St Esprit par le veni Creator. Le Peuple
assemblé a l’oeuvre en pnce [présence] de ceux qui avoint
esté cy devant en charge et aux [?] habitans a la
pluralité des voix, le Sieur Edme Gibault
Bourgeois
de lad. Ville a esté nommé pour tenir
la place dud. Sr Edme Gueneau estant home [homme]
d’honneur de bonne vie et mœurs exempts [« ce » en interligne?]
de toutes Censures Ecclesiastiques c’est l’asseur
que nous donnons ce dernier Decembre 1690
en pnce des tesmoins soubsignés et autres
qui ont dict ne sçavoir signer ./. »
Aucune signature. [existe-t-il un suite non numérisée?]

Edme GIBAULT le nouveau procureur fabricien, marchand de profession, a été baptisé à Vermenton le 13 septembre 1650. Il est décédé le 30 octobre 1709 dans cette même ville et a été inhumé le lendemain dans l’église.
Il avait épousé :
– en premières noces avant 1691 Marie Angélique VOILLIÉ / VOILLYÉ / VOILIÉ, née vers 1650. Elle décède à Vermenton le 18 juillet 1684 « apres avoir receu ses sacremens pendant L Espace d’onze mois qu’a duré sa maladie » et est inhumée le lendemain dans l’église.
– en secondes noces à Vermenton le 11 avril 1695 Agathe BILLOUT, baptisée à Vermenton le 10 juillet 1664. Elle décède à Vermenton le 15 février 1696 « apres avoir receu ses sacremens pendant sa maladie etant morte d Enfans dans son accouchement Led. enfant Inhumé aussy dans Nre Eglise [note : 5 jours auparavant, l’enfant mort à la naissance avait été ondoyé par le chirurgien] ». Elle est inhumée le lendemain 16 février proche le tronc du St Rosaire dans l’église.
Son père Léonard BILLOUT (1627-1688) a été Gentilhomme de la grande fauconnerie du Roi, Officier du Roi en sa fauconnerie, Gouverneur de la ville de Vermenton, Procureur fabricien de l’église de Vermenton (1670).
Sa mère Anne CRENIER (1633-1679) est la fille de Thomas CRENIER (originaire de Cravant, receveur pour l’évêque d’Auxerre et son Chapitres seigneurs en partie de Sacy, amodiateur de la terre et seigneurie de Sacy, marchand à Sacy).
– en troisièmes noces à l’église de Notre-Dame de la d’Hors d’Auxerre le 21 mai 1696 Claude CHAPELAIN née certainement dans cette paroisse d’Auxerre vers 1673 (selon son âge approximatif dans son acte d’inhumation). Elle décède à Vermenton « apres avoir receu le sacrement de Penitence n’ayant pas eu le tems de recevoir les autres sacremens a cause de sa mort subite » et est inhumée le 26 octobre 1708 dans l’église de Vermenton.
– Elle était la fille de Louis CHAPELAIN (?-1680) (de la paroisse de Notre-Dame de la d’Hors d’Auxerre, qualifié dans les actes de « Noble homme, bourgeois de Paris & avocat en parlement », et de Barbe BILLETOU.

(4) Edme DONDAINE (ca 1619-1679) amodiateur & receveur de la Loge

(4) Edme DONDAINE (ca 1619-1679) amodiateur & receveur de la Loge


Ceci a déjà été évoqué dans le premier article sur la Loge. La généalogie familiale mène aisément à Edme DONDAINE qualifié dans les actes de « amodiateur et recepveur de la Loge de Sacy ».

Avant lui et ses frères, il n’existe a pas de DONDAINE à Sacy et aucun DONDAINE n’y est cité. Et pendant plusieurs décennies avant cela, la Loge n’est plus citée dans les actes, car la Loge tout comme souvent le Val-du-Puits de Sacy sont englobés sous l’appellation « paroisse de Sacy », ce qui n’a pas manqué de poser des problèmes quant à la localisation des familles.
La Loge réapparaît dans les premières années du 17è siècle. Plus tard, la transcription du testament de Jeanne DEGAN fille et femme des Seigneurs de Courtenay en Vermenton, proches voisins de la Loge fera apparaître en tant que présent, Vincent MINÉ (1577-après 1644) de la Loge, il devait en être le métayer pour avoir été pris comme témoin.

Edme DONDAINE est originaire de Lichères dont font partie les métairies du Bois-l’Abbé, proches de la Loge. Lichères dépendait de la paroisse de Nitry, puis est devenu à la Révolution la commune de Lichères-près-Aigremont .
Lichères considéré comme écart de Nitry était pourvu néanmoins d’une église, de fonts baptismaux et d’un cimetière, donc se considérait comme paroisse à part entière, mais le prêtre était un desservant (vicaire), le curé était celui de Nitry. Quand il n’y avait plus de desservant, le curé de Nitry venait à Lichères pour les célébrations et acter.


Edme DONDAINE est né avant 1619 selon son âge au décès (« aagé de 60 et tant d’années »). Les registres de Lichères qui nous sont parvenus ne couvrent pas cette période.


À ce propos il est dit dans Geneawiki concernant Lichères, article tiré de l’ouvrage « Essai de monographie générale » de M. Jules CUILLIER, Directeur d’école honoraire, Ancien Instituteur de Lichères, que l’on trouve sur Internet, publié par la Bibliothèque Nationale de France « La population augmentant, un prêtre résidant (natif d’Auxerre) établit en 1672 les premiers registres paroissiaux de Lichères ».
Cela n’apparaît pas exact. Il ne peut s’agir du premier registre de Lichères, mais du premier registre qui nous est parvenu, et qui est tenu par Louis Claude d’AULMAY se qualifiant dans les actes de « Prédicateur théologien, notaire apostolique, prêtre, recteur, curé de Notre Dame de Lichères ». Le premier acte du registre est du 12 mars 1671.
Le premier registre qui nous est parvenu de Nitry débute en 1646. Lichères faisant partie de la paroisse de Nitry, si ce que recopie Geneawiki était vrai, les actes d’avant 1671 concernant les habitants de Lichères devraient être enregistrés sur le registre de Nitry, or ce n’est pas le cas.
En 1671 existait déjà l’église de Lichères pourvue des fonts baptismaux et de son cimetière, et les actes célébrés devaient impérativement y être enregistrés, car par exemple l’acte de baptême était nécessaire pour se marier. Seule explication, les feuillets sont perdus.

L’explication serait plutôt que la population augmentant, il est devenu difficile pour le curé de Nitry d’assurer les deux villages, il y a 6,5km à vol d’oiseau entre Nitry et Lichères, et donc la présence d’un desservant à Lichères est devenue nécessaire.
Ce premier registre à nous parvenu a été ouvert avec ce desservant se qualifiant de curé, Louis Claude d’AULMAY, déjà rencontré le 19 juin 1666 à Vermenton où il a célébré un baptême et consigné l’acte en latin dans le registre. On l’y revoit le 7 juillet, rédigeant cette fois en français. Son dernier enregistrement à Lichères est du 11 juin 1673 s’il n’y a pas de lacunes dans les actes.
En attendant son remplaçant, le service est assuré par le curé de Nitry et Lichères qui vient acter sur place, comme cela se fera à chaque absence de desservant.
Lorsqu’en 1763 l’église et le cimetière de Lichères ont été fermés quelque temps, contraints et forcés les habitant ont dû venir à Nitry pour les célébrations [2].


Ce que nous disent les registres paroissiaux, parfois par déduction par analyse par le croisement des actes : Nous avons trois frères fils de Urbain / Urbin DONDAINE de Lichères.

  • Edme DONDAINE : né avant 1619, devient amodiateur et receveur de la métairie de la Loge de Sacy entre 1661 et 1665 (voir détail plus bas).
    A son arrivée, cela fait une vingtaine d’années que la Loge appartient au Collège des Jésuites d’Auxerre.
    Il décède à la Loge en 1679. Son nom ne se transmettra pas à Sacy puisque le fils qu’on lui connaît s’installera à Lichères.
  • François DONDAINE : (vers 1620-1700) est laboureur aux métairies du Bois-l’Abbé (1673), qui dépendent de Lichères. A son décès en 1700 (une épidémie avait fait beaucoup de victimes sur Lichères) il est qualifié de métayer au Bois-L’Abbé. Il sait signer ce qui aidera à la reconstitution de la famille, pour comprendre finalement qu’il n’y avait que ces DONDAINE à Lichères et Sacy.
    Une de ses filles, Marie DONDAINE (ca 1659-1739) s’établira à Sacy après avoir épousé en 1694 Jean ROUARD puis en 1707 Sébastien GAUTHIER.
  • Léonard DONDAINE (vers 1623-1673) épousera avant 1651 Marguerite DUMONT de Sacy où il s’établit. Tous les porteurs du nom DONDAINE de Sacy descendent de lui. Il exerce la profession de maréchal, profession qui place très souvent celui qui l’exerce dans le haut de la classe sociale du village. Il sait signer, il orthographie son nom « Dondeine » Il est le père (entre autres) de :

    Thomas DONDAINE (ca 1656-1744) qui exerce la même profession que son père, et qui sera inhumé dans l’église de Sacy en 1673. Les inscriptions sur la petite cloche au-dessus du Maître-autel de l’église de Sacy, bénie à Sacy le 07 juillet 1726 indiquent que Thomas DONDAINE, mari de Anne FERLET (1657-1738), marraine de la cloche, est maire de Sacy. Anne FERLET sera inhumée dans l’église Sacy.
    Sa première femme Marie BÉRAULT (1667-1690) avait été aussi inhumée dans l’église de Sacy. Son père Pierre BÉRAULT (ca 1622-1702) a été qualifié dans les actes de praticien, notaire royal, sergent royal, procureur fiscal hors les croix et dans les croix, donc respectivement d’une part pour l’évêque d’Auxerre et son chapitre, et d’autre part pour le Commandeur de l’Ordre de Malte ex Ordre des Hospitaliers, chacun seigneur en partie de Sacy. Pierre BÉRAULT a été inhumé dans l’église de Sacy, tout comme sa femme Marthe MINÉ (1630-1703), ce nom MINÉ que l’on retrouve sur plusieurs générations à la Loge.


Les DONDAINE figurant sur les registres paroissiaux de Lichères sont uniquement de cette famille, ce qui laisse présumer en l’absence d’autres familles du nom, qu’ils n’en sont pas originaires.
A ce sujet, Edme RÉTIF, père de l’écrivain Rétif de la Bretonne a épousé en première noce Marie DONDAINE (1688-1730). Voilà ce qu’écrit l’auteur sur Thomas DONDAINE père de Marie, dans « La vie de mon père » :

« Ce M. Dondaine était un richard de Saci ; homme d’un grand bon sens, laborieux, économe, entendu, et qui ne devait l’espèce de fortune dont il jouissait qu’à ses bras, à son intelligence. Dignes et honorables moyens d’amasser des richesses ! Mais cet Homme était dur, d’une figure rebutante, et d’une force qui passait pour prodigieuse, même dans son pays, où tous les Habitants sont des chevaux. Les défauts de Thomas Dondaine étaient pourtant moins les siens, que ceux de sa Patrie : la grossièreté, la dureté y sont comme innées : ce qui vient, je crois, de deux causes ; de l’air épais qu’on respire dans le Village, situé dans un vallon, marécageux les trois quarts de l’année ; et du contraste subit qu’éprouvent les Habitants, dès qu’ils en sortent, en allant travailler à leurs vignes et à leurs champs, situés sur des collines où l’air est dévorant ».

« Il est impossible de rendre le grossier langage de Thomas ; le patois de ce Pays répond à l’âpreté du sol et à la figure des Hommes : il est sourd, grossier, informe : tandis que le parler de Nitri est délicat, sonore ; ce qu’on pourra facilement comprendre, quand on saura, qu’on y fait sonner les voyelles nasales à la manière des Grecs »

Rétif n’avait pas 6 ans au décès de Thomas DONDAINE. Donc il ne l’a pas vraiment connu, et surtout pas assez pour s’être fait cette opinion sur l’aïeul de ses demi-frères et sœurs.
Mais un élément intéressant est abordé dans ce texte, celui de l’origine de cette branche DONDAINE. Elle n’est pas de Sacy.
Malheureusement l’écrivain ne nomme pas ce village « où tous les habitants sont des chevaux ». Pensait-il à Lichères ? Peu probable, Lichères ne correspond pas a priori à sa description géographique.

Les recherches entreprises pour remonter plus avant cette branche DONDAINE n’ont pas permis de trouver de lien entre nos DONDAINE de Lichères et ceux par exemple de Thory paroisse de Lucy-le-Bois où il existe des DONDAINE, l’un venant s’installer à Nitry avant 1700.


Edme DONDAINE :


On ne sait pas exactement quand Edme DONDAINE a pris ses fonctions de « amodiateur et recepveur » à la Loge. Mais cela ne peut être qu’entre 1661 et 1665. Il devait déjà y être en 1660, son frère François du Bois l’Abbé de Lichères est parrain le 15 08 1660 d’un enfant du couple Jacques COLLIN & Jeanne MINÉ de la Loge.
Le 12 11 1665 à Vermenton il est parrain, qualifié de marchand demeurant à la Loge. Il ne sait pas signer.


« L’amodiateur (parfois nommé « admodiateur ») était, sous l’Ancien Régime celui qui donnait une terre en location (« à ferme »), moyennant une prestation périodique, généralement en nature (céréales, etc. ). L’amodiateur est un officier de la terre. » (Wikipedia).


Ce qui signifie que les terres de la Loge sous Edme DONDAINE ne sont pas cultivées par un métayer, mais mises en location.


Quand il s’installe à la Loge, Edme DONDAINE est marié à Estiennette PIOCHOT née vers 1624.
Ils ont déjà deux filles nées certainement à Lichères :

  • Anne DONDAINE (ca 1658-1721). Elle épousera en 1677 en premières noces Pierre MINÉ (1653-1694) puis en 1695 Pierre BOUTELAT (1672-1743). Ces deux couples feront chacun l’objet d’un article car les deux maris de Anne deviendront métayers de la Loge. Notons également que le nom de MINÉ revient encore à la Loge et que Pierre BOUTELAT descend aussi des MINÉ, ce qui imposera pour son mariage avec Anne DONDAINE une dispense du 2è au 3è degré d’affinité délivrée par le pape.
  • Edmée DONDAINE (avant 1660-1714). Elle épousera en 1680 Edme GAUTHERIN dit Edme La Croix (vers 1645-1700). Le couple fera également l’objet d’un article car Edme GAUTERIN sera pendant peu de temps amodiateur de la Loge au décès de son beau-père, puis fermier de la Loge. Le couple partira ensuite s’installer à Lichères.
  • Alexandre DONDAINE naîtra à la Loge et sera baptisé le 07 juin 1665 à Sacy. Il épousera avant 1696 Renée BONNET (1673-1741) de Lichères. On la trouve prénommée également dans certains actes « Geneviève » & « Edmée ». Alexandre DONDAINE qualifié dans les actes de laboureur et manouvrier s’installera à Lichères où naîtront ses enfants. Il y décède et est inhumé le 02 novembre 1741.


