Les corps de Nicolas de NEUVILLE & de Magdeleine de CRÉQUY dans l’église de VERMENTON

Les corps de Nicolas de NEUVILLE & de Magdeleine de CRÉQUY dans l’église de VERMENTON

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Les registres paroissiaux recèlent des récits de faits divers mais certains concernent l’Histoire.

Ainsi le curé Germain GALLET consigne en 1686 l’arrivée dans l’église du corps des défunts « hault seigneur Nicolas de Neuville » & de sa femme « Dame Magdeleine de Crequy » qui repartiront le lendemain pour leur destination finale.

Germain GALLET était capable du meilleur, comme annoter en marge des actes, les lieux hors le bourg de Vermenton où demeuraient les familles citées dans lesdits actes, ce qui déterminait les lieux des naissances et décès, les baptêmes et inhumations étant du ressort du bourg où se trouve l’église, ce que son successeur n’a pas jugé utile, ou surtout n’a pas eu le courage de poursuivre. Sont cités les hameaux du Val-du-Puits, du Val-Saint-Martin, mais aussi Reigny et exceptionnellement la Loge de Sacy. Il n’est en effet pas facile de localiser les familles quand elle sont simplement dites demeurer dans la paroisse, le mot « paroisse » représentant la globalité du territoire. Il en a été de même avec la « commune ».

Mais Germain GALLET était aussi capable du pire, de nombreux actes perfectibles, comme l’absence de filiations lors des mariages.

Dire que l’acte de mariage à Vermenton en 1695 de Pascal DISSON (1669-1738) & de Jeanne BILLOUT (1670-1736) est perfectible est un euphémise, il est entaché d’erreurs. Avait-il trop bu de vin de messe ou bien était-ce dû à la qualité des personnes qu’il mariait ? Fils d’une notable famille d’Auxerre, Pascal DISSON est le neveu de Guillaume GAIGÉ (ca 1606-1681) marié à Germaine MAGDELENAT (1632-après 1690), sœur de la mère dudit Pascal DISSON. Guillaume GAIGÉ est marchand demeurant à Reigny en tant que receveur de l’Abbaye. Il demeurera à Vermenton en tant que marchand de bois pour la provision de Paris).
Jeanne BILLOUT est la file de Léonard BILLOUT (1627-1688) & de Anne CRENIER (1633-1679). Léonard BILLOUT est gentilhomme et officier de la Grande Fauconnerie du Roi, procureur fabricien de l’église de Vermenton, il sera aussi gouverneur de cette ville. Anne CRENIER est la fille de Thomas CRENIER (1600-avant mai 1675) et de Étiennette DE VILLAINE (dont nombreuses orthographes) (vers 1600-avant 1664). Thomas CRENIER dont le père était marchand et capitaine de Cravant, était marchand et receveur de Sacy hors les croix c’est à dire pour l’évêque d’Auxerre et son Chapitre, seigneurs indivis en partie de Sacy. La Justice dans les croix était celle de l’Ordre hospitaliers du Saulce d’Auxerre (devenus Ordre de Malte), Seigneur de l’autre partie de Sacy.
Tous les DISSON de Sacy descendent de Pascal DISSON et il en existe encore à Sacy.

Bref, tout cela pour situer le curé Germain GALLET, rédacteur de l’acte qui suit qui n’est vraiment pas le meilleur qu’il ait rédigé.

Que s’est-il passé ? Il est très probable que l’événement ait été consigné sur le registre a posteriori et pour conserver la chronologie des actes, l’espace disponible en bas de page a été utilisé et était insuffisant.
On voit parfois aussi cette façon de procéder pour des bénédictions de cloches, rédigées a posteriori pour mémoire en marge d’un acte de la même date.
L’écriture plus petite qu’habituellement va dans ce sens.
L’acte commence en bas de page droite et se poursuit en bas de page gauche augmentée de la marge de la page de droite. Malheureusement la numérisation rend la zone de pliure du registre illisible (bande noire) et dans la marge il y a des inscriptions en interligne, et la question se pose de savoir si les inscriptions en interlignes sont afférentes à la ligne du dessus ou à celle du bas. Donc cette partie dans la marge rognée par la pliure est difficilement compréhensible, et il n’existe pas de double exemplaire du registre pour cette année [1].