Divers actes paroissiaux montrent que Edme Dondaine côtoyait le haut de la société des environs, particulièrement de Lichères et Vermenton, tels Robert Hamelin, seigneur de Courtenay en Vermenton dont une de ses filles Anthoinette HAMELIN de Courtenay est marraine de Anthoinette MINÉ petite fille dudit Edme DONDAINE, le Lieutenant en la Justice de Lichères, le procureur fiscal en la Justice de Sainte Vertu, tous présents au mariage de l’une de ses filles. La famille de son frère François du Bois l’Abbé sera proche de Courtenay, ce qui au demeurant, est normal, puisque Robert Hamelin qui deviendra seigneur de Courtenay est originaire de Lichères (comme son prédécesseur), où les familles Hamelin, Gautherin et Bonnet sont liées.


Estiennette PIOCHOT :


Edme DONDAINE & Estiennette PIOCHOT se sont mariés avant 1658 date qui correspond à la date de naissance calculée de leur fille Anne DONDAINE selon son âge au décès. Peut-être le mariage a-t-il eu lieu plus avant, car ni l’acte de mariage, ni celui de d’inhumation de leur autre fille Edmée DONDAINE n’indiquent son âge.

Estiennette PIOCHOT est née vers 1624. Le patronyme PIOCHOT n’apparaît pas dans le plus ancien registre de Lichères qui a survécu qui, rappelons-le débute en 1671. Donc, même si elle y demeurait avant de s’installer à la Loge, tout comme son mari, elle n’y est pas a priori originaire.

Il arrive que des renseignements sur des habitants d’une paroisse nous parviennent via des actes provenantd’une autre paroisse et aussi quand les registres de cette autre paroisse remontent plus avant dans le temps.

Courtenay est un hameau de Vermenton à environ 550 mètres de la métairie de la Loge de Sacy. Les seigneurs du lieu venaient acter à Sacy plutôt qu’à Vermenton.
Les DEGAN [1], TOUTEFAIRE, de La PERRIÉRE et HAMELIN seigneurs successifs de Courtenay venaient faire baptiser leurs enfants à Sacy.

Le 05 septembre 1649 est baptisée :

« Jehanne fille de estienne de la perriere escuyer
seigneur en partie de Courtenet en Vermenton et
damoiselle Regnez [note : Renée] [Degan a été barré] Jasu ses pere
mere laquelle a estez baptisez par moy Leclerc
Cure soubs signe ce Cinquiesme Jour de Septembre
mil six Cent quarente neuf a este son parin
honeste filz Guillaume crenier filz de honorable
homme thomas crenier et sa mareine estiennette
de pichot damoisell femme de daniel de
fernes/ferres [?] escuyer de la paroisse de Lichere
laquelle a dit ne scavoir signer de ce
enquis
 ».
signé :
E Leclerc curé
G Crenier

Il est à noter le mot rayé « Degan ». René DEGAN est un ancien seigneur de Courtenay. Estienne LECLERC curé qui a baptisé Jeanne de la PERRIÈRE le connaissait bien parce qu’entre autres, il a baptisé deux enfants de sa fille Jeanne DEGAN [1], le père en étant Hélie de TOUTEFAIRE, et en 1639 il s’est rendu à Courtenay pour recueillir le testament de Jeanne DEGAN, René DEGAN étant présent.
Dans un autre acte, le curé avait barré « TOUTEFAIRE » remplacé par « de la PERRIÈRE ».
Estienne PERRIÈRE qui était marié à Renée JAZU / JASU avant d’être seigneur de Courtenay demeurait à Lichères, tout comme son successeur Robert HAMELIN / AMELIN devenu seigneur de Lichères par mariage avec une de leurs filles.

Pour en revenir à cet acte de baptême, il est difficile de lire (voir extrait photo de l’acte) le nom dudit Daniel, prénom au demeurant pas courant dans les registres des environs. Les recherches n’ont pas permis de l’identifier.


Mais c’est sa femme qui nous intéresse ici. « Estiennette de PICHOT » qui ne sait pas signer. L’orthographe des mots et des noms n’était pas encore fixée par une phonétique réglementaire qui a d’ailleurs amené à unifier la prononciation des mots et noms. A cette époque chaque prêtre ou notaire ou autre qui transcrivait un mot qu’il entendait le faisait à sa façon selon ce qu’il percevait. DONDAINE par exemple est aussi orthographié DONDEINE, DONDENNE mais aussi DODAINE. Ils avaient le mérite de transcrire dans un français plus académique, si on le peut dire ainsi, ce qui était prononcé. Les transcriptions phonétiques de Rétif de la Bretonne nous renseignent sur le parler local !


Estiennette PIOCHOT & Estiennette de PICHOT :

  • Même prénom.
  • Les noms sont presque identiques.
  • Nous sommes à Lichères, petit village qui n’est pas une paroisse.
    Pour toutes le deux, leur patronyme ne réapparaîtra pas à Lichères à partir de 1671 qui est le début du premier registre survivant du lieu. A moins de représenter chacune la fin d’e’une lignée, elles semblent ne pas être originaires de Lichères.
  • Nous n’avons pas de date de naissance calculée pour ladite « de PICHOT ». Mais la date à laquelle elle est marraine de Jehanne de la PERRIÉRE est compatible à la période où ladite « PIOCHOT » a des enfants.
  • Conclusion : il est très possible, voire presque certain qu’elles ne sont qu’une seule et même personne. Mais, par principe de précaution, la généalogie est surprenante parfois, nous n’avons pas à ce jour fusionné les deux fiches sur Geneanet.


Estiennette PIOCHOT décède à la Loge de Sacy 27 juillet 1676, elle est inhumée le même jour dans l’église de Sacy.

« Le 27e Juillet 1676 est decedée
Estienette Piochot femme vivante de Mre Edme
dondaine admodiateur de La Loge, aagée de
52 ans ou environ Laquelle a este munie de
tous ses sacements et a este Inhumée dans
Leglise. presens ledit Edme dondaine et
francois dondaine son frere J ay signé
et Pierre Petit »
Signé : Pottier [note : curé], francois dondant


Edme DONDAINE décèdera à la Loge de Sacy 14 avril 1679, et sera inhumé le même jour dans le cimetière de Sacy.

« Le 14 apvril 1679 est decedé Mre edme
dondaine [rature] admodiateur de la Loge et aagé de 60 et
tant d années Inhumé dans le cimetiere, et apres avoir
receu tous les sacrements a fait son testament
pardevant Mre Guillaume Boujat Lieutent [lieutenant] et tabellion
Par lequel il a desiré 3 services solennelz scavoir l un
le landemain de son obiit, l autre au bout des 6 sepmaines
et le dernier a la fin de lanée avec un Libera tous les
dimanches et a dôné a leglise 6 Livres dans ledit
testament dont il a fait executeur Edme Boujat qui
La accepté »
Signé : Pottier [note : curé]


note : Guillaume BOUJAT (1652-1724) Lieutenant et tabellion auprès de qui Edme DONDAINE a fait son testament est, ce qui n’est pas indiqué ici, Lieutenant de Sacy dans les Croix, donc au Service du Commandeur de l’Ordre de Malte du Saulce d’Auxerre.


On peut aussi se questionner sur la différence de traitement des défunts Estiennette PIOCHOT inhumée dans l’église de Sacy et Edme DONDAINE inhumé dans le cimetière situé autour de l’église de Sacy.
Serait-ce dû à une différence de rang social, Estiennette PIOCHOT étant cette Estiennette de PICHOT veuve en première noces d’un écuyer de Lichères ?


Autre questionnement : qu’est-ce qui a motivé la désignation de Edme DONDAINE de Lichères aux fonctions d’amodiateur et receveur de la Loge de Sacy ? Rappelons que la Loge appartient au Collège des Jésuites d’Auxerre.
Difficile à dire. Cette famille DONDAINE de Lichères et Sacy se situe socialement vers le haut de la société locale.

  • Léonard DONDAINE est maréchal à Sacy.
  • François DONDAINE est métayer de l’une des fermes du Bois-l’Abbé de Lichères.
    Le receveur de Lichères & Nitry dont le seigneur est l’abbé de Molesme est Claude GRIFFE, personnage important [3]. A cette époque l’abbé de Molesme, qui est venu à Nitry en 1665 comme parrain de Charlotte GRIFFE fille dudit Claude est « puissant seigneur Messire Charles de la Rochefoucault abé commandataire de labaye Nre Dame de moulesme ordre St benoist diocese de Langres chevalier de L’ordre de st Jean de Jerusalem seigneur de Nitry & Licheres & autres lieux ».
    Claude GRIFFE est propriétaire d’une métairie du Bois-l’Abbé. Est-ce celle où François DONDAINE est métayer ?
    Edmée Dondaine, fille de François Dondaine du Bois l’Abbé épousera en 1685 Épin PINSON fils de Martin PINSON « praticien en la prévôté de Lichères ».
  • Edme DONDAINE est certainement marié à la veuve de l’écuyer de Lichères. La Loge et les seigneurs de Courtenay en Vermenton sont liés par des actes paroissiaux, et à cette époque, rappelons-le, les seigneurs de Courtenay viennent de Lichère.

[1] Jeanne DEGAN fait l’onjet d’un article :
https://sacy-yonne.fr/jeanne-degan/

[2] voir article :
https://sacy-yonne.fr/sedition-a-licheres-paroisse-de-nitry-1763/

[3] voir article :
https://sacy-yonne.fr/claude-griffe-du-rud-nitry/

Jacques BÉRAULT (1705-1771) recteur des écoles de Sacy

Jacques BÉRAULT (1705-1771) recteur des écoles de Sacy


Jacques BÉRAULT n’est pas cité dans le calendrier de Rétif de la Bretonne, mais dans le tome 1 de « Monsieur Nicolas »


Quelques extraits :

« Je fus nommé Nicolas-Anne-Edme, mon père voulant que son nom fût le dernier : mais à la rédaction de l’acte, Jacques Beraut, le maître d’école, omit Anne, qui ne fut point surajouté, quoique prononcé dans la cérémonie aux interpellations. Il fut ordonné par mon père, que mon nom appellatif serait Nicolas. C’est un très beau nom ! composé de deux mots Grecs, Niké (victoire), et Laos (peuple) : il signifie par conséquent, Vainqueur, ou Dominateur des Peuples. »

« … Je devais alors être à la fin de ma cinquième année, en octobre ou novembre. J’allais à l’école avec ma sœur Margot, sous maître Jacques Berault, dont les cheveux étaient rouges et frisés. Cet homme travaillait à fendre de l’osier, ou à préparer des échalas, en faisant lire les plus jeunes enfants, dont il savait par cœur le syllabaire latin ; il les reprenait, lorsqu’ils épelaient mal, sans regarder sur leur livret. J’en étais au Pater, que je syllabais suivant l’ancien usage, en faisant précéder la plupart des consonnes par une voyelle qui les dénature. J’épelais noster, et je disais enneoessetèerre : je pleurai, croyant qu’on se moquait de moi, en voulant me faire prononcer noster. Ceci commença d’indisposer maître Jacques. Mon pouce avait mangé deux jambages de lettres dans le mot tu-um : de sorte qu’il ne restait plus qu’un jambage du second u, et deux jambages du m : un peu de noir du jambage mangé de l’u formait un point à l’autre, et peignait parfaitement les deux mots tu in ; ce fut ainsi que j’épelai vingt fois de suite. Le maître me reprenait ; ma sœur et tous mes camarades me soufflaient tu um ; mais je voyais matériellement tu in, et j’aurais cru mentir que de dire autrement …. Voici la faute du maître : il s’impatienta, me donna le fouet, sans avoir regardé sur mon livre ; puis il y regarda. J’entrevis alors son étonnement ! il sortit un moment : tous les écoliers virent le mot fatal, et dirent que maître Jacques avait tort …
Le maître, en rentrant, ne fit rien de ce qu’il aurait dû faire pour m’instruire, et je le crus plus ignorant que ses écoliers. Ma sœur Margot, à notre retour, augmenta le mal, en jetant les hauts cris contre maître Jacques, et mon père lui-même, toujours si prudent, témoigna son mécontentement devant moi. »

« Ma septième année s’accomplit enfin. J’étais toujours ami de m’lo Bérault : …
… un jour que je fus le prendre, pour aller à l’école, sa mère nous dit : – « Mes enfants, vous avez aujourd’hui sept ans ; car vous êtes nés le même jour, et presque à la même heure. Vous v’lè en âge de pècher, et de pèdre vout’ innocence ; enllieu que d’vant, vou’n’pèchîns pâ encoi, faûte d’raîhon : i’ faû’, à c’t’heure, ête bin sèges tous les deux.  » … Nous allâmes à l’école. J’y fus d’une sagesse exemplaire, Maître Jacques le remarqua, et me dit en riant : – « Qu’avez-vous, Monsieur’ Nicolas ? – Sept ans aujourd’hui, Monsieu’ l’Maître ; et voilà que je vais pécher et offenser Dieu ! Je voudrais bien m’en vouloir empêcher. – C’est facile, vous n’avez qu’à toujours bien remplir votre devoir. » Cette réponse vague me satisfit ; et c’est, je crois, la seule bonne que m’ait faite Maître Jacques … »


Jacques BÉRAULT, est né à Sacy le 26 mai 1705, fils de Nicolas BÉRAULT (1672-1731) laboureur à Sacy & de Pellerine BOISSARD (ca 1660-1734).


Transcription de l’acte :

« Aujourd’hui vingt sixiéme mai mille sept cents cinq.
Nous Curé de Sacy avons batizé jaques fils de nicolas
Beraud, et de pelérine Boissard né d’aujourd hui.
Son parrain jaques Rouard, et sa marraine claudine
Boudier, lesquels n’ont seû signer. »
signé : Vassier


Jacques BÉRAULT est issu de l’influente famille bourgeoise des BÉRAULT de Sacy. Nous savons que certains de ces BÉRAULT sont originaires de familles bourgeoises (avocat) d’Auxerre, mais la carence des actes nécessaires, ne permet pas de les relier, de les fusionner avec ceux de Sacy.

  • Si son père Nicolas BÉRAULT (1672-1731) est dit laboureur; il sait signer et est témoin dans de nombreux actes. Il est même qualifié de « honeste homme. »
  • Son grand-père Pierre BÉRAULT (ca 1622-1702) est qualifié de praticien (1645-1649), greffier en la Justice de Sacy (1652), notaire royal à Sacy (1657-1662), procureur fiscal hors les croix à Sacy, donc pour l’évêque d’Auxerre et son Chapitre, seigneurs en partie de Sacy (1677-1684), procureur fiscal de Sacy dans les croix, donc pour le Commandeur du Saulce d’Auxerre (Ordre de Malte, anciennement l’Ordre des Hospitaliers) (1687).
  • Son arrière grand-père Nicolas BÉRAULT, né avant 1594 est procureur fabricien de l’église de Sacy (1629-1634), marchand demeurant à Sacy (1636), greffier en la Justice de Sacy (1639), praticien (1647).


Jacques BÉRAULT, qualifié de « Recteur des Ecoles de Sacy » épouse à Sacy le 04 mai 1734 Marthe NAULIN / NOLIN.
Sont notamment présents à ce mariage :

  • « mtre Thomas Dondaine» (ca1656-1744). Il s’agit du mari de Marie BÉRAULT, tante paternelle du marié. Il est également le beau-père de Edme RÉTIF, « l’honnête homme », père de l’écrivain.
  • « mtre Edme Retif» (1690-1763). Il est le père de l’écrivain Rétif de la Bretonne. Il sera en 1735 nommé lieutenant de Sacy. Sa première femme Marie DONDAINE décédée en 1730 est la fille de Thomas DONDAINE & de Marie BÉRAULT, tante paternelle du marié. Marie DONDAINE est donc cousine germaine du marié.
  • « mtre Jacques quatrevaux » (1673-1750). Il est le parrain de la mariée, mais aussi agent des affaires de Madame Regnard (1706), commis de marchand de bois (1707), marchand (1727), notaire et procureur (1733), Lieutenant de Saint-Cyr où il décède.
  • identifié par sa signature, Jean SAJAT (1666-1741) ancien recteur des écoles de Sacy. Comme son père Georges SAJAT (1625-1700) et son grand-père Pierre SAJAT (avant 1603-1652), il sera chantre à l’église de Sacy.


Marthe NAULIN naît à Sacy le 08 mai 1705. Elle est la fille de Léonard NAULIN (1660-1715), marchand, charron à Sacy & de Claudine BOURDILLAT (ca 1671-1743).

« Aujourd hui neuviéme mai mille sept cents cinq. Nous
Curé de Sacy avons batizé Marthe fille de Leonard
Naulin et de claudine Bourdillat, née d’hier. Son par
rain jaques quatrevaux, et sa marraine Marthe Don
daine. Le parrain a signé. »
Signé : J quatrevaux. Le curé n’a pas signé l’acte original.


Marthe NAULIN décède à Sacy le 06 juillet 1749, et elle est inhumée le même jour au cimetière. L’acte rédigé par Antoine FOUDRIAT, « le curé de Rétif de la Bretonne » est minimaliste comme toujours. Le fait qu’elle soit la femme de son recteur d’école n’y a rien changé.

« Le six juillet mil sept cens quarante neuf nous Curé de
Sacy avons inhumé au cimetière Marthe Naulin femme de me
Jacques Berault recteur des Ecoles decedée le meme jour agée de
quarante cinq ans ou environ et munie de tous ses sacremens. »
Signé : Berault [mari de la défunte], Foudriat Curé de Sacy.


Tous les actes qualifient Jacques BÉRAULT de « recteur des écoles de Sacy ». Il est évident qu’il devait travailler également la terre pour vivre, mais il n’y a rien dans les actes à ce sujet.
Rétif indique dans son récit que le maître d’école « travaillait à fendre de l’osier, ou à préparer des échalas, en faisant lire les plus jeunes enfants »
Le maître d’école : « Son rôle se bornait à enseigner machinalement le catéchisme, la civilité, la lecture, l’écriture, un peu de calcul. L’explication du catéchisme, d’où l’éducation morale était censée découler, revenait au prêtre. » (Revue pédagogique, 1906).
En outre, sachant signer, il était présent comme témoin dans de nombreux actes paroissiaux.

Jaques BÉRAULT décède à Sacy le 30 janvier 1771, plus de deux décennies après sa femme, et après avoir exercé pendant 43 ans la fonction de recteur des écoles de Sacy.

« L’an mil sept cent soixante et onze le trente et un janvier
dans le Sanctuaire de l’église paroissiale de Sacy à été
par moi Curé soussigné inhumé le corps de defunt le Sr jacque
Berault
apres avoir été Recteur des Ecoles de cette paroisse pendant
quarante trois ans mort d’hier apres avoir reçû ses sacremens avec toutes
les marques de pieté et de Religion agé d’environ soixante et neuf ans,
en presence de jean Disson son gendre, de mr Lenain Lieutenant, de mr
compagnot procureur fiscal, de pierre et jean Berault ses freres, de pierre
Berault, de jacque Cornevin, de pierre moyne ses neveux, et d’autres parens
et amis dont plusieurs ont declaré ne scavoir signer de ce enquis selon
l’ordonnance. »
Suivent les signatures. Jacquot curé de Sacy


Il est inhumé le lendemain dans le sanctuaire de l’église de Sacy.
Note : dans une église ou un temple, le sanctuaire est la partie où se trouve l’autel et une représentation symbolique du Divin, où s’accomplissent les rites sacrés.
Un édit de 1776 interdira les inhumations dans les églises pour des raisons de salubrité, mais cet édit n’est pas totalement respecté ; depuis 1950 seuls les archevêques ont eu le droit d’être enterrés dans une église ou cathédrale

Tous les recteurs des écoles n’étaient pas inhumés dans l’église, malgré l’aide qu’ils rendaient aux curés de la paroisse.
Ainsi Jean SAJAT qui a précédé Jacques BÉRAULT dans les fonctions, et déjà cité comme présent à son mariage en tant qu’ancien maître d’école, de surcroît chantre à l’église , a été inhumé au cimetière en 1741.
Edme BERTHIER (ca 1666-1728) Recteur des écoles de Nitry, sera également inhumé dans l’église. Deux de ses fils seront maître d’école, l’un des deux le sera à Sacy, et Rétif en parle dans ses écrits. Un petit fils de Edme BERTHIER sera également recteur des écoles à Précy-le-Sec.


Jacques BÉRAULT & Marthe NAULIN auront sept enfants. Trois parviendront à l’âge adulte et formeront une famille.
Jacques BÉRAULT (1742-1807), fils du couple, sera recteur des écoles de Sacy, puis instituteur sous la République.



Sur le récit de Rétif :

Nous avons vu dans le chapitre consacré à son père que l’on ne pouvait accorder aucune confiance dans la véracité des écrits autobiographiques de Rétif de la Bretonne.

Il travestit sans cesse la réalité, déforme les faits. L’exemple de sa mère qu’il voudrait faire passer pour une sainte, alors qu’elle s’est fait engrosser par son employeur marié, qu’elle épousera d’ailleurs par la suite.
Il a raconté aussi que son père s’était marié avec dans l’église, le cercueil de son propre père qui venait de mourir. Le père de « l’honnête homme » a été enterré le 25 avril 1713 à Nitry, le mariage a été célébré deux jours plus tard à Sacy.
N’oublions pas non plus le semblant de noblesse qu’il donne à « Bibi », sa mère Barbe FERLET la nommant « Ferlet de Bertro », du nom du hameau Berthereau rattaché à Accolay, où il existe toujours un château, pour établir sa généalogie fantaisiste (euphémisme) qui le mène jusqu’à l’empereur Pertinax !


Pour revenir au sujet de cet article, il écrit : « Je fus nommé Nicolas-Anne-Edme, mon père voulant que son nom fût le dernier : mais à la rédaction de l’acte, Jacques Beraut, le maître d’école, omit Anne, qui ne fut point surajouté, quoique prononcé dans la cérémonie aux interpellations »
Encore une fois Rétif affabule. L’acte est bel et bien rédigé par le curé de Sacy Antoine FOUDRIAT, et le maître d’école n’apparaît ni dans le texte, ni en tant signataire.

Dans les texte mis en exergue au début de l’article, l’écrivain parle de « M’lo Bérault », son copain qu’il passe prendre pour aller en classe.
Il ne peut s’agir que de Edme BÉRAULT, né en 1734 (comme l’écrivain), et mort subitement en 1769 sans avoir été marié.
Son père Pierre BÉRAULT (1692-1747) est cousin germain de Jacques BÉRAULT objet du présent article, car fils de Edme BÉRAULT frère de Nicolas BÉRAULT (père de Jacques).
Sa mère est Marie DUMONT (1696-1770) dont nous pouvons apprécier dans le texte de Rétif la transcription phonétique et mélodieuse d’un échantillon de sa diction.


Autre détail intéressant que nous transmet Rétif, et là, il n’y a aucune raison d’en douter, Jacques BÉRAULT était roux et frisé « maître Jacques Berault, dont les cheveux étaient rouges et frisés. »

Les médaillés de Ste-Hélène de Essert (Yonne)

Les médaillés de Ste-Hélène de Essert (Yonne)


« La médaille de Sainte Hélène, créée par Napoléon III, récompense les 405000 soldats encore vivants en 1857 qui ont combattu aux côtés de Napoléon 1er pendant les guerres de 1792-1815. »


Les médaillés d’Essert devaient être résidents à Essert en 1857).


Historique :

L’historique est un copier/coller de l’article de Wikipedia au lien suivant :
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9daille_de_Sainte-H%C3%A9l%C3%A8ne


Création :

« Le 15 avril 1821, lors de son exil à Sainte-Hélène, Napoléon dicte un testament comportant trois parties. La troisième est un acte de reconnaissance à l’égard de ceux qui, de 1792 à 1815, avaient combattu « pour la gloire et l’indépendance de la France ». Dans ce but, il lègue la moitié de son patrimoine privé, qu’il estime alors à deux cents millions de francs.
Louis-Napoléon Bonaparte  « voulant honorer par une disposition spéciale les militaires qui ont combattu sous les drapeaux de la France dans les  grandes guerres  de 1792 à 1815 », une médaille commémorative fut accordée à tous les survivants. Il appela cette nouvelle décoration « Médaille de Sainte-Hélène ».
La médaille fut créée par décret le 12 août 1857 ; c’est le sculpteur Désiré-Albert Barre qui la dessina et la réalisa.
À l’avers se trouve le profil de l’empereur Napoléon Ier , et au revers ce texte : « Campagnes de 1792 à 1815. À ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, Ste Hélène 5 mai 1821 ».
Elle était présentée dans une boîte de carton au couvercle recouvert d’un papier blanc glacé portant en relief l’Aigle impérial et l’inscription « Aux compagnons de gloire de Napoléon 1er – Décret du 12 août 1857 ».
Cette médaille de bronze est portée à la boutonnière, suspendue à un ruban vert et rouge à raies très étroites. En raison de la patine du bronze, elle est surnommée « la médaille en chocolat ». »


Récipiendaires :

« On estime qu’environ quatre cent cinq mille soldats de la Grande Armée de Napoléon (Français, Belges, Polonais, Danois, Irlandais, etc.) en bénéficièrent. Les chiffres sont approximatifs du fait de la disparition des archives dans l’incendie du palais de la Légion d’honneur durant la Commune.
La médaille n’a pas été décernée à titre posthume et son attribution reposait sur des critères stricts, tout en concernant de nombreuses personnes. On devait avoir servi aux armées de terre ou de mer françaises entre 1792 et 1815, sans aucune durée de service requise, ni aucune participation à une campagne. Il fallait obligatoirement pouvoir justifier de son service durant cette période à l’aide de tout document émanant des autorités militaires.
La première distribution eut lieu le 15 août 1857. Ce jour-là, à treize heures, l’empereur Napoléon 
III remit lui-même la Médaille à Jérôme Bonaparte alors âgé de 75 ans. Les maréchaux Vaillant (ministre de la Guerre), Magnan, Pelissier, Baraguey d’Hilliers, l’amiral Hamelin (ministre de la Marine) sont parmi les tout premiers médaillés. Ornano, Gouverneur des Invalides, ainsi que bon nombre de généraux de division et de brigade, d’amiraux, de vice-amiraux et de contre-amiraux la reçurent aussi. Le capitaine 
Jean Plumancy fut également l’un d’entre eux.
La commission chargée de la répartition des legs décida de choisir parmi eux 5 000 des plus méritants, qui recevraient chacun 400 francs en plus de la médaille. Parmi ceux-ci, cent quarante-quatre Belges purent se dire héritiers de l’Empereur. Les autres ne reçurent que la médaille et le diplôme l’accompagnant. »


Les 7 médaillés d’Essert :



Jean Baptiste BÉRAULT


Garde forestier, garde, garde champêtre, garde particulier, demeurant à Essert. Pensionné demeurant à Essert (à son décès). Il sait signer.

Il est né à Sacy (Yonne) le 03 août 1783, fils de Étienne BÉRAULT (1756-1814), laboureur, cultivateur à Sacy & de Jeanne BERTHIER (1755-1794).

« Le trois aout mil sept cent quatre vingt trois nous curé de Sacy soussigné
avons baptisé un garçon né d’aujourd’huy du legitime mariage
d’etienne Berault laboureur et de jeanne Berthier ses pere et mere,
il a été nommé jean Baptiste, le parain jean Berthier fils de pasqual
laboureur qui a signé, la maraine marie magdeleine piault fille de
defunt edme piault qui a declarée ne sçavoir signer, jacques Berault
recteur d’Ecole et louis petit fils de roch laboureur temoins
ont signés tous de cette paroisse de ce enquis// »
Signé : J Berthier, L Petit, Berault, Jacquot curé de Sacy.


Il a épousé :

– en premières noces à Essert où il s’établira, le 31 janvier 1809, Germaine VÉZINIER (1787-1824).
– en secondes noces au Val-de-Mercy le 31 janvier 1826 Marguerite BORGNAT (1789-1841).


Il est décédé à Essert le 24 avril 1860, à l’âge de 76 ans, moins de 3 ans après l’attribution de la médaille.

« … lesquels nous
ont déclaré que ce jourd’hui à quatre heures du matin
est décédé en son domicile à Essert Berault Jean Baptiste
pensionné, âgé de soixante seize ans demeurant à Essert, né
à Sacy, époux de feu Germaine Vesignier … »


Le relevé de sa fiche :

Note : la fiche comporte une erreur sur sa date de naissance. Est-ce une erreur sur la fiche elle-même ou bien est-ce une erreur commise lors de son relevé. Toujours est-il qu’il s’agit bien de lui. Cette fiche n’est applicable à personne d’autre, et sa qualification de pensionné confirme son passé militaire.

Nom : BERAULT
prénom : Jean Baptiste
année de naissance : 15-08-1782
commune de résidence : ESSERT
département : Yonne
code : F89
pays : France
période : 23-01-1802/8 ans
campagnes : 16
divers : 1 blessure
dossier : 297907



Barthélémy BOURDILLAT


Cultivateur et propriétaire à Essert, maître d’école, maire d’Essert (1815-1848). Il sait signer.

Il est né à Lucy-sur-Cure (Yonne) le 30 juin 1770 , fils de Lazare BOURDILLAT (1739- disparu), vigneron, laboureur à Essert & de Anne HUOT (1744-1816).
Note : à sa naissance, ses parents sont établis à Essert. Il a été baptisé à Lucy-sur-Cure car Essert ne sera doté de fonts baptismaux que courant 1786. L’abbaye de Reigny dont dépend Essert n’en sera jamais doté. Si les actes des baptêmes des enfants d’Essert dans une autre paroisse mentionnent le plus souvent le lieu où demeurent les parents, le lieu de la naissance n’est quant à lui, jamais précisé.
Dans le cas présent, l’acte de décès de Barthélémy BOURDILLAT le dit né à Lucy-sur-Cure, qui s’avère être la paroisse d’origine de sa mère.