Transcription de la première partie de l’acte, page droite :

« Le Dimanche treiziesme Janvier mil six cent octante six sur
les 3 heures du soir arriverent en ceste ville de Vermenton les Corps de
tres hault seigneur Nicolas de Neuville Seigneur de Villeroy Duc et pair
mareschal de france Chef du Conseil Royal des finances, Gouverneur
de Lyon Lyonnois forch et Baijolois Gouverneur de la Personne du Roy
avec Dame Magdeleine de Crequy fille du mareschal de Crequy »

Suite, seconde partie de l’acte page gauche & marge de la page droite :

« et Petite fille du Connetable duc de Lesdiguiere lesqlz [lesquels] ont couchez proche
dans nre [nostre] Eglise de Vermenton les deux cercuieulx [cercueils] l’un proche l’autre [mot en marge non compris]
avec un gd [grand] Pocle de velours noir garny d’hermine aux bord et [non compris]
de cierges allumez avec les armes et ecusson et le 14e au dict [non compris]
gde [grande] messe des Morts avant leur depart de nre [nostre] Eglise le Clergé [non compris] logez
[bas de page 2 mots non compris] les avons conduictz l’un apres l’autre jusqu’au charreau »
signé : G Gallet


Nicolas de Neufville :


Nicolas de Neufville [2] marquis d’Alincourt et seigneur de Magny, 1er duc de Villeroy et pair de France est né le 14 octobre 1598 sous le règne de Henri IV, et mort le 28 novembre 1685 sous le règne de Louis XIV, devient maréchal de France en 1646. La même année la Reine mère le nomme gouverneur de Louis XIV, alors âgé de 8 ans. Il descend d’une famille anoblie par Louis XII Roi de France de 1598 à 1515.


Nicolas de Neufville épouse le 11 juillet 1617 :

Madeleine de Blanchefort de Créquy :


Madeleine de Blanchefort de Créquy [2], née en 1608 et déccède le 31 janvier 1675.

Elle est fille de :


Charles de Blanchefort de Créquy :


Charles de Blanchefort de Créquy [3], (1573-Tué le 17 mars 1638), prince de Pois [Poix-de-Picardie dans la Somme], maréchal de France, & de Madeleine de Bonne (1576-1621) [4]. Il n’est pas nommé dans l’acte de Vermenton, simplement qualifié de « mareschal de Crequy ».

Portraits de Charles de Blanchefort de Créquy & de Madeleine de Bonne :


Les « de Créquy » sont une vieille et importante famille de la noblesse de l’Artois. On en trouve trace dès la fin du 9è siècle.


Dans son acte, Germain Gallet indique que Madeleine de Blanchefort de Créquy est « Petite fille du Connetable duc de Lesdiguiere ».
Il s’agit de son grand-père maternel, père de Madeleine de Bonne.


François de Bonne de Lesdiguières :


François de Bonne de Lesdiguières [5] (1543-1626), seigneur puis duc de Lesdiguières en 1611, comte de Pont-de Veyle et seigneur du Glaizil.

Il est :
– Chef des protestants du Champsaur (1576-1588).
– Conquérant de Grenoble et maître du Dauphiné (1590)
– Lieutenant Général du Dauphiné (1597)
– Il est fait maréchal de France en 1609 sous le règne de Henri IV.
– Louis XIII le fait connétable de France en 1622. Il sera le dernier à recevoir cette charge.

Toujours fidèle au Roi de France , il se convertit au catholicisme (1622).

« Chef militaire hors pair, diplomate et négociateur habile, qualifié par Henri IV « de rusé comme un renard », le dernier connétable de France meurt à l’âge de 83 ans, le 28 septembre 1626. » [5]

« C’est en son honneur que fut baptisée au musée du Louvre l’un des deux pavillons des guichets de Seine sous la Grande Galerie.  » [5]

François de Bonne de Lesdiguières épouse en 1566 Claudine de Bérenger (vers 1552-1608), mère de Madeleine de Bonne. [6]


Portraits de François de Bonne de Lesdiguières & de Claudine de Bérenger :


[1] l’acte [Archives en ligne de l’Yonne, Vermenton : BMS ( 1681-1690 ) – 5 Mi 1001/ 7 page 136/321] est bien plus lisible sur le registre au permalien :
https://archives.yonne.fr/ark:/56431/vta5347cbe8eea73/img:FRAD089_5MI1001_0007_0136

[2] selon Wikipedia augmenté de quelques mentions. Photos Wikipedia.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_de_Neufville_de_Villeroy

[3] Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ier_de_Cr%C3%A9quy

[4]
https://man8rove.com/fr/profile/a7ihllj6-charles-de-blanchefort-crequy

[5]
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Bonne_de_Lesdigui%C3%A8res

[6]
https://man8rove.com/fr/profile/2rjraz2b-francois-de-bonne

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