Son père est déclaré disparu.
Lors du mariage de son fils Lazare avec Félicité BOURDILLAT le 22.11.1808, il est indiqué qu’Anne HUOT est autorisée par jugement du juge de paix du canton de Vermenton du 02.05.1806 qui constate que son mari Lazare BOURDILLAT est absent depuis courant février 1805, et la déclare « en état de régire et de gouverne les états et affaires dudit BOURDILLAT jusque son retour ou qu’il donne de ses nouvelles… ».
Lors du décès d’Anne HUOT, il est indiqué que BOURDILLAT Lazare, son mari est absent depuis 8 ans, sans donner de ses nouvelles.
Il ne donnera jamais de nouvelles.

« le trente juin mil sept cent soixante dix a eté Baptisé
Barthelemy Bourdillat né en legitime mariage de Lazare
Bourdillat vigneron et habitant dessert et d’anne
huot son epouse le parain a eté Barthelemy Bourdillat
soussigné la maraine marie naulin qui a declaré ne
scavoir signer, tous de la paroisse d essert »
Signé : B Bourdillat, Louvrier Curé de lucy.


Il a épousé à Essert le 24 janvier 1804 Marie MÉNÉTRÉ (1777-1852).


Il est décédé à Essert le 18 décembre 1859 à l’âge de 89 ans, soit 2 ans après l’attribution de la médaille.

«  … lesquels nous ont déclaré que ce jourd’hui à trois
heures du matin est décédé à son domicile à Essert
Bourdillat Barthélemy âgé de quatre-vingt dix ans,
né à Lucy-sur-cure et demeurant à Essert, fils de Bourdillat
Lazare et d’Anne huot demeurants à Essert … »


Le relevé de sa fiche :

nom : BOURDILLAT
prénom : Barthelemy
année de naissance : 30-06-1770
commune de résidence : ESSERT
département : Yonne
code : F89
pays : France
période : 20-05-1793/11 ans
campagnes : 18
divers : 1 blessure/Pension viagère.
Dossier : 297906



Pierre Edme Léonard BOURDILLAT


Laboureur, cultivateur à Essert. Il sait signer.

Il est né à Essert le 15 octobre 1792, fils de Edme BOURDILLAT (1750-1822), laboureur, cultivateur, vigneron à Essert & de Marie ROSIER / ROZIER (1757-1807).

« L an mil sept cent quatre vingt douze le quinze du mois de octobre
j ai prestre curé de cette paroisse soussigné baptisé un garçon né de ce jour
du légitime mariage d’Edme Bourdillat laboureur et de marie Rozier ses
pere et mere de cette paroisse, il a été nommé pierre, Edme, leonard,
le parein a eté me pierre maheux prestre curé de cette paroisse repré-
senté par jean calmeau cousin germain de l’enfant du coté maternel demeu-
rant a luci et la mareine marie Bourdillat cousine germaine de
l enfant du coté paternelle demeurant a pourli hameau dependant de
la paroisse de joux. jean calmeau comme representant a signé
avec moi la mareine ayant déclaré ne le scavoir de ce enquis et
requis suivant l ordonnance. »
Signé : j Calmeau, maheux curé d’Essert.


Il a épousé à Essert le 22 janvier 1822 Anne NOLIN / NAULIN (1797-1878).


Il est décédé à Essert le 02 mai 1877 à l’âge de 84 ans, soit 20 ans après l’attribution de la médaille.

« … lesquels nous ont déclaré que hier
deux du courant est décédé a onze heures du soir, a son domicile
à Essert Bourdillat Pierre Léonard cultivateur âgé de
quatre-vingt-cinq ans, né au dit lieu époux de Nolin Anne
sans profession et fils des défunts Edme Bourdillat et Rosier Marie
en leur vivant cultivateurs à Essert … »


Le relevé de sa fiche :

nom : BOURDILLAT
prénom : Pierre
année de naissance: 15-10-1792
commune de résidence : ESSERT
département : Yonne
code : F89
pays : France
période : 15-11-1812/4 ans
campagnes : 6
dossier: 297910




Lazare DUMONT


Laboureur, cultivateur, vigneron à Essert. Il sait signer.

Il est né à Essert le 24 novembre 1792, fils de Louis DUMONT (1749-1818), laboureur, vigneron à Essert & de Jeanne LEGRAND / LE GRAND (1751-1822).

« L an mil sept cent quatre vingt douze le vingt quatre du mois de
novembre j ai Citoyen prestre curé officier public de cette paroisse bapti-
sé un garçon né de ce jour du legitime mariage de louis dumond laboureur
et de jeanne le grand ses pere et mere de cette paroisse il a eté nommé
Lazare. Le parein a eté louis dumond frere de l’enfant et la
mareine ursule Bourdillat fille de deffunt barthelemi tous de cette
paroisse. Le parein et la mareine ont declarés ne scavoir signer
de ce enquis et requis suivant l ordonnance. »
Signé : Maheux curé d’essert.


Il a épousé à Essert le 08 janvier 1816 Adélaïde NOLIN / NAULIN (1792-1866).


Il est décédé à Sacy chez son fils, bien que demeurant à Essert le 21 février 1870 à l’âge de 77 ans, soit 13 ans après l’attribution de la médaille. L’acte de décès a été rédigé à Essert !

« … lesquels
nous ont déclaré que le jour d’hier, vingt-un
février, à onze heures du soir, est décédé à Sacy en
la demeure dudit Pierre Dumont [note : son fils], le nommé Lazare
Dumont
, vigneron, âgé de soixante-dix-sept ans, né
à Essert, et y demeurant, veuf de feue Adelaïde
Nolin et fils de feu Louis Dumont et de feue
Jeanne Legrand, tous, en leurs vivants, cultiva-
teurs et vignerons à Essert … »


Le relevé de sa fiche :

Note : Sur le relevé de la fiche, la date de naissance est erronée. Il est né le 24 novembre 1792 et non le 25 novembre 1791. Est-ce une erreur sur la fiche ou bien une erreur commise lors du relevé ? Toujours est-il que cette fiche n’est applicable à personne d’autre.

nom : DUMONT
prénom : Lazare
année de naissance : 25-11-1791
commune de résidence: ESSERT
département : Yonne
code : F89
pays : France
période : 16-09-1812 /4 ans
campagnes : 6
dossier: 297909

Note : Pierre Joseph DUMONT, fils de Lazare DUMONT & de Adélaïde NOLIN, né à Essert le 28 décembre 1829, Chasseur à la 20ème Compagnie du 5ème Bataillon de Chasseur à Pied, matricule 2042, est décédé au siège de Sébastopol, tué par un éclat d obus le 02 novembre 1854 a six heures du matin.



Maurice DUPIT


Cultivateur, vigneron à Essert, pensionné de l’État demeurant à Lichères-près-Aigremont à son décès où demeurent ses filles. Il sait signer.

Il est né à Essert le 22 septembre 1793, fils de Lazare DUPIT (1760-1804), laboureur, cultivateur, propriétaire à Essert & de Anne MARCEAU (1764-1825).

« Aujourd.huy le vingt deuxieme jour de septembre Mille sep cen quatre
vingt treize lan deuxieme de la Republique francoise a heure de cinque
du Matin pardevan Moy louis Bourdillat Membre du Conseille generalle
de la Commune d essert Elu le vingt un decembre derniere pour dressere les
acte de Naissance Mariage et decet des sitoyens est comparu en la Maison
Commune lazare dupit laboureure agée de trante quatre an assistee de
pierre Maheux Curée d essert agée de quarante neufe an et de [ratures]
Marie Marceaux femme Edme Menetrée agée de quarante an et de Marie
Nodin sâge femme agée de quarante cinque an tous demeurante audit
Lieux d essert a declarée a moy louis Bourdillat officiée publique que anne
Marceaux agée de trante an femme dudit lazare dupit en legitime
mariage est acouchée le memme joure a quatre heure du matin, dans la
maison de sont mariage d une anfan du sex masculin quille ma [rature]
presantez et ausquelle y l a donné pour nom et pour prenoms celuy de Morice
Dupit
et daprêt cette declaration que les sitoyens lazare dupit pere de l anfan
et pierre Maheux et Marie Marceaux et Mariée Nodin ont certifiée conforme
a la veritée et ala Represantation qui mâ etée faites de l’anfan dénomée J ay
Redigée en vertu des pouvoire qui me sont deleguée le presan acte que lesquelle
declaran et tesmoin ont signée avecque moy ala reserve de lazare dupit et
Marie Marceaux et Marie Nodin qui ont declarée ne savoire signé de ces
interpelez faits an la Maison Commune les joure mois et an sidesus »
Signé Maueux, L Bourdillat.

Il a épousé à Essert le 01 mai 1819 Anne MARCEAU (1791-1859).


Il est décédé à Lichères-près-Aigremont le 01 avril 1871 à l’âge de 77 ans, soit 20 ans après l’attribution de la médaille.

La déclaration de décès a été faite par deux gendres du défunt, et la filiation qu’ils lui attribuent est totalement fantaisiste.

« … lesquels nous ont déclaré que
hier, à cinq heures du soir, est décédé, en sa demeure : Maurice
Dupit
, pensionné de l’Etat, âgé de soixante dix sept ans, né à
Essert, domicilié au dit Lichères, fils de feu Blaise dupit, et de
feue Ursule Bourdillat, et veuf de Anne Marceau, tous trois
décédés audit Essert … »


Le relevé de sa fiche :

Note : Sur le relevé de la fiche, la date de naissance est erronée. Il est né le 22 septembre 1793 et non le 21 septembre 1792. Est-ce une erreur sur la fiche ou bien une erreur commise lors du relevé ? Cette fiche ne peut que lui être appliquée.

nom : DUPIT
prénom : Maurice
année de naissance : 21-09-1792
commune de résidence : ESSERT
département : Yonne
code : F89
pays : France
période : 15-09-1812/6 ans
campagnes : 12
dossier : 297908



Edme MARCEAU


Laboureur, cultivateur, vigneron à Essert, en 1860 il est dit pensionné demeurant à Essert. Il sait signer.

Il est né à Essert le 22 novembre 1791, fils de Paul MARCEAU (1749-1815), laboureur à Essert & de Madeleine MÉNÉTRÉ (1751-1824)

« l an mil sept cent quatre vingt onze le vingt deux du
mois de novembre jai prestre curé de cette paroisse soussigné
baptisé un garçon né de ce jour du légitime mariage de paul
marceau laboureur et de magdeleine menetré ses pere et mere
il a eté nommé Edme le parein a eté Edme marceau fils de
deffunt Lazare et la mareine marie Bourdillat fille de deffunt
Barthelemi cousine germaine de l enfant tous de ce village et de
cette paroisse le parein a signé avec nous la mareine
ayant déclarée ne le scavoir de ce enquise et requise. »
Signé Edme Marceau, Maheux curé d’Essert


Il a épousé :

– en premières noces à Essert le 20 novembre 1820 Jeanne Barbe VÉZINIER (1797-1827).
– en secondes noces à Arcy-sur-Cure le 30 mai 1827 Marguerite RÉGNIER (1802-1851).


Il est décédé à Essert le 27 février 1871 à l’âge de 79 ans, soit 14 ans après l’attribution de la médaille.

« … lesquels nous ont déclaré
que cejourd’hui à neuf heures du matin est décédé en son
domicile Marceau Edme, vigneron, âgé de soixante-dix-neuf ans,
demeurant à Essert, fils de feu Marceau Paul et
de feue Madeleine Mennetré, veuf de feue Marguerite Regnier … »


Le relevé de sa fiche :

nom : MARCEAU
prénom : Edme
année de naissance : 22-11-1791
commune de résidence : ESSERT
département : Yonne
code : F89
pays : France
période : 8-04-1811/9 ans
campagnes : 14
dossier : 297911



(Edme) Jean Baptiste MARCEAU


Laboureur, cultivateur à Essert. Il sait signer.

Note : Il a été baptisé sous les prénoms de « Jean Baptiste » Mais il est usuellement prénommé dans les actes « Edme Jean Baptiste » mais aussi « Jean Baptiste Edme » et même « Edme ». Sans doute est-ce pour le différencier de son frère homonyme né 12 ans plus tard.

Il est né à Essert le 30 mai 1789 fils de Lazare MARCEAU (1762- entre 1820 & 1829) laboureur, cultivateur, vigneron à Essert, & de Ursule BOURDILLAT (1759-1814).

« lan mil sept cent quatre vingt neuf le trente et un de maÿ
je desservant la paroisse de labbaye de rigni soussigne avoir bapti-
sé un garçon fils de lazare marceau laboureur et ursule bour-
dillat demeurants a essert lagrange ses pere et mere en
legitime mariage. né le trente dudit mois. on luy a impo-
sé le nom de jean baptiste le parrain est edme marceau
son oncle la marraine anne bourdillat tous deux deu-
meurants audit essert le parrain a signé avec moy. »
Signé Edme Marceaux, J Rondé desservant.


Il a épousé à Essert le 30 mars 1818 Luce LORETTE / LAURETTE (1792-1854).


Il est décédé à Essert le 03 octobre 1858 à l’âge de 69 ans, soit un an après l’attribution de la médaille.

« … lesquels nous ont dé-
claré que ce jourd’huit a cinq heure du soire
est décédé a son domicil, Marceau
Edme Jean Baptiste
âgé de soixante six
ans laboureur a Essert, né à Essert fils
de Louis Marceau [faux], et de [blanc]
décédé et les témoins nous ont déclaré
que l auteur de son décé est par une a
molistion de l’arrains …. »


Le relevé de sa fiche :

Note : Sur le relevé de la fiche, la date de naissance est partiellement erronée. Il est né le 30 mais 1789 et non le 11 mai 1789. Est-ce une erreur sur la fiche ou bien une erreur commise lors du relevé. ?

nom : MARCEAU
prénom : Edme Jean Baptiste
année de naissance : 11-05-1789
commune de résidence : ESSERT
département : Yonne
code : F89
pays : France
période : 10-05-1809/6 ans
campagnes : 12
dossier : 297912



Quelques remarques :


Les actes de Baptême des deux médaillés de Sainte-Hélène nés en 1792 sont sur la même page du registre.
Le premier est celui de Pierre Edme Léonard BOURDILLAT.
Le second est celui de Lazare DUMONT.
Les deux actes sont séparés par la mention :

« clos arresté par nous maire et officiers munici-
paux de la municipalité dessere quatre novembre
1792 lan 1er de la Republique françoise ».
signé B Bourdillat maire

Le 20 septembre 1792 un décret instaure l’état-civil laïc.
A Essert le passage à l’état-civil républicain est du 04 novembre 1792.
L’acte de naissance de Lazare DUMONT est établi comme un acte de baptême. Il est rédigé par le curé Pierre MAHEUX qui se qualifie de « Citoyen prestre curé officier public de cette paroisse». Les parrain et marraine sont nommés. A Essert cette citation des parrains et marraines dans des actes de naissance établis par les maires, perdurera un certain temps.
En septembre 1793, avec l’acte de naissance de Maurice DUPIT, autre titulaire de la médaille de Sainte-Hélène, nous avons un exemple des premiers actes laborieux rédigés à Essert par le maire. Pierre MAHEUX, qualifié de curé est présent.



Ceux qui sont morts avant 1857, au combat ou lors de leur retour à la vie civile, n’ont pas bénéficié de la médaille.
Du relevé des archives de l’état-civil d’Essert, il appert qu’il y avait d’autres anciens soldats en activité pendant la période militaire requise pour l’attribution de la médaille, mais décédés avant 1857.

Nous avons l’exemple de Lazare BOURDILLAT, né à Essert le 15 08 1776, baptisé le même jour à Lucy-sur-Cure. Il est le fils de Edme Barthélémy BOURDILLAT (1747-1785), laboureur, cultivateur à Essert, & de Ursule MARCEAU (1744-1814).
Il a effectué 24 ans, 7 mois et 25 jours d’armée. Il est entré au Service le 26 prairial an 08 (15 06 1800) dans le 1er Régiment de Cuirassiers. Il a effectué les campagnes de 1807, 1808, 1809, 1812 et 1813.
Le 05 juillet 1814 il passe à l’Hôtel Royal des Invalides. Il demeure alors à Paris. Du 01 10 1821 au 31 12 1823 il perçoit une pension militaire au motif de cuisse droite amputée.
Il n’est pas titulaire de la médaillé de Sainte-Hélène, il est donc mort avant 1857.
Dans le cas présent, s’il avait vécu jusqu’à la date requise, il n’aurait pas été répertorié comme d’Essert, mais de Paris.
Sa description : 1,73 m, visage rond, front ordinaire, yeux bruns, nez moyen, bouche petite, menton rond, cheveux noirs, sourcils noirs, sans marques particulières.
Il a épousé paroisse Saint-Sulpice à Paris (actuellement Paris 06) le 09 février 1819 Marie Louise LECLERC.



Les sept médaillés d’Essert sont nés entre 1770 & 1793.
L’exploitation des actes d’état-civil de la commune montre qu’il existait une fraternité entre eux, étant témoins réciproques dans divers actes concernant leur famille. En allant plus loin, notons que :

  • Anne MARCEAU (1791-1859), épouse de Maurice DUPIT (médaillé), est la sœur de (Edme) Jean Baptiste MARCEAU (médaillé).
  • Jean Baptiste MARCEAU (1800-1851) frère de (Edme) Jean Baptiste MARCEAU (médaillé), a été militaire puis gendarme à Joigny puis marchand de vin à Nancy où il est décédé. Il était trop jeune pour avoir appartenu à la Grande Armée.
  • Louis Lazare BARRAUT, prénommé usuellement Lazare, né le 22 novembre 1783 à Essert, baptisé le même jour à Lucy-sur-Cure, fils de Lazare BARRAUT (1741-avant 1817) & de Marie MARCEAU (1751-1786), décédé à Essert le 25 juillet 1819, qui avait épousé à Essert le 20 janvier 1817 Victoire BOURDILLAT, était Chevalier de la Légion d’Honneur. Vu sa date de naissance, il a certainement appartenu à la Grande Armée. La Légion d’Honneur avait bien plus de valeur à cette époque que de nos jours.
    « Tous ceux qui m’ont volé sont, au moins, commandeurs de la Légion d’honneur. Autrefois, on pendait les voleurs aux croix. Aujourd’hui, on pend des croix aux voleurs. Et chacun est content. Merveilleux pays que ce pays de France. » Louis Ferdinand Céline.
  • En 1823 naît Pierre Thierry BOURDILLAT , fils de Pierre Edme Léonard BOURDILLAT (médaillé de Sainte-Hélène). Pierre Thierry BOURDILLAT épousera en 1848 Marie Luce MARCEAU née également en 1823, fille de (Edme) Jean Baptiste MARCEAU (médaillé de Sainte-Hélène).
    Le cimetière d’Essert n’a pas gardé trace des sépultures de nos soldats de la Grande Armée qui y ont été inhumés. L’hypocrite formule consacrée dans les discours ou éloges funèbres, de ne pas oublier, de rester dans les mémoires, ne dure que le temps d’une vie. Après la première guerre mondiale, les morts « pour la France » ne sont plus que des noms gravés sur les monuments aux morts.
    « Son mérite [le soldat] est d’aller sans faillir au bout de sa parole tout en sachant qu’il est voué a l’oubli. » Antoine de Saint Exupery. 
    La tombe de Pierre Thierry BOURDILLAT est toujours présente. Photo de sa tombe sur laquelle on peut zoomer :
    https://www.geneanet.org/cimetieres/view/8103954
    De nos jours, Pierre Thierry BOURDILLAT a toujours des descendants.



Les derniers Survivants de la Grande Armée, médaillés e Sainte-Hélène


Parmi eux, nous avons deux icaunais célèbres dont il existe des photos :


Jean Roch COIGNET :

« Jean-Roch Coignet, plus connu sous le nom de capitaine Coignet, né à Druyes-les-Belles-Fontaines le 16 août 1776 et mort à Auxerre où il est inhumé le 10 décembre 1865, est un officier français et un mémorialiste du Premier Empire. » Wikipedia au lien suivant :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Roch_Coignet


Louis Victor BAILLOT :

« Louis-Victor Baillot, né le 9 avril 1793 à Percey et mort le 3 février 1898 à Carisey, est un soldat des armées napoléoniennes, qui participa aux guerres napoléonniennes ; il est considéré comme le dernier survivant français de la bataille de Waterloo, même si un certain Alfred Le Maire ayant lui aussi participé à la bataille de Waterloo est mort en avril 1898, tandis que le dernier survivant prussien (August Schmidt) de cette bataille est mort en 1899. » Wikipedia au lien suivant :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Victor_Baillot



Dans la Grande Armée s’étaient enrolés également des étrangers dont certraines photos nous sont parvenues. Les plus connus :


Geert Adriaans BOOMGAARD :

Geert Adriaans BOOMGAARD, soldat en 1812 dans l’armée de Napoléon comme tambour dans le 33è Régiment d’Infanterie Légère.
Il est né le 21 09 1788 à Groningue (Pays-Bas) et est décédé le 03 02 1899 à à Groningue (Pays-Bas) à l’âge de 110 ans. jour pour jour, 1 an après le décès de Victor BAILLOT.
Wikipedia lui consacre un article :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Geert_Adriaans_Boomgaard


Myles BYRNE :

« Myles BYRNE (20 mars 1780-24 janvier 1862) était un chef de file de la rébellion irlandaise en 1798 et chef de bataillon dans la Légion irlandaise de Napoléon.
Myles (il épelait habituellement son nom Miles) Byrne est né dans le township de Ballylusk près de Monaseed, comté de Wexford, en Irelande, le 20 mars 1780, dans une famille catholique.
Byrne participa aux préparatifs de la rébellion de 1798, combattit  dans plusieurs batailles à l’âge de 18 ans. Puis ils s’installe à Dublin et est impliqué dans la rébellion d’Emmet (1803).
Peu après il s’enfuit en France. Il devient brigadier général et chef de la Légion Irlandaise de Napoléon. Il reçoit la Légion d’honneur. Il a combattu en Espagne et en Grèce. » Wikipedia au lien suivant :
https://en.wikipedia.org/wiki/Myles_Byrne


Dans les dernières années de sa vie, il écrit ses mémoires

Il s’est marié en 1835 à Paris à Fanny Horner, presbytérienne écossaise. Ils n’eurent pas d’enfant.

« Il meurt chez lui rue Montaigne (aujourd’hui rue Jean Mermoz) à Paris 08è le 24 janvier 1862. Il est inhumé au cimetière Montmartre. Sa tombe est marquée d’une croix celtique. Mais il semble que cette pierre tombale ait remplacé en 1950 la précédente. »

Marie & Thomas FOUARD, Madeleine & Marie DROIN

Marie & Thomas FOUARD, Madeleine & Marie DROIN


Marie FOUARD


Rétif de la Bretonne célèbre Marie FOUARD dans son calendrier le 11 janvier 1743.


Elle est souvent citée dans « Monsieur Nicolas ». Quelques extraits :

« Il y en avait deux de très jolies : l’une se nommait Marie Fouard … Marie Fouard avait de beaux yeux noirs, des sourcils bien arqués et fournis ; tout en elle annonçait la force et… le tempérament ; c’était celle que je préférais. »

« La passion me rendit politique, c’est-à-dire menteur ; car c’était Marie que je voulais manger [note : jeu du loup]. Étienne [note : Étienne Dumont] me devina tout haut et je fus loup. Marie Fouard se laissa prendre très facilement ; car elle me préférait à Étienne. Quand je la tins, je me rappelai toutes les sensations voluptueuses que j’avais déjà eues, soit par le tact non volontaire sur Ursule Rameau ; soit par les baisers enflammés de Nannette la moissonneuse, soit en dernier lieu par le contact des joues douces de ma cousine Nannon Gautherin, et je cherchai à les renouveler sur la brune Marie. En feignant de la manger, je l’embrassais ; je me faisais embrasser ; manus inserta pertractabant inguina, impuberemque concham ; l’innocente se prêtait à tout et le désir de la jouissance se fit sentir… Je lui disais cependant : — « Marie !… Étienne mon camarade vous aime bien, moi aussi : lequel aimeriez-vous le mieux ? — C’est vous. Monsieur Nicolas ; Étienne n’est qu’une mauviette. »

« A parler sincèrement, je crois que j’aimais la seule Marie Fouard … Mais peut-on avoir de l’amour, à l’âge que j’avais alors ? Je le crois ; car j’ai senti un trouble secret, à la vue de Marie ; je l’ai trouvée la beauté qui était d’accord avec mon cœur. »

Marie FOUARD est née à Sacy le 23 décembre 1736, soit deux ans après l’écrivain, fille de Pierre FOUARD (1688-1749), laboureur, procureur fabricien de l’église de Sacy, & de Catherine TILLIEN (1701-1768). Elle décède dans son village natal le 08 février 1779. Elle y avait épousé le 18 janvier 1757 Jean DROIN, laboureur, (Sacy 11 05 1730-Sacy 06 02 1812).
Jean DROIN est le frère de Madeleine & Marie DROIN que Rétif célèbre également.


Le couple a eu neuf enfants. Cinq parviendront à l’âge adulte. Quatre d’entre eux se marieront, le dernier est décédé au service militaire de la République. Il appartenait au 1er Bataillon, 4e Compagnie, 9e demie-Brigade en qualité de Chasseur. Il était entré à l’hôpital militaire de Turin le 25 vendémiaire an 09 (17 10 1800) où il est décédé le 21 brumaire an 09 (12 11 1800).



Madeleine DROIN


Rétif de la Bretonne Célèbre « Madeleine DROINC » dans son calendrier le 13 janvier 1744.
Elle est la sœur de Marie DROIN & de Jean DROIN, mari de Marie FOUARD.


Magdelaine DROIN est née à Sacy le 20 décembre 1727. Elle a 7 ans de plus que l’écrivain. Elle est la fille de Jean DROIN (1705-1735), laboureur, et de Marie Magdeleine ROUARD (1700-1760). Elle décède à Sacy le 24 novembre 1794.

Madeleine DROIN épouse à Sacy en premières noces le 27 novembre 1753 Jean MOINE (MOYNE / LE MOINE), vigneron, (Sacy 03 11 1722-Sacy 23 10 1755), fils de Pierre MOINE (Nitry vers 1693-Sacy 1769) & de Catherine BARRÉ (Sacy 1695-Sacy 1778).
De cette union naîtra en 1755 une fille qui décèdera en 1764.

Elle épouse en secondes noces à Sacy le 25 janvier 1757 Jean BÉRAULT (29 08 1731-11 02 1803). Il est le fils de Jean BÉRAULT (1701-1786), vigneron & de Agathe VÉZINIER (1702-1772).
Le couple a eu sept enfants. Cinq d’entre eux parviendront à l’âge adulte, quatre seulement se marieront.


Madeleine DROIN, âgée de 50 ans est élue sage-femme à l’unanimité à Sacy le 22 02 1778 :

Transcription de l’acte (copie, acte plus complet que sur l’original) :

« Le vingt deux fevrier mil sept cents soixante dix huit magdeleine Droin femme de jean
Berault de cette paroisse de Sacy, agée d’environ cinquante ans, a été élûe par les femmes qui
lui ont toutes donnés leur voix l’une apres l’autre, au Banc de l’oeuvre à l’issu des vespres, pour
exercer la charge et faire les fonctions de Sage femme, et a prêté le serment ordinaire entre
les mains de moi Curé soussigné.  »
Signé : Berault [note : recteur des écoles], Jacquot curé de Sacy



Marie DROIN


Elle est la sœur de Jean DROIN & de Magdeleine DROIN.
Rétif de la Bretonne la célèbre dans son calendrier le 28 janvier 1743.


Marie Magdeleine DROIN est née à Sacy le 23 janvier 1735 où elle décède le 07 mai 1802. Elle a été baptisée sous les prénoms de « Marie Magdeleine », mais son prénom usuel sera « Marie ».

Elle épouse à Sacy le 18 janvier 1757 le frère de Marie FOUARD, Thomas FOUARD, laboureur, né à Sacy le 07 décembre 1727, où il décèdera le 06 avril 1803.

Quand Rétif écrit qu’elle a eu une bonne sœur, il parle de Madeleine DROIN, et de Marie FOUARD quand il dit qu’elle a eu une bonne belle-Sœur.
Quant à Laurent TILLIEN frère de Agathe TILLIEN, la fratrie a déjà fait l’objet d’un article.

Le couple a eu cinq enfants. Quatre d’entre eux parviendront à l’âge adulte. Deux seulement formeront une famille, les deux autres décèderont âgés d’environ 25 ans.


Les corps de Nicolas de NEUVILLE & de Magdeleine de CRÉQUY dans l’église de VERMENTON

Les corps de Nicolas de NEUVILLE & de Magdeleine de CRÉQUY dans l’église de VERMENTON


Les registres paroissiaux recèlent les récits de certains faits divers mais aussi du domaine de l’Histoire.

Ainsi le curé Germain GALLET consigne en 1686 l’arrivée dans l’église du corps des défunts « hault seigneur Nicolas de Neuville » & de sa femme « Dame Magdeleine de Crequy » qui repartiront le lendemain pour leur destination.

Germain GALLET était capable du meilleur, comme annoter en marge des actes, les lieux hors le bourg de Vermenton où demeuraient les familles citées dans ces actes, ce qui déterminait les lieux des naissances et décès, les baptêmes et inhumations étant du ressort du bourg où se trouve l’église, ce que son successeur n’a pas jugé utile, ou surtout n’a pas eu le courage de poursuivre. Sont cités les hameaux du Val-du-Puits, du Val-Saint-Martin, mais aussi Reigny et exceptionnellement la Loge de Sacy. Il n’est en effet pas facile de localiser les familles quand elles sont simplement dites demeurer dans la paroisse, le mot « paroisse » représentant la globalité du territoire. Il en a été de même avec la « commune ».

Mais Germain GALLET était aussi capable du pire, de nombreux actes perfectibles, comme l’absence de filiations lors des mariages.

Dire que l’acte de mariage à Vermenton en 1695 de Pascal DISSON (1669-1738) & de Jeanne BILLOUT (1670-1736) est perfectible est un euphémise, il très chaotique et entaché d’erreurs. Avait-il trop bu de vin de messe ou bien était-il impressionné par la qualité des personnes qu’il mariait ?
Fils d’une notable famille d’Auxerre, Pascal DISSON est le neveu de Guillaume GAIGÉ (ca 1606-1681) marié à Germaine MAGDELENAT (1632-après 1690), sœur de la mère dudit Pascal DISSON. Guillaume GAIGÉ est marchand et demeure à Reigny en tant que receveur de l’Abbaye. Il demeurera à Vermenton comme marchand de bois pour la provision de Paris).
Jeanne BILLOUT est la file de Léonard BILLOUT (1627-1688) & de Anne CRENIER (1633-1679). Léonard BILLOUT est gentilhomme et officier de la Grande Fauconnerie du Roi, procureur fabricien de l’église de Vermenton, il sera aussi gouverneur de cette ville. Anne CRENIER est la fille de Thomas CRENIER (1600-avant mai 1675) et de Étiennette DE VILLAINE (dont nombreuses orthographes) (vers 1600-avant 1664). Thomas CRENIER dont le père était marchand et capitaine de Cravant, était marchand et receveur de Sacy hors les croix c’est à dire pour l’évêque d’Auxerre et son Chapitre, seigneurs indivis en partie de Sacy. La Justice dans les croix était celle de l’Ordre hospitaliers du Saulce d’Auxerre (devenus Ordre de Malte), seigneur de l’autre partie de Sacy.
Tous les DISSON de Sacy descendent de Pascal DISSON et il en existe encore à Sacy.

Bref, tout cela pour situer le curé Germain GALLET, rédacteur de l’acte qui suit qui n’est vraiment pas le meilleur qu’il ait rédigé.

Que s’est-il passé ? Il est très probable que l’événement ait été consigné sur le registre a posteriori et pour conserver la chronologie des actes, l’espace disponible en bas de page a été utilisé et était insuffisant.
On voit parfois aussi cette façon de procéder pour des bénédictions de cloches, rédigées a posteriori pour mémoire en marge d’un acte de la même date.
L’écriture plus petite qu’habituellement va dans ce sens.
L’acte commence en bas de page droite et se poursuit en bas de page gauche augmentée de la marge de la page de droite. Malheureusement la numérisation rend la zone de pliure du registre illisible (bande noire) et dans la marge il y a des inscriptions en interligne, et la question se pose de savoir si les inscriptions en interlignes sont afférentes à la ligne du dessus ou à celle du bas. Donc cette partie dans la marge rognée par la pliure est difficilement compréhensible, et il n’existe pas de double exemplaire du registre pour cette année [1].


Transcription de la première partie de l’acte, page droite :

« Le Dimanche treiziesme Janvier mil six cent octante six sur
les 3 heures du soir arriverent en ceste ville de Vermenton les Corps de
tres hault seigneur Nicolas de Neuville Seigneur de Villeroy Duc et pair
mareschal de france Chef du Conseil Royal des finances, Gouverneur
de Lyon Lyonnois forch et Baijolois Gouverneur de la Personne du Roy
avec Dame Magdeleine de Crequy fille du mareschal de Crequy [suite page gauche]

Suite, seconde partie de l’acte page gauche & marge de la page droite :

[début page droite] et Petite fille du Connetable duc de Lesdiguiere lesqlz [lesquels] ont couchez proche
dans nre [nostre] Eglise de Vermenton les deux cercuieulx [cercueils] l’un proche l’autre [mot en marge non compris]
avec un gd [grand] Pocle de velours noir garny d’hermine aux bord et [non compris]
de cierges allumez avec les armes et ecusson et le 14e au dict [non compris]
gde [grande] messe des Morts avant leur depart de nre [nostre] Eglise le Clergé [non compris] logez
[bas de page 2 mots non compris] les avons conduictz l’un apres l’autre jusqu’au charreau »
signé : G Gallet


Nicolas de Neufville de Villeroy :


Nicolas de Neufville de Villeroy [2] marquis d’Alincourt et seigneur de Magny, 1er duc de Villeroy et pair de France est né le 14 octobre 1598 sous le règne de Henri IV, et mort le 28 novembre 1685 sous le règne de Louis XIV, il devient maréchal de France en 1646. La même année la Reine mère le nomme gouverneur de Louis XIV, alors âgé de 8 ans. Il descend d’une famille anoblie par Louis XII Roi de France de 1598 à 1515.


Deux portraits de Nicolas de Neufville :


Nicolas de Neufville épouse le 11 juillet 1617 :

Madeleine de Blanchefort de Créquy :


Madeleine de Blanchefort de Créquy [2], née en 1608, décède le 31 janvier 1675.

Elle est fille de :


Charles de Blanchefort de Créquy :


Charles de Blanchefort de Créquy [3], (1573-Tué le 17 mars 1638), prince de Pois [Poix-de-Picardie dans la Somme], maréchal de France, & de Madeleine de Bonne (1576-1621) [4]. Il n’est pas nommé dans l’acte de Vermenton, simplement qualifié de « mareschal de Crequy ».


Portraits de Charles de Blanchefort de Créquy & de Madeleine de Bonne :


Les « de Créquy » sont une vieille et importante famille de la noblesse de l’Artois. On en trouve trace dès la fin du 9è siècle.


Dans son acte, Germain Gallet indique que Madeleine de Blanchefort de Créquy est « Petite fille du Connetable duc de Lesdiguiere ».
Il s’agit de son grand-père maternel, père de Madeleine de Bonne.


François de Bonne de Lesdiguières :


François de Bonne de Lesdiguières [5] (1543-1626), seigneur puis duc de Lesdiguières en 1611, comte de Pont-de Veyle et seigneur du Glaizil.

Selon Wikipedia, il est :
– Chef des protestants du Champsaur (1576-1588).
– Conquérant de Grenoble et maître du Dauphiné (1590).
– Lieutenant Général du Dauphiné (1597).
– Il est fait maréchal de France en 1609 sous le règne de Henri IV.
– Louis XIII le fait connétable de France en 1622. Il sera le dernier à recevoir cette charge.

Toujours fidèle aux Rois de France , il se convertit au catholicisme (1622).

« Chef militaire hors pair, diplomate et négociateur habile, qualifié par Henri IV « de rusé comme un renard », le dernier connétable de France meurt à l’âge de 83 ans, le 28 septembre 1626. » [5]

« C’est en son honneur que fut baptisé au musée du Louvre l’un des deux pavillons des guichets de Seine sous la Grande Galerie. » [5]

François de Bonne de Lesdiguières épouse en 1566 Claudine de Bérenger (vers 1552-1608), mère de Madeleine de Bonne. [6]


Portraits de François de Bonne de Lesdiguières & de Claudine de Bérenger :


Selon le récit de Germain GALLET, après une grande messe des morts, les deux cercueils ont été remis sur le « charreau » pour repartir. Le curé ne précise pas quelle est la destination.
Wikipedia [2] indique :

« Son tombeau, dessiné par Thomas Blanchet, se trouvait dans la chapelle de Villeroy de l’église du Carmel à Lyon. » [2]

Depuis 1615 Nicolas de Neufville est gouverneur du Lyonnais, charge qu’il exerce à compter du décès de son père en 1642, ce qui explique sans doute le choix du lieu de son inhumation.
Le Carmel de Lyon [7] [8] a été fondé en 1616 par ses parents, Charles de Neufville (vers 1566-1642), gouverneur de Lyon & Jacqueline de Harlay (1577-1618), épousée en 1596 [9].
Le tombeau a disparu avec l’église [8].
Rien n’indique que sa femme ait été inhumée avec lui. Aucun renseignement n’a pu être recueilli à ce sujet.

Le peintre Thomas Blanchet [10] est né à Paris vers 1614 et-décède à Lyon en 1689, soit 3 ans après l’inhumation aux Cames de Nicolas de Neufville.
Mais le dessin dont il n’a pas été trouvé trace sur internet, a été dessiné avant. Wikipedia indiqueen effet [10] :

« En 1681, il crée le maître-autel et le retable du Carmel de Lyon. En 1685, il organise la pompe funèbre du Maréchal Nicolas de Villeroy et dessine le tombeau de celui-ci pour la chapelle des Villeroy . »

Pour terminer notons que Nicolas de Neufville est mort en novembre 1685, sa femme dix années auparavant et que l’exhumation des cercueils et leur convoiement à Lyon au mois de janvier 1686, était un choix sensé.


Tableau généalogique :



[1] l’acte [Archives en ligne de l’Yonne, Vermenton : BMS ( 1681-1690 ) – 5 Mi 1001/ 7 page 136/321] est bien plus lisible sur le registre au permalien :
https://archives.yonne.fr/ark:/56431/vta5347cbe8eea73/img:FRAD089_5MI1001_0007_0136

[2] selon Wikipedia augmenté de quelques mentions. Photos Wikipedia.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_de_Neufville_de_Villeroy

autre lien : Man8rove :
https://man8rove.com/fr/profile/oe2c8yn61-nicolas-de-neufville-de-villeroy

[3] Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ier_de_Cr%C3%A9quy

[4]
https://man8rove.com/fr/profile/a7ihllj6-charles-de-blanchefort-crequy

[5] Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Bonne_de_Lesdigui%C3%A8res

[6]
https://man8rove.com/fr/profile/2rjraz2b-francois-de-bonne

[7] Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Carmel_de_Lyon

[8] Plus de précisions dans ce lien concernant les Carmes de Lyon :
https://www.patrimoine-lyon.org/secteur_unesco/fourviere/montauban/couvent-des-carmes-dechaussees

[9] Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Neufville

[10] Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Blanchet

Mention : il est à noter que toutes les sources ne s’accordent pas sur certaines dates, ni sur la numérotation des seigneurs homonymes d’une même lignée. Ainsi sur Wikipédia même, étant sur la page de Nicolas de Neufville, sa femme Madeleine de Blanchefort de Créquy, est dite fille de Charles II de Blanchefort de Créquy, et en cliquant sur le lien, il devient Charles 1er de Blanchefort de Créquy.

Agathe, Jeanne, Jean & Laurent TILLIEN

Agathe, Jeanne, Jean & Laurent TILLIEN



Dans son calendrier, Rétif de la Bretonne célèbre les sœurs Agathe et Jeanne TILLIEN, que l’auteur orthographie TILHIEN. Dans d’autres célébrations, leurs frères Jean et Laurent TILLIEN sont cités. Ce qu’il y a d’intéressant, est que Laurent TILLIEN épousera à Paris une sœur de l’écrivain, et, après leur vie parisienne, ils reviendront à la métairie de la Bretonne. Autre détail intéressant, une copie de leur acte de mariage célébré en la paroisse Saint-Sulpice à Paris, est insérée dans l’original du registre paroissial de Sacy.
Mais tout d’abord voyons les parents de ces quatre enfants TILLIEN :


Les parents :

Les quatre sont fils et filles de :

Léonard TILLIEN, manouvrier, vigneron, laboureur, fournier à Sacy, où il est né le 22 décembre 1688 et y décède le 01 avril 1763. Il a épousé à Sacy le 16 octobre 1714 Reine GUÉRAULT (autres orthographes rencontrées pour l’intéressée : GAIREAUX, GUERIEAU, GUERIAULT), née le 5 juillet 1697 à Sacy, où elle décède le 23 mars 1782.
Le couple a eu 15 enfants, tous ne parviendront pas à l’âge adulte.



Agathe TILLIEN :


Rétif la célèbre dans son calendrier le 1er janvier 1737


Agathe TILLIEN est née à Sacy le 20 mars 1724 où elle décède le 4 juillet 1789.

Elle épouse en premières noces à Sacy le 22 janvier 1748 Germain COUCHAT, cultivateur et vigneron, né à Sacy le 23 octobre 1712 où il décède le 18 février 1754.
De cette union sont nés trois enfants qui parviendront à l’âge adulte. Seuls les deux garçons se marieront et auront une descendance.
Dans l’article des TABY, huguenots du Val-du Puits de Sacy, il a été question de l’un de ces deux fils, nommé Germain COUCHAT comme son père. Il s’est marié en 1777 avec Catherine TABY, descendante des huguenots. Le couple avait recueilli une jeune sœur de Catherine, les deux parents venant de décéder. Le 24 juin 1781, suite à un orage, sept jeune enfants de Sacy sont mort noyés, dont cette sœur de Catherine et un des fils du couple.

Elle épouse en secondes noces à Sacy avec dispense du 3è au 3è degré d’affinité, le 5 février 1771 le veuf de Marie ROUARD (1717-1757), Thomas VÉZINIER, laboureur et tissier à Sacy où il est né le 28 mai 1713 et décède le 20 janvier 1782. Le couple est trop âgé pour avoir des enfants.



Jeanne TILLIEN :


Elle est célébrée dans le calendrier le 28 février 1748.


Jeanne TILLIEN est née à Sacy le 01 septembre 1734, et y décède le13 fructidor an 13 (31.08.1805).

Elle épouse à Sacy le 08 janvier 1754 Edme CHAMPEAU, laboureur, veuf de Marie DISSON (1727-1753). Il est né à Sacy le 17 novembre 1720, il y décède le le 25 avril 1807.

De cette union sont nés sept enfants, cinq d’entre eux parviendront à l’âge adulte, parmi lesquels quatre se marieront et auront des enfants. Une des filles est morte âgée de 20 ans sans avoir été mariée.



Jean TILLIEN :


Il est cité dans le calendrier de Rétif, lors de la célébration du 4 janvier 1738 de « Madeleine Piot ».

« Madeleine Piot a eu dans la suite
de terribles aventure, racontées dans mon École des Pères !
Elle a été mariée malgré elle, a quitté son mari, avant la
consommation, parce qu’elle aimait Jean Tilhien, frère
d’Agathe … »


Jean TILLIEN est né à Sacy le 8 novembre 1715. Il épouse à Nitry le 23 janvier 1748, Catherine PANÉTRAT (Nitry 1721-Nitry 1786). Il s’établit à Nitry où le couple aura trois enfants dont deux parviendront à l’âge adulte. Il est présent à l’enterrement de sa femme en juin 1786, il y est qualifié de manouvrier. Catherine PANÉTRAT est également célébrée dans le calendrier de Rétif.



Catherine PANÉTRAT :


On peut se demander comment Rétif la connaît. Il ne faut pas oublier que le père de l’écrivain est originaire de Nitry, ce qui explique qu’elle ait été servante dans la famille Rétif à Sacy et y ait trouvé son futur mari. Elle est célébrée au 1er janvier 1740.


Catherine PENÉTRAT est née à Nitry le 11 février 1721. Mariée à Jean TILLIEN (voir plus haut), le couple s’établit à Nitry où elle décède le 10 juin 1786.
Elle est la fille de Edme PANÉTRAT, laboureur et manouvrier à Nitry (Nitry vers 1695-Nitry 1724) & de Jeanne PIAT (Nitry 1697-Nitry 1772)



Laurent TILLIEN :


Il apparaît lors de la célébration par Rétif de la Bretonne de Marie DROIN que l’écrivain écrit « DROINC » dans son calendrier à la date du 28 janvier 1743.

« Marie Droinc. sœur cadette de Madeleine, et que
Laurent Tilhien, frère d’Agathe, qui avait six à sept ans
plus que nous, força de nous montrer, à tous, de nous
laisser examiner et toucher sa nudité sexuelle… Hé ! l’on
parle de l’innocence des campagnes ! Il n’y a des mœurs
que chez les gens instruits de la ville et des champs … Si
Marie ne s’est pas perdue, c’est qu’elle avait une bonne
mère, une bonne sœur, une bonne belle-sœur. »


Rétif écrit dans « Monsieur Nicolas » (tome 16) :

« Je me disais, en écrivant [note : le paysan perverti] : « Il ne faut pas mentir !
Qui n’écrit que des mensonges s’avilit soi-même. » Les malheurs de
ma sœur Marie-Geneviève, violée par un prêtre, mariée ensuite à
un cocher de fiacre, me fournirent l’idée de la corruption et des
malheurs d’Ursule… Qu’on imagine à présent comme je devais
être affecté, en écrivant une histoire dont ma sœur puînée et moi-
même étaient la base principale ! »


Laurent TILLIEN est né « Léonard Laurent TILLIN » à Sacy le 9 novembre 1729. Dans l’acte de baptême du 10 novembre, les deux prénoms sont en marge et dans l’acte celui de « Laurent » est entièrement barré. Laurent sera le prénom que l’on rencontrera dans les actes et récits de Rétif. L’année 1729 est manquante dans le registres des copies. Il sera cependant prénommé « Léonard Laurent » en 1792 quand son fils Gabriel Marie sera parrain.
Sa marraine est Marie RÉTIF, fille du premier mariage du père de l’écrivain. Ce dernier, Lieutenant de Sacy, signera l’acte de baptême.

Il épouse paroisse Saint-Sulpice à Paris (Paris 06 de nos jours) le 24 septembre 1772 Marie Geneviève RÉTIF, sœur de l’écrivain. Elle est née à Sacy le 26 décembre 1738, fille donc de Edme RÉTIF « l’honnête homme » et de Barbe FERLET « Bibi ».
La chance est qu’une copie de cette acte de mariage a été insérée dans l’original du registre paroissiale de Sacy.


Transcription de l’acte de mariage :


« EXTRAIT des Registres des mariages
de l’Église Paroissiale de SAINT SULPICE,
à Paris,

LE vingt quatre septembre mil sept cent soixante douze à
été célébré le mariage de laurent Tillien Bourgeois agé de quarante
deux ans veuf de marie Catherine poirin, et de marie genevieve Retif agée
de trente trois ans fille de defunts Edme retif lieutenant de Sacy
et barbe ferlet, les deux parties de cette paroisse l’époux depuis plusieurs années
rue mazarine, l’épouse rüe des cannettes depuis quinze jours vivant trois
mois a Sacy, et auparavant sur cette paroisse depuis plusieurs années
trois bans publiés en cette eglise, et un en celle de Sacy sans opposition,
dispense des deux autres obtenüe de Me levéque d’Auxerre en date du quatre de
ce mois, insinuée et controlée le meme jour fiançailles faites hyer, presens
et temoins du coté de l’epoux francois jaunant loueur de carrosses
rüe dauphine paroisse St andré des ares ; pierre dondaine loueur de
carrosses rue des Canettes du coté de l’épouse Edme dondaine
loueur de carrosses rüe du petit lion, jean Gauthier bourgeois
rüe de l’arbre sec, paroisse St Germain l’auxerrois, qui tous ont certifié
le domicile comme dessus et la liberte des parties, et ont signé
ledit mariage celebré du consentement de me le Curé de Sacy.
[ratures]

Collationné à l’Original, par moi soussigné, Prêtre
Vicaire de ladite Paroisse. A Paris, ce vingt cinq
du mois de septembre de l’année mil sept cent soixante et douer.
[signe] L. De Bertrand »

Cet acte est intéressant à plus d’un titre :

Laurent TILLIEN lors de ce mariage était veuf de Marie Catherine POIRIN. Nous n’avons absolument rien sur elle, décédée peut-être à Paris. Aucun relevé ne la connaît.

Nous avons là encore un exemple de cet exode sur Paris des habitants de la campagne. Plusieurs autres exemples ont déjà été relevés dans différents articles sur les gens de Sacy et la famille de Rétif. Dans le cas présent, Laurent TILLIEN et sa femme Marie Geneviève RÉTIF reviendront habiter à la métairie familiale de la Bretonne.
Les DONDAINE témoins à ce mariage ont très certainement une origine familiale à Sacy. L’absence de renseignements les concernant dans cet acte de mariage ne permet pas de les identifier. Nous retrouvons bien Edme et Pierre DONDAINE loueurs de carrosses dans des actes notariés à Paris où ils sont peut-être nés, mais rien sur leur état-civil.

Il n’est pas aisé de déterminer la date du retour du couple à la métairie de la Bretonne. Pierre RÉTIF, frère de Geneviève et de l’écrivain, avait repris la métairie de la Bretonne, mais est décédé en 1778. Sa veuve, Françoise PIOCHOT y demeure toujours, elle déclarera en 1794 le décès à la Bretonne de son fils Edme Étienne RÉTIF dit dans les récits de l’écrivain « Edmond le pulmonique », marié avec sa cousine germaine fille de l’écrivain, Jean Thomas Marie Anne dit Marianne dite Marion RÉTIF. L’écrivain avait formé à Paris son gendre au métier d’imprimeur.
en 1785 Laurent TILLIEN est parrain à Sacy. Il est qualifié par deux fois de « bourgeois. Une première fois à Sacy le 05 septembre 1785, la seconde quand son fils Gabriel Marie TILLIEN est parrain le 13 octobre de la même année. Il semble donc à cette date être revenu en famille à Sacy, mais si tel est le cas, pas depuis longtemps, comme peut le laisser penser cette qualification de « bourgeois ».

De son premier mariage, nous ne savons pas si Laurent TILLIEN a eu des enfants. Le cas échéant, ils sont certainement morts puisqu’on ne les retrouve pas par la suite à Sacy.

De son mariage avec Marie Geneviève RÉTIF, il a pu avoir des enfants qui sont nés et décédés à Paris. Quand le couple revient à Sacy, les actes paroissiaux et d’état-civil en recensent deux (leur filiation est bien mentionnée dans des actes).

  • François Auguste TILLIEN est né à Paris le 27 janvier 1775 (selon son âge précis dans son acte de mariage. Il aurait été plus judicieux d’indiquer sa date de naissance !).
    Il a vécu assez longtemps pour recevoir la médaille de Sainte-Hélène attribuée aux soldats toujours en vie en 1857, ayant servi dans le Grande Armée pour les campagnes de 1792 à 1815.
    Il a épousé à Accolay le 30 octobre 1797 Agathe CHARREAU (née à Accolay le 25 septembre 1777- décédée à Sacy le 8 octobre 1848).
    François Auguste TILLIEN demeurait en 1825 à la métairie de la Bretonne. Y demeurait-il encore lorsqu’il est qualifié de « cultivateur » dans un acte en 1837, « buraliste » à la même date et « ancien buraliste » à son décès en 1860 ?
  • Gabriel Marie TILLIEN. Il est né sans doute à Paris. Nous ne savons rien sur lui. Il est parrain en 1795 à Sacy ainsi qu’en 1792 (l’acte indique sa filiation complète). Sa trace est perdue après cette date, aucun relevé généalogique ne le cite.

Laurent TILLIEN décèdera à la Bretonne le 28 octobre 1795. Sa veuve Marie Geneviève RÉTIF, décèdera également dans la métairie familiale le 14 juin 1825.

(3) Claude BÉRAULT « Seigneur de la Loge de Sacy »

(3) Claude BÉRAULT « Seigneur de la Loge de Sacy »


Il existe plusieurs Claude BÉRAULT à Auxerre dans les années 1560. Mais seuls deux nous intéressent qui ne peuvent être confondus avec les autres. Rien ne permet de les lier généalogiquement entre eux, nous atteignons en effet les limites de ce que peuvent nous apporter les actes paroissiaux qui nous sont parvenus et les actes notariés qui ont été relevés ne le permettent pas. Tous les deux sont présents sur des mêmes actes et sont liés à Sacy.

Pour les différencier, un chiffre sera adjoint à leur nom.


Claude BÉRAULT (1)


Claude BÉRAULT (1) : Licencié en lois (1538) : avocat au bailliage d’Auxerre (1538-1572), maire d’Auxerre (1568), Seigneur de Maunoir (1576). Il est décédé entre 1572 & 1575.
– Il a été marié d’abord à X JACQUEMAIN (fille de Jean JACQUEMAIN & Anne DE JARS tous deux décédés avant 1559) et qui a une sœur Avoie JACQUEMAIN qualifiée de Dame de Bréau, titre qu’elle acquerra par l’un de ses mariages.

Du mariage de Claude BÉRAULT (1) & de X JACQUEMAIN est issu :
Antoine BÉRAULT marchand à Sacy en 1559, comme l’atteste cet acte notarié :

« Le 23 novembre 1559, devant Pierre Leclerc, notaire à Auxerre, Antoine Bérault, marchand à Sacy, a cédé à son père Claude Bérault, avocat à Auxerre, tous les droits qu’il possède sur la succession de sa défunte mère, première femme dudit Claude Bérault et fille des défunts Jean Jacquemain et Anne de Jars, ceci en présence de sa tante Avoie Jacquemain (veuve en premières noces de Philebert Duvoigne et femme en secondes noces de François Grasset) » [AD 89, 3 E 6-320].

Cependant aucun acte ne permet de le relier aux BÉRAULT connus de Sacy.

Claude BÉRAULT (1) a ensuite été marié avant 1555 avec Marie NIORE ou MORÉ selon les actes la citant. Plusieurs enfants sont nés de cette union mais sont restés sur Auxerre.


Selon Étienne MEUNIER [déjà cité dans le volet (2) de la Loge], Claude BÉRAULT (1) a un frère Pierre BÉRAULT marchand à Sacy. Malheureusement l’acte certainement notarié qui qualifie Pierre BÉRAULT de marchand à Sacy en 1571 (Étienne MEUNIER indique seulement que Pierre BÉRAULT est décédé après 1571) n’est pas référencé. Le manque d’éléments dans les actes paroissiaux de Sacy qui nous sont parvenus ne permettent pas non plus de relier ledit Pierre BÉRAULT à ces actes, ou dit d’une autre manière, de l’identifier parmi ces actes. Il est à noter que des BÉRAULT de Sacy dans ces années exercent des fonctions importantes.


En 1551 à Sacy nous avons le baptême d’un Pierre BÉRAULT fils Pierre, les nom et prénom de la mère ne sont pas indiqués. L’acte en latin est très sommaire. [Sacy : BM ( 1538-1643 ) – 5 Mi 709/ 3, page 28 droite, dernier acte].


Claude BÉRAULT (2)


Claude BÉRAULT (2) : marchand (1571,1578), sergent major pour le fait de guerre à Auxerre (1589), sergent major (1595, 1696), voyer (officier chargé des voies publiques) au bailliage et comté d’Auxerre (1584-1614) ; voyer pour le Roi en la ville et bailliage d’Auxerre (1605).
Il s’est marié avec Guillemette DUBROC avant le 26 juillet 1571 (date à laquelle dans un acte de baptême, Guillemette DUBROC, marraine de l’enfant est dite femme de Claude BÉRAULT)


Guillemette DUBROC est fille de Guillaume DUBROC Seigneur des Granges, décédé à Notre-Dame-la-d’Hors à Auxerre le 24 12 1605 (Avocat au bailliage (1557-1563) ; bailli de Varzy, Gy et Sacy (1560) ; Lieutenant criminel au bailliage d’Auxerre (1568-1584) ; docteur en droit (1560-1582), devenu protestant (1566), il abjure avant avril 1574) et de Edmée de la FONTAINE décédée après 1605.

Quelques mots sur Guillaume DUBROC / DU BROC :

  • Le 29 septembre 1566, le lieutenant criminel Guillaume Dubroc dit Couroy, devenu protestant, a fait partie de ceux qui ont fait inspecter les fortifications d’Auxerre à François de Coligny, sieur d’Andelot, dans le but de préparer une attaque de la ville par les troupes huguenotes [Lebeuf, Histoire de la prise d’Auxerre par les huguenots, page 106, note e].
  • Le 11 juin 1568, après le départ des soldats huguenots ayant occupé Auxerre du 27 septembre 1567 au 14 avril 1568, et après le massacre et l’expulsion des protestants de la ville le 25 avril 1568, une commission d’enquête catholique dirigée par l’avocat Edmé Bougault, assisté des procureurs Louis Marie, Nicolas Boyrot et Pierre Thierry, a fouillé le domicile du lieutenant général protestant Jacques Chalmeaux, en sa présence, puis, au cours du même mois de juin, les maisons du lieutenant criminel Guillaume Dubroc et de l’avocat du roi Etienne Sotiveau, tous deux protestants eux aussi, en leur présence également [Lebeuf, Histoire de la prise d’Auxerre par les huguenots, page 173].
  • Les 15 juin et 25 juin 1568, les chanoines du chapitre de la cathédrale d’Auxerre ont résolu de faire présenter les protestants Jacques Chalmeaux (lieutenant général), Guillaume Dubroc (lieutenant criminel), et Etienne Sotiveau (avocat du roi), ceci par Nicolas Tribolé, procureur et conseiller du chapitre [Lebeuf, Histoire de la prise d’Auxerre par les huguenots, page 173].
  • Le 13 juillet 1568, les chanoines d’Auxerre ont chargé messieurs (Antoine) Brissart et (Pierre) de Beaulieu d’aller récupérer quelques titres de la cathédrale chez le lieutenant criminel (Guillaume) Dubroc, et quelques ornements d’Église chez (Mathias) Bérault [Lebeuf, Histoire de la prise d’Auxerre par les huguenots, page XXXIII].
  • Le 12 novembre 1568, le sieur (Guillaume) Dubroc a rendu aux chanoines d’Auxerre un livre en parchemin intitulé Gesta pontificum, qui a aussitôt été mis au trésor de la cathédrale [Lebeuf, Histoire de la prise d’Auxerre par les huguenots, page XXXIV].
  • Le 28 février 1569, le parlement de Paris a lancé un mandat d’arrêt contre Guillaume Dubroc dit Couroy, et contre d’autres huguenots de l’Auxerrois ayant pris les armes contre le roi Charles IX, ordonnant qu’ils soient tous reclus à Auxerre et passés en jugement [AN, X / 2a / 137, folio 224 verso].
  • Le 7 mai 1569, à la cour du parlement de Paris, est comparu Guillaume Dubroc, lieutenant criminel à Auxerre, accusé de professer « la nouvelle prétendue religion » et emprisonné à la Conciergerie à la demande du procureur général du roi et de son substitut à Auxerre, lequel comparant a été déchu de son office de lieutenant criminel et interdit de séjour en ladite ville d’Auxerre, ceci jusqu’à nouvel ordre, étant toutefois remis en liberté et autorisé à élire domicile à Paris chez maître Jacques Robert, procureur en ladite cour du parlement, choisi par lui comme son représentant devant les magistrats [AN, X / 2a / 138, folios 14 verso & 15 recto].
  • Le 26 avril 1574, au château de Vincennes, le roi Charles IX, se méfiant des huguenots nouvellement convertis au catholicisme, a écrit au corps municipal d’Auxerre pour lui ordonner de ne confier la garde d’aucune porte de la ville à Guillaume Dubroc, bien que ce dernier ait été rétabli dans sa charge de lieutenant criminel d’Auxerre depuis sa récente abjuration [Lebeuf, Histoire de la prise d’Auxerre par les huguenots, pages 201, 202 & XLIV, XLV].
  • En 1587, maître Germain Leclerc, époux de Germaine Colinet et fils de Germain Leclerc et de Marthe Fauleau, a succédé à Guillaume Dubroc au poste de lieutenant criminel au bailliage et siège présidial d’Auxerre [BM Auxerre, manuscrit 287 P, folio 16 verso]. Sources : LA FAMILLE DUBROC À AUXERRE AVANT 1600 © Pierre Le Clercq (2004) Société généalogique de l’Yonne.
  • Le 24 décembre 1605, en la paroisse Notre-Dame-la-d’Hors à Auxerre, est décédé Guillaume Dubroc dit Couroy [AM Auxerre]. Sources : LA FAMILLE DUBROC À AUXERRE AVANT 1600 © Pierre Le Clercq (2004) Société généalogique de l’Yonne.


Revenons au gendre de Guillaume DUBROCQ.

Claude BÉRAULT (2) demeure dans la paroisse Notre-Dame-la-d’Hors à Auxerre.
Plusieurs actes notariés permettent de déterminer sa filiation :

  • Le 06 avril 1569 un acte où est présent l’avocat Claude BÉRAULT (1) concernant la succession de Claude BÉRAULT qui sera numéroté (3) pour le différencier des deux autres. Disons le de suite, Claude BÉRAULT (3) est le père de Claude BÉRAULT (2).
    Cet acte cite Sébastienne MICHAU veuve de Claude BÉRAULT (3) marchand à Cravant.

« Le 6 avril 1569, devant Pierre Leclerc, notaire à Auxerre, en présence du sergent royal Germain Callard et du procureur Guillaume Jannequin, domiciliés à Auxerre, sont comparus l’avocat Claude Bérault et le procureur Etienne Bérault, vivant eux aussi à Auxerre, ainsi que Sébastienne Michau, veuve de feu Claude Bérault, ancien marchand à Cravant, lesquels ont fait dresser l’inventaire des pièces que, grâce à l’avocat Jean Mire et au procureur Jean Talon, tous deux attachés à la cour du parlement de Paris, ils ont récupéré auprès de maître Philippe Girard, procureur au grand conseil, successeur de feu maître Louis Carton, pièces qu’ils avaient envoyées en 1559 audit maître Louis Carton, leur procureur au grand conseil à Paris, pour défendre les comptes de la ferme de Saint-Moré, Voutenay-sur-Cure et Précy-le-Sec cédée audit défunt Claude Bérault par le cardinal de Meudon, abbé de Vézelay, mort depuis lors, comptes contestés à l’époque par Jean Canet, receveur des aides et des tailles de Vézelay [AD 89, 3 E 6-326] ».

  • L’acte du 06 août 1569 qui suit, fait état de la location d’une chambre sur la paroisse de Notre-Dame-de-la-d’Hors par « l’honorable homme Claude BÉRAULT, marchand résidant en ladite ville d’Auxerre ». C’est dans cette même paroisse d’Auxerre que demeure Claude BÉRAULT (2).

« Le 6 août 1569, devant Pierre Ragot, notaire à Auxerre, en présence des honorables hommes maîtres Germain Boyrot et Germain Trébuchet, procureurs au bailliage d’Auxerre, est comparu l’honorable homme Claude Bérault, marchand résidant en ladite ville d’Auxerre, lequel a reçu en location pour deux ans de l’honnête femme Françoise Richer, veuve d’Hervé Lefoul et belle-soeur de François Picard (époux de Jeanne Richer), domiciliée elle aussi à Auxerre, une chambre basse avec cuisine, cave, grenier, étable et vinée, le tout situé près du cimetière de l’église Notre-Dame-la-d’Hors à Auxerre et moyennant un loyer annuel de douze livres tournois [AD 89, 3 E 7-323, acte n° 47] ».

  • L’acte du 04 septembre 1569 qui suit concerne le partage après décès des biens laissés en héritage par Claude BÉRAULT (3) marchand à Cravant à ses deux fils Claude BÉRAULT (2) et Geoffroy BÉRAULT ses fils, tous deux marchands à Auxerre. L’avocat Claude BÉRAULT (1) est présent dans cet acte. Les deux fils de Claude BÉRAULT (3) sont donc marchands à Auxerre, ce qui est déterminant pour leur identification.

« Le 4 septembre 1569, devant Pierre Leclerc, notaire à Auxerre, en présence de l’avocat maître François Le Brioys et du marchand Jean Félix, domiciliés à Auxerre, a été effectué le partage après décès des biens laissés en héritage par le défunt honorable homme Claude Bérault, marchand à Cravant, ceci entre ses deux fils Claude Bérault et Geoffroy Bérault, tous deux marchands à Auxerre, accompagnés et conseillés par les honorables hommes maître Claude Bérault, avocat, et maître Etienne Bérault, procureur au bailliage et siège présidial d’Auxerre [AD 89, 3 E 6-326] ».

  • L’acte du 11 avril 1570 ci-après, rassemble « honorable homme Claude BÉRAULT marchand à Auxerre » donc Claude BÉRAULT (2) avec « noble homme maître Guillaume DUBROC seigneur des Granges », Edmée de la Fontaine et son père « noble homme François de la FONTAINE ».
    Nous savons que Claude BÉRAULT (2) a épousé avant le 26 juillet 1571 Guillemette DUBROC fille de Guillaume DUBROC. Edmée de la FONTAINE est la femme dudit Guillaume DUBROC.

« Le 11 avril 1570, devant Pierre Leclerc, notaire à Auxerre, en présence de maître Edmé Liger, procureur au bailliage et siège présidial d’Auxerre, et de Germain Chasneau, marchand à Auxerre, sont comparus le noble homme maître François de La Fontaine et sa fille Edmée de La Fontaine, domiciliés eux aussi à Auxerre, agissant au nom de l’honorable homme Claude Bérault, lui aussi marchand à Auxerre, ayant acquis le droit du noble homme maître Guillaume Dubroc, seigneur des Granges (et mari de ladite Edmée de La Fontaine), lesquels comparants ont vendu à Robert Pourcin, marchand à Sainpuits, la quantité de 146 bichets de blé selon la mesure d’Entrains, composée par tiers de froment, d’orge et de seigle, ceci moyennant le prix de 11 sols tournois par bichet vendu [AD 89, 3 E 6-326] ».

  • Les actes qui suivent ne font que confirmer la qualité de marchand de Claude BÉRAULT (2) marié à Guillemette DUBROC.

« Le 26 juillet 1571, en l’église Notre-Dame-la-d’Hors, à Auxerre, a été baptisée Anne Léger, fille de maître Edmé Léger, procureur au siège présidial d’Auxerre, et d’Antoinette Chasneau. Son parrain a été maître Jean Girard (ou Gisard), avocat du roi audit siège présidial ; ses deux marraines ont été Anne Seurrat, femme de maître François Le Prince, procureur pour le roi au même siège, et Guillemette Dubroc (ou Le Broc), épouse du marchand Claude Bérault [AM Auxerre, registre GG 5] ».

«  Le 11 février 1578, en l’église Notre-Dame-la-d’Hors, à Auxerre, a été baptisée Germaine Delavau, fille de maître Edmé Delavau, avocat au siège présidial d’Auxerre, et d’Edmée Blondeau. Son parrain a été maître Jean Leclerc, lui aussi avocat audit siège présidial ; ses marraines ont été Germaine Petitfou, femme de maître Claude Rousselet, enquêteur au même siège,et Guillemette Dubroc (ou Lebroc), épouse de l’honorable homme Claude Bérault [AM Auxerre, registre GG 5] ».

« Le 2 juin 1581, en l’église Notre-Dame-la-d’Hors, à Auxerre, a été baptisée Guillemette Desprez, fille du tailleur d’habits Nicolas Desprez et de Guillemette Poullet (ou Pollet). Son parrain a été Etienne Berber, sergent royal au bailliage d’Auxerre ; ses marraines ont été Guillemette Dubroc, femme de l’honorable homme Claude Bérault, marchand, et Germaine Poullet (ou Pollet), fille de Grégoire Poullet (ou Pollet), lui aussi sergent audit bailliage [AM Auxerre, registre GG 5, folio 22 recto] »

  • Le 28 décembre 1578 est baptisé Geoffroy BÉRAULT fils de Claude BÉRAULT (2) et de Guillemette DUBROC. La marraine est Léonarde SYMONET veuve de Geoffroy BÉRAULT qui ne peut qu’être le frère de Claude, tous deux cités dans les actes de succession de leur père de Cravant.


Il ne fait aucun de doute que Claude BÉRAULT « Seigneur de la Loge de Sacy » soit le fils de Claude BÉRAULT marchand de Cravant et de Sébastienne MICHAU(T).


Douze enfants du couple Claude BÉRAULT (2) & Guillemette DUBROC ont été relevés.

Quatre enfants seulement du couple sont identifiés comme mariés. Ce sont :


Edme BÉRAULT


Edme BÉRAULT : son baptême n’a pas été trouvé. Il est décédé avant le 09 juin 1665. Il a épousé avant 1623 Marie CHALMEAU puis avant octobre 1645 Marie SOUFFLOT. Il est qualifié dans les actes paroissiaux de « Noble » Il s’est installé à Irancy en tant que « Contrôleur de la Maison de la Reine Marguerite de Valois ».
Marguerite de Valois (14 05 1553-27 03 1615) fille du Roi Henri II et de Catherine de Médicis, mariée à Henri de Navarre futur Henri IV, elle deviendra Reine de France. Sur la demande de son mari et avec l’accord du Pape, elle se démarie en 1559. Sources : Wikipedia.


Olivier BÉRAULT


Olivier BÉRAULT a été baptisé le 04 novembre 1576 à Notre-Dame-la-d’Hors d’Auxerre, s’est marié en novembre 1605 (contrat de mariage du 16 novembre 1605) avec Marie LECLERC. Il s’est remarié avec Philiberte REGNARD / RENARD. Il est décédé après le 05 mars 1658.

Il est qualifié dans les actes paroissiaux de « Noble »
Il s’est installé à Noyers en tant que « Avocat au parlement (1624, 1625), procureur du Roy à Noyers (1643) »

Le 19 mai 1624 à Sacy, il sera le parrain de « Anne » petite cloche à sonner la passion de l’église de Sacy, la marraine en étant Jeanne DEGAN fille de René DEGAN, écuyer, seigneur de Courtenay en Vermenton, hameau situé à environ 550 mètres de la Loge.

Le 08 août 1642, il donne la Métairie de la Loge de Sacy au Collège des Jésuites d’Auxerre « pour en augmenter le revenu » (voir articles précédents).

Philiberte REGNARD sa femme, entre 1628 et 1643 sera marraine six fois à Sacy et en 1645 elle sera aussi la marraine de Philiberte Edmée fille de Edme BÉRAULT (frère de son mari) et Marie SOUFFLOT.

Henry BÉRAULT fils du premier mariage d’Olivier, sera deux fois parrain à Sacy en 1625, dont une fois pour un enfant BÉRAULT. Il sait signer, il est déjà adulte, ce qui le différencie de son demi-frère.

Henry (ou Hely) BÉRAULT fils d’Olivier et Philiberte REGNARD sera parrain en 1633 de Henri MINÉ enfant né à la Loge de Sacy. Vu son bas âge, il est représenté par un adulte. Si le nom de l’enfant baptisé est bien Henry, celui du parrain semble être Hely. [Archives en ligne de l’Yonne, Sacy : BM ( 1538-1637 ) – 5 Mi 709/ 2, page 164/273 droite, dernier acte], permalien :
https://archives.yonne.fr/ark:/56431/vta533d06fab9a38/img:FRAD089_5MI0709_0002_0164


Philippe BÉRAULT


Philippe BÉRAULT est né le 05 septembre 1588 dans la paroisse de Notre-Dame-la-d’Hors d’Auxerre, où il a été baptisé le même jour. Il s’est marié en février 1614 (contrat de mariage du 08 février 1614) avec Colombe LECLERC.
Il est resté à Auxerre en tant que « Voyer au bailliage d’Auxerre (1618-1619), voyer pour le Roi (1619-1659), voyer pour le Roi au comté d’Auxerre (1662) ». Il a donc repris une ces fonctions de son père.

Guillemette BÉRAULT sa fille est marraine en 1628 à Sacy d’un enfant BÉRAULT. Dans cet acte Philippe BÉRAULT est qualifié de « Noble» et de « Voyer pour le Roi à Auxerre ».


Marie BÉRAULT


Marie BÉRAULT a été baptisée le 23 décembre 1590 à Notre-Dame-la-d’Hors d’Auxerre. Elle s’est mariée avec Joseph LE MUET (ou LEMUET) de la famille très influente des LE MUET. Le couple est établi dans la paroisse Saint-Eusèbe d’Auxerre.
Joseph LE MUET est qualifié dans les actes de « Marchand à Auxerre (1618-1628, receveur des décimes (1629-1653), contrôleur au grenier à sel de Vézelay (1645-1658), conseiller du Roi (1645-1658) ». Selon Dugenne, Dictionnaire de l’Yonne, t. II, p. 943 il est qualifié de « Marchand, Juge consul à Auxerre et contrôleur au grenier à sel d’Auxerre 1643 ».

Dans son excellent article sur les « Familles Seigneuriales Dionziaises », « Famille LE MUET », l’auteur Didier CHABROL cite Claude BÉRAULT comme « sgr de la Loge ».
http://www.terres-et-seigneurs-en-donziais.fr/wp-content/uploads/2023/11/Le-Muet.pdf


Notes :
Tous les détails des actes paroissiaux cités sont consignés sur Geneanet.
Tous les actes notariés cités ont été relevés par Pierre Le Clercq, président depuis des décennies de la Société Généalogique de L’Yonne.